Conférence de presse du porte-parole du 28 mai 2026 Politique étrangère Conférence de presse Le : 28 mai 2026 1 - Agenda du pôle ministériel Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a ouvert hier mercredi 27 mai la Fabrique du G7 qui donnait la parole à la société civile, et notamment aux jeunes générations, ceux qui feront la diplomatie de demain. Cet événement a rassemblé 180 lycéens et étudiants. Ces-derniers ont remis au ministre des propositions qui seront transmises pour consultation aux chefs d’État et de gouvernement invités au Sommet du G7, qui se tiendra à Évian les 15, 16 et 17 juin. Quatre classes de lycées d’Annemasse, Annecy, la Seyne-sur-Mer et Villeneuve-Saint-Georges se sont vues remettre des mains du ministre un prix dans le cadre du concours « Message des élèves à l’attention des chefs d’État et de gouvernement du G7 » porté par le ministère de l’Éducation nationale. Le ministre est aujourd’hui jeudi 28 mai à Limassol à Chypre pour assister à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Deux grands thèmes sont à l’ordre du jour : le Proche Orient et la guerre d’agression russe contre l’Ukraine. Sur le Proche et le Moyen-Orient, le ministre a pu évoquer ce matin le rôle de la France et de l’Europe dans la recherche d’une solution stable et durable dans la région. Concernant la guerre d’agression russe en Ukraine, le ministre a insisté notamment sur les moyens de renforcer davantage encore la pression sur la Russie. En marge de cette réunion le ministre s‘est entretenu avec ses homologues indien et saoudien, également présents à Chypre. Il participera demain vendredi 29 mai, à l’invitation du Premier ministre, au comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée. En début de semaine prochaine, le ministre assistera au sommet Choose France., ainsi que les ministres délégués. Jeudi 4 juin, le ministre participera à la 3e réunion du Comité de coopération transfrontalière franco-italien à Aoste. Enceinte créée par le Traité du Quirinal, signé en novembre 2021, ce comité permet d’échanger en profondeur autour des liaisons transfrontalières, qu’elles soient routières ou ferroviaires, autour des questions environnementales et sanitaires, ainsi qu’autour des questions de coopération éducative, linguistique et culturelle. C’est, en somme, une manifestation très concrète de la qualité et de la densité de la relation franco-italienne. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe intervient le vendredi 29 mai en visioconférence dans la cadre du conseil Compétitivité (recherche et espace). Il s’agira d’une nouvelle occasion d’évoquer auprès des partenaires européens le Sommet international sur l’Espace, qui se tiendra début septembre à Paris. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, se déplacera le samedi 30 mai dans l’Eure-et-Loir à l’occasion des Journées Choose France à la veille du sommet auquel il participera. Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger consacre cette fin de semaine à la 12e édition des semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes. Elle clôturera vendredi 29 mai la réunion plénière du Conseil France Amérique latine et Caraïbes et ouvrira ensuite le Forum de la Maison de l’Amérique latine. 2 - Propos liminaire Je souhaiterais aujourd’hui évoquer la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, alors que nous avons assisté ces derniers jours à une intensification des frappes russes contre des civils ukrainiens. Dans ce contexte, à la demande du Ministre, le Quai d’Orsay convoquera demain l’ambassadeur de la Fédération de Russie au niveau du directeur général des affaires politiques. Nous communiquerons à l’issue. Cette convocation marque notre refus des tentatives d’intimidation, un refus de détourner le regard des crimes de guerre russes, et une volonté de tenir la Russie pour responsable des exactions qu’elle commet, contre les civils ukrainiens, contre les journalistes – et j’ai une pensée pour la mémoire des journalistes étrangers délibérément visés tels Antoni Lallican l’an dernier - , contre les infrastructures civiles au mépris de toutes les règles du droit international qu’elle doit pourtant défendre d’autant plus qu’elle est un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Embourbée depuis plus de quatre ans maintenant dans une guerre qu’elle a elle-même déclenchée, poussée par des ambitions impérialistes, la Russie s’enferme dans une stratégie escalatoire précisément parce qu’elle est dans une impasse militaire, économique et diplomatique. Dans la nuit du 23 au 24 mai derniers, les forces armées