Gestion durable et responsable du milieu marin

L’océan est au cœur de la « machine » climatique : il absorbe près d’un tiers du CO2 produit par l’Homme, atténue les impacts du réchauffement et offre des solutions d’adaptation aux populations côtières.

Publié le : 01 mai 2020 Mis à jour le : 05 juin 2026

Couvrant 71% de la surface du globe, l’océan est un écosystème complexe qui fournit des services essentiels à la vie sur Terre : près de 3 milliards de personnes dépendent directement de la biodiversité marine et côtière pour subvenir à leurs besoins. Parmi eux, 65 millions se trouvent dans de petits États insulaires en développement directement menacés par l’élévation du niveau de la mer.

Il est aujourd’hui soumis à de fortes pressions qui s’accroissent (acidification, pollution, destruction des habitats et perte de biodiversité, épuisement des stocks de poissons dû à la surpêche, changement climatique…) et compromettent son rôle dans la régulation du climat, son apport économique et in fine notre sécurité collective.

 Le GIEC t de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, ou « GIEC de la biodiversité »)  alertent régulièrement  la communauté internationale sur la menace pesant sur les océans :

  • l’océan remplit des fonctions fondamentales pour le climat, les écosystèmes et les populations ;
  • le réchauffement des océans et l'acidification des océans ont eu des répercussions négatives sur la production alimentaire issue de la pêche et de l'aquaculture des coquillages dans certaines régions océaniques ;
  • les impacts liés aux pressions d’origine humaine qu’il subit actuellement sont considérables et produisent des impacts de long terme, pour certains déjà irréversibles à l’échelle humaine, notamment sur le climat, la biodiversité et la sécurité alimentaire.
  • des centaines de cas de disparition d'espèces au niveau local ont été provoqués par l'intensification des vagues de chaleur extrêmes, avec des épisodes de mortalité massive observés dans l'océan.

Il est donc vital de tout mettre en œuvre pour maintenir la qualité des écosystèmes marins et restaurer ceux qui se dégradent. Ces rapports, combinés à une dégradation de plus en plus tangible (disparition accélérée et blanchiment des récifs coralliens, fréquence des cyclones, déchets plastiques en mer…), ont placé la question océanique au cœur du débat environnemental mondial.

La France, en tant que deuxième espace maritime au monde (110 millions de km2) et abritant un dixième des récifs coralliens du monde, a une responsabilité particulière en la matière.

Troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3) (Nice 9-13 juin 2025)

Après 2 premières éditions à New York (2017) et à Lisbonne (2022), la France et le Costa Rica ont co-organisé la 3e Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3) à Nice, du 9 au 13 juin 2025.  

L’UNOC a réuni près de 80 chefs d’État et de gouvernement, des organisations internationales, des scientifiques, des ONG et des acteurs économiques autour d’un objectif commun : accélérer la protection et la gestion durable des océans dans un contexte d’urgence climatique et écologique. 

Cette édition s’inscrivait dans la continuité des engagements internationaux, notamment l’objectif de protéger 30% du milieu marin d’ici à 2030 et l’entrée en vigueur de l’accord BBNJ sur la haute mer. 

L’UNOC a, en effet joué un rôle important pour accélérer la dynamique internationale autour du traité sur la haute mer (BBNJ). Le sommet a été l’occasion pour une trentaine d’États de réaffirmer leur engagement politique en faveur de sa ratification rapide et d’annoncer des avancées concrètes dans leurs procédures nationales. Cette mobilisation a contribué à renforcer l’objectif d’une entrée en vigueur rapide du traité, condition essentielle pour permettre la création d’aires marines protégées en haute mer, le partage équitable des ressources génétiques marines et le renforcement de la gouvernance scientifique des océans au-delà des juridictions nationales.

L’UNOC a aussi permis des avancées très concrètes pour la protection des océans, avec l’annonce de l’extension ou de la création de nouvelles aires marines protégées par plusieurs États, le renforcement des moyens de lutte contre la pêche illicite et la mobilisation de financements pour la science océanique. Le sommet a également contribué à maintenir une forte dynamique politique en faveur d’un futur accord international contraignant sur la pollution plastique, confirmant le rôle central de l’océan dans l’agenda climatique et environnemental.

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