Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot lors de son déplacement à Lyon dans le cadre du programme « DiploNation »

  • Diplomatie d’influence

  • Politique étrangère

Conférence de presse

Le : 05 juin 2026

Avec ma venue à Lyon aujourd'hui, je poursuis mon tour des capitales régionales du territoire national pour donner aux Français les cartes, pour leur mettre les cartes en main dans un moment où ce qu’il se passe au-delà de nos frontières n'a jamais eu autant d'impact sur nos vies quotidiennes et au moment où les Français doivent être acteurs et non pas simples spectateurs de l'action internationale qui est la nôtre. Cela me conduit aujourd'hui, après avoir rencontré les élus et les responsables du monde économique de la région de Lyon et de la région Auvergne Rhône-Alpes, qui sont des acteurs essentiels de notre action à l'international, après cet échange que j'ai eu avec les élèves de plusieurs lycées de la métropole, à me rendre cet après-midi auprès des acteurs de la santé mondiale, le CIRC et aussi l'académie Mérieux, pour continuer à ancrer à Lyon cette dimension essentielle de notre action pour protéger les Françaises et les Français, protéger le pays contre le risque des pandémies, le risque épidémique qui a ressurgi dans la période récente avec l'hantavirus. C'est bien depuis Lyon, avec l'Académie de l'OMS, avec d'autres institutions internationales, avec de grandes entreprises de santé, qu’on résistera à l'avenir à ces grandes catastrophes sanitaires qui ont tant coûté ces dernières années à notre pays et à notre économie. Puis j’aurai l’occasion un peu plus tard d’avoir un débat sans filtre et des échanges directs avec des citoyens qui ont été conviés pour que nous puissions ensemble aborder les grands sujets du moment et ils sont nombreux.

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Q - Un élève vous a posé une question par rapport au fait que le budget de l'armée augmente. Dehors, ce matin, je ne sais pas si vous êtes au courant, il y avait des enseignants qui manifestaient parce qu'ils n'étaient pas forcément contents que ce budget augmente, mais que celui de l'éducation en parallèle diminue, il n'augmente pas en tout cas. Qu’est-ce que vous pouvez leur répondre ?

R - Que nous avons besoin des deux, mais qu'il faut savoir faire des choix courageux. Et sans refaire le débat budgétaire ce matin ici au lycée du Parc, si nous avons décidé de relever nos dépenses militaires, ce n'est pas dans un esprit d'agressivité. C'est tout simplement parce que le niveau de la menace est élevé et que si nous ne voulons pas être la proie de l'appétit de nouveaux empires qui cherchent chaque jour, l'actualité l'illustre, à nous intimider, voire même à nous menacer, et bien, nous devons être dissuasifs. Et pour être dissuasifs, il faut s'en donner les moyens. Ça, ça suppose d'avoir les moyens nécessaires pour nos armées. Ça suppose aussi de redoubler d'efforts en matière diplomatique pour écarter ces menaces. Car si nous sommes parvenus depuis huit décennies grâce au projet européen qui, aux origines, est un projet qui a démarré en France, à nous protéger, à écarter la guerre et à créer les conditions de la prospérité, tout cela n'est pas acquis pour toujours. La première des choses à faire lorsque la menace augmente, c'est de pouvoir la dissuader, de l'écarter, en s'en donnant les moyens.

Q - Quel était l'objectif d'aller à la rencontre des élèves comme ça ? Je ne sais pas si vous avez vu, il y a un syndicat local de l'établissement de professeurs qui s'inquiétait d'une opération de communication. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Quel était le but de cet échange ?

R - Depuis que j'ai pris mes fonctions il y a un peu plus d'un an et demi au ministère des Affaires étrangères, j'ai beaucoup œuvré pour le tourner davantage vers les Françaises et les Français dont, je vous le disais, l'envie est grande de n'être pas simples spectateurs de l'actualité internationale, mais aussi des grands bouleversements du monde, mais d'en être aussi acteurs. Et c'est pourquoi j'ai pris un certain nombre d'initiatives ouvertes vers les acteurs, les forces vives, que ce soit les élus locaux, les entreprises, la jeunesse, mais aussi les organisations non gouvernementales et les associations pour les associer de plus près à l'action qui est la nôtre, pour valoriser l'action qui est la leur, bref, pour leur mettre les cartes en main.

Il y a des liens très étroits entre l'action internationale et la vie quotidienne des Françaises et des Français. Je crois qu'il est important que les lycéens, les étudiants, au moment où ils s'interrogent sur les choix qui sont les leurs d'orientation professionnelle, qu’ils puissent bien comprendre non seulement ces liens entre ce qui se passe dans nos vies quotidiennes et ce qui se passe à l'international, mais qu’ils comprennent aussi ou connaissent mieux le Quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères, le moins bien connu de tous les ministères régaliens. C'est la raison pour laquelle je me suis étendu longuement sur les missions qui sont exercées par les 14.000 agents de ce ministère avec beaucoup de professionnalisme, de courage et de dévouement. 

Q - Qu’est-ce que vous en retenez de cette discussion de près d'une heure avec les élèves ? 

R - Qu’il y a une conscience aiguë des conséquences que pourrait avoir cette reconfiguration, ce bouleversement du monde, son durcissement, cette rivalité entre les superpuissances, qu’ils s'interrogent sur la place que l'Europe et la France peuvent prendre. J'ai ressenti aussi, d'une certaine manière, une volonté d'engagement que j'ai voulu encourager. 

Q - Et une question plus sur l’actualité internationale, hier, Zelensky a fait une lettre ouverte en proposant de rencontrer Vladimir Poutine, comment la France voit cette proposition ?

R - Vous savez, depuis très longtemps maintenant, le président Zelensky a marqué sa disponibilité à rencontrer Vladimir Poutine, qui a refusé cette proposition, ce qui démontre qu'il est le véritable obstacle à la paix. Il a parfois accepté en disant, mais à condition seulement que ce soit à Moscou, vous comprenez bien que ce serait, d'une certaine manière, déséquilibré. Alors même que Volodymyr Zelensky semble être prêt à rencontrer le président Poutine partout, sauf peut-être en Russie. Donc je crois que le président Poutine doit désormais saisir cette main qui est tendue car il est forcé de constater, après plus de quatre ans maintenant, que sa guerre impérialiste et coloniale en Ukraine est un échec. L'Ukraine a repris pendant deux mois d'affilée du terrain pour la Russie sur la ligne de front, que l’Ukraine est en train de gagner la guerre des drones, que l'opinion publique russe est exaspérée par les coupures d'Internet et les restrictions aux communications, que le doute s'installe à Moscou. Il est temps que des discussions de paix puissent s'engager, nous soutenons l'Ukraine dans ces initiatives. Et j'en profite pour dire que quelque chose de majeur s’est produit hier, puisque vous me parlez de la lettre du président Zelensky, c'est qu'un accord européen a été trouvé pour que soit ouvert le premier bloc de chapitres du processus d’élargissement, ou en tout cas du processus d’adhésion, pardon, de l’Ukraine à l’Union européenne. C’est un processus très exigeant et il va demander encore beaucoup de travail, de réformes en Ukraine, pour que tous les mérites et les standards puissent être atteints mais c’est une marque, si l’on peut dire, du soutien indéfectible de l’Europe à l’Ukraine malgré toutes les tentatives de Vladimir Poutine pour les dissuader.

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