russes ont fait usage du missile balistique à capacité nucléaire Orechnik, dans une attaque mobilisant plus de 600 drones et 90 missiles. L’attaque a atteint des infrastructures civiles, des immeubles résidentiels, des écoles et des lieux culturels. On compte encore de nouvelles victimes, de nouveaux blessés parmi la population. Sans parler des menaces à l’égard des personnels des ambassades. Agiter la possibilité d’attaques de grande ampleur n’est pas totalement nouveau mais cette menace est révélatrice : - Révélatrice du mépris flagrant de la Russie pour le droit international humanitaire et pour ses engagements de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. - Révélatrice de la volonté de susciter une escalade des tensions, pour contrer les efforts de paix. - Révélatrice aussi de la fragilité de la position russe, qui en est réduite à faire usage de menaces inacceptables et de campagnes de manipulations de l’information, on l’a vu avec les pays baltes. La Russie nourrit le récit de sa toute puissance mais les faits sont là, comme le rappelait le ministre Jean-Noël Barrot : la Russie perd du terrain sur le plan militaire ; la Russie subit des attaques de drones ukrainiens dans la profondeur de son territoire, y compris à Moscou ; la Russie est en difficulté sur le plan économique avec l’effort de guerre colossal qui atrophie son économie civile et avec les différentes sanctions européennes. Nous avons été clairs : il est hors de question de céder aux intimidations de la Russie et d’évacuer notre ambassade, qui continuera à fonctionner comme d’habitude. Notre soutien à l’Ukraine est indéfectible et nous l’avons réaffirmé régulièrement : que ce soit à titre national ou au niveau européen, la France est pleinement mobilisée pour lui apporter un soutien militaire, économique et humanitaire. 3 - Questions/réponses Q - Une question d'abord sur le Liban. Demain, normalement, il y aura à Washington une autre rencontre entre les deux ambassadeurs israélien et libanais. Quand le Premier ministre Nawaf Salam était à Paris, le Président a dit que la France, même si elle n'est pas à la table, va aider le Liban à se préparer à ces négociations. Quelle est la nature des contacts que vous avez avant cette réunion ? Quels sont les conseils que vous avez apportés au gouvernement libanais pour la suite ? La deuxième question porte sur cette rencontre qui devrait avoir lieu à Paris le 12 juin, avec d'abord, la société civile et aussi, je comprends, le ministériel. On est déjà deux semaines avant. Est-ce qu'il y a déjà des détails ? D'abord, qui va venir pour le ministériel ? Si j'ai bien compris, la partie société civile va se tenir à l'Institut du monde arabe. Pourquoi ? Beaucoup d'Israéliens considéraient que c’était, dans le passé, un endroit un petit peu hostile, si vous me permettez d'utiliser cette notion. Donc pourquoi vous avez choisi cet endroit-là ? Merci. R - Merci beaucoup. Sur le premier point et le Liban, nous avons des contacts réguliers à tous les niveaux, en réalité, avec les différentes parties prenantes et avec tous les interlocuteurs. Nous sommes alarmés des différentes violations du cessez-le-feu ces derniers jours. Un cessez-le-feu qui est fragile, probablement trop fragile et qui doit être la voie pour aller vers un accord qui soit plus durable. Nous soutenons à la fois les discussions qui se sont produites par le passé, c'est-à-dire les 14 et 15 mai derniers et nous soutenons les nouvelles discussions que vous mentionnez effectivement, le 29 mai, pour aller vers un accord qui soit plus durable, un accord qui permette, d'une part, l'arrêt durable des attaques du Hezbollah contre Israël et la relance du processus de discussion et de l'autre côté, effectivement, le retrait de l'armée israélienne, pour une simple raison, qui est que cette présence est contre-productive à terme pour la sécurité d'Israël et pour la souveraineté et la sécurité du Liban. Notre ligne, au fond, dans tout ça, elle est claire. C'est premièrement le soutien à la population libanaise, aux autorités libanaises, à l'armée libanaise, avec notamment la livraison, il y a quelques mois, de 39 véhicules de l'avant-blindé, par exemple. Deuxièmement, le refus d'une occupation durable du Sud-Liban par Israël, avec une interdiction du retour des populations déplacées ou d'une vaste destruction des villages frontaliers. Et puis, troisièmement, le refus d'une instrumentalisation du Hezbollah par l'Iran, qui utilise le Hezbollah pour déstabiliser la région, avec, dans notre esprit, un côté inadmissible du Hezbollah qui porte cette responsabilité