Conférence de presse du porte-parole du 17 septembre 2026

  • Politique étrangère

Conférence de presse

Le : 17 septembre 2026

1 - Propos liminaire 

La semaine prochaine, le président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se rendront à New York pour la semaine de haut-niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette année est très particulière, puisqu’elle a lieu alors que la France assure la présidence du G7 depuis le début de l’année mais aussi, en septembre, celle du Conseil de sécurité. Et qu’elle marque le premier anniversaire du vote historique l’an dernier de la résolution en faveur de la solution à deux États, comme vous le savez adoptée à 142 voix. 

À New York, la France portera trois priorités :

  • la promotion du multilatéralisme d’abord, avec notamment la promotion de l’initiative franco-mexicaine de l’encadrement de l’usage du droit de veto en cas d’atrocités de masse. 
  • les crises régionales ensuite : la France sera à l’initiative de réunions sur le Soudan, la Palestine, l’Ukraine, l’Iran et le Yémen. La crise au Moyen-Orient et sa lutte contre les impacts dans nos vies quotidiennes, en termes de tensions sur les approvisionnements ou de prix du carburant, sera abordée avec l’ensemble de nos partenaires.
  • enfin la réponse commune aux nouveaux défis posés par l’intelligence artificielle, notamment son impact sur nos enfants et le risque qu’elle représente pour la cybersécurité, avec une réunion du conseil de sécurité dédiée. 

Cette semaine s’ouvre dans un contexte d’accélération sans précédent de la brutalisation des relations internationales, et de contraintes que cela fait peser sur nos économies, sur le quotidien des Français ou nos procédures internes – le ministre parlait d’adoption du budget sous contrainte internationale lors de sa conférence de presse de rentrée. Les Nations unies sont le lieu conçu pour le règlement des conflits internationaux. C’est donc aussi le lieu pour traiter les problèmes à la racine quand ils pèsent sur les conditions de vie de nos concitoyens, pour que le calme revienne dans la région, pour que la circulation maritime puisse reprendre, pour que nous diminuions nos dépendances et diversifions nos routes commerciales. À l’initiative de France, des réunions de haut-niveau sous différentes formes sont ainsi prévues sur :

  • la crise au Moyen-Orient. Le ministre aura notamment une réunion de travail avec ses homologues des pays membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe et divers entretiens avec des homologues de la région. Le but est de discuter de stabilisation, d’ouverture du détroit d’Ormuz, de sécurisation des approvisionnements et de créations de voies de contournements du Détroit. L’économie mondiale ne peut pas dépendre de la fluidité ou non du trafic dans ce détroit international. D’autant qu’un second détroit, Bab-el-Mandeb, pourrait également être affecté.
  • une réunion du Conseil de sécurité sera consacrée à l’Ukraine le mercredi 23 au matin, ainsi qu’une réunion le 22 en début d’après-midi, coprésidée avec Mme Kaja Kallas sur la sécurité alimentaire liée à la situation en mer Noire et pour laquelle nous défendrons la nécessité d'un moratoire pour permettre les exportations de céréales et de denrées alimentaires. Cette semaine, à l’occasion de son déplacement en Finlande et en Norvège, aux frontières extérieures de l’Europe, le ministre a d’ailleurs insisté sur le contexte d’attaques irresponsables que fait peser la Russie, en Ukraine bien sûr, mais aussi en Europe. En Lituanie et au Danemark ces dernières heures, l’attitude agressive de la Russie visait sans doute à nous intimider et à nous tester. Est-ce une nouveauté ? Non. Est-ce une surprise ? Non plus. Est-ce que cela s’accélère ? Oui. Sommes-nous prêts ? Également. Notre réponse est limpide : on vous voit, on y répond – et les interceptions de l’OTAN ont été systématiques et immédiates – et notre solidarité comme notre unité sont inébranlables, sans tomber dans le piège voulu par le régime russe. 
  • la situation en Palestine figurera bien évidemment à l’ordre du jour, en particulier le 22 septembre après-midi. La France co-présidera avec le Royaume-Uni et le Canada une réunion dédiée à la solution à deux États avec les sociétés civiles israélienne et palestinienne. Cette réunion a pour objectif de dresser un premier bilan de la Déclaration de New York et du Plan de Paix dans un contexte d’aggravation de la situation sur le terrain mais aussi de progrès vers une réforme de la gouvernance de l’État de Palestine en amont des élections législatives de fin novembre et présidentielle du début de l’année 2027. Élections pour lesquelles vous savez que la France soutient l’envoi d’une mission d’observation électorale européenne et fera tout ce qu’elle pourra à titre bilatéral pour que le scrutin se tienne dans les meilleures conditions. 
  • Nous tiendrons enfin une réunion annuelle sur le Soudan et l’aggravation de la situation, pire crise humanitaire sur le continent africain – le lundi 21 septembre après-midi.

2/ La réponse commune aux nouveaux défis posés par l’intelligence artificielle est également une priorité de la diplomatie française. 

