« RTL » - Entretien de Benjamin Haddad Politique étrangère Interventions médias Le : 13 mai 2026 Q - Benjamin Haddad, le ministre délégué chargé de l’Europe est donc l’invité de RTL Soir. Bonsoir. R - Bonsoir. Q - Merci d’être avec nous. En ce jour de fête de l’Europe, on est 76 ans après le discours de Robert Schuman qui posait les bases de la future communauté européenne, devenue Union européenne. J’ai un peu envie de vous demander tout d’abord, comment va l’Europe, selon vous, lorsqu’on apprend aujourd’hui que le Premier ministre de la Slovaquie, pays de l’Union européenne, depuis plus de 20 ans maintenant, est aujourd’hui à Moscou pour les commémorations du 9 mai 1945 ? Comment vous réagissez à cette présence d’un membre de l’Union dans la capitale du pays agresseur de l’Ukraine et qui mène aussi également, on le sait, une guerre hybride et informationnelle contre l’Europe ? R - C’est un facteur de division et ça nous affaiblit collectivement de voir un pays qui fait le choix de se rendre à Moscou le 9 mai. Maintenant, ce que je vois aussi aujourd’hui, c’est qu’on a un nouveau Premier ministre hongrois qui fait le choix de hisser le drapeau européen après les années d’un pays dirigé par Viktor Orbán qui était le relais de Vladimir Poutine, mais aussi de la Chine et des États-Unis, dans le concert européen. Donc l’idée européenne, elle progresse, elle se renforce. Notre union est toujours imparfaite, on doit profondément la réformer. J’étais en Arménie la semaine dernière avec le président de la République et quand on voit l’inspiration, l’attraction que représente notre idée européenne, notre drapeau européen pour les peuples autour de nous, les Arméniens, les Ukrainiens, les peuples des Balkans, la Moldavie, ces pays qui se battent, qui se réforment profondément pour se rapprocher de l’Europe, je peux vous dire que notre Union européenne a encore de beaux jours devant elle. Q - Donc, elle fonctionne bien, même si elle n’arrive pas vraiment à parler, j’allais dire, d’une seule voix, on le voit bien. Est-ce que vous souhaitez, par exemple, qu’il y ait un rappel à l’ordre du Premier ministre slovaque ? R - Non, mais si vous regardez ce qu’on a fait depuis quatre ans, il y a un peu plus de quatre ans, le début de l’agression russe contre l’Ukraine. On nous a dit, à chaque tournant, que l’Europe allait se diviser, n’allait pas être capable de répondre. On en est au 20e paquet de sanctions contre la Russie. Il y a un peu plus d’un an, après la rencontre entre le président Zelensky, le président Trump, le vice-président Vance dans le bureau ovale, on nous avait expliqué que l’Ukraine allait être forcée par les États-Unis à la reddition en 24 heures, que tout ça allait être signé sur un coin de table sans les Européens. Et on voit aujourd’hui que l’aide à l’Ukraine, elle est assumée quasiment intégralement par l’Europe. Q - Le quotidien des Européens aujourd’hui, c’est le prix de l’énergie très élevé, les carburants mais pas seulement. Alors, on a envie de dire aussi en ce jour de fête de l’Europe que pour une structure qui avait débuté par la communauté du charbon et de l’acier, on a quand même le sentiment que l’Europe a oublié l’énergie et oublié de protéger les Européens des crises énergétiques. Aujourd’hui, qu’est-ce que l’Europe peut faire quand l’automobiliste va faire le plein ou quand il faut payer la facture de gaz ? R - Les crises autour de nous, les soubresauts géopolitiques comme la guerre au Moyen-Orient, ont un impact sur notre mode de vie. Et donc effectivement, on a besoin de s’en protéger. Alors, ce qu’on porte au niveau européen, déjà, c’est la réduction de nos dépendances. Et ça implique d’investir massivement dans les technologies vertes, que ce soit dans le nucléaire, dans les renouvelables, de continuer l’électrification et les interconnexions au niveau européen, précisément, se rendre moins dépendants. [...] Source : RTL