Conférence de presse du porte-parole du 11 juin 2026 Politique étrangère Conférence de presse Le : 11 juin 2026 Quai d'Orsay - Conférence de presse du Quai d'Orsay du 11 juin 2026 1 - Propos liminaire Vous le savez, à l’invitation du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, la France accueille demain à Paris une conférence qui réunira des militants israéliens et palestiniens en faveur de la paix et pour une solution à deux États. C’est un moment historique à l’heure où la paix est si fragile. C’est notre devoir d’apporter notre soutien. Cette conférence se tient un an après l’Appel de Paris, où ces acteurs engagés avaient appelé la communauté internationale à soutenir cette solution, dans une séquence diplomatique que nous avions initiée avec nos partenaires saoudiens et qui avait abouti à la Déclaration de New York, c’est-à-dire, la reconnaissance inédite par 146 membres des Nations unies des crimes du Hamas et de la nécessité de son désarmement et exclusion de toute gouvernance palestinienne future, des engagements inédits de l’Autorité palestinienne à se réformer, la reconnaissance par 11 États dont deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies de l’État de Palestine, et la perspective d’une architecture régionale de sécurité. Un an après ce 1er appel de Paris, face à l’actualité de la région marquée par des conflits qui semblent sans fin, de trop nombreuses victimes civiles, par une forme d’engrenage de la violence, face à l’enlisement de la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza, on peut s’interroger sur le but de cet événement, sur son utilité, le calendrier choisi. Nous pensons que cette conférence est aujourd’hui plus essentielle, plus urgente que jamais. Parce que nous voulons continuer à faire vivre la dynamique créée l’année dernière, car seul un horizon politique crédible et des engagements concrets peuvent nous permettre d’avancer. Parce que nous voulons que la question israélo-palestinienne reste à l’ordre du jour, car c’est une question clé pour la stabilité régionale. Parce que nous voulons rappeler qu’il existe des voix, en Israël et en Palestine, qui veulent la paix, des voix courageuses qui croient à cette solution à deux États et qui se mobilisent pour. Parce qu’ils et elles ont des propositions concrètes à avancer et qu’il y a des moyens crédibles de surmonter les obstacles à sa mise en œuvre. Parce que nous voulons démontrer, et les nombreuses présences ministérielles demain le prouvent, que la communauté internationale reste pleinement engagée sur ce sujet, prête à agir pour inciter les parties à reprendre le chemin du dialogue. Ce sont ces voix que le ministre Barrot souhaite faire entendre, en présence de 15 ministres étrangers et d’une quarantaine d’États représentés au total. Nous, France, avons nous-mêmes pris des mesures et engagé un travail important au niveau européen pour sanctionner les responsables de la colonisation israélienne en Cisjordanie, qui met en péril la perspective d’un État palestinien, et plusieurs partenaires ont pris des mesures similaires. Nous continuerons d’œuvrer et d’appeler, avec les Israéliens et les Palestiniens qui sont les premières victimes de conflit, avec nos partenaires et la communauté internationale, à une paix durable et juste pour ces deux peuples. Voici la logique de cette conférence, qui marque notre engagement historique et renouvelé pour la mise en œuvre de la solution à deux États et souligne le rôle essentiel des sociétés civiles. Sa tenue à quelques jours du G7 n’est pas un hasard, et nous souhaitons que ce nouvel appel à la paix, qui sera forgé et lancé demain par les sociétés civiles israélienne et palestinienne à Jean-Noël Barrot, puisse être entendu par les dirigeants du G7. J’aimerais également dire un mot du Sommet des chefs d’État et de gouvernements du G7, qui se tiendra, comme vous le savez, dès lundi prochain et jusqu’à mercredi à Évian. C’est évidemment LE jalon majeur pour notre présidence du Groupe, un évènement