La question de l’intelligence artificielle occupera une place prépondérante sous deux angles :

  • le premier concerne l’impact de l’IA sur nos enfants avec une réunion dédiée, présidée par le Président de la République le 22 septembre : l’IA et les technologies du numérique dessinent des opportunités de développement sans précédent. Elles comportent toutefois des risques pour les utilisateurs, en particulier les enfants qui peuvent être exposés à des contenus illégaux ou inappropriés et nuisibles à leur santé mentale. La France fait de la protection des mineurs en ligne une priorité absolue. Une conviction en est au fondement : les nouvelles technologies doivent rester, en toutes circonstances, respectueuses de la dignité humaine, au service du progrès collectif et de l'humanité. 
  • le deuxième aspect, qui occupe, je crois, une place très importante dans les préoccupations de chacun ces derniers jours, c'est le risque que représente l'IA pour la sécurité et, plus précisément, la cybersécurité. Le Conseil de sécurité se réunira à ce sujet, à l’initiative de la France et sous sa présidence, le 23 septembre. 

3/ Enfin, à New York, la France continuera de défendre une réforme du multilatéralisme, pour plus d’efficacité et de représentativité. C’est notamment le déploiement de l’initiative franco-mexicaine pour l’encadrement du droit de veto, afin d’interdire son usage en cas d’atrocités de masse. Plus de 120 pays nous soutiennent, soit près de la majorité des deux tiers de l’Assemblée générale. Une quinzaine d’États nous ont rejoints ces derniers mois. Nous comptons bien poursuivre la dynamique. Ce sera l’occasion de le faire lors d’une réunion lundi 21 en début d’après-midi. 

Promouvoir le multilatéralisme a aussi pour corollaire indispensable de défendre les droits de l'Homme et les règles du droit international, en particulier humanitaire. Une réunion ministérielle à laquelle le Ministre Jean-Noël Barrot participera sera ainsi consacrée à l’Initiative sur le droit international humanitaire le 23 septembre, aux côtés du Comité international de la Croix rouge et des six États cofondateurs (Jordanie, Afrique du Sud, Brésil, Chine, Kazakhstan). Le 23 septembre le Ministre participera aux côtés du Haut-commissariat aux réfugiés à la commémoration du 75e anniversaire de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés.

J’aurai l’occasion la semaine prochaine, à ce pupitre, de revenir sur les principaux résultats de la semaine de haut-niveau. 

Et avant de vous présenter quelques éléments d’agenda, je voulais mentionner la tenue ce week-end des Journées européennes du Patrimoine, à l’occasion desquelles le ministère ouvre ses différents sites au public. Avec une thématique d’actualité, le patrimoine en péril – sujet sur lequel la France est particulièrement mobilisée, notamment dans le cadre de la fondation ALIPH dont nous fêtons cette année les dix années d’existence.

2 - Agenda du pôle ministériel  

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot a participé ce matin aux échanges du Président de la République avec le Roi Abdallah II de Jordanie et Joseph Aoun, Président de la République libanaise. Ensemble, ils ont travaillé à renforcer la souveraineté et la sécurité du Liban, essentielles à la stabilité de toute la région. Ils ont ensuite ouvert une réunion d’experts militaires de haut niveau dans le cadre du processus d’Aqaba, qui se tient en ce moment même, destinée à soutenir les forces armées libanaises, pilier de la souveraineté du pays et indispensable pour permettre à l’État d’assurer pleinement la sécurité de son territoire et l’exercice du monopole de l’Etat sur les armes.

Le ministre ainsi que les autres ministres délégués participent ensuite cet après-midi au séminaire gouvernemental organisé par le Premier ministre. 

Enfin, Jean-Noël Barrot partira ce dimanche à New-York pour participer à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, avec la ministre déléguée à la Francophonie, aux partenariats internationaux et aux Français de l’étranger, Mme Éléonore Caroit.

Mme Caroit s’est entretenue hier le Prince Abdul Aziz Bin Talal al Saud, président de l’Arab Gulf Program for Development.  

La semaine prochaine, elle sera, comme je l’ai dit, à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. 

Le 22 septembre, la Ministre présidera une réunion des ministres du développement en format G7 élargi, puis participera à la réunion ministérielle du G20 sur Ebola. Elle interviendra également lors d’un évènement organisé par l’UNICEF, afin de mobiliser la communauté internationale sur la prévention et la réponse aux crises nutritionnelles. 

Le ministre délégué chargé de l’Europe, M. Benjamin Haddad, a échangé ce matin avec les jeunes du MEDEF et s’entretiendra cet après-midi avec Dritan Tola, ambassadeur d’Albanie en France et Dubravka Lolovic, ambassadrice du Monténégro en France. 

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, M. Nicolas Forissier, a débuté lundi une série de déplacements en Amérique latine. Après le Panama et l’Équateur, il est aujourd’hui et demain au Salvador pour échanger sur les perspectives de renforcement des coopérations, des échanges économiques et des investissements entre nos pays. 

Le 24 septembre prochain, Nicolas Forissier réunira au Quai d’Orsay les principaux acteurs économiques français – grands groupes, ETI, PME et acteurs publics – pour une rencontre consacrée à la place de la France dans la compétition économique mondiale. Ce sera l’occasion pour le ministre délégué de présenter les évolutions engagées pour renforcer l’accompagnement des entreprises françaises à l’international. L’événement est ouvert à la presse sur accréditation.

3 – Questions/réponses

Q - Une question sur l'actualité. Pourquoi est-ce que la France ne souhaite pas que M. Ousmanov soit sanctionné, soit sur la liste des sanctions européennes ?

