Conférence de presse du porte-parole du 19 juin 2026 Politique étrangère Conférence de presse Le : 19 juin 2026 1 - Agenda du pôle ministériel Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était ce mercredi 17 juin aux côtés du Président de la République au Château de Versailles pour accueillir le président américain Donald Trump. Il s’est également rendu hier au Mont Valérien pour la commémoration de l’appel du 18 juin, puis à la 10e édition du salon VivaTech pour échanger avec des entreprises technologiques et des start-ups françaises et internationales. Dans le contexte de l’année franco-indienne de l’innovation lancée en février 2026 à Bombay, le chef de l’État et le ministre étaient notamment sur le stand indien, dédié à ses entreprises innovantes, aux côtés de Narendra Modi. Ils étaient également aux côtés du Premier ministre libanais Nawaf Salam à la rencontre de start-ups libanaises. On parle souvent du Liban sous un aspect sécuritaire. Il y a aussi, et nous le savons bien, un Liban dynamique, fort de son tissu entrepreneurial sur lequel le relèvement économique pourra aussi s’appuyer. Dans les prochains jours, le ministre se rendra lundi 22 juin au Qatar pour tenir avec son homologue le dialogue stratégique franco-qatarien, dans un contexte où notre relation bilatérale continue à s’approfondir – l’émir du Qatar était d’ailleurs des nôtres le 16 juin à Évian. Le ministre évoquera évidemment avec son homologue les sujets régionaux, où nous voyons le rôle positif joué par le Qatar tant dans les médiations pour la stabilisation de la région qu’en soutien par exemple de la souveraineté du Liban. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, accompagnait en début de semaine le ministre Jean-Noël Barrot au Luxembourg dans le cadre du Conseil des Affaires générales de l’Union européenne. Il a participé ce mercredi 17 juin à la 10e édition de VivaTech, et ce jeudi au salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory. Le ministre délégué est depuis hier à Bruxelles aux côtés du Président de la République à l’occasion du Conseil européen. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, est aujourd’hui dans l’Essonne à Massy pour visiter l’entreprise Quandela, un des leaders européens du calcul quantique. Au lendemain de sa participation à Vision Golfe 2026, principal rendez-vous économique entre la France et les pays du Golfe, ce déplacement s’inscrit dans la volonté de promouvoir l’excellence technologique française auprès de partenaires internationaux. Il représentera par ailleurs la France à l’édition 2026 de l’Ukraine Recovery Conference, l’URC, qui aura lieu à Gdansk en Pologne les 25 et 26 juin et qui réunira les partenaires de l’Ukraine autour des questions de résilience et de reconstruction. Éléonore Caroit, ministre déléguée en charge de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger, est actuellement à Beyrouth pour marquer notre soutien aux autorités et à la population libanaise. Elle fera d’ailleurs un point presse ce jour à 16h30. Lundi 22 juin, elle s’entretiendra avec Robert Abisoghomonyan, vice-ministre des Affaires étrangères arménien et se rendra ensuite à l’institut Curie dans la continuité des engagements de la France sur les sujets de santé mondiale. Elle participera mardi 23 juin à un événement sur la présidence française du G7 à l’AFD sur l’inclusion des femmes sur le continent africain, puis se rendra mercredi 25 juin à l’ambassade de Suisse pour la fête nationale, ce qui sera l’occasion de remercier une nouvelle fois la Suisse pour son concours dans l’organisation du G7 d’Évian. Enfin elle se rendra les jeudi 26 et vendredi 27 juin à Londres pour le Climate Resilience Finance Summit où elle rencontrera également la communauté française. 2 - Propos liminaire Je souhaiterais revenir aujourd’hui sur le sommet du G7 qui vient de s’achever sous la présidence de la France, à Évian. C’est un vrai succès collectif, en créant ce moment d’unité alors que nous savons à quel point le contexte est difficile avec des crises, des conflits et des tensions économiques. C’est donc en premier lieu un G7 de convergence : dans la méthode tout d’abord, car des pays partenaires ont été associés tout au long des travaux. C’est le cas de l’Inde, du Kenya, de la Corée du Sud, du Brésil, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, du Qatar et bien sûr de l’Ukraine. C’est aussi le cas de la société civile et du secteur privé de la tech. Cette méthode est essentielle : parce que