« BFM TV » et « RMC » - Entretien de Jean-Noël Barrot

  • Politique étrangère

Interventions médias

Le : 13 juillet 2026

Q - Bonjour Jean-Noël Barrot. 

R - Bonjour. 

Q - Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. De très nombreuses questions à vous poser. Mais d'abord, évidemment, sur ce qu'il se joue en ce moment même entre l'Iran et les États-Unis, mais également les pays voisins. Est-ce que vous estimez que la guerre a repris ?

R - Personne n'a intérêt à ce qu'elle reprenne. Et toutes les parties, l'Iran, les États-Unis, doivent s’en tenir aux engagements qu'ils ont pris lorsqu'ils ont signé un accord, il y a à peu près un mois. Tous ont intérêt à éviter une nouvelle escalade qui ne ferait que des perdants en Iran et aux États-Unis, et partout ailleurs dans le monde, puisqu'on se souvient de ce qui s'est produit avec la flambée des hydrocarbures, qui avaient un peu baissé grâce à l'arrêt des hostilités.

Q - Et qui remontent, on va y revenir. Mais lorsque vous dites « personne n'a intérêt », on a l'impression que c'est un vœu pieux. Moi, je vous demande ce qui se passe sur le terrain, comment vous le qualifiez quand on voit les frappes qui ont eu lieu la nuit dernière, quand on voit celles qui avaient déjà eu lieu les nuits précédentes ? Est-ce que le constat, au-delà de l'espérance, c'est que le conflit, dans les faits, est de retour ?

R - Le constat, c'est qu'il y a un accord qui a été trouvé et qui permet des choses très simples, c'est-à-dire l'arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le démarrage d'une négociation pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien. Il faut que toutes les parties reviennent au protocole de négociations qui a été fixé par cet accord, parce que je le redis, elles n'ont aucun intérêt à l'escalade. Et c'est d'ailleurs pour cette raison…

Q - Pourquoi ? Mais alors pourquoi frappent-elles ? 

R - Pourquoi frappent-elles ? Eh bien parce que l'Iran, il y a quelques jours, a mené des frappes à l'encontre de navires qui circulaient dans le détroit d'Ormuz, frappes que nous avons condamnées, ce qui a déclenché un cycle de représailles qui doit maintenant s'arrêter pour que les négociations reprennent.

Q - L'Iran qui affirme que le détroit d'Ormuz est fermé.

R - Et les États-Unis qui affirment qu'il est ouvert, mais de fait, étant donné le niveau de tension qui s'est réinstallé, il est très difficile d'envisager le retour de la circulation maritime. C'est inacceptable, puisque ce détroit, il est un bien commun de l'humanité. Il doit permettre, comme tous les détroits, à la circulation maritime de se faire sans entrave. Et donc l'Iran doit désormais réouvrir, comme il s'y est engagé, ce détroit et assurer sa sécurité.

Q - On se souvient de la signature, effectivement, de ce fameux accord ou préaccord à Versailles sous vos yeux. Vous étiez debout, juste derrière le président américain et le président français, au moment où cet accord a été signé. A-t-il encore du sens aujourd'hui ?

R - Je crois qu'il prévoit une période de 60 jours, dont une première période de 30 jours - nous sommes à peu près, dans quelques jours, nous atteindrons cette période de 30 jours - avec la réouverture du détroit, son déminage, et ensuite les négociations sur le programme nucléaire. Qu'est-ce que nous faisons, nous ? Nous avons accueilli à Versailles cette signature d'un accord que nous n'avons pas négocié, mais nous avons déployé des capacités militaires dans la région en marquant notre disposition à travailler de manière pacifique, strictement défensive, pour faciliter la restauration du trafic maritime, notamment par des actions de déminage. Donc nous faisons tout notre possible…

Q - On les mène, en ce moment même ? On est actifs sur le déminage ? 

R - Vous voyez bien que la situation dans le détroit est très explosive, ce qui empêche évidemment la circulation, non seulement des navires, mais aussi le déploiement de capacités qui viendraient porter assistance pour que le déminage puisse se faire, ou éventuellement des escortes de navires. Mais nous sommes prêts à le faire à condition que le calme revienne.

Q - Nous sommes prêts à le faire, mais nous ne le faisons pas encore.

R - Nous sommes prêts à le faire à tout moment.

Q - Jean-Noël Barrot, le porte-avions, le Charles de Gaulle, est rentré ce week-end à son port d'attache à Toulon. Est-ce qu'il a vocation à repartir ?

R - Il est rentré car sa mission était terminée, mais cependant qu'il rentrait, d'autres capacités étaient déployées dans la région pour, en lien avec des partenaires, avec d'autres pays qui, comme nous, n'ont pas pris part à cette guerre, être en capacité d'apporter l'assistance nécessaire à la restauration du trafic maritime.

