Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot lors de son déplacement à Scy-Chazelles Politique étrangère Interventions médias Le : 28 septembre 2026 Q - Monsieur le ministre, aujourd'hui, c’était journée placée sous le signe de l'Europe, entre la visite du Pape et votre venue ici à la maison Robert Schuman, c'était important de clôturer cette journée par cette visite ici à Scy-Chazelles ? R - C'était important parce que Robert Schuman, c'était le ministre des Affaires étrangères en 1950, au moment où la diplomatie française, à travers lui, a proposé ce geste de réconciliation inimaginable avec l'Allemagne en mettant en commun le charbon et l'acier, ce dont l'Allemagne et la France faisaient leurs canons et leurs chars et ce qu'elles se disputaient au gré de guerres fratricides qui avaient ruiné et déshonoré l'Europe. Et c'est cette intuition visionnaire que le Saint-Père, je crois, a voulu souligner lors de son allocution tout à l'heure à Metz, au Centre des congrès Robert Schuman. Et c'est pour la diplomatie française une inspiration qui demeure intacte. Lorsque nous considérons les théâtres de crise, étant donné la responsabilité particulière qui est celle de la France comme membre permanent du Conseil de sécurité, nous essayons, comme nous y invitait Robert Schuman dans sa déclaration de mai 1950, de faire les efforts créateurs nécessaires pour ramener la paix et la sécurité partout où nous sommes engagés. Q - Monsieur Barrot, vous avez parlé justement de la question importante de l'Europe. Les discours sur l'Europe ont été fondamentaux. Le Pape en a parlé, Monsieur Macron également en a parlé. On a un moment évoqué la visite possible de M. Zelensky. Beaucoup de gens à Metz se demandaient « Ah, tiens, comment ça se fait qu'il n'est pas là ? » Est-ce que ça a été quelque chose qui a été dans les tuyaux ? Et si oui, pourquoi ça ne s'est pas fait ? R - Vous savez, je crois que le programme du Saint-Père était extrêmement rempli. D'ailleurs, je crois que chacun d'entre nous, tous les Français ont été impressionnés de le voir consacrer autant de temps aux Parisiens d'abord, puis à Lourdes et enfin ici à Metz, des représentants de certains des pays fondateurs de l'Union européenne étaient là. Et quant au président Zelensky, je suis certain qu'il aura de nombreuses occasions d'échanger avec le Saint-Père. Il l'a déjà fait d'ailleurs. Q - C'était un discours très politique aussi que le Pape a fait hier à Lourdes, notamment un discours en disant que ce qui était légal n'était pas forcément moral. Il faisait évidemment référence au projet de loi « fin de vie » qui a été voté cet été. Qu'est-ce que vous avez pensé, vous, de cette position du Pape ? Est-ce que vous avez échangé avec le Président là-dessus ? R - Est-ce que vous étiez surpris ? Non, puisque le souverain pontife est dans son rôle. Interrogez n'importe lequel des chefs des grandes religions monothéistes, ils tiendront tous un discours extrêmement exigeant sur la protection de la vie, de son commencement à sa fin. Donc aucune surprise de ce point de vue-là. Quant à la question posée dans notre pays, elle a été tranchée au cours d'un long processus démocratique qui a commencé par une convention citoyenne, chemin qui s'est poursuivi au parlement, qui s'est terminé au Conseil constitutionnel. Pour ce qui me concerne, j'avais exprimé des réserves sur ce texte, dont certaines ont d'ailleurs été prises en compte au cours du parcours de ce texte, mais il a été démocratiquement adopté. Et donc, du point de vue de la France, de son gouvernement, de son parlement, c'est une page qui est tournée.