Sécurité européenne - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à une question au Gouvernement, en séance publique, au Sénat

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Interventions au Parlement

Le : 09 avril 2026

Monsieur le Président, 

Mesdames et Messieurs les sénateurs, 

Monsieur le sénateur Philippe Folliot, 

Je prie d'excuser l'absence de la ministre des Armées qui aurait dû vous répondre et qui est retenue par une audition parlementaire. Trois réponses aux trois points que vous avez soulevés. 

D'abord sur la politique étrangère qui est celle des États-Unis d'Amérique, le président de la République, la semaine dernière depuis l'Asie, l'a rappelé, elle introduit une forme d'incertitude à laquelle il nous faut réagir. Réagir comment ? D'abord en protégeant les Françaises et les Français, le Premier ministre vient d'indiquer l'ensemble des mesures sur lesquelles travaille le Gouvernement et puis en nous défaisant d'un certain nombre de servitudes, de dépendances qui, aujourd'hui, nous placent en situation de subir les conséquences de conflits qui se jouent loin de nous et auxquels nous ne prenons pas part. 

Le deuxième élément, c'est que cette guerre en Iran ne nous détourne pas, ne nous a pas détournés et ne nous détournera pas de ce qu’il se passe en Ukraine où se joue effectivement l'avenir de la sécurité et de la paix sur le continent européen. Et nous l'avons vu, ces derniers jours, pour masquer son échec sur le front puisqu'il ne progresse plus et que les Ukrainiens reprennent du terrain, Vladimir Poutine a franchi de nouvelles lignes rouges en ciblant en plein jour des civils, en tuant des femmes et des enfants et en visant des infrastructures énergétiques. Notre soutien est indéfectible, avec les 90 milliards d'euros que nous avons agréés au niveau européen, nous placerons l'Ukraine à l'écart de toute difficulté financière à l'avenir et le soutien militaire des alliés de l'Ukraine au sein de l'Europe mais au-delà va se poursuivre également. 

Vous m'avez enfin interrogé sur la réponse de l'OTAN dans un moment où effectivement les États-Unis accélèrent des décisions qu'ils avaient annoncées depuis bien longtemps, c'est-à-dire une forme de réduction de leur niveau d'engagement. On peut s'en lamenter, on peut se comporter comme des spectateurs de ces décisions américaines ou au contraire les voir comme des opportunités : l'opportunité de bâtir ce pilier européen de l'OTAN, d'européaniser l'OTAN, d'y développer nos capacités, notre vision pour renforcer l'Europe et la rendre plus forte et plus souveraine.

Source : Sénat 

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