au cours duquel aboutiront plusieurs engagements concrets qui ont mûri ces dernières semaines dans les sept filières du G7. Vous le savez, notre présidence poursuit deux objectifs. Premièrement : la résorption des grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux pour assurer les conditions d’une croissance mondiale équilibrée et partagée. Deuxième objectif : la construction d’un nouveau consensus sur les objectifs et le périmètre de notre solidarité internationale pour dépasser les limites du système actuel de l’aide publique au développement. Nous mettons aussi à l’agenda des discussions d’autres sujets prioritaires : la protection de l’enfance en ligne, la diversification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, la lutte contre le cancer et contre les flux illicites. Je vous invite à suivre cette séquence sur les réseaux sociaux de l’Élysée et du ministère. 2 - Agenda ministériel Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, était ce lundi 8 juin à Bordeaux dans le cadre de Diplo-Nation, à la rencontre des étudiants, des citoyens et des élus pour préparer la diplomatie de demain et échanger avec eux sur les grands enjeux internationaux. Il a ensuite reçu mardi 9 juin le Cardinal Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ainsi que son homologue australienne Penny Wong. Il a remis avec cette dernière la médaille Hawke-Rocard à la spécialiste de biologie marine en Antarctique Clara Péron. Cette médaille récompense les scientifiques qui travaillent à la préservation de cette région. Il échange ce jeudi 11 juin avec son homologue libanais. Il rencontrera également Christophe Lecourtier, nouveau directeur général de l’Agence française de développement. Enfin et j’ai pu l’évoquer dans mon propos liminaire, le ministre réunira ce vendredi 12 juin à l’Institut du Monde arabe les sociétés civiles israélienne et palestinienne un an après « l’Appel de Paris ». Lundi 15 juin, le ministre se rendra à Luxembourg pour le Conseil affaires étrangères de l’Union européenne. Il participera plus tard dans la semaine au sommet Vivatech. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, se rendra demain vendredi 12 juin à Bayonne dans le cadre d’une réunion trilatérale entre l’Espagne, le Portugal et la France. Cette réunion permettra aux ministres d’échanger sur les grands thèmes de l’agenda européen et de renforcer davantage encore la coordination entre nos trois pays, autour de sujets d’intérêt commun. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, est aujourd’hui jeudi 11 juin dans la Loire, où il rencontre des dirigeants et des équipes de deux entreprises locales au rayonnement international. Il sera demain vendredi 12 juin dans le Rhône pour rencontrer les acteurs économiques du territoire. Ces visites permettent de dialoguer sur les enjeux de compétitivité, d’innovation, de transition industrielle et de développement à l’international. Par ailleurs, le ministre délégué participera la semaine prochaine aux salons Vivatech et Eurosatory. Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, était en début de semaine aux Comores à l’occasion du 40e Conseil des ministres de la Commission de l’Océan indien. Alors que la France prend la présidence tournante de l’organisation, la ministre déléguée a présenté les trois priorités opérationnelles : la sûreté et la sécurité maritimes, la prévention des catastrophes naturelles et l’adaptation au changement climatique, et la sécurité alimentaire. La ministre déléguée est actuellement aux Émirats arabes unis pour une visite de trois jours à la rencontre de la communauté française, 7e au monde et 1ère de l’Indopacifique. Elle visite également un lycée et une école français puis échange avec des entrepreneurs français réunis par la Team France Export. 