Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 sur la lutte contre le trafic de drogues G7 Lutte contre le trafic de drogue Déclaration Le : 17 juin 2026 Nous, chefs d’État et de gouvernement du G7, sommes déterminés à intensifier notre lutte contre le trafic de drogues. Les pays partenaires du G7, le Brésil et la République de Corée, soutiennent également la présente déclaration. Le trafic mondial de drogues a considérablement augmenté ces dernières années, en raison de niveaux de production sans précédent, des capacités d’adaptation des groupes criminels organisés et de l’augmentation de la demande mondiale. Ce trafic représente une menace grave et croissante pour la sécurité nationale en alimentant la corruption et la violence. Nous reconnaissons qu’il est essentiel de lutter contre cette forme de criminalité transnationale organisée pour protéger nos sociétés, la santé de nos populations, notre prospérité économique et la sécurité internationale. Ces réseaux illégaux sophistiqués font fi des frontières. Ils exploitent les vulnérabilités internationales en accaparant des ressources essentielles de nos économies et en affaiblissant les institutions démocratiques sur lesquelles reposent nos sociétés libres. La coopération internationale est cruciale pour appuyer les efforts nationaux de lutte contre cette menace. Nous réaffirmons notre détermination à disposer de solutions communes et ambitieuses pour déstabiliser les réseaux de trafic de drogues, grâce à une approche fondée sur des éléments probants qui mobilise l’ensemble de l’administration, comprenant la réduction de l’offre et de la demande de drogues, conformément à nos valeurs et normes communes. Nous sommes déterminés à accroître les mesures concertées pour prévenir la constitution de tous les groupes criminels organisés, enquêter à leur sujet et traduire leurs membres en justice et à renforcer la résilience de nos systèmes, dans le cadre d’une approche globale. À cet égard, nous soulignons la nécessité persistante de renforcer l’architecture mondiale de lutte contre le blanchiment d’argent pour prévenir la criminalité financière et obtenir de meilleurs résultats en matière d’application de la loi et de recouvrement des avoirs, conformément aux normes du Groupe d’action financière. Nous sommes déterminés à prendre des mesures pour : Renforcer la sûreté maritime et portuaire pour lutter contre le trafic de drogues Nous reconnaissons que le transport maritime est le principal vecteur du trafic mondial de drogues et de précurseurs chimiques. Nous appuyant sur les progrès réalisés sous présidence canadienne, nous nous engageons à renforcer nos efforts pour intensifier notre coopération maritime afin d’intercepter davantage de cargaisons de drogues illicites et d’accroître encore la résilience dans les ports maritimes et tout le long des chaînes d’approvisionnement mondiales face au trafic de drogues et aux flux de précurseurs chimiques. À cette fin, nous créerons un réseau portuaire du G7+ pour lutter contre le trafic de drogues afin de renforcer la coopération entre les principaux ports maritimes des membres du G7 et de leurs partenaires en coordination avec l’alliance des ports européens, la Coalition européenne contre les drogues et les initiatives similaires. Cette initiative du G7+ visera à améliorer la coordination des efforts, le partage d’informations et la mise en œuvre des bonnes pratiques, notamment en organisant d’éventuelles visites conjointes sur le terrain auprès des autorités portuaires et des services chargés de l’application de la loi, en s’appuyant sur les règlementations internationales, comme le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires de l’Organisation maritime internationale et les initiatives du G7. À cette fin, nous élaborerons un inventaire des initiatives et des bonnes pratiques du G7 en matière de lutte contre le trafic de drogues et de précurseurs chimiques dans les ports. Nous demandons à nos ministres compétents de mettre en œuvre ce réseau d’ici novembre 2026 et de renforcer encore la sécurité de nos ports vis-à-vis du trafic de drogues et de précurseurs chimiques, en veillant en particulier à élargir la coopération avec le secteur privé et à rehausser les normes de sûreté des ports et du transport maritime. Lutter contre l’infiltration des institutions publiques et privées légitimes par les réseaux criminels L’infiltration des institutions publiques et privées légitimes par les réseaux criminels dans le but de faciliter le trafic