R - Sur ce premier élément, déjà, je vais vous redonner un peu de contexte sur nos sanctions. La détermination de la France, des Européens, ne faiblit pas depuis l'imposition des premières sanctions le 23 février 2022. Nous avons adopté, vous le savez, 21 trains de sanctions. Nous discutons actuellement d'un 22e train. La France a toujours été en pointe sur ces sujets, qu'il s'agisse d'entités, d'individus. Nous avons notamment été à l'origine de la désignation d'un régime de sanctions visant, vous savez, les acteurs de déstabilisation russes, un régime qui avait été créé à notre initiative. Ces sanctions, elles demeurent un levier capital pour affaiblir le régime russe dans sa capacité à faire la guerre. Et les 21 paquets sont des paquets qui s'adaptent aux efforts de contournement du régime. 

S'agissant de votre point, il y a eu ensuite une question de sécurité nationale qui a été appelée par différents partenaires internationaux et sur laquelle nous avons accepté de la regarder. Et c'est donc la situation actuelle où nous nous situons. 

Q - Juste pour revenir sur ça, quels acteurs internationaux ? Comment décrirez-vous votre relation actuelle avec l'Azerbaïdjan ? Et juste une précision, combien de ressortissants français considérez-vous comme étant détenus arbitrairement en Azerbaïdjan ?

R - S'agissant d'une question de sécurité nationale, je ne vais pas être beaucoup plus précis, je vous ai répondu. 

Et puis ensuite, il y a des discussions qui sont internes au Conseil entre États membres, elles n'ont pas à être rendues publiques ou à faire l'objet de commentaires.

Sur votre deuxième question, Nous sommes en capacité d’assurer la protection consulaire de tout Français qui est détenu en Azerbaïdjan. Nous ne communiquons pas de chiffres précis sur le nombre de détenus. Je vous renvoie vers le rapport du Gouvernement sur la situation des Français établis hors de France, publié sur le site diplomatie.gouv.fr. 

Q - D'accord. Et la description de la relation entre l'Azerbaïdjan et la France à ce stade, c'est une bonne relation, une mauvaise relation, compliquée ? Juste un petit peu plus de détails, parce que là, vous ne répondez pas vraiment sur l'état des relations.

R - Sur l'état des relations, il y a différents échanges à différents niveaux qui sont mis en avant. Je vous renvoie ensuite, pour les collègues qui souhaitent se rendre dans le pays, sur la consultation des Conseils aux voyageurs, c'est formellement déconseillé de s'y rendre, sauf raison impérative. 

Q - Pour préciser, pourquoi vous déconseillez d'aller en Azerbaïdjan ? En Iran, vous déconseillez pour des raisons particulières...

R - Je rappelle que le MEAE déconseille, sauf raison impérative, aux ressortissants français, y compris binationaux, de se rendre en Azerbaïdjan en raison du risque de détention arbitraire et de jugement inéquitable dans ce pays.

Q - Je voudrais revenir cette fois sur le Liban. Il y a cette réunion qui se tient aujourd'hui. Le Président a rencontré à la fois le président libanais ainsi que le roi de Jordanie. Est-ce que vous pouvez nous donner des éléments un peu concrets sur ce qu'on peut attendre à l'issue de cette réunion ? Est-ce qu'il va y avoir des annonces d'aide spécifique de la France ou d'autres pays ? 

Et par ailleurs, est-ce que la conférence internationale de soutien qui devait avoir lieu en mars, est-ce que la date est désormais connue ? Et même chose pour la conférence de reconstruction qui a été d'ailleurs évoquée ce matin dans la conversation, l'entretien entre le président libanais et le président français ; le président libanais étant favorable à la tenue de cette conférence sur la reconstruction dès que possible.

R - Nous y sommes aussi tout à fait favorables. Je vais vous redonner un peu de contexte. La réunion, elle se tient maintenant. Les annonces vont être faites à sa conclusion. Il y aura d'ailleurs une prise de parole des différentes autorités à cette conclusion. Cette réunion du processus d’Aqaba, c'est une initiative qui était jordanienne au départ depuis 2015. Le roi a souhaité qu'elle soit réunie aujourd'hui à Paris. Elle porte sur le Liban. C'est un signe de confiance dont témoigne la Jordanie à la France et qui est particulièrement de confiance au regard de notre rôle d'équilibre dans la région et au Liban. Cette réunion, elle est centrée sur des sujets qui sont très opérationnels. Travailler à un plan de soutien effectivement au déploiement des forces armées libanaises, préparer la conférence de soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité intérieure que nous organiserons quand les conditions seront réunies. Mais nous avons évidemment toujours en tête de le faire. Elle est conduite actuellement, cette réunion, à un haut niveau militaire. Elle réunit notamment des représentants des pays membres de ce qu'on appelle le Quintet, l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar et les États-Unis, avec une délégation. Notre objectif est clair et constant sur le sujet, la restauration de la sécurité et de la souveraineté, le redéploiement des forces armées libanaises qui sont seules détenues légitimes de la force sur l'ensemble du territoire, et puis le désarmement du Hezbollah qui doit ouvrir la voie au retrait total des forces israéliennes du territoire libanais. Ensuite, sur les sujets plus précis, il faut attendre quelques minutes, quelques heures pour les conclusions de cette conférence.

Q - Je reviens juste au sujet des sanctions contre M. Ousmanov, avez-vous communiqué avec les autres membres du Conseil les raisons précises qui motivaient votre décision ? Est-ce que vous ne craignez pas que ça crée un précédent où chaque État membre pourrait demander qu'un tel ou un tel soit retiré des listes de sanctions en fonction de ses intérêts nationaux ?

