Conférence de presse du porte-parole du 8 octobre 2026 Politique étrangère Conférence de presse Le : 08 octobre 2026 Lors de la conférence de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations, présenté l'agenda ministériel, et répondu aux questions suivantes : Sommaire : Propos liminaire 2. Agenda du pôle ministériel 3. Questions/réponses Au point de presse de ce jour : 1 - Propos liminaire Le ministre Jean-Noël Barrot était hier en Israël à l’occasion des commémorations des attaques terroristes du 7 octobre 2023. Comme il l’avait fait le 7 octobre 2024, il s’est rendu sur les lieux du pire massacre antisémite depuis la Shoah pour rendre hommage aux plus de 1200 victimes. Avant de revenir sur les lieux du Festival Nova, le ministre a échangé avec le cercle des familles endeuillées qui mettent leur humanité au service de la paix et de la réconciliation. Il s’est ensuite rendu sur la Place des otages et a visité les kibboutz Beeri et Nir Oz pour rencontrer les familles des victimes françaises tombées sous le feu des terroristes. Nous ne les oublions pas. Nous avons une pensée particulière pour les proches des 51 Françaises et Français assassinés, auxquels la République avait rendu un hommage solennel à Paris le 7 février 2024. 2 - Agenda du pôle ministériel Avant de prendre vos questions, quelques éléments d’agenda : Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est aujourd’hui aux côtés du président de la République à l’occasion de la visite d’État en France du président de la République fédérale d’Allemagne, M. Franck-Walter Steinmeier. Il est cet après-midi au Forum BIG, organisé par BPI France. Lundi 12 octobre, il se rend à Luxembourg pour assister au Conseil Affaires étrangères de l’Union européenne, qui se tient quelques jours avant le Conseil européen. L’ordre du jour permettra d’évoquer notamment l’Ukraine et le Moyen-Orient. Le ministre insistera sur la nécessité de renforcer et d’adapter la pression sur la Russie, en particulier via l’adoption, dès que possible, de nouvelles sanctions, et notamment d’un 22e paquet ambitieux. Sur le Proche et le Moyen-Orient, le CAE permettra d’évoquer la crise énergétique en cours, aux impacts très lourds sur le pouvoir d’achat des citoyens européens. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, achève ce jour un déplacement en Hongrie. Il s’entretient également cet après-midi avec son homologue grec, monsieur Tasos Chatzivasileiou. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, participe ce jeudi 8 octobre, avec le Ministre, au forum BIG organisé par BPI France. Éléonore Caroit, ministre déléguée en charge de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger, est quant à elle à Dublin, aujourd’hui et jusqu’à demain, à l’occasion de la réunion informelle des ministres du développement de l’UE, à l’invitation de la présidence irlandaise. Lundi 12 octobre, elle ouvrira l’Assemblée des Français de l’étranger à Paris. Enfin, mardi 13 octobre elle se rendra en Thaïlande, afin d’assister aux assemblées d’automne de la Banque mondiale et du FMI. Elle se rendra ensuite au Vietnam. *** Enfin, dernière annonce : les accréditions sont ouvertes pour la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 au palais du Pharo à Marseille les 9-10 novembre. Je vous invite à le faire sans délai, car compte tenu du lieu choisi pour cette réunion ministérielle, le nombre de places sera limité. 3 - Questions/réponses Q - Donald Trump a récemment déclaré que la mobilisation lycéenne en France ne concernait pas les écoles mais serait liée à l'islam et à une immigration qu'il qualifie de « hors de contrôle ». Comment réagissez-vous à ces déclarations et que révèlent-elles selon vous de la perception de la France aux États-Unis ? R - Alors, vous savez qu'on n'a pas pour habitude de réagir à tous les commentaires des dirigeants étrangers. Le gouvernement iranien, lui, pense que ces manifestations sont la démonstration que la France est un pays autoritaire. Quelques commentateurs aux États-Unis disent que c'est l'expression d'une immigration incontrôlée. Le ministre l'a indiqué avant-hier dans son audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Tout cela plaide pour, au fond, mener la bataille des récits. Si on ne mène pas cette bataille, si on ne propose pas notre récit, on est condamné à se faire imposer le nôtre depuis l'extérieur. C'est pour ça qu'il a engagé cette réforme très importante pour lui depuis le printemps dernier. Q - Il y a quelques jours, plusieurs organisations, dont Urgence Palestine, ont sorti un nouveau rapport faisant état de 35 nouvelles livraisons françaises ces derniers mois en direction du principal