3 - Liban - Entretien de M. Jean-Noël Barrot avec son homologue M. Youssef Raggi (11 juin 2026) Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères M. Jean-Noël Barrot a reçu le 11 juin 2026 à Paris M. Youssef Raggi, Ministre libanais des Affaires Etrangères et des Emigrés, en visite en France. Le ministre a exprimé la solidarité de la France au Liban et au peuple libanais face à la poursuite des hostilités au Liban et à l’escalade régionale en cours. Il a réaffirmé le soutien de la France au processus de négociations directes avec Israël engagé par le gouvernement libanais, sous l’égide des États-Unis. Le ministre a indiqué que ces négociations constituaient la seule voie pour aboutir à un accord politique global qui soit juste, respectueux de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban comme des préoccupations de sécurité d’Israël, et à même de préserver le Liban de toute escalade régionale. Le ministre a souligné l’importance que les parties respectent pleinement l’accord de cessez-le-feu du 3 juin. Il a rappelé la condamnation par la France des attaques répétées du Hezbollah contre Israël et [souligné la nécessité que l'Etat libanais contrôle pleinement l'ensemble du pays et notamment le Sud Liban]. Il a également souligné la nécessité qu’Israël, qui a sa part de responsabilité dans la poursuite du conflit en intensifiant ses opérations, ciblant jusqu’à Beyrouth et Tyr ces derniers jours, entame son retrait du territoire libanais. Les deux ministres ont convenu que ces étapes étaient clés pour garantir un redéploiement effectif et phasé des forces armées libanaises au Sud-Liban. Le ministre a condamné les multiples attaques qui ont visé la FINUL et coûté la vie à sept casques bleus depuis le 2 mars, dont deux Français, ainsi que trois membres des Forces armées libanaises ce week-end. Ils ont rappelé leur plein soutien à la FINUL et à la mise en œuvre de ses missions jusqu’à la fin de son mandat. Jean-Noël Barrot a réitéré la disposition de la France à maintenir une présence au Liban après le départ de la FINUL, à la demande des autorités libanaises et dans un cadre qu’il convient de définir avec elles, leurs partenaires et en lien avec les Nations unies. 4 - Questions/réponses Q - J'ai une question au sujet d'Alice Froussard, journaliste qui couvre la Cisjordanie pour RFI et Radio France depuis des années et qui a été refoulée hier par les autorités israéliennes, qui est en train d'arriver à Paris. Elle disposait de tous les documents qui étaient demandés pour exercer son métier sur place. Est-ce qu'après le blocus imposé aux médias internationaux à Gaza, vous considérez que la même chose est en train de se passer en Cisjordanie ? R - Dès que nous avons eu connaissance de la situation de votre consœur, nous nous sommes pleinement mobilisés, que ce soit à Paris, à Tel Aviv ou à Jérusalem, c'est-à-dire notre consulat à Jérusalem ou notre ambassade à Tel Aviv, y compris jusque tard hier soir. Nous regrettons cette décision qui relève néanmoins de la souveraineté des autorités israéliennes, vers lesquelles je vous renvoie. Nous rappelons notre soutien à la liberté de la presse et à l'exercice libre et sûr de la profession en toutes circonstances et en tous lieux. Q - Et un peu plus concrètement, qu'est-ce qui est mis en œuvre par la diplomatie française pour garantir la liberté de la presse en Cisjordanie ? R - Vous avez vu qu'il y a eu différents rapports, notamment d’ONG, qui montraient combien les journalistes avaient payé un très lourd tribut ces dernières années à travers le monde, sur différents conflits, je pense au conflit en Ukraine et évidemment au conflit à Gaza. C'est quelque chose que nous avons toujours condamné et sur lequel nous nous sommes mobilisés pour faire respecter un accès libre plein et entier à la presse internationale, notamment à Gaza. Et c'est une demande forte du ministre qui a été exprimée à plusieurs reprises. Q - Est-ce qu'il va y avoir une réaction officielle publique de la diplomatie française vis-à-vis d'Israël concernant ce cas ? R - Je crois que vous l'avez à l'instant, cette réaction. Q - Est-ce que vous voyez un lien avec l'interdiction de séjour qui a été faite hier, de séjour en France, à Bezalel