Troisième conférence internationale sur le Soudan

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Communiqué

Le : 16 avril 2026

1. L’Allemagne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Union africaine et l’Union européenne (UE) ont organisé ce jour à Berlin la troisième conférence internationale sur le Soudan, trois ans après le début de la guerre dévastatrice qui fait rage au Soudan. Elle s’est inscrite dans le prolongement des conférences sur le Soudan tenues à Paris en 2024 et à Londres en 2025.

2. Cette troisième conférence internationale a rassemblé les ministres et représentants de 55 États, notamment des pays voisins et de la région, ainsi que des bailleurs de fonds, les représentants d’organisations régionales telles que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et la Ligue des États arabes, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Soudan et les dirigeants ou représentants de nombreux programmes et institutions des Nations Unies, notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, l’Organisation mondiale de la santé, le Programme alimentaire mondial, l’Organisation internationale pour les migrations, le Fonds des Nations Unies pour la population et le Programme des Nations Unies pour le développement, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, des représentants de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement ainsi que 38 ONG internationales et soudanaises. Ces dernières, ainsi que des membres des cellules de réponse d’urgence du Soudan, ont raconté leur expérience témoignant d’une résilience et d'un courage extraordinaires, indispensables à l’exercice de leurs fonctions dans le contexte de la crise humanitaire actuelle la plus grave au monde.

3. Les participants se sont réunis autour d’objectifs communs : appeler les parties au conflit à mettre un terme aux hostilités, à se conformer sans délai au droit international humanitaire et à garantir l’accès complet, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire à l’ensemble du territoire soudanais, notamment au moyen d’opérations transfrontalières, ainsi qu’à lever tous les obstacles bureaucratiques à la livraison de l’aide d’urgence, à s’engager à protéger la population civile et à garantir le bon déroulement des opérations humanitaires. L’accès continu de l’aide humanitaire ne saurait dépendre d’une trêve humanitaire ou d’un accord de cessez-le-feu. Les participants ont également mobilisé les fonds nécessaires à l’action humanitaire d’urgence au Soudan et dans les pays voisins. 

4. La troisième conférence internationale sur le Soudan a donné la parole aux civils soudanais, en fournissant une plateforme pour relayer leur appel collectif à la désescalade et à l’intensification des efforts visant à parvenir à un règlement politique du conflit. Dans le contexte de l’aggravation continue du conflit au Soudan et de ses graves répercussions pour la population civile, les acteurs de la société civile soudanaise se sont réunis ce jour à Berlin à l’invitation du Quintette conduit par l’Union africaine (Union africaine, ONU, UE, IGAD, Ligue des États arabes) pour discuter d'un dialogue politique intersoudanais susceptible de poser les bases d’une transition conduite par les civils au Soudan après la conclusion d'un cessez le feu permanent. Un tel processus est jugé fondamental pour garantir un avenir inclusif, civil et démocratique pour le Soudan. Cet engagement de la société civile vise à compléter les efforts internationaux de médiation en cours, notamment le travail du Quad pour établir un cessez-le-feu et les consultations du Quintette en appui à un possible dialogue politique intersoudanais.

5. La situation d’urgence humanitaire au Soudan est actuellement la plus grave dans le monde. Plus de 13 millions de personnes ont été déplacées de force à cause du conflit, dont 7 millions ont été déplacées à l’intérieur du pays et plus de 4 millions ont été contraintes de se réfugier dans des pays voisins au plus fort de la crise. Les besoins humanitaires continuent de croître et on estime à environ 33,7 millions le nombre de personnes qui ont besoin d’aide au Soudan. Les cas de famine sont avérés un peu partout dans le pays et près de 30 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire. Quelque 12 millions de personnes, notamment des enfants, sont actuellement exposées à des violences sexistes au Soudan. Les participants ont réitéré leurs appels aux parties au conflit à lever tous les obstacles entravant l’acheminement de l’aide vitale à la population et à garantir un accès sûr, rapide et sans entrave à l’ensemble du territoire soudanais des fournitures et du personnel humanitaires. Ils ont notamment appelé les parties au conflit à respecter le caractère vital et neutre de l’aide humanitaire et à dialoguer de manière constructive avec les organisations humanitaires qui acheminent de l’aide vitale dans tout le territoire soudanais de manière impartiale, sûre et transparente. Ils ont en outre appelé ces parties à permettre et à faciliter les opérations des organisations humanitaires, en particulier des Nations Unies, et à veiller à ce que tous les étudiants soient en mesure de passer leurs prochains examens nationaux en toute sécurité dans l’ensemble du territoire soudanais.

6. L’Allemagne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Union africaine et l’UE ont affirmé qu’ils soutenaient la population civile soudanaise, qui est la première victime de cette guerre, et se tenaient à ses côtés. L’intensification des combats au cours des derniers mois à El-Obeid, Dilling, Kadougli et Babanusa dans les États du Kordofan, ainsi que dans celui du Nil bleu et le long de la frontière avec le Tchad au Darfour, a provoqué la mort de centaines de civils, des bombardements indiscriminés, et des civils se sont trouvés pris au piège et privés de tout accès à une aide vitale. Les participants ont fermement condamné les violences atroces contre des civils, notamment des femmes et des enfants, y compris les attaques obéissant à des considérations ethniques, celles dirigées contre du personnel humanitaire, les bombardements des infrastructures civiles et humanitaires, les violences sexistes et sexuelles et l’ensemble des violations du droit international humanitaire. Ces violations peuvent être constitutives de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité et doivent rapidement faire l’objet d’enquêtes impartiales et les auteurs de crimes internationaux et d’atrocités doivent être poursuivis. Les participants ont exigé l’arrêt de tout soutien extérieur aux parties au conflit qui ne fait que prolonger les hostilités et les souffrances. 

7. Les participants ont salué le travail des organisations humanitaires internationales et locales, notamment des groupes d’entraide et cellules de réponse d’urgence soudanais, qui viennent en aide aux populations dans les régions du Soudan les plus difficiles d’accès, ainsi que les efforts déployés par les États voisins pour accueillir les nombreuses personnes qui cherchent refuge dans leurs pays. Le personnel local intervenant en première ligne est dangereusement exposé lorsqu’il tente de venir en aide à ceux qui en ont besoin. On estime à 130 le nombre de membres du personnel humanitaire tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis le début de la guerre en avril 2023, un grand nombre d’entre eux ayant été également blessés, arrêtés ou torturés. Le droit international humanitaire prévoit la protection du personnel humanitaire. Toutes les parties au conflit doivent immédiatement prendre des mesures pour protéger ceux qui risquent tout pour sauver des vies. 

8. Les participants ont soutenu les efforts du Quintette conduit par l’Union africaine visant à trouver une solution au conflit et à alléger les souffrances des populations. Ils se sont félicités de la nomination de Pekka Haavisto comme envoyé spécial du Secrétaire général.

9. Les bailleurs de fonds internationaux ont annoncé ce jour qu’ils fourniraient 1,5 milliard d’euros, l’UE et ses États membres apportant 811 millions d’euros, afin de faire face aux besoins humanitaires au Soudan ainsi que dans les pays voisins qui continuent d’accueillir de nombreuses personnes cherchant refuge sur leurs territoires.

10. Les participants réunis ce jour se sont engagés à continuer d'œuvrer sans relâche pour que la crise soudanaise ne soit pas oubliée et ils ont exhorté tous leurs partenaires à intensifier leurs efforts pour mettre fin au conflit. 

 

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