Conférence de presse du porte-parole du 25 juin 2026

  • Politique étrangère

Conférence de presse

Le : 25 juin 2026

Conférence de presse du Quai d'Orsay du 25 juin 2026

Lors de la conférence de presse de ce jour, le porte-parole a présenté l'agenda ministériel, fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes : 

Sommaire : 

1 - Agenda du pôle ministériel 

2 - Propos liminaire 

 3- Questions/réponses 

Au point de presse de ce jour : 

1 - Agenda du pôle ministériel

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, participe aujourd’hui et demain, aux côtés du Président de la République, au 36e Sommet franco-italien à Antibes. Près de cinq ans après la signature du Traité du Quirinal, ce Sommet illustre, une fois de plus, la densité des liens qui nous unissent, Français et Italiens. Ce mois de juin est d’ailleurs une excellente illustration de la profondeur de cette relation. Le 4 juin, à Aoste, le ministre Jean-Noël Barrot et son homologue participaient au 3e Comité franco-italien de coopération frontalière, pour poursuivre la coordination au service de nos communautés locales transfrontalières. La semaine dernière, à Évian, la France et l’Italie, aux côtés des partenaires du G7, ont contribué à la réussite de cet événement essentiel. 

Mardi 30 juin, le ministre participera à la cérémonie d’ouverture du 9e Congrès mondial contre la peine de mort. Accueilli à la Maison de la Radio et de la Musique et à l’Hôtel de Lassay, le Congrès mondial est organisé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM), sous le parrainage de la France, hôte du Congrès. Il réunira des profils venus de toutes les régions du monde pour confronter les situations nationales, partager des avancées concrètes et identifier de nouveaux leviers d’action. Plus de 1.000 participants venus de 90 pays sont attendus du 30 juin au 2 juillet. Pendant trois jours, le programme alternera séances plénières, tables rondes, ateliers, témoignages et programmation culturelle. Les débats porteront notamment sur la résurgence des exécutions, le narcotrafic, l’impact socio-économique et la constitutionnalité de la peine de mort.

Puis du 30 juin au 3 juillet, le ministre effectuera une tournée en Amérique latine et centrale, avec une étape à Brasilia, en Guyane avant de se rendre à Fort de France en Martinique où il ouvrira la Conférence régionale de sécurité.

Le ministre délégué chargé de l’Europe, M. Benjamin Haddad, s’entretient ce jour par téléphone avec M. Vahan Kostanyan, vice-ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie. Demain, il participera à la 8e édition des Conversations de Tocqueville.

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, M. Nicolas Forissier, est depuis hier à Gdansk en Pologne à l’occasion de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine. Il participera lundi 29 juin au forum économique France-Oman.

La ministre déléguée à la Francophonie, aux partenariats internationaux et aux Français de l’étranger, Mme Eléonore Caroit, est actuellement à Londres, pour participer au Sommet sur la résilience climatique « London Climate Resilience Finance Summit », et pour des entretiens bilatéraux. Elle présidera lundi 29 juin, le comité d’orientation stratégique de l’AFD, puis rencontrera le jeudi 2 juillet, Mme Francess Alghali, ministre déléguée aux affaires étrangères de Sierra Leone. 

2 - Propos liminaire 

Je souhaite aujourd’hui parler d’Ukraine, alors que se tiennent plusieurs échéances importantes qui illustrent notre soutien continu, dans le prolongement de la dynamique de convergence du sommet du G7 à Évian.

Je le soulignais la semaine dernière : à Évian, les dirigeants du G7 ont démontré leur unité en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ils sont convenus d’accroître le soutien militaire à la défense de l’Ukraine. Ils sont également convenus de soutenir la résilience énergétique de l’Ukraine et d’accroître la pression sur l’effort de guerre russe, notamment par le biais de sanctions, y compris sur le pétrole et le gaz russe.