Smotrich ? Est-ce que vous voyez un lien ? R - Il faut que vous posiez la question aux autorités israéliennes, nous, nous avons été toujours clairs, ces derniers jours, sur le caractère inacceptable des violences commises par des colons en Cisjordanie, par l'accélération de la colonisation en Cisjordanie, ou par l'incapacité à passer à la deuxième phase du plan de paix à Gaza. Nous avons donc pris différentes mesures. Il y a eu déjà le déblocage du troisième paquet de sanctions au niveau de l'Union européenne, il y a quelques semaines désormais. Il y a eu ensuite effectivement une sanction, une interdiction d'autorisation de rentrer sur le territoire, une IAT qui a été prononcée contre M. Ben-Gvir, suite à la vidéo inacceptable que nous avions vue quand il traitait certains concitoyens français ou européens de la flottille. Il y a eu, vous l'avez dit ensuite, cette décision qui a été prise en coordination avec différents États, hier, effectivement, de prononcer une nouvelle IAT, cette fois-ci contre M. Smotrich, puis contre quatre responsables de la colonisation et d'autres colons violents. Donc voilà, nous agissons sur ces différents éléments. Ensuite, je ne peux pas vous dire quels ont été leurs mobiles. Q - Vous ne voyez pas de possibles représailles ? R - Je n'ai pas plus de commentaires à faire là-dessus. Ce qui est important pour nous, c'est que la liberté d'exercice du métier de journaliste puisse être faite partout et en tout temps. On sait combien c'est difficile de le faire, évidemment, dans des zones de guerre. Cela a toujours été le cas. Mais ce que l'on remarque, comme le montrent les rapports qui ont été publiés récemment, c'est que le coût payé est de plus en plus lourd ces deux dernières années et ça, nous le déplorons. Je ne ferai pas plus de spéculation sur la situation. Nous l'avons regrettée, et surtout, nous nous sommes mobilisés, que ce soit à Paris, encore une fois hier soir, via nos postes diplomatiques, c'est-à-dire à la fois notre ambassade à Tel Aviv ou notre consulat à Jérusalem, pour être en appui et en soutien à votre consœur. Q - Des négociations ont eu lieu au Caire avec le Hamas pour tenter de faire pousser la deuxième phase de l'accord du président Trump. Comment vous jugez ces efforts-là, pendant que les États-Unis sont très occupés par la guerre avec l'Iran ? R - Nous avons un partenariat qui est très fort, vous savez, avec l'Égypte. C'est un pays que le président de la République a visité, si je ne me trompe pas, à trois reprises. Nous saluons tous les efforts égyptiens et du reste, l'ensemble des médiateurs pour aboutir à avancer dans cette situation. Il y a une paix, il y a un cessez-le-feu mais ils sont trop fragiles. La deuxième phase n'est pas mise en œuvre, notamment en termes d'accès humanitaire, notamment en termes d'ouverture des différents points de passage, d'accès du comité technique palestinien sur la bande de Gaza. Tous ces éléments, on les a suffisamment dits. Et ce qui est important pour nous, ce sont tous les efforts qui vont dans le sens de garder le conflit israélo-palestinien en haut de l'agenda des relations internationales. Il est donc impératif d'avancer sur la mise en œuvre concrète du cessez-le-feu à Gaza face à l'urgence humanitaire et tout effort dans ce sens va dans la bonne direction. Je vous rappelle enfin le consensus que nous avions forgé pendant la déclaration de New York, qui avait été repris ensuite par les accords de Charm el-Cheikh, à la fois la nécessité du désarmement du Hamas et celui du retour de l'Autorité palestinienne, en tout cas du comité technocratique palestinien à Gaza, ce qui n'est pas malheureusement encore le cas. Q - Le président Trump vient de déclarer que les États-Unis vont frapper durement en Iran ce soir. Craignez-vous que cette escalade ne fasse de l'ombre au G7 ? Et à vos yeux, qu'est-ce qui constituerait un succès ou un échec pour le G7 dans le contexte actuel ? Deuxième question, selon un document de travail, la France envisage des