Conférence de presse du porte-parole du 5 novembre 2026 Politique étrangère Conférence de presse Le : 05 novembre 2026 Quai d'Orsay - Conférence de presse du porte-parole du 5 novembre 2026 1 - Propos liminaire Je souhaite commencer cette conférence par un mot sur la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 qui, comme vous le savez, se tiendra lundi et mardi prochains. Il s’agit de la quatrième et dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de la présidence française du G7. Elle devait initialement être organisée à Marseille, mais pour des raisons logistiques et avec l’enchaînement du Forum de Paris pour la paix, nous avons jugé préférable de l’organiser à Paris, ici au Quai d’Orsay, juste derrière nous, à l’hôtel du Ministre. Vous le savez, tout au long de l’année, la France s’est attachée à faire de sa présidence du G7 une présidence fondée sur des projets concrets, et à attacher un soin particulier à ce que les projets qui étaient annoncés soient bien mis en œuvre, au-delà d’effets d’annonces. Ce sera, je crois, la signature de cette ministérielle, dans la lignée de la réunion des Vaux-de-Cernay en mars dernier et de la G7 d’Évian au niveau des leaders en juin dernier. Premièrement, « on l’a dit, on l’a fait » : le Ministre aura à cœur de présenter en particulier trois éléments qui avaient été initiés plus tôt dans l’année en mars dernier. Premièrement, le financement de la réfection de l’arche de confinement de Tchernobyl, qui avait été endommagée par un drone russe, comme vous le savez, et pour lequel nous aurons des avancées ; Deuxièmement, et c’est une nouveauté, souhaitée par le Ministre, d’aborder la lutte contre le narcotrafic, avec l’opérationnalisation du réseau des ports du G7+, qui servira à mieux lutter, ensemble, contre le narcotrafic ; réseau qu’il présentera à cette occasion, et qui se réunira. Le Ministre profitera de cette importante échéance pour présenter également le volet français du plan international contre le narcotrafic. Ce sera lundi après-midi. Et puis troisième élément dans ces éléments très concrets, c’est l’amélioration de l’efficacité de la chaîne logistique humanitaire, avec le renforcement de hubs logistiques souvent mis en avant et le développement de notre innovation, souvent française, en la matière. Il le fera en présence, lundi, du directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM). Ça c’était le premier élément : on l’a dit, on l’a fait. Le deuxième, c’était les éléments plus traditionnels, la coordination sur les grandes crises internationales et pour faire face aux conséquences concrètes qu’elles ont pour la vie de nos concitoyens. Il y aura des sessions de travail spécifiquement dédiées à l’Ukraine, et au Proche et Moyen-Orient. Les ministres aborderont aussi d’autres foyers de tensions, comme la corne de l’Afrique, le Soudan, Haïti et l’Indopacifique. Et puis troisièmement, le Ministre a souhaité placer d’autres enjeux, assez nouveaux en G7 affaires étrangères, au cœur des discussions, notamment l’intelligence artificielle. Et ce, dans la droite ligne d’une part de la réunion du CSNU qu’il avait convoquée en septembre dernier autour des acteurs comme Hugging Face, OpenAI ou Anthropic après les révélations sur les risques sécuritaires de leurs modèles les plus avancés de LMM et d’autre part, dans la lignée des discussions qui avaient lieu sur ces sujets lors du G7 d’Evian autour des chefs d’États et de gouvernements. Voilà les principaux éléments de programme et de priorité de ce qui sera un G7 ouvert. Ouvert en termes d’outreach, avec la présence de cinq autres pays. Ouverts aux entreprises partenaires en matière humanitaire ou d’intelligence artificielle. Vous serez prochainement informés du programme et des exercices presse prévus. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’aura lieu ici-même mardi après-midi la conférence de presse de clôture présidée par le ministre Jean-Noël Barrot. Nous nous tenons à votre disposition pour organiser au mieux votre venue et savons que vous venez nombreux avec environ 200 demandes d’accréditations. 2 - Agenda ministériel Après le G7, le Ministre participera à la 9e édition du Forum de Paris sur la Paix, à la fois mardi soir et le mercredi 11 novembre dans l’après-midi. A cette occasion, il rencontrera certains de ses homologues et participera à plusieurs séquences, notamment une conférence sur les enfants en Ukraine, une autre sur l’initiative veto que nous portons avec le Mexique au niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Il célébrera, aux côtés de ses membres, le 10e anniversaire de la Fondation ALIPH, qui est l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine en zone de conflit. Il présidera une table ronde sur l’intelligence artificielle, aux côtés d’entrepreneurs du secteur. Il se rendra en fin de semaine au Maroc pour une visite bilatérale et pour intervenir à l’occasion du Forum mondial des Femmes pour la Paix. Benjamin Haddad de son côté entame