Dans ce contexte, le Président de la République s’est rendu hier à Berlin afin de participer à une réunion dans un format dit « E5 » avec le chancelier allemand, le Premier ministre britannique, la présidente du Conseil des ministres italien et le Premier ministre polonais, ainsi que le secrétaire général de l’OTAN en visioconférence. Cette réunion a été l’occasion d’évoquer la poursuite du soutien à l’Ukraine, dans le prolongement des initiatives annoncées lors du sommet du G7 et des travaux engagés dans le cadre de la Coalition des volontaires. Elle a également permis de poursuivre la coordination sur les enjeux de sécurité du continent européen et de préparer le sommet de l’OTAN qui se tiendra à Ankara, les 7 et 8 juillet prochains. 

Aujourd’hui, le ministre délégué Nicolas Forissier se trouve à Gdansk, en Pologne, où il conduit la délégation française à la conférence pour la reconstruction de l’Ukraine - la Ukraine Recovery Conference (URC). Cet évènement d’envergure internationale est un rendez-vous annuel majeur, au cours duquel les partenaires de l’Ukraine réaffirment leur soutien en vue de la résilience et de la reconstruction du pays. Au cours de la dernière édition organisée à Rome, on comptait pas moins de 70 chefs d’État ou de gouvernement et de ministres, ainsi qu’une quarantaine d’organisations internationales, et les échanges avaient abouti à la signature de près de 200 accords. Il sera question, lors de cette édition 2026, avant tout de la résilience énergétique de l’Ukraine. D’autres sujets liés à la reconstruction, l’accession de l’Ukraine à l’Union européenne ou encore au soutien économique à l’Ukraine y seront abordés. La France y valorisera notamment son action à travers le fonds Ukraine II, qui permet aux entreprises françaises de mener à bien des projets en Ukraine, mais aussi ses travaux dans le cadre du groupe G7+ Energie qu’elle copréside avec la Commission européenne, ou encore son action en faveur de l’Ukraine à travers sa présidence 2026 du G7.

Nous le disons clairement : l’Europe est unie, et l’Europe fait front. La dynamique au sein de l’Union européenne est à la convergence. La levée du blocage hongrois a permis l’adoption de nouvelles mesures : le versement progressif du prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, l’adoption de nouvelles mesures de sanctions vis à vis de la Russie, l’ouverture du premier volet de négociations d’adhésion de l’Ukraine. Notre position européenne est plus forte, puisque c’est la première fois depuis décembre 2024 que nous parvenons à ces accords à 27. L’heure est donc à la convergence et à la coordination.

L’Ukraine résiste avec force et courage à l’agresseur russe. Pour la huitième semaine consécutive, les gains territoriaux ukrainiens sont supérieurs aux gains russes. Les frappes dans la profondeur du territoire russe par les autorités ukrainiennes se poursuivent, entraînant des perturbations sur l’ordre de bataille des forces armées russes. A l’heure où la Russie refuse toute perspective de négociation avec l’Ukraine, la ligne de défense ukrainienne se maintient et se raffermit sur le front. 

Par ailleurs, notre action contre la flotte fantôme russe se poursuit : vous avez appris, il y a quelques heures, que la Marine nationale a arraisonné, mardi 23 juin, le pétrolier Deliver, alors qu’il transitait au large de la Sicile. Cette nouvelle action - le cinquième navire arraisonné, en plein respect du droit de la mer - illustre notre détermination, aux côtés de nos partenaires européens.

Notre soutien reste indispensable, et il ne faiblira pas. Le G7 et le Conseil européen de la semaine dernière, la réunion en format E3 du 7 juin et la réunion en format E5 qui s’est tenue hier soir à Berlin, ont participé à la consolidation de ce soutien, mais aussi à la construction de notre défense européenne. 

Nos efforts en soutien à l’Ukraine vont se poursuivre au cours des prochaines semaines, que ce soit à l’occasion du sommet de l’OTAN les 7 et 8 juillet à Ankara ou à l’occasion des célébrations du 14 juillet et en marge, lors desquelles 37 États membres de la Coalition des volontaires seront présents, aux côtés de délégations de l’OTAN et de l’Union européenne.

3 - Venezuela – Tremblement de terre (25 juin 2026) 

La France exprime sa profonde solidarité avec le peuple vénézuélien à la suite du violent séisme qui a frappé Caracas et plusieurs régions du Venezuela. Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches ainsi qu’à l’ensemble des personnes affectées par cette catastrophe.