les grands défis contemporains ne peuvent se résoudre efficacement qu’ensemble. Ce sommet du G7 a donc été un sommet particulièrement ouvert dans son format. Je rappelle par ailleurs que le G7 d’Évian a été précédé par un sommet de la convergence, en visioconférence, qui a permis d’associer d’autres partenaires dont la Chine à nos discussions. C’est aussi un G7 de résultats concrets sur des sujets clés, qui ont été préparés depuis le début de l’année dans le cadre de réunions ministérielles, lors desquelles des déclarations ont été adoptées, avec le soutien de l’ensemble des pays du G7. C’est grâce à ce travail que nous sommes parvenus à ces résultats concrets à Évian. 9 déclarations ont été adoptées, sur les grandes crises d’abord et sur les grands défis communs ensuite. Vous pouvez d’ailleurs les retrouver dans leur intégralité en ligne. - Concernant le soutien à l’Ukraine d’abord, les dirigeants du G7 ont recréé de la convergence sur ce sujet. Ils ont démontré leur unité avec un véritable réveil stratégique, en présence du Président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a d’ailleurs été invité à rester au-delà de la session dédiée à l’Ukraine. Ils sont convenus d’accroître le soutien militaire à la défense de l’Ukraine, qu’il s’agisse de la fourniture de capacités de défense aérienne ou de systèmes et d’intercepteurs supplémentaires et de capacité de longue portée. Ils sont également convenus de soutenir la résilience énergétique de l’Ukraine et d’accroître la pression sur l’effort de guerre russe, notamment par le biais des sanctions, y compris sur le pétrole et le gaz russe. Ces éléments ont été inclus dans une déclaration endossée par l’ensemble des dirigeants du G7, ce qui est une avancée majeure sur ce dossier. - Concernant le Moyen-Orient, les dirigeants du G7 ont salué l’accord entre les États-Unis et l’Iran qui doit conduire à la réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit d’Ormuz. Cet accord ouvre la porte à une réponse efficace aux questions de fond sur la menace nucléaire, sur le programme balistique et sur les activités de déstabilisation régionale de l’Iran. - Sur le Liban, qui a fait l’objet d’une grande partie des échanges sur le Moyen-Orient, les dirigeants du G7 ont rappelé que l’accord Iran-US incluait le Liban et que toutes les parties devaient le respecter. Nous appelons à soutenir les efforts déployés par les autorités libanaises pour parvenir au désarmement du Hezbollah et au monopole de l’État sur les armes. L’intégrité territoriale et la souveraineté du pays sont clés. Nous sommes prêts à apporter un appui international. Mobilisée depuis le premier jour de sa présidence du G7, la France a obtenu d’importants résultats sur les grands défis communs qui ont marqué l’agenda de cette présidence au long cours : - Sur les déséquilibres macroéconomiques les pays du G7 ont reconnu qu’ils avaient tous intérêt à coopérer et à coordonner leurs politiques économiques pour résorber ces déséquilibres de la manière la plus efficace possible tout en veillant à garantir une concurrence loyale, à préserver leurs industries et leurs emplois et à éviter les guerres commerciales et les crises financières de demain. Le FMI a un rôle central, en lien avec l’OCDE, pour suivre ces déséquilibres et guider nos actions. Les discussions vont se poursuivre au G20. - Dans le domaine du numérique et de l’IA, des échanges très concrets ont eu lieu sur les développements technologiques actuels, en présence des grands dirigeants des entreprises, pour aborder l’impact de l’IA sur le plan économique et sur nos sociétés. Sur la protection de notre jeunesse, nous avons par exemple adopté des conclusions sur le langage des agents conversationnels avec les enfants. Les membres du G7 travaillent ensemble avec les entreprises les plus innovantes pour accélérer le déploiement de l’IA de manière sûre et bénéfique pour nos sociétés. - S’agissant des minerais critiques les membres du G7 ont confirmé leur accord sur l’utilité de travailler ensemble pour réduire leurs dépendances et investir. - En matière de santé mondiale, et notamment sur le cancer et Ebola, les résultats sont concrets : sur la lutte contre le cancer, nous allons partager nos données afin d’accélérer la recherche, nous pouvons éradiquer certains cancers. Sur Ebola, des engagements financiers ont été pris. - Dans la lutte contre le trafic de drogues le G7 s’est engagé à accroître la coopération sécuritaire entre les ports maritimes internationaux de