Déclaration conjointe des membres de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan - Un an après les atrocités du 26 octobre 2025 à El-Fasher Soudan Droits de l’Homme Déclaration conjointe Le : 23 octobre 2026 Il y a un an, le 26 octobre 2025, les violences et la destruction à El-Fasher et dans ses environs ont atteint leur paroxysme, après des mois de siège et l’intensification des attaques menées par les Forces de soutien rapide. Les civils ont subi des atrocités terribles, notamment des massacres, des meurtres à caractère ethnique, des exécutions sommaires, des actes de torture, des disparitions, des recrutements forcés, des détentions arbitraires et des violences sexistes et sexuelles généralisées. Des populations entières ont été déplacées de force et l’accès humanitaire a été entravé, ce qui a exacerbé la faim, l’insécurité, la souffrance humaine et les privations. Les membres de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan sont aujourd’hui unis pour commémorer et reconnaître la souffrance des victimes et des survivants, et ils réaffirment leur détermination commune à empêcher de nouvelles atrocités et à faire en sorte que les responsables rendent des comptes. Les conclusions de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU pour le Soudan ont mis en évidence l’ampleur et la gravité des violations du droit international humanitaire et des atteintes au droit international des droits de l’homme commises à El-Fasher et dans ses environs. La Coalition soutient la Mission d’établissement des faits de l’ONU et son travail, et elle se félicite que son mandat ait récemment été renouvelé. La Coalition salue également le travail mené par la Mission d’établissement des faits de l’Union africaine et sa coopération avec les Nations Unies. Un an plus tard, nombre de civils souffrent encore des conséquences de ces atrocités. Partout au Soudan, des civils continuent d’être victimes de violence, notamment du recours systémique et généralisé aux violences sexuelles, aux déplacements, aux attaques contre les infrastructures civiles et aux restrictions à l’aide humanitaire. L’usage croissant de drones pour commettre des attaques contre des civils et des infrastructures civiles augmente les besoins humanitaires et les risques en matière de protection. La conjugaison de ces éléments prouve qu’il existe toujours un risque important que de nouvelles atrocités à grande échelle se produisent au Soudan. Les entraves à l’accès humanitaire et les attaques répétées contre les acteurs humanitaires et contre les intervenants locaux et de première ligne sont inacceptables et aggravent les souffrances de millions de civils soudanais. Cette date nous rappelle qu’il est impératif d’agir collectivement pour éviter que de telles atrocités ne se répètent. La justice et l’obligation de rendre des comptes sont essentielles pour parvenir à une paix durable au Soudan. Les victimes et les survivants méritent que justice leur soit rendue et que les auteurs des crimes odieux commis lors de ce conflit répondent de leurs actes. Il est essentiel d’enquêter sur les auteurs de violations et d’abus graves et de les amener à rendre des comptes. La Coalition continuera de travailler avec les partenaires soudanais et internationaux pour soutenir des processus crédibles d’obligation de rendre des comptes, notamment le travail de la Cour pénale internationale concernant le Darfour, et pour assurer réellement au peuple soudanais l’accès à la justice transitionnelle. Les défenseurs des droits de l’homme et les organisations de la société civile soudanais jouent un rôle essentiel pour soutenir les victimes et les survivants, pour recueillir des preuves concernant les abus et pour garantir que le point de vue du peuple soudanais aide à orienter les efforts à venir en matière de justice et d’obligation de rendre des comptes. Ces partenaires qui prennent souvent de grands risques sont indispensables dans la quête de paix, de justice et d’obligation de rendre des comptes. Les victimes de violences sexuelles liées aux conflits doivent bénéficier d’un accès sûr et confidentiel à une aide médicale, psychosociale et juridique. Il n’y a pas de solution militaire à ce conflit. Cette guerre doit prendre fin. La Coalition appelle l’ensemble des parties à respecter pleinement le droit international humanitaire, notamment en protégeant les civils et en facilitant un accès humanitaire sûr, rapide et sans entraves. La Coalition appelle également l’ensemble des États à respecter le droit international et à user de leur influence pour protéger les civils, empêcher de nouvelles atrocités et aider à mettre un terme à ce conflit dévastateur, notamment en cessant d’armer, de financer et de soutenir de quelque manière que ce soit la guerre au Soudan, et en respectant pleinement les sanctions de l’ONU, y compris l’embargo sur les armes au Darfour. Un an après El-Fasher, la Coalition porte un message clair : les victimes ne seront pas oubliées, les survivants seront écoutés et elle continuera de faire en sorte que les responsables rendent des comptes pour leurs crimes.