R - Je crois que ce sont des discussions qui sont, encore une fois, confidentielles. Je vous ai répondu il y a quelques instants, je vais m’en tenir là. Je ne pense pas qu'on puisse vraiment douter de l'engagement de la France pour renforcer ces sanctions, les renouveler et faire surtout en sorte qu’elle puisse avoir de l'impact sur le moteur économique russe dans sa guerre d'agression sur l'Ukraine.

Q - Donc vous ne pensez pas que ça pourrait créer un précédent où les différents États invoqueraient des raisons similaires aux vôtres pour demander à ce qu'une personne soit retirée de cette liste ?

R - Je ne pense surtout pas qu'on puisse douter de la détermination de la France et de l'Union européenne à avancer sur les sanctions contre la Russie dans le cadre de son agression contre l’Ukraine

Q - J'ai des questions sur la Palestine. Il y a quelques jours, vous avez annoncé la suspension du commerce avec les entreprises juives en Cisjordanie/Palestine. Pourquoi vous avez décidé cette suspension ?

R - Je l'avais dit un peu la semaine dernière, mais je vais le redire. Pour deux raisons. La première, c'est dans la pleine continuité de notre engagement pour soutenir la solution à deux États. C'est une position que nous poussions depuis de longues semaines et de longs mois, parce que nous ne pouvions pas, par notre commerce, renforcer une situation qui est illégale au regard du droit international. Et je crois qu'il n'y a pas du tout de doute face au caractère illégal de ces colonies israéliennes en Cisjordanie, premièrement. Et puis deuxièmement, il y avait une accélération à la fois de la violence qui y était et puis de cette colonisation et face à l'absence de majorité au niveau européen, nous avions l'autorisation du niveau européen pour dire que nous pouvions avancer au niveau national. C'est ce que nous avons fait avec un collectif national puisqu'il y a eu la France, le Canada et puis neuf autres pays qui ont avancé dans ce même sens ce jour-là. Nous avons depuis ensuite mené et lancé les travaux techniques pour pouvoir opérationnaliser désormais cette annonce et cette mesure.

Q - D'abord, je vais revenir sur l'ONU et la question de la Palestine. Vous avez dit qu'il y aura une rencontre avec les deux sociétés civiles. Donc ça, j'imagine, c'est quelque chose qui n'est pas formel. Ça ne va pas faire partie du programme officiel de l'Assemblée générale. Est-ce que vous avez d'autres initiatives, vous allez mettre pour vote ou pour discussion une résolution, une autre résolution sur le sujet, ou est-ce qu'il y aura quelque chose de plus officiel aussi pendant cette Assemblée générale ? Je voulais aussi demander sur... Est-ce qu'il y avait une demande de la part de l'Arabie saoudite, une demande à la France de l'aider militairement, soit par des missiles, soit par d'autres moyens, soit par des renseignements ? 

R - Le sujet de la solution à deux États sera discuté essentiellement le 22 septembre après-midi, notamment avec les sociétés civiles. Nous avons tenu à ce que ce sujet soit à l’ordre du jour de la semaine de haut-niveau et il le sera. Je ne crois pas qu'il soit prévu de mettre au vote une résolution supplémentaire. Évidemment, nous ferons ensuite un bilan de tout ça, probablement le même jour, la semaine prochaine, jeudi prochain, au retour de l’AGNU. 

Sur l'Arabie saoudite, pas de commentaires sur nos échanges en particulier à vous donner. Le ministre a eu différents homologues de la région ce week-end, notamment son homologue saoudien, pour l'assurer de son soutien, de la solidarité de la France. 

Nous condamnons avec la plus grande fermeté les attaques des Houthis qui doivent cesser immédiatement au Yémen comme dans la région et le ministre s'est entretenu, donc je vous ai dit, avec les différents partenaires. Vous savez que sur la partie Bab-el-Mandeb, la France est présente dans une opération qui s'appelle Aspides, que vous connaissez, qui est une opération européenne depuis février 2024 et une opération qui fonctionne puisque plusieurs centaines de navires ont pu passer sans entrave avec cette escorte d'Aspides à laquelle nous contribuons avec d'autres pays européens et ce, désormais, depuis deux ans. Ce qu'a dit ce matin le ministre des Affaires étrangères, c'était que nous continuerons à prendre toute notre part au sein de cette mission.

Q - Je voulais rester sur le sujet du commerce avec les colonies. La semaine dernière, on vous a posé la question sur les chiffres du commerce actuel entre la France et les colonies. Je voulais savoir si vous avez réussi à les trouver. Parce qu'entre-temps, j'ai demandé à Bercy, qui m'a demandé de vous redemander, et je n’ai toujours pas de réponse, et c'est quand même un sujet qui monte depuis deux ans. Et en plus, il y a un étiquetage depuis 2015, à peu près, décidé par l'UE. Donc, vous devriez pouvoir faire la différence au niveau des douanes, de ce qui vient des colonies et de ce qui ne vient pas des colonies. Et si vous n'avez pas ce chiffre, en fait, pourquoi vous ne l'avez pas ? 