fabricant d'armes israéliens, alors qu'Israël, je le rappelle à chaque fois, mais c'est important, continue sa guerre génocidaire à Gaza et d'occupation dans les Territoires palestiniens. La France, manifestement, continue à aider cet État en lui fournissant des équipements militaires. Alors une cargaison de composants mécaniques signalés par la CGT entre autres et Solidaires, devait partir ce matin avec un vol Air France à 9 heures 35. Air France dément, vous le savez, vous allez peut-être me confirmer encore une fois, transporter des armes ou des munitions, est-ce que l'État vérifie véritablement que ces composants ne vont pas servir à des actions offensives sur le territoire palestinien par Israël ? R - Trois choses là-dessus. 1/, je vous renvoie effectivement aux communications qui ont été faites par la compagnie aérienne Air France concernant ce transport. Air France n'a pas de réservation pour ce type de marchandises sur ses vols à la date indiquée ni à toute autre date. Ce qu'ils indiquent, c'est qu’Air France ne transporte pas d'armes ou de munitions sur ses vols à destination d'Israël. 2/, c'est un rappel que je refais régulièrement ici, mais c'est que les licences d'exportation, d’où qu'elles soient, de matériel de guerre délivré par l'administration à destination de l'étranger sont strictement encadrées. S'agissant d'Israël, elles sont autorisées uniquement dans deux cas de figure : l'exportation de matériel à des fins strictement défensives ou l'exportation de composants pour assemblage final par les entreprises israéliennes dans des matériels ensuite réexportés vers des pays tiers. C'est ensuite une procédure qui est extrêmement encadrée, extrêmement fiable. Et la France adhère grâce à cette procédure, scrupuleusement, à ses engagements internationaux. Q - Mais dans L'Humanité du 1er octobre, Microoled, une des entreprises en question, reconnaît de ne pas pouvoir garantir les usages au-delà de son premier client. Vous faites référence à des pays tiers, donc ça peut repartir ailleurs. Et cet usage-là, à partir d'un nouveau client, ce n'est plus garanti, donc ce n'est plus si fiable que ça. Comment l'État peut garantir aujourd'hui ce que le fournisseur, le fabricant français ne dit pas pouvoir garantir ? R - Je vous remercie pour votre question. Je n'aurai pas plus de commentaire à faire. Nous avons ensuite des garanties sur ces sujets-là. Et c'est par ailleurs un contrôle parlementaire rigoureux, comme vous le savez, qui est exercé. Q - Et dernier exemple, il y a une autre entreprise française, c'est Minjo Gehring Precision, qui produit des pièces permettant à des tanks israéliens de viser et de tirer, c'est concret, c'est vérifié par ces études-là, en fait, parce que vous ne m'avez pas commenté les 35 livraisons précédentes. Vous dites qu'il n'y a pas d'armes, on sait bien, c'est Vautrin et Barrot l'expliquent, et vous l'expliquez encore une fois, on comprend bien que ce ne sont pas des armes que vous livrez à Israël, mais des composants qui, on le vérifie là, à travers ces études-là, ces rapports-là, qui sont utilisés là, manifestement, les informations que nous avons, c'est que sans ces pièces-là, ces tanks ne peuvent pas viser, ne peuvent pas tirer. Alors du coup, pourquoi la France laisse-t-elle malgré tout, ce doute planer ? R - Je ne crois pas qu'il y ait de doute. Je vous renvoie vers mes dernières déclarations justes à l'instant, à la fois par un contrôle très strict par nos autorités, je vous renvoie aussi vers les déclarations du ministère des Armées et de Matignon sur ces points-là, et enfin, par ailleurs, au contrôle parlementaire qui est exercé extrêmement scrupuleusement sur ces points. Q - Une question sur le Conseil de coopération du Golfe qui se réunit avec l'Union européenne à la fin du mois d'octobre, vous l'avez évoqué. Qui représentera la France et qu'est-ce que vous en attendez ? Même question pour le sommet EU-Canada. Et une deuxième question, il me semble que Nick Stewart, le négociateur de Trump, était à Paris ces derniers jours. Est-ce qu'il a rencontré le ministre ? R - Sur les représentants de la France, on sera bien sûr représenté. Je ne peux pas vous dire à ce stade à quel niveau. Et je reviendrai vers vous quand on se rapprochera, parce que l’on est encore à quelques semaines de l'échéance. Il y a aussi la ministérielle du G20, comme vous le savez, qui est à Atlanta fin octobre. Et ensuite, concernant le négociateur américain à Paris, je ne pourrai pas vous le confirmer à ce stade, sur votre question précise. Q - Je voudrais revenir sur la question de mon confrère et sur les propos de Donald Trump. Vous avez dénoncé ces récits. En ce qui concerne l'Iran, vous avez convoqué l'ambassadeur d'Iran. Pourquoi ne pas avoir convoqué l'ambassadeur des États-Unis ? Ma deuxième question concerne les élections palestiniennes. Il y a de plus en plus de craintes que ces élections soient reportées. Le parti New Path a envoyé une lettre aux ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne qui, à ma connaissance, se réunissent, en tout cas aujourd'hui, ou devaient se réunir aujourd'hui à Jérusalem pour évoquer la question des élections. