Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot lors de son déplacement à Bordeaux dans le cadre du programme « DiploNation »

  • Diplomatie d’influence

  • Politique étrangère

Conférence de presse

Le : 08 juin 2026

Je suis très heureux d’être à Bordeaux et je suis très heureux d’être avec vous, dans le cadre de ces déplacements qui consistent à resserrer les liens entre les Françaises et les Français et leur diplomatie, à un moment où ce qu’il se passe au-delà de nos frontières, à commencer par le blocage du détroit d’Ormuz, n’a jamais eu autant d’impact sur nos vies quotidiennes.

Je me trouve ici à Bordeaux dans une région qui est elle-même clairement exposée à ce qu’il se passe à l'étranger, du fait de sa frontière avec l'Espagne, de sa façade maritime, de sa spécialisation industrielle aussi. On se souvient des mesures de coercition prises sur le cognac et l'armagnac. On connaît les succès de l'industrie des vins et des spiritueux, mais aussi de l'aéronautique et de l'aérospatiale dans cette région. C'est pourquoi j'ai rencontré ce matin les élus et les responsables économiques de ce territoire très dynamique qui se mobilisent pour défendre ces intérêts à l'international. J'ai échangé à l'instant avec les lycéens de la métropole de Bordeaux. J'irai cet après-midi à la Cité du Vin pour échanger avec les professionnels du secteur. Puis chez Ariane Group, nous aurons un échange sur l'aérospatiale, mais aussi sur l'industrie de défense, qui est un atout pour cette région, avant d'avoir, comme je le fais à chaque fois que je me déplace dans les régions du territoire national, un échange ouvert et libre dans les jardins de la mairie de Bordeaux.

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Q - Ce lundi, en Israël, il y a eu des frappes aériennes contre l'Iran en représailles à des missiles lancés plus tôt par la République islamique. Comment vous réagissez à ce regain de tension ? Est-ce que c'est inquiétant ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

R - Nous condamnons fermement les frappes iraniennes sur Israël, comme nous avons condamné les frappes d'Israël sur le Liban et notamment dans la région de Beyrouth, et nous appelons toutes les parties à la retenue alors qu'un accord doit être trouvé, qui peut réouvrir le détroit d'Ormuz, mettre fin aux hostilités, permettre que s'engage une négociation sur le programme nucléaire iranien. Il est indispensable que les parties, en particulier l'Iran et les États-Unis, se saisissent de cette opportunité, car cette guerre a bien trop duré. Elle ne fait que des perdants, à commencer par les États-Unis et l'Iran, mais le reste du monde aussi, qui paie un prix très lourd de ce blocage d'Ormuz. Il est donc temps de mettre fin à cette guerre.

Q - Le président américain a appelé le Premier ministre israélien et a demandé de ne pas répliquer aux frappes iraniennes. Est-ce que vous partagez ses propos qui ont été tenus il y a quelques heures ?

R - Je vous l'ai dit, nous appelons toutes les parties à la retenue maximale parce qu’il est temps que les hostilités s'arrêtent, que la négociation puisse s'ouvrir. Pour cela, il faut que les termes des accords déjà passés soient respectés et que chacun puisse s'engager de bonne foi et saisir l'opportunité de cet accord entre les États-Unis et l'Iran. J'ajoute que cette semaine ou la semaine dernière, un accord historique a été trouvé entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais qui prévoit un cessez-le-feu, qui prévoit le retrait du Hezbollah du sud du Liban, le retrait de l'armée israélienne de certaines zones. Cet accord doit être respecté à la lettre.

Q - Monsieur le ministre, s'il vous plaît, vous avez dit que les États-Unis ont accueilli avec beaucoup d'intérêt votre initiative, l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne, sur le détroit d'Ormuz. Est-ce que cette nouvelle escalade vient menacer votre initiative ou bien au contraire, cela prouve son utilité sur le Proche-Orient ?

R - La France est l'un des très rares pays à avoir une ligne de contact avec toutes les parties au conflit, en particulier avec l’Iran et avec les États-Unis. Je me suis d’ailleurs moi-même entretenu hier soir avec mon homologue iranien. Ces lignes de contact nous permettent, à tous les niveaux et jusqu’au président de la République, de passer ces appels à la retenue et d’appeler les parties au conflit à conclure cet accord pour mettre fin à ces hostilités qui n’ont que trop duré. Dans le même temps, nous ne nous contentons pas de passer des messages, nous nous activons pour préparer la paix et pour qu’une fois qu’un accord aura été trouvé, qui permette la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin des hostilités, le trafic maritime puisse reprendre le plus rapidement possible. C’est l’objet de cette mission internationale que nous avons conçue avec le Royaume-Uni, qui réunit une cinquantaine de pays et qui a vocation, de manière strictement défensive et indépendante des parties au conflit, à permettre la reprise du trafic en sécurisant les navires et leur passage dans le détroit d’Ormuz.

Q - Juste votre réaction sur les frappes qui ont visé Beyrouth hier.

R - Je vous l'ai dit, nous avons condamné les frappes israéliennes sur Beyrouth et condamné avec beaucoup de fermeté les frappes iraniennes sur Israël. Des accords de cessez-le-feu ont été trouvés entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais, ils doivent être respectés à la lettre. Nous appelons l'Iran et les États-Unis à conclure au plus vite cet accord permettant la réouverture du détroit d'Ormuz. Rappelons que le blocage de la circulation du trafic maritime engendre un coût démesuré pour l'économie mondiale, un coût dont les Françaises et les Français ont à payer le prix, ce qui est inacceptable.

Q - Vous êtes venu parler de l’impact de la diplomatie française. Il y a un dossier dans lequel cette diplomatie joue un rôle crucial en ce moment, c'est la libération de Christophe Gleizes, Christophe Gleizes qui a fait ses études à Bordeaux d'ailleurs, originaire du Lot-et-Garonne. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ce dossier ? Est-ce qu'on peut espérer sa libération dans les jours, dans les semaines qui viennent ?

R - D'abord, vous avez raison, c'est l'honneur du ministère des Affaires étrangères et de ses agents que de se mobiliser chaque fois que l'un de nos compatriotes est détenu arbitrairement ou retenu otage à l'étranger. Depuis que j'ai pris mes fonctions, il y a un peu plus d'un an et demi, c'est 31 ressortissants français que nous sommes parvenus à faire rentrer. C'est pourquoi nous nous mobilisons sans relâche, en lien étroit avec la famille de Christophe Gleizes, dont je salue la dignité et le courage dans cette épreuve, pour obtenir sa libération. Nous avons pu, grâce à cette mobilisation, obtenir qu'une visite lui soit rendue le 11 mai dernier, nos équipes se sont rendues sur place, dans son lieu de détention pour vérifier son état moral et physique, qui est satisfaisant en dépit de l'épreuve. Nous continuons à tous les niveaux. C'est l'une des missions qui a été confiée à notre ambassadeur qui est retourné sur place il y a quelques semaines, pour que cette libération intervienne au plus vite.

Q - Est-ce que ça avance ? Est-ce qu'on peut espérer une libération dans les prochaines semaines ?

R - On espère toujours les libérations, mais on ne se contente pas de les espérer, on se mobilise. 

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