Et j'ai aussi une question sur l'interdiction en elle-même. Pourquoi vous avez choisi de ne pas inclure les services, l'interdiction des services, seulement des biens ? Par exemple, le Royaume-Uni va introduire une restriction de la publicité, de la promotion des terrains et de biens immobiliers, des services avec sanctions contre individus et entreprises. C'est un choix que ne fait pas la France d'inclure les services. Je crois que vous dites souvent que c'est compliqué, mais d'autres pays le font, et pas juste le Royaume-Uni, des pays de l'Union européenne. Donc pourquoi est-ce que vous choisissez de ne pas le faire ? Et il y a aussi une proposition de loi portée par Olivier Faure en France qui explique comment interdire les services, et soutenue par le Modem, je crois. 

R - Déjà, ne mettez pas dans notre bouche des décisions qui n'ont pas encore été prises. Ce que je vous ai dit la semaine dernière, ce qui était majeur, c'était que la décision politique était prise, elle est prise, on a un axe. Désormais, il y a un important travail technique qui doit être mené. Ce travail technique, il inclut le dossier statistique, il inclut le dossier étiquetage, il inclut le dossier traçabilité, il inclut évidemment aussi le dossier du vecteur juridique et du calendrier. Donc ils ont débuté ces travaux techniques. Je vous ai dit qu'on reviendrait vers vous quand on aura plus de choses à vous donner. Et à ce stade, je n'ai pas plus d'éléments à vous donner, si ce n'est que ces travaux ont encore une fois débuté avec un axe qui est extrêmement clair et qui a été fixé par nos autorités. 

Sur les biens, à ce stade, nous avons décidé d'interdire les importations. Ça ne préempte pas forcément de mesures précises, mais il faut que vous ayez en tête que les biens constituent quand même l'essentiel du commerce qui est concerné par ces mesures. Par rapport aux services, les biens, c'est l'essentiel, la grande majorité. 

Q - (inaudible).

R - Je ne pourrais pas vous donner de chiffres précis à ce stade puisque les travaux doivent être en ce moment menés et on ne voudrait pas vous donner des choses qui ne sont pas encore tout à fait correctes.

Q - Alors pour compléter la question de ma collègue sur la fin du commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie, la semaine dernière, j'ai longuement écouté ce qui a été dit ici. On vous a beaucoup questionné sur la faisabilité concrète de la mise en œuvre de ces mesures. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de réponse satisfaisante, peut-être aujourd'hui, c'est ma première question. 

Mais ce qui m'intéresse d'autant plus aujourd'hui, ce sont les raisons avancées par le ministre Barrot pour justifier cette mesure. Entre autres, il dénonce, je cite, l'expansion effrénée de la colonisation ou encore la flambée, je cite toujours, des violences commises par les colons extrémistes. Alors, excusez-moi, mais on a l'impression que le ministre semble découvrir la situation à l'instant. Ou alors nous explique-t-il que l'instant d'avant, la situation coloniale était défendable ? On ne comprend pas. Vous allez peut-être m'expliquer ça. C'est ma deuxième question. 

Et ma troisième question, surtout, il insiste sur la responsabilité des colons extrémistes, des colons violents, pour justifier de plaider pour ces timides premières sanctions que vous nous dites pour l'instant pas tellement applicables finalement. 

R - Non, non, ce n’est pas ce que je dis. Je répète tout à fait ce que vous dites, mais laissez-moi au moins la liberté de mes paroles.

Q - Très bien, vous allez pouvoir m’expliquer comment elles sont applicables aujourd’hui. Du coup, ma question, c'est celle-ci : en fait, quand M. Barrot dénonce les colons extrémistes, les colons violents, quand vous insistez sur le terme de violent, est-ce qu'on doit comprendre que la France est partisane d'une colonisation non-violente, raisonnée ? On ne comprend pas là non plus. Ça veut dire quoi, du coup ? 

R - Je crois que c’est une décision que différents de vos collègues ici ont appelé de leurs vœux. Et puis quand on la prend, on a l'impression que finalement, ça ne suffit pas ou que ce n’est pas bon. C'est une décision qui a été forte, qui a été mûrie. Tous les aspects ont été mûris avant de la prendre. Il y a désormais encore une fois du travail technique qui doit être mené, qui est du travail d'ailleurs du ressort pas forcément du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, mais du ressort du ministère de l'Intérieur, du ressort du ministère de l'Économie, c'est un travail qui est aussi interministériel. 

Quand ensuite vous dites on découvre, franchement, soyons quand même honnêtes entre nous, non ? Nous avons condamné souvent, d'ailleurs vous nous dites « qu'est-ce que vous faites en plus de condamner ? ». Voilà, il faut en faire une mesure concrète. Nous n'avons, je crois, jamais cessé de condamner quand il y a eu des actions illégales au regard du droit international qui ont été menées par des colons israéliens violents en Cisjordanie. 

Et là, nous avons agi, nous avons même pris aussi des sanctions au niveau soit national, soit européen, quand nous le pouvions. Et puis, effectivement, le sentiment d'urgence qui s'est accéléré, je vous l'ai dit, il y a cette augmentation du niveau de violence, il y a cette accélération de la colonisation que nous constatons quand même ces derniers mois, il y a aussi d'autres mesures comme, par exemple, la publication de l'appel d'offres E1 qui vient mettre un risque très concret à l'unité territoriale de la Cisjordanie, et donc, en fait, qui vient mettre un risque très concret à la matérialisation de la solution à deux États et qui est exactement ce pourquoi nous sommes battus il y a un an. Donc voilà, je pense que toutes ces raisons expliquent bien clairement pourquoi nous avons agi et nous n'avons pas agi de manière solitaire. Une douzaine d'États ont avancé dans ce domaine avec nous. Vous avez vu aussi que des États avaient déjà pris des mesures à titre national - je pense à l'Espagne, je pense aussi qu'une autre nation était en train de les mettre en œuvre, je pense aux Pays-Bas, où ça va être mis en œuvre le 22 septembre prochain. Chacun le fait avec ses modalités nationales, avec ses travaux en interne.