Q - Donc il y a d'autres moyens français ? 

R - Oui, de déminage notamment. 

Q - Qui sont prêts, dès que le feu vert sera donné… Par qui ? Par quoi ? Par la situation ?

R - Dès que les conditions le permettent. C'est-à-dire l'assentiment des pays riverains du détroit, à commencer par Oman, mais évidemment l'Iran.

Q - Avec Oman, les relations sont bonnes ? 

R - Absolument. Et vous vous souvenez qu'il y a quelques jours, le sultan d'Oman était présent à Paris, ce qui nous a permis justement de finaliser ces préparatifs pour que, dès que les conditions le permettent, notre action, combinée avec celle d'autres pays, puisse faciliter la restauration du trafic.

Q - D'autres pays ont été touchés la nuit dernière…

R - Y compris Oman. 

Q - ...notamment par des drones ou des missiles iraniens. Oman, vous le disiez, le Koweït, la Jordanie. Nous avons des bases françaises dans ces pays-là. Est-ce que ce matin, Jean-Noël Barrot, vous pouvez nous dire si les bases françaises sont en sécurité ?

R - Elles le sont. Et nous avons condamné ces frappes indiscriminées de l'Iran, qui nous rappellent celles qu'elle a conduites au début de la guerre, qui nous ont conduits d'ailleurs à déployer des moyens considérables pour protéger à la fois nos ressortissants et nos bases, mais aussi nos partenaires, avec lesquels nous sommes liés par des accords de sécurité. Souhaitons que nous ne revenions pas à cette situation de très grande tension dans cette région du monde et en particulier dans le détroit d'Ormuz, parce que je le redis, ça ne fait que des perdants.

Q - Vous le redoutez ? Vous vous dites, il est possible, au moment où l'on se parle, que les hostilités reprennent à un niveau comme on l'a connu au début ?

R - Je me dis que ce n'est dans l'intérêt de personne, ni de l'Iran, ni des États-Unis, et je souhaite que chacun revienne aux termes de l'engagement qui a été pris.

Q - Une question aussi sur les prix, vous le disiez. Ça a un impact, évidemment. Les prix à la pompe commençaient légèrement à baisser, même si on le sentait, il y avait une sorte de plancher, et ça y est, ils partent à la hausse. Ce matin, le prix du baril atteint les 78 dollars le baril. Les prix à la pompe, le prix du litre de gazole, c'est 1,99€, c'est quasiment les plus hauts qu'on ait connus. Est-ce que ça veut dire qu'effectivement, les conséquences, y compris pour la France, là, pour les Français, elles se font déjà sentir ?

R - Tant que nous resterons dépendants, notamment des hydrocarbures qui viennent de l'autre bout du monde, nous subirons les conséquences de guerres qui ne sont pas les nôtres ou de catastrophes en tout genre. Et c'est pourquoi, en même temps que le Gouvernement agit sous l'autorité du Premier ministre pour apporter un soutien aux secteurs qui sont en première ligne ou qui sont plus directement affectés, il nous faut impérativement et rapidement nous défaire de ces servitudes, devenir plus indépendants, plus autonome. C'est tout l'objet de ce plan d'électrification que nous avons accéléré ces mois derniers.

Q - Avec deux questions encore sur l'Iran, et puis je voudrais vous interroger évidemment sur l'Ukraine. Sur l'Iran, ce journal iranien, un quotidien ultra-conservateur qui s'appelle Hamshahri, qui fait une liste dans laquelle il y a Emmanuel Macron et la France, dont il considère que ce sont des personnalités qui devront payer pour la mort d'Ali Khamenei. Le gouvernement français, pour l'instant, n'a pas réagi à ces mots de vengeance qui ont également été prononcés par le guide suprême, nous dit en tout cas ce journal. « La vengeance est inévitable, elle sera inévitable. Cette vengeance est la volonté de notre nation, elle doit être accomplie inévitablement ». Avec donc cette liste dont Emmanuel Macron et la France.

R - Oui, je ne vais pas commenter les journaux les plus radicaux du régime iranien, mais il est évident que ce régime, dont je rappelle qu'il a opprimé depuis des décennies son peuple, et l'a réprimé dans le sang il y a quelques semaines, au début de l'année, n'a à notre égard aucune intention bienveillante. D'ailleurs, nous avons, l'année dernière encore, appliqué à ce régime des sanctions extrêmement lourdes. Nous l'avons inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Et il va de soi qu'il n'y aura aucune levée de sanctions sur le régime iranien tant qu'il n'aura pas renoncé à son programme nucléaire, renoncé à son projet révolutionnaire qui déstabilise sa région, renoncé à son programme de missiles balistiques dont certains pourraient un jour être en capacité de viser l'Europe, et tant qu'il n'aura pas rendu aux Iraniens la liberté de construire leur propre avenir.

