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Allemagne

Politique et économie

Date de mise à jour le : 27 avril 2026 Information toujours valable à la date du jour

Relations politiques

Politique intérieure

Le traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération franco-allemande, dit « Traité de l’Élysée », signé le 22 janvier 1963 par le Chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle, est le socle fondateur des relations entre la France et l’Allemagne. Il met en place un vaste système de concertation systématique qui se traduit par des rencontres régulières à tous les niveaux, lesquelles ont permis de susciter entre les deux pays un réflexe « franco-allemand ».

Dans la continuité de ce premier traité fondateur, le Président Macron et la Chancelière Merkel ont signé ensemble, le 22 janvier 2019, le traité sur la coopération et l’intégration franco-allemandes, dit « Traité d’Aix-la-Chapelle ». Celui-ci a pour objectif de renforcer les liens entre la France et l’Allemagne dans un cadre européen et de leur permettre de faire face aux enjeux contemporains. Il est accompagné d’une liste de projets prioritaires, complétée le 31 mai 2021. Ce traité a notamment permis la création du Comité de coopération transfrontalière (CCT) ou bien du Fonds citoyen franco-allemand.

Mis en place en 2003, le Conseil des ministres franco-allemands (CMFA), se réunit en alternance en France et en Allemagne sur une base annuelle. En 2024, le CMFA a eu lieu en Allemagne, le 28 mai, à l’issue de la visite d’État du Président de la République, du 26 au 28 mai. Cette visite d’État, la première depuis celle du Président Jacques Chirac en 2000, revêt un caractère d’autant plus emblématique qu’elle a lieu au moment des célébrations du 75e anniversaire de la Loi fondamentale (Constitution) allemande. Le dernier CMFA s’est tenu le 29 août 2025 à Toulon, et a été suivi d’un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFADS).

Par ailleurs, les 9 et 10 octobre 2023, a eu lieu le premier « séminaire gouvernemental » franco-allemand à Hambourg. Ce nouveau format, inspiré du séminaire de rentrée du gouvernement allemand, permet aux ministres français et allemands de pouvoir échanger dans un cadre informel sur nombreux sujets et de tisser des liens plus informels avec leurs homologues.

Enfin, la coopération parlementaire franco-allemande a été renforcée avec la mise en place de l’Assemblée parlementaire franco-allemande (APFA) composée de 50 députés français et 50 députés allemands en mars 2019. Celle-ci, entend contribuer à une meilleure coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag. L’AFPA a siégé le 16 juin 2025 à Paris avec une composition renouvelée suite aux dernières élections législatives en France et en Allemagne.

Politique étrangère

1- Attachement au cadre multilatéral 

Le poids de l’histoire explique l’attachement allemand au cadre multilatéral et européen. L’Allemagne est le 4e contributeur au budget annuel de l’ONU (soit un peu plus de 6% du budget de l’organisation). L’Allemagne soutient une réforme du Conseil de de Sécurité des Nations Unies afin d’en élargir la composition : elle revendique officiellement une place de membre permanent depuis 2005 aux côtés du Brésil, de l’Inde et du Japon, et s’est par ailleurs portée candidate à un siège non permanent en 2027-2028. L’Allemagne soutient de manière constante l’intégration européenne. Dans cette perspective, elle est également favorable à l’élargissement de l’UE aux pays des Balkans occidentaux, ainsi qu’à à la Moldavie, et à la perspective européenne de la Géorgie. Comme la France, l’Allemagne souhaite mener en parallèle la réforme de l’UE et son élargissement. En matière de défense, l’OTAN occupe une position centrale dans la politique de sécurité allemande, dont l’Allemagne a réaffirmé le caractère capital depuis le déclenchement de l’agression russe contre l’Ukraine en 2022. 

2- Une diplomatie ouverte sur le monde

En 2023, l’Allemagne était le 2e contributeur mondial en matière d’aide au développement (près de 37 milliards d’euros), dépassant l’objectif fixé par l’OCDE d’y consacrer 0,7 % de son revenu national brut (RNB) avec 0,82 %. En janvier de cette même année, elle présentait une nouvelle politique de développement en Afrique intitulée « Respect et réciprocité ». L’Allemagne co-préside également le « Compact with Africa », lancé au G20 de Hambourg en 2017, qui a pour objectif de soutenir le développement économique du continent par l’investissement privé. Grand pays exportateur, l’Allemagne promeut l’ouverture commerciale de l’UE et est favorable à la conclusion d’accords commerciaux durables. Par ailleurs, la diplomatie allemande est très attachée à la promotion des droits de l’Homme et s’engage activement en soutien d’une diplomatie féministe dans le monde.

