Politique méditerranéenne de la France

Mer reliant trois continents et regroupant 23 pays, densément peuplée avec 550 millions d’habitants, la Méditerranée est une priorité pour l’action extérieure de la France.

Publié le : 20 novembre 2025 Mis à jour le : 12 juin 2026

Première  zone touristique mondiale avec 300 millions de touristes par an et concentrant 30% du commerce maritime mondial pour 0.8% de la surface des mers, la région Méditerranée est en proie à de nombreux défis. Elle est, par exemple, plus fortement menacée par le réchauffement climatique que le reste du monde. Pour autant, elle est également un espace d’opportunités, d’innovation et d’échanges entre les populations des différentes rives. 

Organisations de dialogue régional

La France promeut le dialogue entre pays du pourtour méditerranéen au sein de différentes enceintes multilatérales, et ce depuis plusieurs décennies.

Le Dialogue 5+5 : des rencontres informelles en format restreint 

Officiellement instauré à Rome en 1990, le Dialogue 5+5 est le plus ancien cadre de rencontre entre pays de la Méditerranée dite « Occidentale ». Forum sous-régional à caractère informel, il réunit, au niveau ministériel, les représentants de 10 Etats de la rive Nord (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal) et de la rive Sud (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie). 

Les réunions du Dialogue 5+5, qui portaient initialement sur les affaires étrangères, se sont progressivement étendues à de nouvelles thématiques à travers la création de nouvelles filières, telles que l’économie, les transports, la défense, l’agriculture, l’enseignement supérieur, la culture, etc. Certaines filières du Dialogue 5+5 sont particulièrement dynamiques et comptent plusieurs réunions aux niveaux technique et ministériel par an, à l’instar du 5+5 Défense dont la France a pris la présidence le 1er janvier 2026, du 5+5 Enseignement Supérieur, Recherche et Innovation (ESRI) ou du 5+5 Economie bleue, appelé OuestMed (en savoir plus)

Le Processus de Barcelone

La politique méditerranéenne de la France s’est ensuite inscrite dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen, dit processus de Barcelone, institué en 1995 à Barcelone par les 15 Etats membres de l’Union européenne et les 12 Etats tiers du pourtour méditerranéen. Ce partenariat s’est matérialisé par la signature de la Déclaration de Barcelone (27 et 28 novembre 1995) par laquelle les Etats s’engageaient à faire du bassin méditerranéen un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité. Le partenariat euro-méditerranéen recouvrait trois domaines principaux : politique et sécuritaire ; économique et financier ; social, culturel et humain. 

L’Union pour la Méditerranée, lieu d’échanges inédit créé à l’initiative de la France 

Fondée en 2008 afin de relancer le partenariat euro-méditerranéen, dit « processus de Barcelone », l'Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale qui rassemble 43 membres. Outre les 27 Etats membres de l’Union européenne, 16 Etats du pourtour méditerranéen en font partie : Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Monaco, Monténégro, Palestine, Macédoine du nord, Tunisie, Turquie, et la Syrie, qui a réadhéré en juillet 2025 suite à sa suspension en 2011. 

L’Union pour la Méditerranée réunit les représentants des Etats membres au niveau politique, à travers le Forum régional ministériel de l’UpM, rencontre annuelle des ministres des Affaires étrangères, et à travers les réunions des hauts fonctionnaires auxquelles l’Ambassadrice et déléguée interministérielle à la Méditerranée représente la France. 

En outre, l’UpM réunit ses Etats membres au sein de différentes réunions sectorielles, au niveau ministériel et dans le cadre de plateformes régionales. Parmi les priorités :

  • action climatique et énergie
  • inclusion socio-économique des femmes
  • transport et développement urbain
  • eau et économie bleue
  • développement économique

Cadre de dialogue fédérateur, l’UpM a su susciter l’émergence de projets structurants, comme le Blue Mediterranean Partnership, fonds multi-bailleurs visant à lever plus d’un 1Md€ d’ici 2030 pour financer des projets d’économie bleue publics ou privés dans les Etats de la rive Sud de la Méditerranée. La France y participe à travers l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 2M€.

Dans le cadre du Xe Forum régional du 28 novembre 2025, les Etats membres ont adopté une réforme de l’UpM, portée notamment par la France et l’Espagne, visant à renforcer son efficacité opérationnelle, à consolider la gouvernance, et à améliorer le financement et l’impact des projets. Une nouvelle vision stratégique a été adoptée, ainsi qu’une nouvelle organisation du secrétariat général structurée autour de 4 divisions sectorielles : 

  • stabilité et résilience régionale
  • développement humain
  • développement durable 
  • développement économique

L’UpM est dotée d’une co-présidence Nord-Sud, actuellement partagée entre la Commission européenne et la Jordanie. Depuis 2010, elle dispose d’un secrétariat général situé à Barcelone qui comprend 65 personnes et est dirigé à ce jour par l’égyptien Nasser Kamel. 

