Appel des chefs d'État et de gouvernement du G7 à une réponse coordonnée à l'épidémie d'Ébolavirus de Bundibugyo

  • G7

  • Santé mondiale

Déclaration

Le : 17 juin 2026

Cet appel des dirigeants du G7, et de leurs partenaires, est un signal fort de solidarité et d’engagement du G7 face à l'épidémie d'Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.

Il soutient plusieurs initiatives en cours : la réponse d’urgence des Etats-Unis qui atteint 370 millions de fonds d’urgence et devrait se poursuivre avec un nouvel engagement de 500 millions de dollars la réponse de l’Union européenne et de ses Etats membres et la réponse coordonnée portée par l'Africa CDC en lien avec l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – le Continental Preparedness and Response Plan. 

Le G7 démontre ici sa réactivité aux crises du moment et sa capacité à parler d'une seule voix face à une épidémie dont les effets peuvent être dévastateurs sur une région déjà très vulnérable. 

Elle s’inscrit dans la continuité de l'engagement du G7 aux côtés des pays africains face à Ebola (2015, Beyond Ebola : a G7 agenda to help prevent future crisis and enhance security in Africa), et confirme notre attachement à un multilatéralisme sanitaire efficace, dans lequel la France joue un rôle moteur.

Lire l'appel des chefs d'État et de gouvernement :

 

 

Nous, chefs d’État et de gouvernement du G7, appelons à une réponse forte et coordonnée pour faire face aux risques en matière de sécurité sanitaire que pose le retour de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Les pays partenaires du G7, l’Egypte, l’Inde, le Kenya et la République de Corée, soutiennent également le présent appel à l’action.

Nous sommes profondément attristés par les pertes en vies humaines et le fardeau que fait peser la maladie sur les populations touchées, et nous sommes solidaires des pays concernés. L’épidémie en cours a son épicentre dans une zone isolée et touchée par le conflit en RDC, il est donc difficile de contenir la maladie, d’apporter des soins médicaux aux personnes touchées et d’organiser les aspects logistiques de la réponse. Les vaccins, moyens de dépistage et traitements existants, ne sont pas pleinement efficaces sur la souche virale en question. Nous reconnaissons les efforts courageux déployés par les professionnels de santé, les volontaires et les populations locales ainsi que l’intensification des efforts réalisés par les gouvernements pour réagir à cette épidémie.

Rappelant les précédents efforts du G7 dans la lutte contre Ebola, nous sommes déterminés à travailler avec nos pays partenaires pour surmonter ces difficultés. Conformément à notre approche en matière de partenariats mutuellement bénéfiques, notre premier objectif doit être de prévenir une propagation plus importante de la maladie, à la fois dans la zone touchée dans l’Est de la RDC et dans les pays voisins, et d’autres régions du monde. Contenir l’épidémie et y mettre un terme nécessitera un traçage efficace des cas contacts, la prévention et le contrôle des infections, des modalités de quarantaine et d’isolement, la réalisation de tests en laboratoire, la préparation transfrontalière, la surveillance des frontières et la mobilisation des populations. Pour atténuer l’impact de l’épidémie, nous devons veiller à ce que le virus demeure confiné dans une zone aussi restreinte que possible, où nous pouvons concentrer les ressources médicales et humanitaires.

Nous sommes déterminés à fournir et à mobiliser des moyens de soutien au profit d’une réponse mondiale coordonnée afin de faciliter la mise au point et la fourniture efficace de vaccins, de moyens de dépistage et de traitements spécialisés pour lutter contre cette épidémie au cours des prochains mois. Nous saluons les pays du G7, les partenaires et les autres institutions qui ont déjà fourni un soutien financier et technique, notamment le déploiement de professionnels de santé et la mise à disposition d’expertise médicale, pour garantir une réponse internationale rapide face à cette épidémie ainsi que ceux qui continueront d’apporter leur soutien. Nous nous félicitons du déploiement rapide par les États-Unis de ressources médicales et humanitaires correspondant à un montant supérieur à 370 millions de dollars dans la région et de leur engagement de consacrer jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires aux efforts déployés pour faire face à l’épidémie en sus des 650 millions de dollars alloués à l’aide humanitaire dans la région des Grands Lacs. Nous saluons également le soutien qu’apporte actuellement l’Union européenne sous la forme de 493 millions d’euros en aide d’urgence, en vaccins, en traitements et pour la sécurité sanitaire dans la région des Grands lacs et en Ouganda, dont 84 millions d’euros en aide humanitaire immédiate et en financements pour le développement et la recherche en réponse à l’épidémie. Le Plan commun de préparation et de riposte pour le continent africain mobilise 518 millions de dollars pour aider les pays africains à se préparer à l’épidémie, à détecter rapidement la maladie et à y réagir. Nous appelons tous les partenaires et les autres pays au-delà du G7 à allouer des ressources à la lutte contre cette menace mondiale grâce aux moyens qu’ils estiment les plus appropriés. Reconnaissant le rôle important que joue le secteur privé dans la réponse à l’épidémie, nous encourageons également le développement accéléré d’outils de prévention, de préparation et de réponse.

À cet égard, le G7 affirme son soutien à la réforme de l’aide humanitaire menée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies et à son plan pour qu’une aide vitale puisse parvenir à 87 millions de personnes en 2026. Les membres du G7 ont fourni plus de deux tiers des fonds levés jusqu’à présent en 2026, et nous appelons les autres pays à se joindre à ces efforts.

Nous continuons de suivre de près l’évolution de la situation, avec nos partenaires, afin de garantir que ce virus dangereux ne se propage pas, notamment au-delà des frontières. Des millions de personnes voyageront pour le travail ou le tourisme ou pour assister à la Coupe du monde de football accueillie par les États-Unis, le Canada et le Mexique dans les prochaines semaines. Nous devons veiller à ce qu’ils puissent le faire en toute sécurité. À cette fin, tout en respectant les prérogatives nationales, nous sommes déterminés à renforcer la coordination des efforts entre nos autorités nationales et à œuvrer en faveur de la mise en cohérence de mesures qui soient appropriées et efficaces en matière de déplacement, de quarantaine et d’isolement pour les personnes qui ont été dans les régions touchées, conformément aux normes internationales de santé et de sûreté publiques les plus élevées.

Nous notons que la mise en œuvre de mesures de santé publique efficaces est entravée par le conflit en cours dans l’Est de la RDC. À cet égard, nous appelons toutes les parties à honorer leurs engagements et à mettre pleinement en œuvre les accords de Washington pour la paix et la prospérité ainsi que l’accord-cadre de Doha.

Enfin, nous appelons les acteurs compétents en matière de réponse à améliorer la coordination de leurs efforts et à éviter les redondances pour garantir la réponse la plus rapide et la plus efficace possible face à cette crise. À cet égard, nous encourageons la prise en compte des plans d’action et des besoins définis par les Nations Unies.

Les États-Unis organiseront une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 afin de discuter de la poursuite de l’action collective et de garantir un soutien financier plus vaste au bénéfice d’une réponse mondiale efficace et coordonnée face à cette urgence de santé publique.

Le présent appel à l’action rend compte des résultats des discussions des membres du G7, qui ont bénéficié d’échanges fructueux avec les pays partenaires.

(Traduit de l'anglais)

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