propositions de réforme du SEAE. Quelles en seraient les implications concrètes ? Comment rassurer la Haute représentante sur le fait qu'il ne s'agit pas de réduire ses prérogatives ? Et dernière question, juste sur la réunion de demain, est-ce que les Américains ont été invités ? Est-ce qu'ils seront présents ? Et sinon, qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? Pourquoi ils ne veulent pas venir ? R - Alors, sur votre 2e question, nous travaillons au quotidien avec le SEAE et avec sa Haute représentante Kaja Kallas. Elle sera demain à la conférence des 1 an de l'Appel de Paris. Il y a effectivement des discussions sur l'avenir du SEAE, mais ces réflexions et ce mouvement de réforme ne doivent venir que de la Haute représentante et de son équipe elle-même. La France sera là pour accompagner et soutenir, comme elle l’a toujours fait, pour avancer en Européen dans le sens qui sera décidé. Sur votre première question, je ne sais pas ce qu'il faut définir, ce qui sera ou pas le succès du G7. Nous le verrons dans quelques jours. Déjà, pour dire combien toutes les équipes sont mobilisées dans sa préparation et que nous sommes désormais à quelques jours de l’événement. Vous aurez quelques éléments précis de son organisation et de ses discussions de fond dans quelques heures via un briefing de l'Élysée. Donc c'est vers eux que je vous renvoie naturellement et c'est normal puisque c'est un exercice qui est au niveau des leaders la semaine prochaine. Ensuite, est-ce qu'il faut le lier au G7 ou pas ? De facto, nous ne cessons d'appeler à la retenue sur le détroit d'Ormuz pour ne pas relancer une escalade qui est délétère pour tous, qui est délétère pour la stabilité de la région, mais qui est délétère aussi pour les économies internationales et notre propre économie. Et ce que nous n'avons cessé de promouvoir, c'est la capacité d'avoir un cessez-le-feu qui soit durable sur ce détroit en étant force de proposition et notamment avec cette mission multinationale qui sera en capacité d'assurer cette liberté de navigation une fois que les conditions seront réunies sur place. Le G7, évidemment, sera un des lieux de discussion de tels sujets, mais la solution sur le terrain émane avant tout des belligérants. Ensuite, sur le 12 juin, les États-Unis ne font pas partie des 40 États qui seront représentés demain, dont 15 au niveau ministériel, parmi les plus actifs dans le processus initié l'année dernière sur l'Appel de Paris, avec notre partenaire saoudien. Les contacts sont extrêmement réguliers, et même plus que réguliers, avec les États-Unis, et évidemment, sur tous les sujets, et en particulier sur le sujet du Moyen-Orient, et l'Appel de Paris qui sera forgé demain par les parties prenantes, qui sera présenté au ministre Jean-Noël Barrot, et sera ensuite présenté aux leaders du G7, dont les États-Unis. Ce qui est surtout important demain, ce sont les militants pour la paix, les sociétés civiles qui sont au cœur des discussions et au cœur des solutions concrètes qui seront proposées et mises en avant. Q - Pour prolonger la question précédente, est-ce qu'avec les dernières annonces de Donald Trump et ce qui s'est passé ces derniers jours, est-ce qu'on peut vraiment encore parler de cessez-le-feu fragile ? Est-ce qu'on n'est pas retourné dans le conflit direct entre l'Iran et les États-Unis ? Et dans quelle mesure cela éclipse-t-il le sommet du G7, qui démarre dans quelques jours ? Sur la réunion demain, la conférence avec la société civile, Mahmoud Abbas avait pris des engagements très fermes l'année dernière, et notamment l'organisation d'élections. Et ces engagements, pour l'instant, ne se sont pas traduits par des actes. Qu'est-ce que vous avez à dire sur ce sujet ? R - Sur votre première question, on a vu aussi les déclarations, notamment de la partie iranienne, sur la fermeture immédiate du détroit d'Ormuz. Mais avait-il été vraiment rouvert ? La question pour nous n'est pas de nommer ou de commenter l'état de la situation, c'est surtout