Q - J'insiste sur les termes d'extrémisme et de violent. Y a-t-il des colons non-extrémistes et non-violents ? C'est ça, j'insiste là-dessus. Et deuxième chose, deuxième relance, vous dites à l'instant que ça met en péril et ça menace la solution à deux États. Les spécialistes de cette question depuis longtemps le disent. Ce n'est pas nouveau. Là, on parle de peau de léopard en parlant de la carte. Est-ce que c'est encore possible un deuxième État, l'État palestinien ?

R - Et puis après, on vous laissera un peu la parole aux autres, mais oui, c'était exactement toute la démarche diplomatique que nous avons engagée l'an dernier. C'était de lutter contre ceux des deux côtés qui disaient finalement « La solution à deux États, elle va être morte de facto, on n'y arrivera pas ». Et allons finalement faire face à une solution qui, dans notre esprit, ne pouvait pas être durable ; puisqu’à long terme, ne peut être durable dans notre esprit - nous ne sommes pas seuls là-dessus, puisque 142 États sont allés voter avec nous le 12 septembre dernier - que la solution à deux États, avec tous ces éléments qu'on a un peu tendance aussi à oublier : c'est-à-dire bien sûr il y a eu la reconnaissance de l'État de Palestine par la France et une dizaine d'États, mais il y a aussi la condamnation historique du Hamas par l'ensemble des partenaires régionaux, mais il y a eu aussi ensuite les éléments d'une architecture de sécurité régionale qui intègre pleinement Israël avec ses voisins. Et tous ces éléments sont pour nous le chemin qui permet d'avoir cette paix de long terme. Donc au contraire, vous voyez bien que nous ne sommes pas résignés, que nous prenons les mesures quand nous estimons que nous devons les prendre, c'est un exemple celui-là, mais que nous sommes extrêmement attachés à cette solution à deux États et que nous ne voulons surtout pas qu'elle soit justement mise sur le côté par défaut, disons, d'efforts diplomatiques.

Q - Quelle est la réaction de la France face à la tentative de frapper la Mecque ? Parce que c'est une escalade et en même temps, c'est un lieu saint de l'islam. Merci.

R - Nous avons exprimé notre solidarité avec les autorités saoudiennes face aux différentes attaques dont elles font l’objet. Nous appelons effectivement toutes les parties à revenir au calme. Nous dénonçons toutes les frappes houthies, qui doivent cesser.

Q - Pardon, j'ai juste quelques questions. Une précision juste sur la réunion de l'appel de New York pour marquer l'année. C'est co-présidé par la France, le Royaume-Uni et le Canada, mais l'Arabie saoudite ne fait pas partie de la présidence de cet appel comme l'année dernière ? Ou ça ne les intéresse plus ? ils sont juste là par leur ambassadeur ? C'est juste pour avoir cette précision. Deuxième chose, vous avez parlé des voies de contournement du détroit d'Ormuz. Lorsque le président et le ministre évoquent la recherche de nouvelles routes d'approvisionnement, à quoi font-ils concrètement référence ? Quels projets ou partenariats sont envisagés ? Et au-delà d'en parler avec des chefs, est-ce que la France est directement impliquée dans ces initiatives ? Dernière question pour revenir sur Aspides. Est-ce que, vu le contexte actuel, et vu qu'il n'y a pas grand-chose sur la mission dans Ormuz qui est en préparation, est-ce que la France souhaite renforcer Aspides ? Est-ce que vous avez lancé des discussions avec d'autres pays européens justement pour envoyer plus de bâtiments dans la région ?

R - Sur Aspides, je vous l’ai dit, c'était une opération qui fonctionnait, et nous entendions effectivement continuer à prendre toute notre place. Nous avons convoqué une réunion spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies mardi dernier, il y a 48 heures. Il y aura sûrement encore d'autres discussions qui vont être faites sur d'éventuelles mesures à prendre. Il est encore trop tôt pour moi pour vous dire, mais là, nous n'excluons aucune des mesures. S'agissant ensuite de l'Arabie saoudite et de sa présence ou pas : j'aimerais bien, mais je ne suis pas le porte-parole des autorités saoudiennes. Nous avons des discussions qui sont encore une fois très constructives, très nouées avec eux... Le ministre délégué a eu son homologue cette semaine, le ministre a eu plusieurs fois son homologue récemment et notamment ce week-end. Et la réunion qui sera menée mardi prochain inclura différents États et les sociétés civiles. Après sur les présences de tels ou tels, moi je vous informerai plus près de l'échéance la semaine prochaine. Et ensuite sur la partie saoudienne, je vous renvoie vers les autorités saoudiennes. Sur la question sur les voies de contournement : c'est un sujet de longue date pour nous d'éviter d'être dépendants de tel ou tel détroit, ou de tel ou tel goulot. C'est une initiative que nous avons, vous savez, avec un envoyé spécial dédié pour le corridor IMEC. Mais c'est aussi des éléments que nous avons discutés, par exemple, avec les autorités syriennes quand le Président de la République ou le ministre des Affaires étrangères se sont rendus en Syrie début juillet ou quand nous nous sommes entretenus en début de semaine avec le Premier ministre irakien qui, comme vous le savez, était à Paris. C’était même sa première visite en Europe, il avait décidé de la faire en France. Ça faisait partie, des sujets que nous avons évoqués. Parce que, évidemment, cette nouvelle escalade, elle fait peser un risque réel pour l'économie mondiale, même si nous ne sommes pas les plus exposés, elle fait aussi peser un risque réel sur l'économie européenne.