Notre ambassade à Caracas a subi des dégâts matériels. L’ensemble des agents a pu être contacté et est, à ce stade, en sécurité.

Les services de l’ambassade et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sont mobilisés et en contact avec la communauté française au Venezuela pour leur porter assistance. 

À ce stade, nous n’avons pas d’information faisant état de victimes françaises. Les vérifications se poursuivent, en lien avec les autorités vénézuéliennes.

La France se tient prête à examiner, avec ses partenaires européens, les moyens de répondre aux besoins les plus urgents de la population vénézuélienne, notamment dans le cadre du mécanisme européen de protection civile si les autorités vénézuéliennes en faisaient la demande.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères suit avec attention la situation. Il se tient à l’écoute de son homologue vénézuélien afin d’évaluer les besoins prioritaires et les formes de soutien que la France pourrait apporter au bénéfice des populations touchées.

4 - Questions/réponses 

Q - Les Nations unies proposent la création d'une force internationale chargée de remplacer la FINUL au Liban Sud. Quelles sont aujourd'hui les options, les scénarios pour créer et pour former une telle force ? Est-ce que vous en discutez avec les États-Unis ?

R - La France se tient prête, premièrement, avant même d'évoquer le post-FINUL, à organiser dans les meilleurs délais la conférence qui n'a pas pu se tenir le 5 mars dernier, qui est la conférence de soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité intérieure, pour que nous venions en soutien aux autorités libanaises. Ça, c'est le premier élément. C'était un élément qui était d'ailleurs dans les discussions que nous avions eues avec le Premier ministre Nawaf Salam la semaine dernière, en marge de Vivatech, à la fois au niveau du Président de la République et du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et puis des discussions qui étaient à l'agenda de la bilatérale entre le ministre et son homologue qatarien en début de semaine. 

Deuxième élément ensuite, la question du post-FINUL, puisque vous savez que lors de la dernière décision au Conseil de sécurité des Nations unies en août dernier, il avait été décidé que le mandat de la FINUL, venait à expiration au 31 décembre 2026. Déjà, il faut que la FINUL puisse exercer l'ensemble de ses missions pleinement et totalement jusqu'au 31 décembre. Mais évidemment, il y a certainement ce second point dont vous parlez. La France reste et restera pleinement mobilisée pour assurer et soutenir la stabilité du Liban à travers, bien sûr, la FINUL à court terme, mais la possibilité d'une autre force. Nous sommes prêts à maintenir une présence au Liban si, bien sûr, les autorités libanaises en font la demande et dans un cadre qui est donc à définir. Il y a des propositions qui ont été faites par le secrétariat général des Nations unies. Il y a des discussions qui ont commencé et qui vont avancer, sur cette base et dans le respect de la résolution 1701, que nous souhaiterions voir aboutir d'ici la fin de l'été pour des questions de planification. 

Voilà ce que je peux vous dire. Premièrement, le souhait de la France d'organiser dans les meilleurs délais la conférence de soutien aux forces armées libanaise. Et puis, deuxièmement, effectivement, des discussions qui ont déjà lieu, cette réflexion du post-FINUL et la disponibilité de la France pour non seulement faire ces discussions, mais ensuite prendre sa part à l'avenir.  

Q - Quand vous avez cité le sommet de l'OTAN prochain, ce sera à Ankara cette année. Est-ce que la France a une intention spéciale par rapport à ce sommet ? Quelles sont vos attentes de ce sommet ? Et M. Barrot va participer au sommet ou pas ? Et M. Macron va y aller ? On le connaît… 

Est-ce qu'il y a des bilatérales de prévues ? Est-ce qu'il y aura des réunions bilatérales entre M. Macron et Erdogan ? Si M. Barrot il y va aussi ? 

Et dernière question, sur l'Europe de la défense. La Turquie veut être dans l'architecture de l'Europe de la défense. Par rapport à cette question, est-ce que vous attendez des avancements dans ce sommet ? Parce que Trump, hier, il a largement parlé sur le sujet. Il a dit qu'il y aura de bonnes nouvelles, certainement sur le F35… Quelle est la position de la France sur l'architecture de défense et la Turquie par rapport aux autres membres de l’OTAN ? 