d'avancer vers la stabilisation, et effectivement, la tendance vers l'escalade de ces dernières heures ou derniers jours n'est pas bonne. Le sommet du G7 sera évidemment une échéance diplomatique absolument majeure pour aborder tous les sujets du moment et celui-ci en fera évidemment partie, mais ça, vous le savez. Ce qui est aussi un sujet qui a toujours été au cœur des G5 à l'époque avec Rambouillet et puis G6 et G7, c'est d'avoir à la fois la résorption des grands déséquilibres du monde, parce que le G5 à Rambouillet avait été créé après la première crise pétrolière ; et puis ensuite d'évoquer les différentes crises du moment entre les chefs d'État et du gouvernement, et c'est exactement ce qui se passera la semaine prochaine. Pour répondre à votre deuxième question, c'était des engagements qui étaient absolument inédits, qui avaient été pris par le président Abbas, à la fois vis-à-vis du Président Macron comme du prince héritier saoudien, à l'époque, en juillet 2025. Nous suivons la mise en œuvre, en cours et à poursuivre, de ces engagements. Je pense que cela fera aussi partie des éléments dont les sociétés civiles, demain, voudront discuter, en exprimant notamment leur volonté de renouveau sur ces sujets. Nous poursuivons donc notre dialogue avec la partie palestinienne sur ces sujets, notamment dans le cadre du comité constitutionnel, que nous avions annoncé lors de la venue du président Abbas, le 11 novembre 2025. Q - Je prolonge une des questions précédentes. Le président américain vient d'annoncer que l'Iran va être durement frappé aujourd'hui et que la guerre, cette fois-ci, ne s'arrêtera qu'après la capitulation des Iraniens. Quelle est votre réaction là-dessus ? R - Nous avons salué le cessez-le-feu et soutenu les négociations depuis le début. Nous appelons à la désescalade et surtout à la retenue, dans ces moments qui sont fragiles. Parce que je crois que nous avons tous à y perdre, à la fois par une augmentation de la conflictualité dans la région, et puis ensuite, par l'impact que cela a sur nos différentes économies. Les problèmes de fond ne se résoudront pas par une augmentation de la conflictualité, et par problème de fond, j'entends le programme nucléaire iranien, son programme balistique et son programme, disons, de proxy. C'est pour cela que nous avons besoin, à très court terme, d'un cessez-le-feu qui soit respecté, et que nous puissions engager, dans un cadre de négociation, la discussion avec les différentes parties prenantes, les Européens, les Iraniens, les Américains et les partenaires régionaux. Je crois que c'est aussi le sens du G7 : retrouver la voie diplomatique et ne pas entraîner une région dans une escalade dont les effets sont bien au-delà de la région elle-même. Q - Une question sur l'Ukraine, s'il vous plaît. Selon plusieurs médias, les ambassadeurs E3, donc incluant Nicolas de Rivière, ont fait une visite au ministère des Affaires étrangères de la Russie. Est-ce que vous pouvez confirmer et nous en dire un peu plus ? Est-ce qu'il s'agit là d'une première étape dans une reprise de dialogue avec Poutine sur l'Ukraine ? R - Je crois qu'il ne faut pas y voir autre chose ou l'interpréter. Je confirme cette réunion. Les ambassadeurs à Moscou ont rencontré ce matin le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine. Ils ont déploré la récente escalade de la Russie, son intensification des campagnes de manipulation d'informations dans le contexte de l'agression russe de l'Ukraine. Ils ont exposé les principaux points de la déclaration des dirigeants des E3, qui s'était tenue à Londres dimanche dernier, le 7 juin, notamment, notre soutien à l'appel du président Zelensky, pour avoir des discussions directes entre l'Ukraine et la Russie, en présence des autorités américaines et des autorités européennes. Pourquoi ? Pour aboutir à un cessez-le-feu et élaborer les différents paramètres d'une paix durable. C'est notamment ce message qui a été passé par les trois ambassadeurs qui ont été ce matin au MID. Q - Une