Q - Oui, d'abord, pardonnez-moi, peut-être j'ai raté. Est-ce que vous avez répondu à la question pourquoi l'Arabie saoudite n'est pas... J’ai pas compris.

R - J’ai dit que, s'agissant des Saoudiens, je vous renvoyais vers eux ; qu'il y aura différents pays qui seront présents, ainsi que des sociétés civiles qui seront présentes. Et ensuite, s'agissant de la liste des pays qui seront représentés ou qui participeront, je vous dirai plus précisément quand on sera…

Q - Mais ça veut dire qu'ils ne coprésident pas, pour être clair.

R – Interrogez-les. 

Q - Mais c'est vous qui avez mentionné les Britanniques et le Canada.

R - Il y a plusieurs réunions qui se feront le mardi après-midi. Il y aura une réunion avec les sociétés civiles, et c'est celle-ci dont je vous parlais.

Q - Je n'ai pas compris. Comment ça, il y aura plusieurs réunions sur le même sujet ?

R - Oui, donc il y aura une réunion notamment avec les sociétés civiles que nous faisons avec les Britanniques et les Canadiens. 

Q - Mais tout à l'heure, je demandais s'il y aura d'autres réunions. Vous m'avez dit non, qu'il n'y aura que ça avec la société civile. Donc là, je suis perdue. Mais sur la question de la Palestine, c'était ma question tout à l'heure. Vous m'avez dit qu'il n'y aura que cela. 

R - Au niveau du ministre, oui, il n'y a que ça. Oui, ça je vous le confirme.

Q - Bon, là, je suis un peu perdue. Je vais vous poser des questions à moi. Est-ce que vous avez demandé que le ministre rencontre M. Saar ? Je ne demande pas s'il y aura un meeting. Je demande s'il a demandé. 

R – Je ne vais pas commenter les demandes de rendez-vous. 

Q - On voit, avec les Israéliens, il y a une question quand même de relations bilatérales

R – Je vous confirme qu’on a des relations. 

Q – Est-ce que vous souhaitez qu'il y ait une rencontre ? 

R - Je ne commente pas les demandes éventuelles. 

Q - Non, pas éventuelles, si vous avez demandé.

R - Je ne commente pas. 

Q - Non, bon, OK. Pour la question d'Aéronaval, parce que vous m'avez dit la semaine passée que vous allez décider dans quelques jours, là on est deux semaines avant. La fois passée, quand il y avait ce genre de situation, vous avez pris la décision quand le matériel était déjà en route, causant beaucoup de pertes aux sociétés israéliennes. Et donc, je repose la question, est-ce que vous avez déjà décidé ? J'ai demandé déjà au ministère de l'Armée, ils m'ont renvoyé vers vous. Et donc, voilà, je vous pose la question. Merci.

R - Écoutez, la décision, sera rendue plus près de l'échéance et elle sera effectivement communiquée avant tout aux différentes parties qui sont concernés par cela, mais je pense, plus près de l'échéance. 

Q - J'ai une question concernant le procès qui va se tenir en Irak de suspects de l'État islamique qui avaient été transférés de la Syrie vers l'Irak, dont des Français. Les avocats des Français nous ont contactés en disant leur inquiétude de la tenue de ce procès, sachant qu'ils n'ont pas accès directement au dossier. Je voulais savoir si vous pouviez nous dire combien de Français sont concernés par ces procès. Est-ce que vous pouvez confirmer que parmi ces Français, il y a des jeunes majeurs qui étaient mineurs au moment de leur arrivée en Syrie - arrivées voulues par les parents, donc pas le choix des enfants ? Est-ce que vous savez si les avocats français vont pouvoir accéder au procès ? En d'autres termes, comment est-ce que vous garantissez les droits de ces Français qui vont être jugés en Irak prochainement ? Et si vous avez la date du procès ? Puisqu'il y a plus de 5000 personnes qui vont être jugées, on ne sait pas exactement quand est-ce que le cas des Français sera abordé de manière individuelle ou séparée. Donc on aimerait avoir des éléments concernant ce procès. 

R - Je ne vais pas vous donner plus à ce stade sur les procès. Ce que je peux vous indiquer en revanche, c'est qu'il y a eu la libération de 466 détenus il y a quelques jours, et que selon les informations qui ont été portées à notre connaissance, aucun ressortissant français ne faisait partie du groupe concerné de ces libérés. 

Q - Pour répondre à la question qui concerne quand même la France, s'il s'agit de ressortissants français : est-ce que vous avez des garanties que leurs procès seront menés dans des conditions équitables avec accès des avocats français aux audiences ?

