La lutte contre la désertification : la santé des sols comme levier pour l’atteinte des objectifs climatiques mondiaux La désertification et la dégradation des terres affectent près de la moitié de la population mondiale. Parce que les sols stockent le carbone et sont une réserve vitale de biodiversité, leur préservation est essentielle pour atteindre les objectifs climatiques. Environnement Publié le : 01 mai 2022 Mis à jour le : 22 juillet 2026 Dans cette rubrique Priorités & actions Le ministère en action Agir pour la paix et le respect des droits de l'homme Accompagner les ressortissants français Promouvoir une Europe souveraine Promouvoir les entreprises françaises et l'attractivité de la France Assurer la présence de la culture française Contribuer à une mondialisation durable et équilibrée Grands dossiers Le sommet international sur l'espace La présidence française du G7 2026 L'action diplomatique de la France en Ukraine La France, partenaire de paix au Proche-Orient La coopération franco-allemande Sommaire Qu’est-ce que la désertification ? La lutte contre la désertification, une nécessité pour le climat Qu’est-ce que la désertification ? On appelle dégradation des terres le processus de perte des services écosystémiques rendus par le sol, tels que sa capacité à produire de la nourriture, à filtrer l’eau et l’air et à stocker du carbone. On parle de désertification lorsque ce phénomène se produit en zone sèche, soit dans les zones où il pleut moins de 400mm par an. Tous les continents sont aujourd’hui touchés par ce phénomène. La désertification et la dégradation des terres affectent près de la moitié de la population mondiale. Entre 40 % et 75 % des terres mondiales sont dégradées, selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui souligne également que le rythme de dégradation des terres s’est considérablement accru entre 2016 et 2019. Les activités humaines sont le principal facteur de dégradation des terres et particulièrement l’expansion rapide des zones de culture et d’élevage au détriment des espaces naturels, l’intensification non-durable de l’agriculture, de l’élevage et de la sylviculture, ainsi que l’expansion urbaine, l’artificialisation des sols et l’extraction minière. La dégradation des terres impacte aussi l’économie et renforce les inégalités puisque la perte de fertilité des sols, qui se traduit par la baisse de productivité des terres, accroît les risques d’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Le phénomène peut également accroître la pauvreté et les inégalités socio-économiques puisque les agriculteurs, parmi lesquels majoritairement des femmes, perdent leur principale source de revenus et de subsistance. Cela contribue à l’augmentation des conflits autour de la ressource foncière, et peut inciter les populations à se déplacer. La lutte contre la désertification, une nécessité pour le climat Seule convention issue du Sommet de Rio de 1992 à avoir été adoptée à Paris en 1994, la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD – UNCCD en anglais) constitue un espace unique de dialogue international sur la problématique de la dégradation des terres et de résilience face à la sécheresse. Son objectif est de permettre l’atteinte par les 197 Parties de l’Objectif de Développement Durable 15.1 : la neutralité en matière de dégradation des terres. Pour ce faire, la France promeut une approche basée sur la séquence « éviter - réduire - inverser » la dégradation des terres. Cette approche permet également de contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques de la France. En effet, les sols sont l’un des 3 grands puits naturels de carbone et une réserve vitale de biodiversité, avec les océans et les forêts. Les sols (dont le pergélisol, les zones humides, les prairies…) stockent entre 2 à 3 fois plus de carbone que l’atmosphère et jusqu’à 3 fois plus que la végétation. Or, d’après l’IPBES, entre 2000 et 2009, plus de la totalité des émissions de CO2 de l’Union européenne en une année (4 GtCO2) a été relâchée par les sols à cause de la dégradation des terres et de la sécheresse qui réduit la capacité des sols à séquestrer le carbone. En 2023, les puits de carbone terrestres (forêts et sols) se sont effondrés en n’absorbant respectivement que 1,5Md et 2,6Mds de tonnes de CO2 contre 9,5Mds en cumulé en 2022, à cause de la sécheresse en Amazonie et des incendies au Canada et en Sibérie. La préservation et la restauration des terres dégradées sont donc essentielles pour atteindre les objectifs climatiques. Elles pourraient fournir plus d’un tiers des mesures d’atténuation nécessaires d’ici à 2030 pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C. Pour contribuer à cet effort, la France a lancé lors de la COP21 sur le climat (2015) l’initiative « 4 pour 1000 », qui encourage les États à augmenter la teneur en matière organique de leurs sols de 0,4 % chaque année, ce qui compenserait le CO2 émis dans le même temps par l’humanité. Sous-sol gelé en permanence (au moins pendant 2 ans) situé dans les régions alpines, arctiques et antarctiques.