majeure d'avoir entraîné le Liban dans une guerre qui n'est pas la sienne. Voilà sur le premier point. Sur le second, cette conférence du 12 juin, c'est une conférence qui se tiendra en fait un an après l'appel de Paris des sociétés civiles, qui avait été fait le 13 juin dernier à Paris, qui réunissait des sociétés civiles à la fois israélienne et palestinienne. Il y aura un volet de présence, bien sûr, de ces sociétés civiles, mais aussi, effectivement, un volet ministériel, avec le ministre Jean-Noël Barrot qui a invité plusieurs de ses homologues. On vous donnera plus d'éléments sur la présence des uns des autres dans les jours à venir, à mesure qu'on se rapprochera de la conférence. Pourquoi nous faisons ça ? Alors que la situation sur le terrain est dans une impasse, avec un cessez-le-feu qui est fragile à Gaza, avec une reprise de la colonisation et des violences des colons extrémistes en Cisjordanie, la France continue et continuera à faire tout ce qui est dans sa capacité d’être du côté des solutions en relançant les efforts avec pour nous, l'importance d'une perspective politique commune pour les Israéliens et les Palestiniens. Notre volonté, c'est de proposer des solutions qui sont très concrètes. Cela fera partie des éléments qui seront discutés le 12 juin, y compris un élément de soutien financier supplémentaire à la société civile qui sera examiné à cette occasion. Cela constituera des recommandations qui seront une étape cruciale juste avant le G7, on sera à quelques jours du sommet du G7 des chefs d'État et du gouvernement, et qui seront là pour alimenter les processus diplomatiques en cours. Q - Une clarification sur la convocation du chargé d'affaires de l'ambassade de Russie. Est-ce que c'est la même convocation évoquée dans la déclaration d'hier ou est-ce que c'est une nouvelle convocation ? Il me semble qu'on parlait de l'ambassadeur dans la déclaration d'hier. Et la deuxième chose concernant toujours la conférence du 12 juin, le ministre a dit devant les députés lors de son audition mardi que cela se tiendrait à l'Institut du monde arabe. Est-ce que vous confirmez ? Est-ce que c'est pour les deux volets, ministériel et société civile, tout au même endroit ? Et enfin, s'agissant de la flottille pour Gaza, le Premier ministre a redit hier aux questions au gouvernement que le ministre allait recevoir les avocats pour une éventuelle suite judiciaire sur les évènements qui sont produits sur cette flottille. Est-ce que vous pouvez nous dire quand il recevra les avocats ? Et est-ce qu’on a déjà une idée de la manière dont la justice pourrait être saisie, sur quels fondements, quels seraient les argumentaires judiciaires pour saisir la justice ? R - Concernant votre premier point, c'est la même convocation. Il ne me semble pas avoir prononcé le mot chargé d'affaires, mais c'est la même convocation. C'est l'ambassadeur qui est convoqué et qui sera reçu au Quai d'Orsay demain par le directeur général des affaires politiques. On communiquera demain à l'issue sur ce point. Sur le 12 juin, oui, c'est bien à l'Institut du monde arabe, avec les différentes séquences. Il y a un important travail qui est en train d'être mené, évidemment, avec notamment les trois ONG qui sont les organisatrices de cet appel de Paris, mais évidemment aussi avec les différents pays qui sont conviés. Et puis enfin sur la flottille, et je voudrais du coup redonner un petit peu d'éléments là-dessus, comme vous, comme nous tous, je crois que nous avons été tous très choqués par la vidéo du ministre israélien Ben Gvir avec les différents ressortissants français ou européens qui avaient été des participants de la flottille, quoi qu'on pense de la flottille, et vous savez que le ministre et ce ministère avaient indiqué aux différents ressortissants français de ne pas prendre part à cette flottille. Et dans le sillage de ça, nous avons convoqué l'ambassadeur d'Israël à Paris. Nous avons pris une mesure qui était l'interdiction d'entrée sur le territoire français contre un ministre israélien. C'est une première de prendre une telle décision contre un ministre israélien en exercice. Et puis le Premier ministre l'a indiqué hier, effectivement, le ministère va recevoir les avocats des ressortissants. Les rendez-vous sont en train d'être fixés. Donc pareil, comme d'habitude, nous communiquerons à l'issue les conclusions que nous en tirerons. Et puis, nous n'excluons pas, effectivement, comme le Premier ministre l'a indiqué hier, de saisir éventuellement la justice française, s'agissant de ressortissants français, et puis de faire prendre