R - Je vais vous faire une réponse globale. Il arrive dans une période très spécifique, ce sommet de l'OTAN à Ankara. D'une part, parce qu'il est dans le plein moment où la Russie poursuit sa guerre d'agression en Ukraine. Et alors que les États-Unis poursuivent, eux, leur retrait d'Europe, nous allons, nous, affirmer à Ankara le rôle des Européens dans la défense du continent. 

Schématiquement, nous aurons quatre objectifs, lors de ce sommet. Premièrement, démontrer la cohésion et l'unité de l'Alliance. Deuxièmement, promouvoir l'européanisation de l'Alliance. C'est une position que nous poussons depuis longtemps, dans la logique d'une Europe plus forte dans une OTAN plus forte, y compris à travers le développement indispensable d'une base industrielle de défense européenne. Troisièmement, nous apporterons un soutien renforcé à l'Ukraine. C'est l’un de nos objectifs, qui s'inscrit dans la durée, qui repose sur des moyens financiers, militaires, industriels, et qui s'inscrit dans le chaînage diplomatique que je vous décrivais en introduction, qui est la réunion de la Coalition des volontaires, la réunion du G7 qui a remontré cette convergence très forte, y compris avec les États-Unis, et p la réunion du E5 hier à Berlin, en présence du secrétaire général de l'OTAN. Enfin quatrième objectif, réaffirmer la centralité de la menace russe pour l'Alliance et dénoncer les agissements ainsi exercés par la Russie, pour continuer cette pression sur la Russie. Ça, c'est le premier cadre dans lequel nous nous inscrivons. 

Le second, c'est que le sommet s'inscrit dans une séquence qui est dense pour la défense européenne. Nous avons à la fois eu des annonces importantes, par exemple en franco-allemand sur KNDS en début de semaine. Et puis, lors de la réunion des leaders des E5, nous avons envoyé un message fort sur le rôle des Européens au sein de l'OTAN, en amont, effectivement, du sommet de l'OTAN. Ce sommet d'Ankara sera suivi ensuite d'un autre événement qui est important, évidemment, dans notre diplomatie, qui est le 14 juillet, avec, à Paris, ce ton qui est donné autour de la Coalition des volontaires. 

Ce chaînage est, à la fois un moment important dans le soutien à l'Ukraine et un moment important dans la promotion et l'approfondissement de la défense européenne avec ces quatre objectifs : l'unité, l'européanisation de l'Alliance, le soutien renforcé à l'Ukraine et la centralité de la menace russe pour l'Alliance. 

Et si vous me permettez un petit addendum sur la défense européenne, notre objectif principal, c'est de renforcer la défense européenne. À la fois l'aspect financier - nous avons eu des avancées assez considérables ces dernières années au niveau européen, à travers par exemple le fonds SAFE -, mais aussi l’aspect industriel et l’aspect organisationnel. Ce sont les différents éléments que nous poussons.

Q - Pour le 14 juillet, je pense que vous allez inviter les leaders du G20. C'est vrai ou on a entendu un petit scoop ?

R - Non, je ne pense pas que ce soit cela. Sur le 14 juillet, c'est une communication qui émane, bien sûr, sous le contrôle de l'Élysée, du gouverneur militaire de Paris. C'est vraiment à lui que je laisse la parole sur ces sujets.

Q - Mardi à Bruxelles, une délégation afghane du gouvernement taliban a été reçue pour parler d'un éventuel retour des personnes afghanes en situation irrégulière en Europe vers l'Afghanistan, où la situation des droits humains est notoirement mauvaise. Deux questions. La première, est-ce qu'un représentant français a participé à cette réunion ? La deuxième, quelle est votre position par rapport à cette réunion ? Est-ce qu'il pourrait se décider dans le cadre du durcissement de la politique migratoire européenne ?

