L’Alliance atlantique : le cadre de sécurité UE-OTAN

Pour la France, l’Alliance atlantique (OTAN) constitue le socle de la défense collective en Europe. Le lien transatlantique et la solidarité indéfectible entre Alliés sont essentiels pour répondre aux menaces et aux défis auxquels nous faisons face. Néanmoins, cette solidarité traverse aujourd’hui une période d’incertitude inédite depuis la fin de la guerre froide.

Publié le : 07 juillet 2026 Mis à jour le : 08 juillet 2026

Élargir et faire évoluer l’Alliance de l’Atlantique Nord

Comme le rappelle la Revue nationale stratégique 2025, la France reconnaît pleinement le rôle de l’OTAN dans la défense de l’Europe. En 2009, elle a ainsi réintégré le commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique, qu’elle avait quitté en 1966.

L’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a conduit l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à rompre avec la logique combinant fermeté et dialogue avec Moscou : depuis 2022, l’OTAN désigne la Russie comme la menace la plus importante et la plus directe pesant sur la sécurité des Alliés. Ce nouveau contexte a entraîné l’adhésion à l’OTAN de la Finlande en 2023 puis de la Suède en 2024 : la mer Baltique est désormais bordée presque exclusivement de pays membres de l’Alliance. 

La présence de l’OTAN a donc été renforcée dans l’est de l’Europe, avec notamment : 

  • la création de quatre nouveaux groupements tactiques multinationaux en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie ;
  • la décision de faire évoluer, vers un format de brigade, les groupements déjà déployés depuis 2017 dans les pays baltes et en Pologne.

L’Alliance a également pour objectif de pouvoir déployer 100 000 hommes en dix jours, 200 000 supplémentaires en un mois et 500 000 de plus en six mois.

La posture des États-Unis au sein de l’Alliance atlantique

Réuni à La Haye les 24 et 25 juin 2025, le sommet de l’OTAN a abouti à un nouvel objectif d’investissement de défense : porter, d’ici 2035, les dépenses de défense et de sécurité à 5 % du PIB annuel des Alliés, dont au moins 3,5 % consacrés directement aux besoins de défense proprement dits et jusqu’à 1,5 % à des dépenses connexes (infrastructures critiques, cybersécurité, résilience). Cet objectif a été accepté par l’ensemble des Alliés à l’exception de l’Espagne, qui n’a pas pris d’engagement chiffré identique.

Cet effort de réarmement européen s’inscrit dans un contexte de remise en cause progressive de la posture militaire américaine en Europe. Au printemps 2026, l’administration américaine a ainsi annoncé le retrait d’environ 5 000 militaires stationnés en Allemagne, l’annulation d’un déploiement prévu de plusieurs milliers de soldats supplémentaires en Pologne et dans les pays baltes, ainsi qu’une réduction d’un tiers des avions de chasse américains présents en Europe, en réduisant par ailleurs sa contribution au modèle de forces de l’Alliance. Le secrétaire général de l’OTAN a néanmoins assuré, le 17 juin 2026, que les États-Unis demeuraient pleinement engagés au sein de l’Alliance, les capacités concernées devant être progressivement reprises par les autres Alliés européens.

Les initiatives de l’Europe de la défense, qui participent de la remontée en puissance de l’ensemble commun de forces (« single set of forces ») des Européens, contribuent ainsi à renforcer l’OTAN, une complémentarité qui apparaît plus nécessaire que jamais dans le contexte stratégique actuel.

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