ses membres. D’autres réunions suivront pendant la présidence française du G7, notamment à Marseille à l’automne. - En matière de partenariats internationaux les échanges ont souligné la nécessité de changer de modèle pour passer d’une logique d’aide à une logique d’investissements solidaires et durables, comme cela est attendu de nos partenaires. - Les échanges ont enfin porté sur la lutte contre le trafic de migrants. Vous le voyez, ce sommet du G7 a été un sommet complet, à la fois pour répondre aux grands défis communs mais aussi pour faire face aux crises internationales. La présidence française du G7 se poursuit et prendra fin à la fin de l’année. D’autres rendez-vous ministériels seront à l’agenda. 3 - Questions/réponses Q - Le ministre israélien extrémiste Ben-Gvir disait ce matin que tout le Liban doit brûler après la mort de quatre soldats israéliens au sud Liban. Sachant que depuis le 2 mars, 4.000 Libanais ont été tués, 11.000 autres ont été blessés. Rien que pour ce matin, 18 Libanais ont été tués et des dizaines d'autres ont été blessés. Quelle est la réaction de la France pour laquelle le Liban est un pays important, ami, un partenaire historique, comme dit souvent le président et le ministre, M. Barrot ? Merci. R - Le mémorandum conclu le 14 juin entre les États-Unis et l'Iran est clair, il inclut le Liban, en mentionnant à la fois l'intégrité du Liban et le respect de sa souveraineté. Le respect de son intégrité, c'est le désarmement du Hezbollah, le respect de sa souveraineté, c'est le retrait d'Israël du sud du Liban. Il va désormais de la responsabilité de toutes les parties au conflit de respecter cet accord du 14 juin et de mettre en œuvre ce cessez-le-feu qui est désormais concret. Comme vous, je constate ces tirs et ces attaques qui se poursuivent, elles doivent cesser. Le gouvernement d’Israël doit respecter cet accord avec le retrait à terme de ses positions dans le sud du Liban. Le Hezbollah doit cesser ses attaques et faire son désarmement. Enfin, le gouvernement libanais doit disposer du monopole des armes. Ce sont ces trois éléments qui sont les piliers de notre position et qui doivent être désormais mis en œuvre maintenant que cet accord entre les États-Unis et l'Iran a été signé, et signé en plus à Versailles. Q - Ce moment d'unité que vous évoquiez tout à l'heure, qu’a été incontestablement le G7 d’Évian, connait déjà un problème avec l'attaque du président Donald Trump à la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, à laquelle elle a répondu très durement sur les réseaux sociaux. Le ministre des Affaires étrangères italien Antonio Tajani a annulé sa visite à Washington. Quelle est la réaction du Quai d'Orsay, de la France, à quelques jours du sommet franco-italien d’Antibes ? Est-ce qu'il y a une solidarité à l'égard du partenaire, de l'allié italien ? R - Ce dont je peux témoigner, c'est la qualité des échanges qui se sont tenus lors du G7, pendant plus de 36 heures dans différents formats, avec une participation très active à la fois des autorités italiennes et des autorités américaines. Ensuite, ce qui peut se passer après cela, entre deux pays qui sont nos alliés, je ne vais pas en rajouter et commenter. La relation, entre la France et l'Italie est extrêmement forte. Il va y avoir, effectivement, en fin de semaine prochaine, le grand sommet bilatéral, avec des échanges qui se poursuivront dans l’aval, avec des résultats très concrets qui auront lieu à ce moment-là. Cela se déroule dans le sillage du3e Comité franco-italien de coopération frontalière qui avait lieu à Aoste, il y a une dizaine de jours, auquel le ministre des Affaires étrangères Barrot et le ministre des Affaires étrangères Tajani s'étaient tous les deux rendus. Nous avons donc une relation bilatérale qui est extrêmement dense et concrète au service de nos concitoyens. Donc je ne vais pas rentrer dans le jeu de la petite phrase pour commenter ce qu’il se passe. Ce qu’il s'est passé à Évian, ce dont nous avons pu être témoins, ce sont des échanges extrêmement forts, confiants aussi, avec une reconvergence très marquée. Elle a été soulignée d'ailleurs par la presse sur l'Ukraine : une analyse à la fois convergente de l'état des lieux d'où on se situait vis-à-vis de la situation sur le terrain, vis-à-vis du fait que la Russie était sur la défensive, qu'elle ne parvenait plus à avancer sur le terrain et que les sanctions avaient un effet très important sur son économie. Et puis, une convergence aussi, incluant