La Fondation Anna Lindh

Créée en 2004, la Fondation Anna Lindh (FAL) est une organisation intergouvernementale fondée conjointement par l’Union européenne (UE) et ses partenaires méditerranéens avec l’objectif de rapprocher les sociétés civiles de part et d’autre de la Méditerranée à travers la culture, l’enseignement, la formation et les médias. 

La Fondation Anna Lindh, du nom de la ministre des Affaires étrangères suédoise assassinée en 2003, fédère 42 réseaux nationaux travaillant dans des domaines divers tels que les relations interculturelles, les arts et le patrimoine, la recherche, les droits humains, la démocratie, l’éducation et la jeunesse, le genre, l’environnement et le développement durable ainsi que les médias. Ces réseaux nationaux rassemblent aujourd’hui plus de 4000 organisations de la société civile (OSC) des 42 Etats membres.

Le siège de la FAL est situé à Alexandrie, en Egypte. Elle est présidée depuis septembre 2021 par la Princesse Rym Ali de Jordanie et dirigée par l’Espagnol Josep Ferré.

La France siège au Conseil des Gouverneurs où elle est représentée par l’ambassadrice et déléguée interministérielle à la Méditerranée. 

La politique européenne de voisinage Sud

Sous l’impulsion de la France, l’Union européenne développe une politique de « Voisinage Sud » avec 10 pays : Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine et Syrie. 

Réaffirmant la priorité stratégique que revêt le voisinage Sud, l’UE a créé un poste de Commissaire européenne à la Méditerranée et la mise en place d’un Pacte pour la Méditerranée visant à renforcer la coopération UE-Voisinage Sud.

Officiellement lancé le 28 novembre 2025 au siège de l’Union pour la Méditerranée (Barcelone), le Pacte pour la Méditerranée s’articule autour de trois piliers :

  • Les personnes en tant que moteurs du changement et de l’innovation (enseignement supérieur, formation professionnelle, emploi, autonomisation des jeunes, mobilité, culture, tourisme, sport)
  • Des économies plus fortes, plus durables et intégrées (commerce, énergie, technologies propres, sécurité hydrique et alimentaire, connectivités numériques, transports)
  • Sécurité, préparation et gestion des migrations (paix et sécurité, gestion des catastrophes, protection civile, gestion intégrée des frontières et de la sécurité, lutte contre le trafic des migrants)

Le Pacte est également ouvert à des partenaires au-delà de la Méditerranée, y compris le Golfe, l'Afrique subsaharienne, les Balkans occidentaux ainsi que la Turquie.

Promouvoir la coopération sur les enjeux globaux, en particulier la lutte contre le changement climatique

Le bassin méditerranéen est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique. Comme l’a démontré le réseau des experts méditerranéens sur le changement climatique (MedECC), équivalent du GIEC pour la Méditerranée et hébergé à Marseille, dans son rapport sur l’état du changement climatique publié en 2020, le réchauffement futur de la région méditerranéenne dépassera la valeur moyenne mondiale de 20% sur une base annuelle et de 50% en été pendant le XXIe siècle.

Plusieurs facteurs font que la Méditerranée est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique :

  • hausse du niveau de la mer
  • acidification et salinité de la mer
  • croissance démographique
  • pollution
  • pratiques non durables d’utilisation des sols et de la mer
  • apparition d’espèces non-indigènes et des évènements extrêmes

Renforcer la coopération face aux défis globaux en Méditerranée

Dans ce contexte, la lutte contre les effets du changement climatique mais également la coopération pour l’adaptation, la sécurité alimentaire et hydrique, ou encore la protection civile face aux risques accrus de catastrophes naturelles ou d’origine humaine, font partie des priorités de l’agenda méditerranéen porté par la France. 

En marge de la 3ème Conférence des Nations Unies, la France a organisé une journée dédiée aux enjeux liés à la protection de la mer et du bassin méditerranéen  le 11 juin 2025, introduite par le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

« La Méditerranée a toujours été une mer par laquelle les idées trouvaient leur chemin, d’une rive à l’autre, d’une civilisation à l’autre. Fidèle cette tradition, elle doit être – aujourd’hui plus que jamais – ce laboratoire d’innovation indispensable pour trouver des solutions aux défis qui la menacent. Ce sont des défis régionaux et globaux ; les réponses ne peuvent être que collectives, coordonnées et ambitieuses. C’est par la coopération que nous avancerons ensemble. »

Jean-Noël Barrot - Discours lors de l'ouverture de la journée de la Méditerranée (10 juin 2025)

Conférence des Nations Unies sur l'Océan - Nice, France 2025

La protection du bassin méditerranéen était aussi au centre des discussions du sommet « Pour une Méditerranée mieux connectée », qui s’est tenu à Marseille le 9 juin 2025. 