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire d'un éventuel report ? Et enfin, la troisième question concerne une enquête qui a été publiée ce matin par notre confrère du Monde, qui révèle la détention d'un Franco-Turc en Azerbaïdjan depuis février 2022. C'est un ancien employé de Thalès. Ses avocats ont l'air de dire qu'il a une santé extrêmement fragile. Il aurait perdu 80 kilos. On ignorait complètement l'existence de cette personne en détention. Est-ce que vous pourriez nous donner de ses nouvelles ? Quelles sont les démarches entreprises ? R - La situation de notre compatriote Mehmet Sahan, détenu en Azerbaïdjan, est suivi avec attention à Bakou comme à Paris. À sa demande, il bénéficie, mais comme tout Français dans ces cas-là, de la protection consulaire en application de la disposition des conventions de Vienne. Cette protection, elle s'exerce dans le cadre, évidemment, de la souveraineté de l'État azerbaïdjanais, de l'indépendance de la justice de nos pays. Dans ce cadre, il a reçu une douzaine de visites consulaires depuis son incarcération en 2022, la dernière en date datant du 1er octobre 2026. Ces visites consulaires, comme toute visite consulaire, permettent de s'assurer de son état de santé et elles permettent de s'assurer du respect de ses droits. Nous sommes par ailleurs en contact avec ses avocats et nous nous maintenons mutuellement informés de l'état de sa situation. Je n'ai pas plus d'éléments à vous donner, notamment par respect pour sa situation, mais voilà les éléments sur sa personne. Q - Mais est-ce que son état de santé est inquiétant au point que la France aurait pu faire une demande de grâce pour raison humanitaire ? R - Nous suivons la situation avec lui, ses avocats et dans le cadre strict de cette protection consulaire dont je vous dirai encore une fois que je ne vais pas être plus précis, ne serait-ce que par respect aussi pour sa situation. Sur la Palestine, vous savez que c'est un élément que nous suivons de très près à la fois parce que c'est un engagement qui a été pris en amont de la déclaration de New York en juillet 2025 et notamment à travers ce courrier du président Abbas envers le président de la République sur l'engagement de ces élections. Sur le report éventuel ou pas, c'est aux Palestiniens de communiquer sur cette question, mais notre position sur le sujet est très claire, le ministre l'a rappelée d'ailleurs lors de son audition à l'Assemblée nationale mardi : il est essentiel que ces élections puissent avoir lieu dans le calendrier annoncé par les autorités palestiniennes, c'est-à-dire le 28 novembre pour les élections législatives et le premier semestre 2027 pour les élections de la branche exécutive. Et le ministre a eu l'occasion de saluer cette semaine, mardi, à l'occasion toujours de cette même audition, l'annonce qui a été faite par Mme Kaja Kallas sur le lancement d'une mission d'observation du bon déroulement des élections législatives et présidentielle en Palestine. La France avait demandé le déploiement d'une telle mission et nous nous félicitons donc de cette annonce. Sur le fond, ces élections permettent à la direction palestinienne de pouvoir porter avec une légitimité renouvelée les aspirations légitimes de son peuple en préservant la solution à deux États. Q - Je voudrais quand même rebondir, je voudrais savoir s'il y a effectivement une réunion spécifique aujourd'hui à Jérusalem sur la question précisément de la tenue ou est-ce que c'est cette mission dont vous parlez qui démarre aujourd'hui ? J'aimerais bien avoir une clarification sur ce point. R - À ma connaissance, la mission n'a pas démarré sur le terrain et après, je n'ai pas de commentaires à faire sur la réunion dont vous parlez, des coordinations européennes dans nos ambassades, dans le réseau diplomatique, franchement, il y en a tous les jours. Donc, je n'ai pas d'informations sur une telle réunion. Q - Et sur les obstacles pour la tenue de ces élections, est-ce que ces obstacles sont le fait de… comment dire ? Certains disent que les Israéliens ne laissent pas passer le matériel de vote à Gaza, par exemple. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur qu'est-ce qui pourrait compromettre ou reporter la tenue de ces élections ? R - Là, c'est vraiment aux organisateurs de vous dire ça. Ce qui était important, c'est que nous, Union européenne, nous puissions jouer notre rôle de suivi du bon déroulement. Je vous ai dit combien c'était important politiquement pour notamment la préservation que nous avions imaginée collectivement en juillet 2025 de cette solution à deux États, que ces élections puissent se tenir. Ensuite, il y a évidemment des intérêts qui s'y opposeront et c'est d'autant plus important que ces élections doivent pouvoir se tenir. Sur votre première question, enfin, pourquoi nous avons convoqué l'ambassadeur iranien à Paris hier ? Pour deux raisons qui étaient cumulatives. La première, c'était que la convocation de notre propre ambassadeur en Iran à Téhéran la veille était absolument sans fondement et qu'ensuite il était impossible d'établir un quelconque parallèle entre la situation qui avait pu se tenir en janvier 2026 en Iran et la situation actuelle en France. Par ailleurs, nous avons rappelé que nous étions évidemment là pour lutter contre toute forme d'ingérence dans nos propres mécanismes démocratiques. Q - La question initiale était pourquoi ne pas avoir convoqué l'ambassadeur des États-Unis ? R - Parce que je vous ai donné deux éléments qui ne correspondaient pas à la situation que vous mentionnez. Q - Je voudrais revenir sur le Proche-Orient. La semaine dernière, je crois que vous avez fait circuler un projet de résolution avec vos partenaires à l'ONU, dont les Américains. Si vous pouvez me rappeler quel est l'intérêt de cette résolution et jusque-là, pourquoi est-ce que les Américains ne la trouvent pas très intéressante ? Et question sur Aspides : je crois que la semaine prochaine, justement, à Bruxelles, il y aura une discussion sur le renforcement d’Aspides. Est-ce que la France est prête là à envoyer plus de moyens ? Je crois que là, vous avez peut-être un bateau seulement. Je ne suis pas sûr. Même pas, ce n'est pas très clair. Et dernière question, c'était juste pour revenir encore une fois sur les déclarations du président pour l'aide en Arabie saoudite, ça fait déjà deux semaines et demi, trois semaines que vous avez engagé ce dialogue avec les Saoudiens. Y a-t-il des signaux de progrès ? Est-ce que vous êtes en train d'acheminer les choses ? Est-ce qu'il y a de la clarté sur ce que les Saoudiens font ? Ou est-ce que c'est encore en attente ? R - Sur le projet de résolution sur Ormuz, si c'est celui-là que vous aviez en tête ? Des projets de résolution à l'ONU, il y en a plusieurs, mais c'est bien celui-là dont on parle. Ce qui était important, parce que c'était une initiative qui avait été mentionnée en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la semaine de haut niveau, c'était que nous pensions qu'il y avait un intérêt collectif des pays partenaires, localement comme de la communauté internationale, de rétablir le trafic maritime, que nous étions strictement alignés sur la volonté de rétablir la fluidité du trafic le long du détroit d'Ormuz. Les discussions, désormais, elles suivent leur cours. L'avis ensuite américain sur le texte, vous avez l'air plus informé que moi là-dessus, mais nous pensons que nous avons, la communauté internationale, un intérêt collectif à faire respecter strictement ce droit international, sans dire les responsabilités de la situation dans laquelle on est, juste pour rétablir la fluidité du trafic le long du détroit d'Ormuz, et faire respecter le droit international qui est celui de la liberté de navigation dans les détroits internationaux. Sur le deuxième point, vous savez que la France participe, avec des moyens qu’il ne m'appartient pas de commenter, à l'opération Aspides à l'heure où je vous parle. Je ne vais pas préempter la discussion qui aura lieu la semaine prochaine et dans les jours à venir. Nous avons toujours soutenu cette mission importante depuis février 2024, c'est-à-dire depuis qu'elle existe, plus de plusieurs centaines, et je crois environ 250 bateaux, ont été accompagnés avec succès le long du détroit et nous continuerons à nous mobiliser pour à la fois sa bonne exécution et éventuellement son évolution en fonction de la sécurité et de l'état de la sécurité régionale. Ensuite, c'est au ministère des Armées de vous donner la nature de notre participation en termes de moyens sur le terrain, mais vous savez que c'est un cadre qui existe, qui est utile, qui a fonctionné ces deux dernières années, et avec l'évolution de la situation, on s'aperçoit que c'est précieux d'avoir déjà un tel cadre dans la région. Et puis enfin, sur l'Arabie saoudite, le ministre