Q - Coalition internationale pour l'Ukraine, on va y venir. Pour le Liban, également ?

R - Nous y sommes prêts, à condition que les autorités libanaises le souhaitent.

Q - Et ce n'est pas encore le cas, ils ne vous ont pas encore demandé d'agir ?

R - Un accord a été trouvé entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien. C'est historique. Cela permet d'envisager un cessez-le-feu durable, le désarmement du Hezbollah, mais aussi la restauration du monopole des armes entre les mains des autorités libanaises, du gouvernement libanais. Le gouvernement libanais aura besoin de soutien sous la forme d'une coalition. Vous savez que nous avons 700 militaires français au sein du contingent des casques bleus de la FINUL, donc déjà sur place, mais nous aurons aussi à mobiliser la communauté internationale en organisant à Paris une conférence de soutien à ces forces armées libanaises qui en ont besoin.

Q - Il y a aujourd'hui une coalition à Paris, qui est la Coalition des volontaires, autour de la question de l'Ukraine. Volodymyr Zelensky arrive d'ailleurs à Paris aujourd'hui. L'Ukraine tient en échec l'armée russe. Voilà ce que vous affirmez. La France doit-elle aider encore plus l'Ukraine ?

R - Oui, et c'est tout l'objet de cette journée, au cours de laquelle le Président de la République accueillera près d'une trentaine de chefs d'État et de gouvernement participant à cette coalition, qui continue de s'élargir, puisque nous accueillons deux membres supplémentaires aujourd'hui, la Moldavie et la Macédoine du Nord, passant le nombre de pays impliqués de 35 à 37. Journée qui sera l'occasion d'avancer sur le travail de développement de capacités antiaériennes pour l'Ukraine. Nous accueillerons au Quai d'Orsay huit pays et des industriels qui vont travailler à la manière d'accélérer la constitution de capacités antibalistiques, antiaériennes pour l'Ukraine, mais qui sera aussi l'occasion de démontrer que cette Coalition des volontaires, dont vous savez qu'elle a été constituée pour que la paix, une fois conclue, puisse être garantie grâce à des garanties de sécurité. De démontrer que ce travail est finalisé, d'annoncer que des exercices, hors de l'Ukraine, se tiendront dans les prochains mois, pour que cette question, c'est-à-dire la dissuasion de toute nouvelle agression de l'Ukraine, ne soit en aucun cas un obstacle à la signature d’un accord d’une paix.

Q - Jean-Noël Barrot, il y a déjà un paquet de sanctions européennes qui avaient été prises contre la Russie. Il y aura d'ailleurs un nouveau paquet de sanctions qui sera adopté par l'Union européenne aujourd'hui. Est-ce qu'on peut faire encore plus ?

R - Aujourd'hui en particulier, nous allons dénoncer publiquement une vaste campagne cyber aux buts de sabotage, mais aussi d'espionnage conduite par la Russie dans une dizaine de pays européens. Nous allons en décrire quels sont les mécanismes et les auteurs. 

Q - Ça marche comment ? 

R - Vous savez, ce sont des opérations qui visent des ministères, qui visent des entreprises, qui visent des opérateurs et qui ont pour objectif, soit de capter de l'information, soit de saboter le fonctionnement, par exemple, d'infrastructures. Ce que nous allons annoncer aujourd'hui, c'est que nous convoquerons l'ambassadeur de Russie en France dans les prochains jours, mais nous allons également prendre des sanctions à l'encontre de neuf individus et de quatre entités responsables de cette campagne cyber qui a été orchestrée par le FSB, le Service de sécurité fédérale de la Russie.

Q - Est-ce que la France a donc été directement visée ? 

R - Elle a fait partie des pays visés, effectivement. 

Q - Des dix pays visés ? 

R - Absolument. 

Q - Est-ce que vous êtes inquiet, là-dessus ? Est-ce que vous estimez qu'on a les moyens de répondre ?

R - De fait, on a la capacité de détecter ces attaques. On a considérablement renforcé nos défenses contre ces attaques cyber. Nous disposons, en matière de lutte contre cette agressivité ou ces agressions hybrides en provenance de la Russie, de l'un des dispositifs les plus aboutis en Europe et dans le monde, à la fois pour lutter contre les campagnes de désinformation qui pourraient parasiter, par exemple, les processus électoraux avec VIGINUM, qui a protégé les élections municipales, mais aussi en matière de lutte anticyber avec notre agence nationale, l’ANSSI, dont les compétences sont reconnues dans le monde entier.

