Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à l’occasion de son déplacement en Finlande Défense et Sécurité Communiqué Le : 14 septembre 2026 Bonjour à toutes et tous, Je suis très heureux d'être aujourd'hui à Rovaniemi, capitale de la Laponie finlandaise. Nous sommes ici sur le cercle polaire, à quelques centaines de kilomètres, moins de 200 kilomètres de la frontière avec la Russie, pour ce sommet très important, auquel je remercie le Premier ministre de la Finlande de nous avoir associés et auquel je représente le président de la République. Un sommet très important puisque c'est ici dans le Grand Nord, dans l'Arctique, que se joue une partie de notre avenir. Avec le dérèglement climatique, tout évolue : les routes maritimes, l'énergie, les ressources critiques. Et c'est dans le Grand Nord que se joue une partie de la compétition entre les grandes puissances de notre époque. Et c'est donc ici que se joue aussi l'avenir de la sécurité de notre continent, et donc de notre pays, de la France. Ce sommet sera l'occasion de démontrer l'investissement européen dans le Grand Nord et en Arctique. Investissement collectif avec une prise de conscience générale de l'importance des liens que nous avons avec cette région et de la nécessité absolue de contribuer à sa sécurité. La France, une nation polaire par sa présence en Antarctique, est déjà pleinement investie dans cette région sur le plan économique, sur le plan scientifique, mais aussi sur le plan militaire, avec la participation de nos forces dans des exercices de l'OTAN - je pense en particulier à l'exercice Arctic Sentry - ou directement à des exercices ou à des opérations dans le cadre des forces avancées terrestres, que la Finlande et la Suède ont mis en place et à laquelle la France participera, comme l'a annoncé le président de la République au dernier sommet de l'OTAN à Ankara. Cet après-midi, à l'issue du sommet, je me rendrai à Helsinki pour un moment très important de la relation entre la France et la Finlande : la signature de notre partenariat stratégique, qui couvre l'ensemble des domaines qui lient nos deux pays entre eux et qui sera l'aboutissement d'un travail de plusieurs années sous l'impulsion du président de la République pour établir avec les pays nordiques des relations privilégiées. Après, la Norvège, après la Suède, le Danemark et plus récemment l'Islande, c'est avec la Finlande que nous signerons un document qui nous engage pour les prochaines années, y compris en matière de défense et de sécurité. Ces partenariats stratégiques ont un intérêt majeur pour la France, puisque je le disais, une partie de notre sécurité se joue ici, dans le Grand Nord et en Arctique ; mais également sur le plan industriel, puisque ces partenariats que nous avons conclus avec les pays du Grand Nord se sont accompagnés aussi de coopération renforcée en matière d'industrie de l'armement. Le président de la République, il y a quelques jours, a signé un accord historique avec la Suède pour la livraison de quatre frégates militaires, une décision qui fait suite à celle qui a été prise par le Danemark il y a quelques mois, de faire l'acquisition du système de défense antiaérienne français, le SAMP/T. Et donc ces partenariats que nous créons, c'est non seulement au service de notre sécurité, mais aussi de l'industrie de défense et de l'emploi dans notre pays. Tout cela revêt une importance particulière, dans le contexte que nous vivons avec les attaques inacceptables et totalement irresponsables de la Russie de Vladimir Poutine, ce week-end, à quelques kilomètres, je dirais même à quelques centaines de mètres, de la frontière de l'Union européenne et de l'OTAN, de la frontière avec la Pologne : des attaques qui ont ciblé des infrastructures civiles, des chemins de fer, avec un objectif clair, au moment où l'Ukraine accueillait un grand forum de soutien économique auquel participaient un grand nombre de représentants d'entreprises, de représentants diplomatiques venus du monde entier et singulièrement de l'Europe. Un but très clair qui est celui d'intimider les Européens, de les décourager et surtout de les désunir. Parce que ce que nous avons vu depuis cinq ans, c'est une agressivité redoublée de la part de Vladimir Poutine à l'encontre de l'Union européenne et de l'OTAN. Pourquoi ? Parce qu'il sait que ce qui fait notre force, c'est notre unité. Et que dès lors que nous sommes unis, rien ne peut nous intimider. Le résultat de ces manœuvres d'intimidation depuis cinq ans, c'est l'inverse de ce qui a été poursuivi par Vladimir Poutine, puisque la Finlande, notamment, puisque nous y sommes, a rejoint le collectif de l'OTAN, l'alliance de sécurité la plus puissante de la planète ; et que par ailleurs, nous ne faiblissons pas dans notre triple stratégie de pression sur la Russie, de soutien à l'Ukraine, bien évidemment, et dans quelques jours, une tranche supplémentaire de six milliards d'euros permettra à l'Ukraine d'acquérir les moyens de défense antiaérienne dont elle a besoin, et puis de préparation de la paix avec la Coalition de volontaires qui poursuit son travail de planification qui conduira à des exercices dans les pays frontaliers de l'Ukraine cet automne, de façon à ce que la paix, une fois conclue entre l'Ukraine et la Russie puisse être durablement garantie. Donc rien de ce que fait Vladimir Poutine ne saurait nous intimider ou nous diviser. Puis je finirai par rendre hommage à un état d'esprit. Cet état d'esprit, c'est celui des Finlandaises et des Finlandais, ce qu'on appelle ici le « sisu », qui est une forme de résilience, de courage et de détermination intérieure qui n'a pas de traduction en langue française, mais qui dit bien ce dont nous avons besoin pour affronter tous les défis qui sont devant nous, que ce soit ceux que l'on trouve ici, dans le Grand Nord ou ailleurs. C'est-à-dire la capacité de chaque citoyen de trouver dans ces tripes une part de la réponse, c'est-à-dire une part de la résistance collective qui doit être la nôtre. Et donc ce « sisu » finlandais est un état d’esprit que nous devons adopter collectivement en Europe et puis bien sûr dans mon pays, en France. --- Q - How severe is the threat from Russia right now here in the Arctic while it is engaged on Ukraine? R - It is considered very seriously: Finland has one thousand kilometers of borders with Russia. This morning, we were at the Lapland Air Wing, which is the main command center for the north of Finland that protects the largest part of this border with Russia. And over the past years, Europeans, within NATO but also through the EU, have taken historical steps to raise their ability to deter the threat from Russia. And we will continue in this path: there is no aggressivity on our end, but a simple goal which is to ensure peace and stability on our continent, by deterring any threat that could be targeting member states of the EU or NATO. Q - What is the best strategy to keep Russia and China out of the Artic? R - Well, it is to be there, to be present, in all dimensions of the partnership that I was mentioning, that France now has with all countries in the Nordic area, that covers of course economic cooperation, scientific cooperation and defense cooperation. And I was saying earlier, I will be heading to Helsinki later today to sign with my counterpart, Elina Valtonen, a strategic partnership linking France and Finland, in the years and decades to come, in particular but not only, on defense and security issues. And this is a building block that adds to the solidarity we have with Finland, within the EU, and more recently within NATO.