Situation à Haïti - Réponse de Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé de l’Europe, à une question d’actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat

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Interventions au Parlement

Le : 15 mai 2026

Mesdames et Messieurs les sénateurs, 

Monsieur le sénateur Dominique Théophile, 

Merci de votre question. Vous avez raison de ne pas oublier Haïti. Je connais votre engagement personnel à ce sujet. J'ai aussi eu l'occasion d'échanger à ce sujet avec le président Patriat et je voudrais en profiter pour saluer bien sûr Monsieur l'Ambassadeur. Nous ne devons pas oublier cette situation. Vous l'avez dit, Haïti est confrontée depuis plusieurs années à une crise majeure. La population souffre de violences de gangs armés qui contrôlent une part importante du territoire, grâce à différents trafics : drogues, armes… Les chiffres parlent malheureusement d'eux-mêmes. Plus d'une tonne de cocaïne a été saisie par la police haïtienne, en juillet 2025, l'une des plus importantes saisies de ces 30 dernières années, tandis que le Bureau des droits de l'Homme des Nations unies estime qu'entre 270.000 et 500.000 armes circulent aujourd'hui illégalement dans le pays. Vous avez bien sûr souligné le désastre humanitaire qui est en cours. 

Dans ce contexte, de nombreux Haïtiens ont trouvé refuge dans nos collectivités d'outre-mer. En Guyane, nous avons agi avec le démantèlement d'une filière d'immigration irrégulière via le Suriname, fin 2024. La Guadeloupe et la Martinique sont aussi concernés par l'afflux de migrants haïtiens. Notre pays est engagé aux côtés d'Haïti pour favoriser le retour à la sécurité et à l'ordre constitutionnel. Nous soutenons la police et les forces armées. Nous avons contribué à la mise en place d'une nouvelle force internationale de répression des gangs sous mandat des Nations unies. Les premiers soldats tchadiens sont arrivés à Port-au-Prince en avril. Au total, ce seront 5.500 militaires et policiers qui seront attendus d'ici le mois d'octobre. 

La France a salué, en février, la transition vers un pacte national et le remaniement ministériel qui a suivi. Désormais, nous devons réfléchir à la façon de développer les échanges commerciaux et les investissements mutuels en faveur de la stabilisation du pays. J'ai entendu votre proposition d'une conférence de soutien à Haïti. Vous le savez, la France est déjà mobilisée, avec 40 millions d'euros en faveur d'Haïti en 2025 : 4 millions pour la sécurité, 17 millions pour l'aide humanitaire, 17 millions pour l'aide au développement. Nous poursuivrons notre engagement aux côtés de la population haïtienne, soyez-en assuré.

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