vraiment les sept chefs d'État sur les étapes prochaines à faire, à savoir continuer la pression sur l'économie russe, continuer le soutien à l'Ukraine et se préparer à aller vers, si la Russie était désormais incline à le faire, à aller vers des négociations réelles, ce qui pour l'instant n'est pas le cas. Q - Au sujet de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, en 2015, la France faisait partie de cet accord sur le programme nucléaire iranien. Maintenant, vous faites confiance aux Américains pour la négociation qui va tout chambouler sur cette affaire. Est-ce que vous allez intervenir d'une manière ou d'une autre sur ces négociations ou sur les débouchés, ou tout simplement vous allez appliquer ce que les Américains et les Iraniens vont s'accorder, s'ils s'accordent à quelque chose ? Et une deuxième question, aussi sur l'Iran, l'un des groupes d'opposition de l'Iran, les Moudjahidines, avait une manifestation demain qui a été annulée par la préfecture en allégeant de raisons de sécurité. Les organisateurs disent que ce n'est pas une question de sécurité, que ce sont des raisons purement politiques, que la France a cédée au chantage du régime iranien. Qu'est-ce que vous allez dire à ce sujet, étant donné que c'est l'un des groupes d'opposition que l’on connaît ? Il y a quelques semaines, on parlait encore de la résistance, de l'opposition à l'intérieur de l'Iran. Est-ce que vous voulez tuer la voix de certaines de ces oppositions ? R - Non, absolument pas. On n'a absolument pas, en tout cas venant du Quai d'Orsay, fait quoi que ce soit en ce sens, cela n'a pas été évoqué dans les relations bilatérales entre le ministre et son homologue, parce que le ministre et son homologue se sont parlés, notamment hier. Sur les questions d'interdiction ou pas des manifestations en France, vous savez que c’est du ressort du ministère de l'Intérieur, donc je vous laisserai voir avec eux quelles sont les questions au fond. Concernant le soutien à la société civile, il est constant. Nous n'oublions pas ce qu’il s'est passé en janvier dernier et la violence d'État qui s'est abattue sur des dizaines de milliers d'Iraniens. Le ministre a par ailleurs indiqué ce matin dans son interview que nous allions lancer une plateforme très concrète de soutien notamment aux artistes iraniens en exil, qui sera présentée dans quelques semaines. C'est l’un des éléments qui est effectivement extrêmement important pour nous, car le régime iranien doit changer de posture, non seulement dans sa négociation sur le programme nucléaire iranien, mais aussi dans son respect des obligations internationales qu'il a lui-même signées et souscrites vis-à-vis de sa propre population. Sur votre première question, la France prendra toute sa part à ces futures discussions. Nous avons, comme vous le savez, une grande expertise en la matière, puisque nous étions effectivement les négociateurs il y a plus de dix ans, sur des négociations qui avaient elles-mêmes duré une bonne dizaine d'années. Une expertise qui est reconnue sur le sujet nucléaire par l'ensemble des partenaires. Les négociations, elles débutent tout juste avec cet accord de cessez-le-feu qui en est essentiellement la première étape. Il ouvre désormais une phase de 60 jours au cours desquels le deal final doit avancer. Ces 60 jours peuvent être éventuellement reconduits avec l'accord des parties, mais la France prendra toute sa place et en tant qu'à la fois État doté au TNP et en tant que membre permanent du Conseil de sécurité. Nous prendrons toutes nos responsabilités le moment venu, quand la question sera posée, de lever ou pas des sanctions au niveau ONU, de prendre ou pas cette décision, sachant qu'il y a par ailleurs des sanctions au niveau Union européenne, et donc l'Union européenne devra aussi se plonger sur le sujet. Dans cette perspective, nous maintenons un dialogue constant. Il y a très peu d'États qui sont dans cette capacité de le faire avec l'ensemble des parties. Vous l'avez dit, vous le savez bien, par l’intermédiaire de relations nourries avec les autorités iraniennes au niveau du président de la République ou du ministre des Affaires étrangères pour faire passer nos points directement, mais aussi avec l'ensemble des parties, je pense à la fois aux partenaires régionaux et aux États-Unis. Q - Quand vous dites que l'on prendra toute notre part, concrètement, qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce que vos amis américains ont indiqué qu'ils étaient intéressés, que vous