La stratégie anticorruption de la France dans son action de coopération Stratégie anticorruption Date de publication : 07 mai 2025 Dernière mise à jour le : 06 février 2026 La corruption est un phénomène global, qui touche tous les espaces, tous les secteurs, tous les acteurs. Difficile à quantifier, le montant annuel des pots de vin et de l’argent détourné s’élèverait à 3 600 milliards de dollars, soit 5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial selon les estimations de la Banque mondiale et du Forum économique mondial. La corruption constitue un frein majeur au développement. Détournement des richesses, découragement des investisseurs, confiscation des ressources naturelles, réduction des ressources de l’État, la corruption possède de multiples effets négatifs sur l’activité économique et la légitimité de l’État. Elle fausse la concurrence, favorise l’économie informelle et réduit le consentement à l’impôt. La corruption perturbe l’allocation optimale des fonds et réduit l’efficacité des politiques publiques. En créant des obstacles à une distribution juste et efficace des biens et services, elle altère la capacité de l’État à offrir un service public de qualité, participant ainsi à l’accroissement des inégalités et à la diminution de la confiance des citoyens envers les institutions et les représentants de l’État. Cette confiance est également mise à mal lorsque la corruption atteint les processus électoraux, délégitimant le processus démocratique. De manière générale, la corruption mine l’État de droit et représente un obstacle à la réalisation des droits humains. La corruption favorise le développement de la criminalité, notamment la criminalité organisée, voire du terrorisme et des groupes armés lorsque les fonds détournés viennent alimenter leurs réseaux ou lorsque ces acteurs emploient la corruption pour poursuivre leurs objectifs. Elle est un facteur de crise et de fragilité et possède un impact négatif sur la sécurité et à la stabilité aux niveaux national, régional et international. C’est pourquoi la France fait de la lutte contre la corruption un axe central de son action au niveau international. La stratégie internationale de lutte contre la corruption accompagnera la France dans ses efforts d’atteinte des Objectifs de développement durable, et notamment l’objectif 16 concernant la mise en place d’institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous. Rédigée par l’ensemble des institutions françaises concernées, elle permettra de guider les actions de coopération pour les années à venir.Ainsi, la France contribuera à lutter contre la corruption à travers 8 objectifs regroupés en trois axes d’intervention. Transcription Fermer la transcription Objectifs et axes de la stratégie Objectif global La corruption st rédute dans les pays partenaires de la coopération française. Axes d'intervention Consolider le dispositif français en matière de lutte contre la corruption ; Promouvoir la lutte contre la corruption et le renforcement de la gouvernance dans le cadre de la coopération internationale ; Soutenir l'action des organisations internationales, des acteurs non étatiques et des institutions locales. Objectifs spécifiques Renforcer l'efficacité de l'action de coopération française en matière de lutte contre la corruption ; Limiter les risques que les actions des acteurs français alimentent la corruption ; Promouvoir la transparence et le redevabilité du secteur public ; Renforcer l'action de coopération de la France sur des thématiques prioritaires pour la lutte contre la corruption ; Appuyer la coopération policière et judiciaire aux fins de favoriser la montée en compétences des acteurs dédiés à la lutte contre la corruption ; Renforcer la collaboration avec les organisations internationales ; Renforcer la collaboration avec les acteurs non étatiques ; S'appuyer sur les institutions locales et en particulier les institutions supérieures de contrôle (SIC) Cette stratégie se décline en une série d’actions concrètes et selon un calendrier précis (« cadre de redevabilité »). Parmi ces actions, sont prévues : des actions visant à réduire les risques, avec notamment le renforcement de la formation des agents publics ; un accompagnement des institutions, de la police et de la justice ; une collaboration étroite avec la société civile. Document Télécharger la stratégie anticorruption de la France dans son action de coopération PDF - 3 068.3 KB