d'autres sanctions en particulier au niveau de l'Union européenne. Vous savez que nous estimons que c'est toujours les sanctions européennes qui ont plus d'impact. Et c'est un travail que nous devons mener avec nos homologues européens pour convaincre aussi nos partenaires d'aller à l'avant sur ces éléments. Mais ensuite, je n'ai pas plus de détails à vous donner sur la nature judiciaire de cela, au-delà de ce qu'a dit le Premier ministre. Q - Je reprends la question sur le Liban posée précédemment. Vous allez vous contenter de jouer ce rôle secondaire dans les négociations entre le Liban et Israël avec la médiation américaine parce qu'il ne nous semble pas que vous avez un rôle assez important, au moins on ne le sait pas ? Ou allez-vous peut-être lancer votre propre initiative ? Parce qu'il me paraît que les choses vont... Il y a une vraie escalade depuis hier, il y a eu même un assassinat ou une tentative d'assassinat, on ne sait pas encore, à côté de Beyrouth, il y a une heure. Il y a des médias israéliens qui parlent d'un feu vert américain aux Israéliens de reprendre ces frappes pour des assassinats et un élargissement de l'opération militaire dans le sud qui est clair maintenant... Rôle secondaire ou vous allez faire autre chose ? Non, vraiment, c'est une question que les Libanais se posent parce qu'on a l'impression que la France est un peu à la marge de tout ce qui se passe au Liban. R - Comment répondre ? Il y a peu de pays qui font autant pour le Liban que la France. Le ministre s'y est rendu, et je crois que c'est le pays dans lequel il s'est rendu le plus depuis qu'il est en fonction. Il y a par ailleurs le rôle de l'Envoyé spécial du président de la République. Et je vous laisse la responsabilité de vos propos, mais en tout cas, je ne les partage pas et on ne les partage pas ici. Si vous regardez la quantité de l'aide humanitaire apportée depuis début mars par la France, si vous regardez le soutien apporté aux Forces armées libanaises, et sur la diplomatie, je vous le redis, il n'y aurait pas de cessez-le-feu actuellement au Liban sans la mobilisation de la France avec les États-Unis. Et donc, je vous l'ai dit tout à l'heure, nous sommes alarmés par la poursuite des hostilités actuellement et nous soutenons effectivement les discussions qui sont en cours. Quant à savoir est-ce que nous sommes ou pas dans ces discussions, nous n'avons pas beaucoup de doutes là-dessus. Nous sommes à la fois par la connaissance que nous avons du dossier et par notre implication, nous serons dans ces discussions et nous sommes en contact avec l'ensemble des parties à ce stade, en soutien à ces discussions qui se poursuivront demain. Q - Pardonnez notre insistance à poser des questions sur le Liban, insistance justifiée par la gravité de la situation sur le terrain. Hier vous avez dit qu'il n'y aura pas un cessez-le-feu au Liban sans la France, mais quels sont aujourd'hui les leviers de la France pour influer sur les parties prenantes ? Le dernier entretien téléphonique entre le Président Macron et le Premier ministre israélien remonte, si je ne me trompe pas, au mois de février. Au mois de mars, le président a appelé son homologue israélien Isaac Herzog. Même les appels entre les deux ministres Barrot et Katz se raréfient. Comment qualifieriez-vous aujourd'hui l'état de la relation entre la France et Israël ? R - Je ne suis pas là pour qualifier l'état des relations. Nous sommes dans la suite d'échanges avec les autorités israéliennes. Vous savez que le ministre s'est rendu en Israël il y a quelques mois. Les contacts avec son homologue se poursuivent. Ce n'est pas trahir un secret que l'ensemble de ces appels ne sont pas forcément toujours rendus publics et que des échanges se poursuivent, même si on n'est pas forcément en train d'en faire état. Le ministre communique très souvent avec son homologue, comme on communique aussi très souvent avec les autorités américaines sur ces sujets. Q – Un follow-up à la question, est-ce que vous pouvez confirmer qu'il y a eu un appel, justement, hier soir, entre le ministre français et son homologue israélien ? Et par ailleurs, est-ce que vous avez des éléments sur de potentiels déplacements au niveau de différentes personnes du ministère en Israël prochainement ? R – Je n’ai pas d'informations à communiquer sur d’éventuels appels téléphoniques hier soir et quant aux déplacements non plus. Ce qui est une des prochaines étapes qui est extrêmement importante pour nous et qui concentre une partie de notre effort diplomatique, c'est le 12 juin et cette conférence des sociétés civiles en présence