3- Le « changement d’époque » en réaction à l’agression russe contre l’Ukraine

L’Allemagne est très investie dans le soutien à la fois civil et militaire à l’Ukraine. Avec plus d’un million de réfugiés ukrainiens sur son sol depuis le début du conflit, elle est le pays qui en a accueilli le plus. L’Allemagne est également le plus grand pourvoyeur européen d’aide à l’Ukraine (5 Md€ pour l’aide militaire en 2023, et 7,1 en 2024). L’agression russe contre l’Ukraine a provoqué une prise de conscience outre-Rhin, caractérisée par le chancelier Scholz de « changement d’époque » (« Zeitenwende ») dès son discours prononcé au Bundestag le 27 février 2022. L’Allemagne s’est engagée sur la voie d’un renforcement de sa défense avec la création d’un Fonds spécial de 100 milliards d’euros pour moderniser l’armée allemande. Par ailleurs, elle a consacré en 2024 plus de 2 % de son produit intérieur brut (PIB) à la défense, pour la première fois depuis 1990. En effet, depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Allemagne s’est engagée plus activement dans le domaine de la défense. En témoigne également l’adoption par les députés allemands en mars 2025 du plan d'investissement du futur gouvernement pour moderniser la défense du pays, consistant à exempter les dépenses de défense du "frein à l'endettement" lorsqu'elles dépassent 1% du PIB, l'objectif étant de les augmenter à 100 milliards d'euros par an. 

 L’Allemagne est à l’initiative du programme « European Sky Shield Initiative », un système européen commun de défense aérienne et antimissile proposé en août 2022. L’Allemagne a rallié 20 autres pays européens autour de ce projet, dans lequel elle a investi 3,5 milliards d’euros en septembre 2023. De plus, une brigade allemande est en cours d’installation en Lituanie, dans l’objectif de renforcer le flanc Est de l’OTAN. Les premiers soldats sont arrivés en avril 2024, et leur nombre devrait atteindre 4 800 d’ici 2027. La brigade doit entrer officiellement en service en 2025. C’est la première fois qu’une brigade de la Bundeswehr sera stationnée durablement hors d’Allemagne. 

4- L’importance du lien transatlantique

La relation entre l’Allemagne et les États-Unis est clef depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la réintégration de l’Allemagne au sein des pays occidentaux. Sur le plan économique, les États-Unis sont le premier client de l’Allemagne (9,9 % des exportations en 2023) et son troisième fournisseur (6,9 % des importations en 2023). L’Allemagne accorde une grande importance à l’OTAN, comme elle a pu le rappeler dans sa première Stratégie nationale de sécurité, publiée en juin 2023.

5- La Chine, partenaire et concurrent

La Chine est le 1er partenaire commercial de l’Allemagne, qu’elle conçoit, à l’aune du triptyque européen, comme à la fois partenaire, concurrent et rival stratégique. Toutefois, depuis 2021, la balance commerciale entre les deux pays est déficitaire, avec une croissance des exportations chinoises à destination de l’Allemagne alors que les exportations de produits allemands en Chine diminuent (-8 % entre 2022 et 2023). En 2023, l’Allemagne s’est dotée pour la première fois d’une stratégie Chine et d’une stratégie Indopacifique. Dans ce contexte, Berlin s’engage en faveur d’une coordination franco-allemande ainsi qu’européenne étroite sur ce sujet, dans le cadre de la Stratégie Chine de l’Union européenne. Consciente des enjeux relatifs à la liberté de navigation pour le commerce international, l’Allemagne développe également sa présence militaire et politique dans l’Indopacifique.  

Relations économiques

L’Allemagne demeure de loin le premier partenaire commercial de la France. Les échanges franco-allemands connaissent toutefois un recul dans la même proportion que les échanges français avec l’UE en 2024 (-5%), mais l’Allemagne demeure à la fois le premier client et le premier fournisseur de la France et représente 13,2% du total des exportations françaises. En particulier, dans le secteur industriel, l’Allemagne constitue le premier partenaire de nombreux secteurs industriels français (transports, machines, produits chimiques, cosmétiques, métallurgie…).

La France quant à elle s’affirme depuis 2017 comme le quatrième partenaire économique de l’Allemagne, derrière la Chine, les Etats-Unis et les Pays-Bas. Les échanges franco-allemands représentaient 6,4% des échanges allemands totaux en 2023. La France est le 6ème fournisseur de l’Allemagne (5,1% des importations allemandes en 2024) et son 2ème client (7,5% des exportations allemandes en 2024).

Les économies française et allemande sont également marquées par un niveau élevé d’investissements croisés, la France constituant le 8ème investisseur en Allemagne (61 milliards d’euros de stock) et l’Allemagne le 3ème investisseur en France (stock de 112 milliards d’euros fin 2023). Selon Business France, en 2022 la France figure parmi les cinq investisseurs étrangers créant le plus d’emplois en Allemagne (aux côtés de la Suisse, des États-Unis, des Pays-Bas et du Royaume-Uni).

Selon la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie (AHK), quelque 2 600 entreprises françaises emploient environ 330 000 personnes en Allemagne. À l’inverse, la France abrite 3 000 entreprises contrôlées par des investisseurs allemands, employant environ 350 000 personnes. Six groupes allemands comptent parmi les 25 principaux groupes étrangers implantés en France (Allianz, HeidelbergCement, Mercedes-Benz-Group, SAP, Sartorius, Volkswagen AG).

L’Allemagne est, selon Business France, à l’origine de 232 projets d’investissement en France en 2024, ce qui la place au 1er rang des investisseurs européens avec 14 % du total du total des décisions d’investissement étrangères en France cette année. Les investissements allemands ont contribué à la création ou au maintien de plus de 4 500 emplois, représentant environ 12 % des emplois liés aux investissements étrangers en France en 2024. Les activités de production concentrent la majorité des investissements allemands. Elles sont suivies par les points de vente et des services aux entreprises.

Liste des représentations françaises

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