aujourd’hui un déplacement de deux jours en Guadeloupe, à l’occasion de la 30e Conférence des Présidents des Régions Ultrapériphériques. Nicolas Forissier était les 3 et 4 novembre au Monténégro pour renforcer nos échanges économiques dans plusieurs secteurs notamment les infrastructures, la santé ou le traitement des déchets. Ce déplacement s’inscrivait dans le sillage de celui du Président et en suivi de l’accord intergouvernemental qui avait été conclu alors en 2025. Et puis Madame Éléonore Caroit participera également au Forum de Paris pour la Paix du 9 au 11 novembre. Elle interviendra dans plusieurs séquences consacrées à la protection de l’enfance en ligne notamment et échangera avec le Conseil national pour le développement et la solidarité internationale. 3 - Questions/réponses Q – Vous évoquiez le Forum de la Paix comme raison de bouger le G7 de Marseille à Paris, mais ça fait quand même 6 mois, 1 an qu'on sait que ça se passe le 11 novembre. Donc pourquoi prendre cette décision à 3 jours du G7 ? Et juste une précision, ça coûte combien pour organiser une réunion du G7, une ministérielle comme ça, puisque c'est le contribuable français qui paye et des changements comme ça, ça va, je pense, rajouter des coûts ? R - Alors, ce sont des dispositions à la fois logistiques et opérationnelles qui ont fait qu’à l'approche de l'échéance, nous avons pris la décision de le relocaliser à Paris. On va tout faire pour que ce soit un accueil de la meilleure qualité possible pour vous, pour vos confrères, pour les délégations internationales qui viennent. Je sais que c'est une contrainte, mais c'est aussi la vie de ces grands sommets de s'adapter. Il n'y aura pas de changement en termes d'ambition, en termes de programme, en termes de priorités. Et c'est bien là ce qui est effectivement l'essentiel. Ensuite, sur le coût, je ne peux pas vous donner à ce stade les éléments. Les équipes sont en train de préparer au niveau de la logistique, du protocole, cette relocalisation, en lien notamment avec les entreprises et avec aussi les assurances. Nous les organiserons dans nos murs, à l'Hôtel du ministre, juste derrière nous. Nous réutiliserons évidemment l'ensemble des éléments qui avaient été nécessaires et nous réutiliserons évidemment toutes les infrastructures du ministère. Q- Je voudrais prolonger la question. Quand vous dites qu'il y a des considérations opérationnelles, est-ce que c'est d'ordre sécuritaire ? On a vu un contexte un peu particulier. Aujourd'hui, il y a eu une série d'alertes à la bombe avec un détournement d'avion, avec un atterrissage à Évreux. Est-ce que hier soir, puisque l'annonce aux délégations a été faite hier soir, est-ce que ça a pu entrer en compte l'aspect sécuritaire ? Et ma deuxième question, toujours sur le G7, qu'est-ce qui ferait le succès de ce G7 d'après vous ? Et est-ce que tous les ministres des six autres pays ont confirmé leurs venues, notamment Marco Rubio ? R - Alors, ils avaient confirmé leur venue. On est maintenant en discussion avec chacune de ces délégations pour la réorganisation logistique. C'est évidemment notre souhait. Nous faisons tout pour qu’évidemment, elles soient accueillies dans les meilleures conditions. Ce sont vraiment des raisons opérationnelles pour les équipes de protocole, de logistique, avec deux événements extrêmement importants qui se tiennent en back-to-back. Et donc, c'est pour cela que c'était important que nous ne puissions pas tirer sur les équipes. C'est donc pour cela que cette décision a été prise. Ensuite, qu'est-ce qui fera le succès de ce G7 ? Je vous l'ai dit, ce sont deux éléments : que les initiatives qui ont été prises, portées à la fois aux Vaux-de-Cernay, puis au niveau des leaders à Évian, soient vraiment mises en œuvre. On a une attention particulière qui est portée par le Ministre à ce que ces annonces rentrent dans la réalité. Et deuxième élément, c’est le réseau des ports, ces éléments sur les hubs logistiques, ces éléments sur la lutte contre le narcotrafic. Donc ça, ce sont des éléments qui sont très concrets. Et puis, il y a la volonté d'utiliser ces enceintes pour résoudre les questions qui touchent au quotidien de nos concitoyens. Vous savez que la situation internationale a une pression particulière en ce moment sur la vie de nos concitoyens, notamment sur le prix de l'essence. Il y a donc des coordinations particulièrement importantes là-dessus. C'est pour cela que les grandes crises internationales sont abordées dans cette enceinte. Je vous l'ai dit, il y a à la fois une session dédiée à l'Ukraine en invitant notamment le ministre des Affaires étrangères du pays en question et une session dédiée aux Proche et Moyen-Orient. Et enfin, un tour de table avec une session dédiée sur les différentes crises internationales, dont la Corne de l'Afrique, le Soudan ou Haïti notamment. C'est sur cela que nous espérons pouvoir être jugés et jaugés à la fin de cette réunion. Q - Laurent Nuñez a évoqué des discussions techniques