de ministres. Q - Je sais qu'on n'a pas encore tous les détails, mais est-ce qu'on peut au moins avoir des éléments sur quelles personnalités de la société civile des deux côtés ont déjà répondu présentes aux invitations ? Est-ce qu'il y a aussi des personnalités du monde politique, de l'opposition israélienne ? Et au niveau des ministres, est-ce qu'on sait déjà ceux qui seront bel et bien présents ? Et est-ce que l'invitation a été envoyée au ministre israélien ? R - Alors, sur l'ensemble de ces sujets, on reviendra avec un brief plutôt probablement la semaine prochaine plus précis sur en quoi consistera [cette conférence] et à la fois les différentes parties prenantes et comment la journée sera organisée. Je reviens sur ce que je vous ai dit, en réalité, il y a quelques instants, je peux confirmer un appel du ministre avec son homologue israélien puis avec son homologue iranien. Q - Juste une précision, pardon, donc le ministre israélien et le ministre palestinien seront invités pour cette conférence ? R - Sont invités des homologues notamment européens et régionaux. Q - J'ai une question sur l'Ukraine et la Russie. Quelle est la position de la France sur l'idée d'avoir un médiateur européen pour négocier avec la Russie ? Et j'ai une petite question complémentaire qui change totalement de sujet. Ce week-end, il y a la finale de la Ligue des champions entre Arsenal et le Qatar, pardon, le Paris Saint-Germain. Quelles consignes avez-vous pour les supporters du PSG qui résident dans le nord de Londres ? R - Je pensais que vous alliez demander si le Quai d’Orsay était derrière le PSG ou pas. C'est un club français, donc évidemment, nous serons pour sa victoire. Sur la partie médiation dans le sujet ukrainien et russe, là-dessus, il faut être très clair : il faut éviter de se focaliser sur le médiateur ou la médiatrice mais voir l'objet de la médiation. Il y a des échanges importants et substantiels qui sont en train de se tenir à Chypre. Ils se poursuivront au prochain Conseil des Affaires étrangères de juin. L'Europe ne peut être que partie prenante de ces négociations. Et dans cette attente, elle possède différents leviers que vous connaissez. Nous devons renforcer la pression sur la Russie jusqu'à ce que la Russie s'engage de bonne foi sur le chemin d'une paix négociée. Mais comme vous l'avez vu dans mes propos liminaires et comme vous nous entendez fréquemment, nous n'avons pas le sentiment que c'est le chemin qu'elle a suivi jusqu'à présent. Et puis maintenant, sur votre question plus précise sur nos ressortissants à Londres, la première chose, c'est de suivre les consignes des autorités locales. Notre ambassade, notre consulat général à Londres les relaient. Ils sont évidemment mobilisés, comme nous le faisons dans tous les grands événements, pour venir en soutien à des supporters qui en feraient la demande. Vous me parlez de Londres, mais j'ai aussi une pensée pour Budapest, parce que c'est là où se tiendra cette finale. Notre consulat général à Budapest, nos collègues en Hongrie seront également mobilisés en soutien à nos supporters. Q -Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a demandé aux pays membres de l'OTAN de faire une contribution à la défense de l'Ukraine de l'ordre de 0,25%. Cette proposition arrive en amont du sommet qui se tiendra en Turquie. Est-ce que vous pouvez nous préciser quelle est la position de la France là-dessus ? R - La France est avec ses partenaires parmi les pays les plus engagés en soutien à l'Ukraine, à l'image des initiatives qu'elle a prises, le soutien aux forces armées ukrainiennes, les coopérations industrielles, la co-présidence avec le Royaume-Uni de la Coalition des volontaires, la lutte contre l'effort de guerre russe, je pense à la flotte fantôme, je pense aux sanctions. Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, avait en effet fait cette proposition. Je crois qu'il a rapidement constaté qu'il faisait d'une clé du PIB consacrée au soutien à l'Ukraine en équipements militaires que cette clé n'était pas adaptée au vu de deux choses. D'une part, de la diversité des soutiens qui étaient apportés par les alliés, certains se concentrant sur la fourniture d'équipements, d'autres sur de l'aide financière, d'autres par exemple, sur de l'appui en termes de renseignements, et puis d'autre part, parce qu'il faut avoir une manière de répondre qui est adéquate aux demandes ukrainiennes, ce qui passe par différentes choses, parfois par la fourniture d'équipements militaires, mais surtout désormais par des coopérations industrielles, on l'a vu en matière de