R - La France n'a pas participé au dialogue entre la Commission et le SEAE d'un côté et puis la partie talibane de l'autre, qui s'est déroulée le 23 juin dernier. Au fond, à l'instar d'autres pays européens, nous partageons la volonté de pouvoir éloigner des ressortissants afghans qui sont, de manière irrégulière, en France et qui posent un risque à l'ordre public. A l'instar d'autres pays européens, nous avons initié des contacts afin de faciliter cet éloignement vers l'Afghanistan. Ces éloignements se feront de toute façon, bien entendu, toujours dans le respect de nos engagements internationaux. Sur le fond là encore, notre position, c'est de continuer à affirmer notre extrême condamnation des violations des droits de l'homme et en particulier les droits des femmes, dont sont responsables les talibans. Notre soutien à la population afghane se poursuit, avec un maintien de notre aide humanitaire qui est extrêmement important, 177 millions d’euros depuis 2021, et qui est délivrée via des ONG ou via des agences onusiennes. La politique d'asile qui a conduit la France à accueillir désormais plus de 17.000 afghans menacés depuis 2021 se poursuit, et notamment en faveur de nombreuses femmes qui sont extrêmement menacées dans le pays. 

Voilà les différents éléments, mais nous n'avons pas participé à cette réunion au niveau de la Commission européenne.

Q - Deux questions. La première, peut-on avoir un point sur la situation à Caracas ? Des blessés français sont-ils à déplorer ? 

Et deuxième question sur l'Ukraine. Quelle analyse de la situation en Crimée ? Avez-vous des éléments laissant à penser que les Russes sont isolés sur le plan logistique ? Des départs de militaires et/ou de populations sont-ils constatés ?

R - La France exprime sa profonde solidarité avec le peuple vénézuélien, à la suite de cet important séisme qui a frappé Caracas et plusieurs régions du Venezuela. Nos pensées vont aux victimes et à leurs proches ainsi qu'à l'ensemble des personnes affectées par cette catastrophe. Notre ambassade à Caracas a effectivement été touchée et a subi des dégâts matériels. L'ensemble des agents a pu être contacté et est à ce stade en sécurité. Les services de l'ambassade et du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères sont en contact avec l'ensemble de la communauté française dans le pays. À notre connaissance, il n'y a pas de victime française. Nous apportons à la fois de l'information et ce contact, via notamment ce qu'on appelle les chefs d'îlot, qui permet de maintenir la ligne avec tous ceux qui sont sur place. Je vous rappellerai qu'il y a environ 2.000 ressortissants français qui sont inscrits au registre de l'ambassade de France au Venezuela. Ce matin, le Président de la République s'est entretenu avec Delcy Rodriguez. Il lui a annoncé qu'une équipe de 85 personnes spécialisées en sauvetage-déblaiement allaient être immédiatement déployées. Elles sont sur le point de partir cet après-midi, au moment où je vous parle. Nous suivons avec la grande attention l'évolution de la situation, d'éventuels nouveaux tremblements de terre qui seraient dans la suite de celui-ci, et nous sommes à l'écoute des autorités vénézuéliennes pour leur apporter tous les besoins dont elles pourraient nous faire part. Nous faisons cela aussi en lien avec nos homologues européens. Vous avez dû voir qu'il y avait plusieurs pays qui avaient également annoncé des aides auprès du Venezuela. 

Pour répondre à votre deuxième question, ce qui se passe en Crimée reflète pour nous deux choses. D'une part, cela démontre la remarquable capacité de résistance et de résilience de l'Ukraine face à l'agresseur russe. On le voit à travers plusieurs choses. À la fois parce que les forces armées ukrainiennes résistent, elles parviennent même à regagner du terrain, pour la huitième semaine consécutive, mais aussi parce que la Russie, de son côté, fait face à des difficultés croissantes : une difficulté à avancer sur le front, des pertes humaines lourdes et croissantes, et une guerre qui s'invite chaque jour un peu plus dans la vie quotidienne des Russes. Ce qui se passe en Crimée plus précisément, c'est que l'Ukraine défend sa souveraineté et son intégrité territoriale. La Crimée est illégalement occupée par la Russie depuis 2014, au terme d'une annexion qui n'a pas été reconnue par la communauté internationale et qui n'a pas été reconnue par la France. Voilà ce qui se passe en Crimée.