Le sommet a notamment porté sur la décarbonation du transport maritime, avec le lancement d’une alliance des ports méditerranéens engagés en faveur de la décarbonation sous l’égide du port de Marseille, le renforcement des routes maritimes et terrestres destinées au transport de marchandises et d’énergies décarbonées, notamment avec le corridor IMEC, le développement des liaisons numériques entre la Méditerranée et le Golfe, avec des projets de câbles sous-marins comme le réseau Medusa. 

Accompagner les échanges et les projets entre les sociétés civiles et la jeunesse 

En Méditerranée, un dialogue étroit a également été noué avec des organisations de la société civile et des acteurs non-étatiques, témoins de la vitalité citoyenne du bassin méditerranéen.

A cet égard, la Délégation interministérielle à la Méditerranée accompagne financièrement plusieurs organisations de la société civiles françaises dans leurs projets tournés vers les pays du pourtour méditerranéen, tels qu’HOMERE, Je m’engage pour l’Afrique , Les Grandes tables , les Assises Méditerranéennes du Journalisme , Orient XXI , le Forum du Monde Arabo-Amazigh, Banlieues Climat, etc. 
De plus, une attention particulière est portée au soutien de la voix des femmes en Méditerranée, en particulier en matière de droits des femmes, de lutte contre les violences sexuelles et sexistes, mais également d’inclusion dans la sphère socio-économique et d’incarnation de modèles.
 

Le Forum Méditerranéen de l’Intelligence Artificielle (FMIA) initié le 15 novembre 2024 à Marseille par la Délégation interministérielle à la Méditerranée, en partenariat avec La Plateforme, le Forum Méditerranéen de l’Intelligence Artificielle (FMIA) a réuni l’ensemble des acteurs de l’écosystème, entreprises et startups, investisseurs, banques de développement, chercheurs, afin d’échanger sur le rôle de l’IA en réponse aux grands défis méditerranéens : changement climatique et gestion du stress hydrique, agriculture et alimentation, santé, éducation, transition énergétique.

Une seconde édition s’est tenue à Tunis (Cité de la Culture) les 20-21 novembre 2025, en partenariat avec les autorités tunisiennes, avec le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignations de Tunisie, l’Institut français de Tunisie et la Fondation Anna Lindh. Etant parvenue à attirer plus de 3 700 visiteurs et plus de 100 intervenants, cette nouvelle édition a contribué à l’émergence d’une véritable communauté méditerranéenne de l’intelligence artificielle, notamment grâce au lancement d’un Fonds Equipe France (FEF) dédié à la structuration des réseaux IA en Méditerranée. La troisième édition aura lieu à Marseille en novembre prochain.

La délégation interministérielle à la Méditérranée

La politique méditerranéenne de la France est animée et coordonnée par la Délégation interministérielle à la Méditerranée, rattachée au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette délégation défend notamment la position et les intérêts de la France dans les institutions euro-méditerranéennes. 

La Délégation Interministérielle à la Méditerranée (DiMed)

La Délégation interministérielle à la Méditerranée est l’interlocuteur clé de nos partenaires publiques ou privés et de la société civile du pourtour méditerranéen, notamment de la rive sud. Ses domaines d’actions couvrent l’ensemble des enjeux méditerranéens, de l’environnement à l’économie, en passant par l’éducation l’inclusion, la culture, la recherche ou l’innovation. La DiMed participe à la mise en œuvre de l’agenda positif pour la Méditerranée et de ses projets tournés vers les sociétés civiles et la jeunesse.

La délégation est dirigée depuis juin 2025 par l’Ambassadrice et déléguée interministérielle à la Méditerranée, Nadia Hai.

Créée en 2013 (par le décret n° 2013-13 du 7 janvier relatif au délégué interministériel à la Méditerranée), et rattachée au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) depuis 2015, la Délégation interministérielle à la Méditerranée (DiMed) a pour rôle d’animer et de coordonner toutes les actions mises en œuvre dans le cadre de la politique de la France en direction de la rive sud de la Méditerranée, tant au sein des services de l’État qu’entre ces services et les autres personnes, publiques ou privées.

Mise à jour : juin 2026

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