drones, par exemple, et des actions pour aider l'Ukraine à faire face aux nouvelles méthodes de l'agression russe. Donc, nous sommes en contact régulier avec les autorités ukrainiennes pour répondre à leurs besoins et à leur demande de prévisibilité. Leur demande de prévisibilité, c'était notamment le prêt européen de 90 milliards d’euros dont nous réjouissons qu'il ait pu être enfin opérationnalisé, comme on dit en mauvais français, il y a quelques semaines. Q - J'ai une question au sujet des élargissements de l'Union européenne. Le Premier ministre monténégrin a été reçu hier par le Président Macron et cela tombe dans le contexte des propositions du chancelier Merz sur un statut d'observateur ou d'un partenariat privilégié plutôt que de l'adhésion pleine des pays des Balkans occidentaux et l'Ukraine et Moldavie aussi. Donc, quelle est la position de la France à ce sujet ? Est-ce que ce sujet sera débattu lors du sommet de l'Union européenne-Balkans occidentaux la semaine prochaine ? Merci. R - Merci beaucoup. Vous avez tout à fait raison. Le président de la République a accueilli son homologue monténégrin hier. Et cela, c'est en amont du déplacement du président de la République avec le ministre délégué Haddad, du pôle ministériel, la semaine prochaine, à la fois pour une visite bilatérale et pour la participation au sommet entre l'Union européenne et les Balkans occidentaux. La France, sur le fond, soutient résolument l'élargissement de l'Union européenne aux six pays des Balkans occidentaux, à l'Ukraine et à la Moldavie, qui constitue une nécessité stratégique dans le contexte géopolitique actuel. L'objectif du processus, c'est une adhésion pleine et entière des pays candidats, lorsque ceux-ci auront pleinement rempli les critères de Copenhague, conformément au principe des mérites propres de ces adhésions et sur la base de l'ensemble de l'acquis, on ne dit plus de l'acquis communautaire, mais de l'acquis de l'Union européenne. Sur l'Ukraine, plus précisément, et pour répondre à votre incise concernant la proposition faite par la voix du chancelier Merz : nous prenons très au sérieux la question de l'adhésion. C'est pour cette raison que, dans nos réflexions, nous nous orientons sur deux piliers. En réalité, le premier, c'est les réformes de l'Union pour qu'elle fonctionne mieux dans un espace avec davantage d'États membres. Et puis deuxièmement, sur le meilleur moyen de concilier les spécificités de la situation en Ukraine et le respect du principe de l'élargissement avec le respect de la méthodologie de l'élargissement que nous avons toujours suivie jusqu'à présent. Je vous les ai rappelés il y a quelques secondes, les mérites propres, etc. Nous restons surtout disposés à travailler de manière pragmatique pour améliorer l'efficacité du processus d'adhésion et identifier des solutions qui soient assez réalistes, opérationnelles, pour encourager les pays candidats à progresser le plus vite possible dans cette récupération de l'acquis et dans cette capacité à pouvoir intégrer l'Union européenne. Q - J'ai une question par rapport à votre regard sur les menaces russes contre les diplomates européens et étrangers à Kyiv. Il y a des commentateurs qui disent que c'est un signe de faiblesse de la Russie, un signe qui aurait peut-être une escalade des actes de guerre à Kyiv. Quelle est votre appréciation de ces menaces ? R - Ce n'est pas la première fois que la Russie fait de telles menaces. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, au moment de la trêve, des 4, 5 mai et des 8, 9 mai, il y avait déjà eu, de telles menaces à l'encontre de ressortissants étrangers et des diplomates en poste à Kyiv. Ce n'est pas la première fois, c'est une intimidation. On ne s'y habitue pas et on ne s'y résout pas. Effectivement, notre interprétation, c'est que puisqu'il y a une impasse militaire sur le terrain, il y a cette fuite en avant avec à la fois l'utilisation de missiles type Orechnik, et des menaces totalement inacceptables contre les représentations diplomatiques à l'étranger. Ces menaces sont d'autant plus scandaleuses qu’elles sont une façon pour la Russie de s'exempter d'une responsabilité en cas de future bavure, si elle touchait des ressortissants étrangers, diplomates ou non, ou des populations civiles. Car, comme belligérant, la Russie doit protection, dans le cadre du droit de la guerre, aux ressortissants étrangers comme aux populations civiles. Et encore plus comme membre permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette tentative irresponsable de la part de la Russie est d’autant plus inacceptable.