international de drogues représente une réelle menace pour nos sociétés. Elle devient un élément central du modèle économique qu’adoptent souvent les groupes criminels transnationaux organisés. Nous sommes résolument déterminés à lutter contre toute tentative des réseaux criminels d’infiltrer les institutions publiques et privées légitimes. Nous demandons à nos ministres compétents d’élaborer, d’ici à novembre 2026, un Plan d’action global du G7 contre l’infiltration des institutions publiques et privées légitimes par des réseaux de trafic de drogues et des groupes criminels organisés. Soutenir les partenaires internationaux et régionaux dans la lutte contre la production et le transport de drogues Nous nous engageons à coopérer avec nos partenaires internationaux et régionaux pour renforcer notre approche collective de la lutte contre la consommation, la production et le trafic de drogues. Cela implique notamment de travailler avec nos partenaires pour mettre en place ou renforcer des observatoires nationaux sur les drogues, ou des entités similaires, et des systèmes d’alerte précoce en matière de consommation et de trafic de drogues, contribuant ainsi à une bonne préparation et à des réponses fondées sur des éléments probants. Reconnaissant qu’il nous faut lutter contre la production et le transport de drogues, nous saluons la tenue prochaine en Martinique de la Conférence régionale de sécurité dans les Caraïbes. Nous encourageons les participants à prendre des mesures opérationnelles concrètes et ambitieuses pour déstabiliser et démanteler les réseaux de trafic de drogues et d’armes. Nous apporterons notre soutien aux institutions et aux processus multilatéraux pertinents pour renforcer encore la lutte mondiale contre les stupéfiants, notamment Interpol, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, l’Organe international de contrôle des stupéfiants, la Commission des stupéfiants des Nations Unies et la Coalition européenne contre les drogues. Renforcer les mesures visant à réduire la demande et à atténuer autant que possible les conséquences de la consommation de drogues sur nos sociétés Nous déploierons tous nos efforts pour réduire la demande et atténuer autant que possible les conséquences néfastes de la consommation de drogues sur la santé publique et sur nos sociétés. Nous y parviendrons en adoptant une approche globale comprenant des mesures sanitaires et de sensibilisation en faveur de la prévention, du traitement, de la réduction des risques et du rétablissement. Nous accroîtrons la sensibilisation et le partage de connaissances sur les menaces émergentes en matière de drogues, nous appuierons des réponses efficaces en matière d’application des lois et de santé publique et nous renforcerons les observatoires nationaux sur les drogues, ou les entités similaires, et les systèmes d’alerte précoce concernant les nouvelles substances et les nouveaux modes de consommation, en accordant une attention particulière aux personnes les plus exposées. Lutter contre les autres formes de criminalité transnationale organisée et les flux financiers illicites liés au trafic de drogues Nous reconnaissons que les réseaux de trafic de drogues perpètrent et tirent profit d’autres formes de criminalité transfrontalière organisée, notamment la traite des êtres humains, mais également de la fraude, de la corruption, du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et des flux financiers illicites connexes. Ces réseaux criminels prospèrent aussi souvent en tirant profit de crimes qui portent atteinte à l’environnement, dont la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. Nous nous engageons à déstabiliser les infrastructures économiques qui permettent ces activités illégales en renforçant les enquêtes financières afin de tracer, geler, saisir et confisquer les produits et les actifs associés, notamment les actifs virtuels. L’approche consistant à « suivre la piste de l’argent » doit être appliquée de manière systématique et bénéficier d’un échange d’informations solide et sécurisé entre nos services chargés de l’application de la loi, nos autorités judiciaires et nos cellules de renseignement financier. Nous renforcerons notre action collective visant à enrayer les financements illicites, conformément à l’Appel à l’action contre la criminalité financière du G7. La présente déclaration rend compte des résultats des discussions des membres du G7, qui ont bénéficié d’échanges fructueux avec les pays partenaires. (Traduit de l'anglais)