avec le régime des talibans pour reconduire des Afghans en situation irrégulière. Alors, est-ce qu'on peut dire que c'est la reprise officielle des relations diplomatiques entre les deux pays ? Et d'après nos confrères du Monde, en contrepartie, les talibans auraient obtenu un accord de principe pour installer, je cite, un groupe de travail dans les locaux du consulat d'Afghanistan. Est-ce que vous confirmez cette information ? R - Comme le ministre de l'Intérieur s'est exprimé effectivement au Parlement, mais comme aussi le ministre des Affaires étrangères a pu le dire et le redire de manière très explicite lundi matin, la France ne reconnaît pas les talibans et elle n'a aucune intention de le faire. C'est très clair, nous le disons et nous le martelons. La deuxième chose, c'est qu'il ne faut pas oublier un élément qui est très important de notre position vis-à-vis de ce pays, qui est le maintien de notre aide, de notre soutien auprès de la population civile afghane, et en particulier des femmes afghanes. Il y a quelques chiffres qui ont été donnés, mais que je veux redire dans cette enceinte. C'est 187 millions d'euros d’aide humanitaire qui ont été donnés depuis le 15 août 2021, qui ont permis une lutte accrue contre la malnutrition ainsi qu’une aide pharmaceutique et hospitalière. C'est aussi des visas qui ont été donnés à des femmes afghanes. 17 000 ont pu en bénéficier et ont maintenant le droit d'asile en France. C'est aussi des bourses qui ont été données à des étudiants. Ce sont donc des éléments très concrets qui sont dans la durée et que nous avons voulu encore redire lundi matin en présence notamment de différents représentants de la société civile afghane. En lien avec le ministère de l'Intérieur, nous avons initié, en effet, un dialogue technique avec l'Afghanistan, avec le régime actuel, pour une raison très particulière. C'est pour pouvoir renvoyer directement des ressortissants afghans qui sont dangereux, qui représentent une menace pour l'ordre public en France et qui sont ici de manière illégale. C'est donc pour la sécurité des Françaises et des Français que ce dialogue technique a été initié et que nous assumons en toute transparence. Ce dialogue technique ne veut aucunement dire une reconnaissance du régime. Et donc ne pas reconnaître, c'est très clair par le ministre. Q - Et sur les informations du Monde, est-ce que vous confirmez ou pas que ce groupe de travail va être installé dans les locaux du consulat ? R - Non, je ne confirme rien. Je crois que l'article parlait de délégation consulaire, je ne le confirme pas non plus, pas la constitution d'un tel groupe de travail, il n'y a rien aujourd'hui. Et si un jour il devait en avoir un, nous vous en ferions part dans le cadre de la même transparence dont nous faisons preuve aujourd'hui avec vous. Q- Juste une question complémentaire. Cela veut dire qu'aujourd'hui, la France ne va pas délivrer de statut diplomatique aux talibans qui viendraient contribuer à ce travail technique et est-ce que vous pouvez nous dire si oui ou non, je n'ai pas compris s'il y avait effectivement des talibans qui vont venir à Paris dans le cadre de ce travail d'expulsion entre les deux pays ? R - Là je ne le confirme pas, il n'y a pas de délégation aujourd'hui consulaire talibane à Paris. Q - J'ai une question par rapport aux relations entre la France et la Serbie. On a vu les changements politiques en Serbie il y a dix jours. Une Liste étudiante a gagné les élections législatives et a fait un changement après 14 ans de régime de président Vucic, l'ancien président. Quelles sont les positions de la France aujourd'hui ? Quelles sont les attentes des nouvelles autorités ? On a vu que le président Macron a parlé avec le premier de la liste étudiante, M. Srdanović. Est-ce qu'il y avait d'autres contacts ? Et est-ce qu'il y a des plans d'accompagnement des nouvelles autorités sur le plan des intégrations européennes, coopération économique et quelles sont les attentes sur ses positions géopolitiques ? R - Merci pour votre question. Écoutez, nous avions fait une déclaration le 27 octobre suite aux élections législatives anticipées du 25. Le président de la République s'est entretenu lundi avec la tête de Liste étudiante et a félicité la Liste pour sa victoire. Il a rappelé l'amitié entre nos deux pays, notre détermination à accompagner la Serbie sur son chemin européen, et nous soulignons l'importance des réformes et du dialogue avec Pristina afin de consolider la trajectoire européenne de la Serbie que nous souhaitons. Nous nous tenons prêts à poursuivre, pour ce qui nous concerne, avec les nouvelles autorités serbes, l'approfondissement de nos relations bilatérales, y compris ensuite sur le plan économique. Et puis, le gouvernement est encore loin d'être constitué. Mais la France sera attentive aux premières mesures, évidemment, qui seront prises par les nouvelles autorités, en particulier s'agissant de l'orientation européenne de ces nouvelles autorités.