et le président de la République ont été assez clairs, je crois, quand il s'agissait d'évoquer le sujet - le ministre, il y a deux jours. Je n'ai pas plus d'éléments à donner que lui, c'est-à-dire notre volonté de venir participer de manière strictement défensive à la protection des infrastructures énergétiques et notamment de Yanbu et de ce canal Est-Ouest en Arabie saoudite avec des moyens que le ministère des Armées vous précisera plus avant. Q - Nos excellents confrères de l'AFP indiquaient hier que la France a engagé des discussions techniques avec les Talibans pour faciliter le renvoi en Afghanistan de ressortissants en situation irrégulière qui représentent une menace à la sécurité des Français. Est-ce que vous confirmez et de qui parle-t-on quand on parle de ceux qui représentent une menace à l'ordre public et combien de personnes par exemple cela représente-t-il ? R - Je vous le confirme, c'est une démarche avant tout pour assurer la sécurité des Français. C'est un dialogue à l'instar d'autres pays européens qui est strictement technique pour faciliter l'éloignement de ressortissants afghans, de ressortissants qui sont de manière illégale sur le territoire national et qui représentent un risque de sécurité nationale. Donc ce sont des gens dangereux, qui font ensuite l'objet d'une volonté de pouvoir être renvoyés en dehors du territoire national. Sur le fait de savoir combien de personnes sont concernées, là, je vous renvoie vers le ministère de l'Intérieur qui a ces éléments. Et en tout cas, naturellement, il s'agit de renvoyer, non pas des demandeurs d'asile, non pas des femmes, il s'agit de renvoyer des personnes qui sont dangereuses sur notre territoire. Q - Un petit follow-up à cette question. Est-ce que la France a l'intention, comme l'Allemagne, d'accueillir des représentants des Talibans pour faciliter ces opérations d'expulsion ? Et est-ce que vous avez des éléments concernant quel pourrait être le profil de ces représentants que vous accepteriez ? Et est-ce une démarche collective organisée au niveau de l'UE ? Puisque vous dites « comme d'autres pays européens », est-ce qu'il faut y voir une démarche conjointe, organisée au sein de l'Union européenne ? R - Actuellement, ce n'est pas le cas. Et nous en sommes strictement à un dialogue technique qui se poursuit dans un objectif qui est très particulier et qui est très déterminé, qui est celui que je viens de vous indiquer. Q - Les rebelles houthis au Yémen ont averti lundi les compagnies aériennes que l'espace aérien saoudien pourrait devenir un théâtre d'opérations militaires. Quel regard portez-vous sur ces déclarations, sachant que l'Arabie saoudite a annoncé hier trois morts dans des attaques contre ses aéroports, dont une à Riyad même, la capitale ? R - Nous assurons l'Arabie saoudite de notre pleine solidarité face à ces attaques. Nous avons condamné très fermement toutes ces attaques de la part des Houthis qui doivent cesser, et notamment les dernières attaques que vous mentionnez, hier. Q - Une question au sujet de l'eurodéputée Rima Hassan. Vous avez sans doute suivi ce qui se passe autour d'une action qu'elle a commise, tout du moins un truc qu'elle a fait à Strasbourg, au Parlement européen de Strasbourg. Elle a retiré le drapeau israélien et elle a assumé son acte en disant qu'elle n'avait pas commis de détérioration sur le drapeau israélien ni même sur celui européen. Mais nous avons pu entendre et voir M. Barrot appeler à des sanctions, je cite « exemplaires » contre elle, si les faits étaient avérés. Bon, elle assume ce qu'elle a fait. Du coup, ma question c'est celle-ci : quelles sanctions sont attendues, exemplaires, sur cette élue insoumise ? R - Je vous renvoie vers les propos du ministre. Il s'agit d'un débat qui est politique, sur lequel ensuite il reviendra au Parlement européen de déterminer les suites à donner. Mais ce n'est pas au porte-parole du Quai d’Orsay de s'exprimer là-dessus. Q - C'est plus que politique, parce que là, ce qu'on lit autour de cette information, c'est quand même... Les gens se demandent pourquoi cette parole de M. Barrot est immédiate et demande des sanctions exemplaires, là où, à l'inverse, c'est le sujet, des actions d'Israël qui sont bien plus graves aujourd'hui, M. Barrot ne s'exprime pas si rapidement et ne demande pas des sanctions exemplaires. Du coup, comment vous expliquez ce petit deux poids deux mesures là ? R - Je vous invite franchement à strictement reprendre les éléments du ministre là-dessus. Q - Sanctions exemplaires ? On ne sait pas lesquelles. R - Vraiment, je vous renvoie vers les propos du ministre là-dessus. Merci beaucoup. À la semaine prochaine.