première question par rapport au traité franco-espagnol qui parle d'être ratifié en Espagne. Il n'y a pas le soutien de la droite espagnole et de l'extrême droite. Quel est votre sentiment par rapport à ce refus de la ratification ? Pa ailleurs, dimanche, le front Polisario a dénoncé la mort par le Maroc d'un de ses leaders. Quelle est la réaction de la France ? R - Sur votre premier point, le traité franco-espagnol, c'est un traité d'amitié. C'est un traité que nous avons signé en janvier 2023, comme nous l'avons signé avec quelques partenaires extrêmement proches de la France et que nous avons ratifié de notre côté, côté français. Il est important parce que ces dispositions doivent bénéficier aux citoyens de nos deux pays, en donnant une impulsion notamment politique à des projets de coopération très concrets dans le domaine de l'éducation, dans le domaine de la culture, de l'économie, de l'emploi, dans le domaine transfrontalier aussi, et dans le domaine de l'environnement. Donc nous saluons la décision de la Commission hier des Affaires étrangères du Congrès espagnol qui s'est prononcée en faveur de la ratification du traité de Barcelone, hier 10 juin. Il reste, comme vous le savez, je crois, un vote en séance qui doit être désormais la semaine prochaine. Et évidemment, nous regarderons avec une extrême attention ce qui sera voté. La France, comme l'Espagne, partagent des ambitions communes, c'est-à-dire le renforcement de l'Europe, de l'autonomie stratégique, la transition écologique et environnementale. Nous avons des populations françaises en Espagne ou espagnoles en France qui sont extrêmement importantes, des échanges de populations qui sont extrêmement importants. Ce traité franco-espagnol vient conforter tout cela et donner une assise encore supérieure. Sur ce second point, je n'ai pas d'informations à ce stade à vous communiquer, je reviendrai vers vous plus précisément. Plus généralement, nous soutenons l'action de l'Envoyé spécial des Nations unies pour un règlement pacifique et durable de ce conflit qui n'a que trop duré. Cela me permet de vous redire notre position là-dessus : l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine trace la voie vers une paix juste et durable et mutuellement acceptable, dans laquelle, vous le savez, il convient à l'ensemble des parties de s'engager et elle constitue, pour la France, la seule base pour y aboutir. C'était notamment notre position, il y a désormais un an. Q - Vous nous avez dit tout à l'heure effectivement que la question du détroit d’Ormuz fait partie des discussions qui seront abordées au G7. L'Europe doit reprendre sa place et essayer de faire valoir la voie diplomatique. Est-ce qu'il pourrait être question d'amender un peu la mission Ormuz, coprésidée par la France et le Royaume-Uni, pour montrer aux États-Unis qu'il y a une volonté un peu plus offensive de débloquer le détroit, même s'il n'y a pas de négociations possibles avec l'Iran ? R - La mission, le Président de la République l'a proposée dès début mars. Elle a un mandat qui est très clair, qui n'est pas la libération du détroit par la force, mais d'être strictement défensive et opérationnelle à partir du moment où les conditions sur le terrain le permettent. Par ailleurs, ensuite, il y a eu des tracts de préparation et d'avancée qui ont été à la fois très suivis et très précis, à la fois un tract côté diplomatique et un tract côté militaire, de planification militaire. Il y a eu ce sommet, le 17 avril, à l'Élysée, rassemblant une cinquantaine d'États et c'est cette dynamique qui se poursuit, mais qui, encore une fois, dépend de la situation sur le terrain. Sur le mandat en tant que tel, il est très clair pour nous qu'il doit être strictement défensif et en dehors des belligérants. Par ailleurs, nous avançons dans cette discussion : à la fois, nous en discutons avec toutes les parties, pour expliquer à la fois sa dimension et son caractère opérationnel une fois que les conditions nous le permettront sur place.