Q - Êtes-vous au courant d'un retrait israélien en cours dans le sud du Liban ? Un responsable américain affirme qu'un tel retrait a eu lieu, mais les autorités libanaises l'ont démenti.

R - A notre connaissance, non. Ce n'est pas la situation. Depuis désormais quelques jours, le cessez-le-feu semble bien établi. Il doit permettre désormais d'aller vers un accord durable et robuste pour la déconfliction dans la région. Il faut que cela se traduise désormais sur le terrain et pour le peuple libanais, qui doit en bénéficier. C'est de la responsabilité de toutes les parties, à la fois le Hezbollah, qui doit maintenir la cessation de ses attaques contre Israël, et évidemment Israël, qui doit s'abstenir de toute escalade militaire et se retirer du sud du Liban. Il faut bâtir sur ce cessez-le-feu pour poursuivre les discussions directes qui sont maintenant dans leur cinquième round à Washington, entre les Libanais et les Israéliens.

Q - Y a-t-il une nouvelle date prévue pour la conférence de soutien aux forces de sécurité intérieure et aux forces armées libanaises ?

R - Il n'y a pas encore de date prévue ou publique. Nous travaillons, notamment avec nos partenaires de la région, à ce qu'elle puisse être organisée dans les meilleurs délais.

Q - Le ministre Barrot soutient-il l'initiative de trois députés, dont un du Modem, de présenter une proposition de loi pour interdire la commercialisation de biens et services avec les colonies israéliennes illégales ?

R - Le Ministre soutient l'interdiction des produits issus des colonies en France. Il sait toutefois puisque nous sommes dans un marché unique, l'Union européenne, que cette interdiction se fait en réalité de manière efficace au niveau européen. Vous le savez, nous en avons discuté plusieurs fois au niveau de l'Union européenne. Nous attendons notamment les propositions concrètes qui ont été promises par le SEAE et la Commission pour le prochain Conseil des Affaires étrangères du 13 juillet prochain. 

S'agissant de la loi dont vous parlez, les parlementaires ont déjà eu l'occasion de s'exprimer là-dessus. Le Gouvernement se prononcera une fois qu'elle sera déposée. 

Q - Une commission d'enquête indépendante de l'ONU estime qu'Israël commet des actes génocidaires à Gaza, notamment contre les enfants. Faites-vous confiance à ces conclusions ? Si oui, pourquoi la France refuse-t-elle toujours de qualifier la situation de génocide et pourquoi la France a-t-elle reconnu le génocide arménien sans décision judiciaire internationale, mais estime aujourd'hui devoir attendre une décision de justice concernant Gaza ?

R - Parce que nous avons toujours dit, sur ce sujet comme sur d'autres sujets, qu’il s’agit de qualifications juridiques qui sont déterminées par les tribunaux internationaux. Donc, ce n'est pas nous qui déterminons ou pas s'il y a génocide en l'espèce. 

Sur la première partie de votre question, la France a pris connaissance avec une vive préoccupation des conclusions du dernier rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante du Conseil des droits de l'homme sur les territoires palestiniens occupés. Ce rapport était consacré aux violations commises, si on parle bien du même, à l'encontre des enfants palestiniens. La France rappelle son attachement absolu à la protection des civils, en particulier des enfants, conformément au droit international humanitaire, et à la protection de l'enfance dans les conflits armés, une responsabilité qui incombe à tous les États et à toutes les parties au conflit. La situation des enfants palestiniens est particulièrement alarmante. La France appelle Israël, en tant que puissance occupante, à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des civils palestiniens et en particulier des enfants.

Q - Le ministre des Affaires étrangères a-t-il reçu il y a quelques jours le commandant des forces démocratiques syriennes, le général Mazloum Abdi ? Quel a été l'objet de cette rencontre ?

R - Je peux vous confirmer qu'il l'a reçu, comme nous avons entretenu des relations par le passé très importantes avec les forces démocratiques syriennes qui ont vocation à être pleinement intégrée dans une Syrie unifiée. Je n'ai pas plus d'éléments ou de commentaires à faire sur cette rencontre.

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