Q - Vous avez parlé aussi de la question de l'ingérence. Un mot parce que demain, Volodymyr Zelensky sera invité aussi au défilé militaire, un défilé XXL, une démonstration de force. La chroniqueuse de CNews et du Journal du dimanche, Mme Xenia Fedorova, écrit : « La question est simple, jusqu'où va-t-on entraîner la France dans cette guerre ? Si l'on veut que ce conflit devienne aussi le conflit de la France, alors qu'on le dise clairement aux Français. » Qu'est-ce que vous répondez à ces propos ?

R - J'ai répondu et à plusieurs reprises, c'est tout simplement la propagande du Kremlin qui tente de faire passer l'Ukraine pour l'agresseur, alors que l'Ukraine est évidemment l'agressée, même si la résistance ukrainienne tient en échec les armées russes, et essaye, tente désespérément de faire passer la France et d'autres pays européens pour des va-t-en-guerre. Alors que tout ce que nous demandons, tout ce que nous voulons, c'est la paix, et il suffirait que Vladimir Poutine mette fin à sa guerre d'agression coloniale et impérialiste pour que le continent retrouve la paix.

Q - Je vous sens sur ce point particulièrement choqué qu'une propagandiste, puisque vous dites que c'est de la propagande, puisse s'exprimer sur les ondes françaises.

R - Je suis étonné qu'elle y soit invitée. Évidemment, nous vivons dans un État de droit, où chacun est libre de dire ce qu'il pense. La question qui est posée, et l'ARCOM, le gendarme des médias, a été saisi sur cette question, c'est ce pourquoi une personnalité qui ne cache pas ses liens avec la Russie de Vladimir Poutine est invitée constamment dans les studios de radio ou sur les plateaux de télévision.

Q - Jean-Noël Barrot, et vous tous qui nous écoutez et qui nous regardez, je vous recommande en particulier l'entretien exceptionnel que Volodymyr Zelensky a accordé à Didier François, qui sera diffusé ce soir sur BFM TV. Un mot aussi, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, sur cette femme française portée disparue en Espagne dans le cadre de ces incendies. En savez-vous plus ?

R - Nous avons exprimé notre très vive émotion, d'abord devant le bilan tragique, meurtrier, de ces incendies en Espagne. Le travail d'identification du corps de cette Française disparue est en cours pour confirmer ou non son décès. Et nos services sur place, consulaires et diplomatiques, sont en lien à la fois avec ses proches, auxquels je dis tout mon soutien, et avec les autorités espagnoles.

Q - Au moment où l'on se parle, il n'y a pas d'autres Français ou Françaises qui soient portés disparus ? 

R - Non. 

Q - Jean-Noël Barrot, la Coupe du Monde, évidemment, ça nous réjouit ici, mais on est assez sidérés par les injures racistes à l'encontre de l'équipe de France. Il y a eu bien sûr la sénatrice paraguayenne, et puis il y a l'ancien Premier ministre conservateur espagnol Mariano Rajoy, qui dit de l'équipe de France que c'est une équipe sans Français. Comment vous réagissez ? 

R - Voilà des propos qui sont pathétiques. Une bonne fois pour toutes, la France n'a pas de couleur de peau. Toute affirmation, au contraire, relève de la bêtise, du racisme ou d'une combinaison des deux. C'est une équipe exceptionnelle, qui montre le meilleur visage de la France, celui d'un pays qui est conquérant, qui est audacieux, auquel rien ni personne ne résiste. Et je me réjouis que cette équipe renvoie au monde une si belle image de notre pays. Et je me réjouis aussi de voir toutes les Françaises et tous les Français, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau, quelle que soit le lieu où ils habitent, leur âge, soudés derrière cette équipe qui les fait rêver. 

Q - Et ça vous a surpris ? C'est-à-dire que je trouve qu'on n'imaginait peut-être pas... 

R - Je suis toujours surpris par la bêtise, la médiocrité et le racisme.

Q - Je précise que le Premier ministre actuel espagnol, Pedro Sánchez, a lui aussi condamné évidemment les propos de son prédécesseur. Il dit « France, on se retrouve en demi-finale, que le meilleur gagne et que le racisme perde ».

R - Oui, le Premier ministre a très bien répondu, mais je pense que celui qui apportera la meilleure des réponses, ou ceux qui apporteront la meilleure des réponses, ce seront les joueurs de l'équipe de France quand ils emporteront haut la main cette demi-finale.

Q - Merci beaucoup, Monsieur le ministre des Affaires étrangères. Un mot encore quand même sur ce défilé XXL demain. Fallait-il que la France fasse cette démonstration de force ? Est-ce le signe que l'on se sent menacé ?

R - Non, ce n'est pas le signe d'une démonstration de force, c'est un réveil stratégique de l'Europe, qui prend en charge sa propre sécurité parce qu'elle a une intention. 

Q - De l'Europe ou de la France ? 

R - De l'Europe, sous l'impulsion de la France. Parce qu'elle a une intention, c'est de préserver la paix sur le continent européen. 

Q - Merci beaucoup, Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV.

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