contribuerez parce que jusque-là, ils n'ont pas montré ça ? Est-ce que le ministre Arraqchi a dit qu'il souhaiterait que les E3 soient associés les prochains mois ou pas ? Par ailleurs, qu'appréciez-vous dans cet accord ? Car il ne comporte pas d'éléments précis sur le programme nucléaire, il n'y a rien sur le programme balistique ni sur le soutien de l'Iran aux proxies, et sur le détroit d'Ormuz, il reste quand même très ambigu. Toutes ces choses sont une priorité pour la diplomatie française, et pourtant dans cet accord, c'est très vague. Qu’est-ce que, à part applaudir et dire que c'est très bon, comme le Président l'a fait, vous appréciez dans cet accord ? J'ai une deuxième question qui n'a pas à voir avec l'Iran, mais la Russie et l'Ukraine, Le président du Conseil européen, Costa, ses équipes ont pris contact avec la Russie ces dernières semaines. Que pensez-vous de ça ? S'agit-il d'une initiative dont vous étiez informés et est-ce que c'est quelque chose que vous soutenez ? R - Sur votre première question, le Président a été très clair. Mieux vaut un accord que pas d'accord. On vient d'une situation de forte conflictualité et nous avons besoin de ce cessez-le-feu et de cette réouverture du détroit d’Ormuz. Vous avez vu depuis d'ailleurs une baisse des prix du baril. Tout cela va avoir un impact sur nos sociétés, nos économies avec une baisse des prix de l’essence à la pompe. C'est pour cela que nous avons soutenu cet accord qui a ensuite été signé côté américain mercredi soir à Versailles. Ce qu'il a ensuite dit, c'est que beaucoup de travail reste à faire, avec deux éléments. Un élément qui est la réouverture du détroit d'Ormuz et l'autre élément qui est la négociation sur le programme nucléaire iranien. Sur le premier élément, c'est la priorité absolue pour pouvoir, sur le terrain, reconnaître quels sont les besoins actuels et comment on peut y répondre en utilisant tout le travail de planification que nous avons fait. Il va notamment y avoir des besoins à très court terme en capacité de déminage. Voilà, c’est typiquement des choses sur lesquelles cette planification a été utile et donc sur lesquelles les discussions continuent. Deuxième élément ensuite sur les négociations sur la période de 60 jours qui est ouverte sur la partie du programme nucléaire. Là-dessus, il y a des discussions qui ont été nouées au G7, avec l'Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis, sur les paramètres pour traiter durablement les enjeux de la déstabilisation qui sont posés par l'Iran. Ces discussions, elles vont encore continuer, évidemment, avec toutes les parties prenantes. Cela veut dire qu'à ce stade, nous en sommes au niveau essentiellement technique pour déterminer les paramètres qui seront utiles. Notre position a toujours été très claire, ce sont ces trois points qui doivent être abordés. Vous avez un élément nucléaire qui est dans l'accord au paragraphe 8, qui est la dilution de l'uranium hautement enrichi sur le terrain avec une supervision de l'AIEA. Nous plaidons pour le retour de l'AIEA sur le terrain, parce que c'est ce qui va rapporter de la connaissance sur l'état du programme nucléaire iranien. Ensuite, nous avons toujours été extrêmement clairs sur le fait que ces trois piliers doivent être abordés en même temps, c'est-à-dire à la fois le programme nucléaire, le programme balistique et le programme régional dit de proxies. Sur votre seconde question et sur la Russie. Nous n'avons jamais eu de tabou pour parler avec la Russie. Le Président l'a fait. Nous n'avons jamais pensé qu'il fallait donner à des tiers la défense de nos intérêts vis-à-vis d'une puissance comme la Russie. Et par ailleurs, la diplomatie est le fait de pouvoir maintenir ce dialogue même quand nous ne sommes pas d'accord. Le dialogue est plus important que jamais. Donc nous constatons que la Russie n'y est pas prête, mais nous constatons aussi que les États-Unis se réengagent sur le soutien, sur le chemin de l'invitation au dialogue. Et pour ce qui nous concerne, ce dialogue n'a jamais été mis de côté.e. Quant aux rumeurs de médiation européenne, puisque j'imagine que c'est peut-être cela que vous avez en tête par ailleurs, l'important est la médiation éventuelle, plus que le médiateur. Nous appelons effectivement à des discussions avec la Russie, avec l'Ukraine, avec les États-Unis et avec l'Europe, puisque derrière se distingue, se caractérise et se discutera l'architecture de sécurité européenne. Merci à tous et à la semaine prochaine.