R - Moi, je n'ai pas d'informations à ce stade, donc je préfère revenir vers vous ultérieurement là-dessus. Évidemment, ensuite, il y a le principe de la protection consulaire que nos autorités sur place, notre poste, exercent, évidemment, en application de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires. La protection consulaire, c'est quelque chose que nous exerçons et évidemment, nous tenons à exercer. Ensuite, sur le reste, je préfère qu'on revienne vers vous cet après-midi ou demain pour vous donner des réponses précises. 

Q - Cet après-midi si possible, puisqu'il y a une dépêche qui va sortir.

Q - J'avais une question sur le fait que les États-Unis ont interdit à Mahmoud Abbas de se rendre à l'ONU. Ils n'avaient pas donné de visa la semaine prochaine. À New York, ils ont dit que c'était en raison de l'incapacité de l'autorité palestinienne à mener à bien les réformes. Il y a eu un audit de ce qui s'appelle Pay for Slay. Pourtant, Ramallah dit que c'est terminé, que c'est l'une des réformes principales que voulaient les États-Unis et Israël. Je crois que les États-Unis et Israël ne croient pas à ce que ces réformes ont vraiment abouti. Quelle est votre position vu votre implication dans le dossier ? Merci.

R - Nous avons appris cette décision de refus la délivrance d'un visa d'entrée sur le territoire américain pour certains membres de l'autorité palestinienne. A la lumière de la volonté constante matérialisée ces dernières semaines, ces derniers mois par les responsables palestiniens et notamment depuis, en été le courrier de Mahmoud Abbas au président de la République et au prince héritier saoudien, nous appelons les États-Unis à reconsidérer leur position sur ce point en application des accords de siège existants entre l'ONU et les États-Unis. Nous rappelons que l'Autorité palestinienne, par le biais de son Président, a pris des engagements qui étaient importants en termes de réformes, notamment, et vous le mentionnez, nous saluons les conclusions positives du rapport d'audit qui a été mené par un cabinet tiers, indépendant, je crois même américain, sur le système Pay for Slay et qui concluait à l'abrogation de ce système. Par ailleurs aussi, je vous l'ai dit, combien c'était important pour nous - et le ministre ne cesse de le rappeler dans ses différentes prises de parole publiques - que les élections en Palestine puissent se tenir dans les meilleurs délais et dans les meilleures conditions. Donc ça, ça faisait partie, aussi avec la réforme des manuels scolaires, des engagements qui avaient été pris par le président Abbas vis-à-vis du Président de la République et du prince héritier saoudien en juillet dernier, ce qui était notamment juste en amont de la déclaration de New York à la fin du mois de juillet.

Q - Avant les vacances d'été, vous vous souvenez, en juillet, je suis venu vous poser une question concernant l'actualité, enfin tout du moins ce qui se passait pour les personnes LGBT en Turquie dans le contexte d'une actualité avec un navire grec et la présence de M. Macron à Ankara au même moment. Vous n'aviez aucunement condamné les actes homophobes du gouvernement turc d'Erdogan. Alors il y a quelques jours, les autorités turques sont passées à l'acte en opérant une rafle de personnes au sein de cette communauté, arrêtant et plaçant en détention des centaines de personnes, notamment pour obscénité ; bloquant de nombreux comptes Internet de militants, de personnes qui défendent les droits humains, de médias. Alors la France qui dit - et je le rappelle ce contexte-là - vouloir faire de la lutte contre les LGBT-phobies une de ses priorités sur le terrain diplomatique, va-t-elle cette fois vraiment condamner ces actes homophobes clairement ? Ou va-t-elle ménager le pouvoir turc aujourd'hui qui semble faire de cette communauté le bouc émissaire dans un pays au bord de la récession ? 

R - Merci pour votre question. Nous allons justement nous exprimer avec nos partenaires européens et au niveau de notre ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+. Et je vous renvoie vers cette expression que nous faisons passer incessamment sous peu.

Q - Ma question, ce n'est pas au niveau européen, c'est que c'est un engagement français, sous la diplomatie française. Que dit la France ? 

R - Donc je vous renvoie vers cette expression. Si elle n'est pas déjà publiée, elle va être publiée incessamment. Donc la France va s'exprimer avec ses partenaires, effectivement. 

Q - Donc pas toute seule ?

R - Avec ses partenaires européens. Vous savez, c'est une position qui est assez consensuelle au niveau européen quand même. C'est quelque chose…

Q - De suivre oui, on a vu que vous suiviez. Mais de là à condamner, est-ce que ça va être le cas, vous pensez ? 

R - Je vous trouve un peu dur dans vos éléments. 

Q - Il faut l'être parfois. Je reprends les éléments, qui ont été dit. 

R - Et c'est un des éléments sur lesquels je vous renvoie franchement dans quelques minutes, dans cette publication. 

Q - Et pour terminer, il y a eu des appels à manifester un peu partout en France. Vous avez sans doute suivi vendredi, dans plusieurs villes de France face aux consulats turcs. Un commentaire à ce niveau-là ? Est-ce que les Français sont... 

R - Je n'ai pas plus d'éléments et je ne vais pas commenter les manifestations en France. Je m'occupe effectivement de donner à voir, expliquer, détailler nos positions de politique étrangère et notamment en amont de cette importante semaine de haut niveau d'Assemblée générale des Nations unies à laquelle je serai content de vous retrouver éventuellement la semaine prochaine. Merci beaucoup.

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