Q&R - Point de presse live (7 mai 2026) Politique étrangère Point presse Le : 11 mai 2026 Q - Concernant l'affaire de l'hantavirus, on aimerait savoir s'il est possible d'avoir des précisions sur les passagers français du Hondius qui vont bientôt arriver, je crois, et savoir comment est prévu leur rapatriement. Est-ce qu'on a quelques informations là-dessus ? R - Effectivement, je ne l'ai pas évoqué dans mon propos liminaire, mais merci de poser la question. La France suit de très près cette situation. Elle est en contact permanent avec les autorités locales, le croisiériste et le Centre de coordination européen, ainsi que, bien sûr, l'Organisation mondiale de la santé. Le Centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères est en contact quotidien avec les cinq ressortissants français qui sont toujours présents à bord du bateau MV Hondius, à qui il propose un soutien psychologique et éventuellement des conseils médicaux. Il se tient prêt, quand les conditions le permettront, à effectuer leur rapatriement. Mais je vais vous donner quelques éléments. Déjà, à notre connaissance, ces cinq ressortissants français vont aussi bien qu'on peut aller dans ces circonstances. Dans tous les cas, ils n'ont pas fait part aux médecins du Centre de crise de symptômes inquiétants. Ensuite, il faut avoir en tête qu'il y a une mise en place d'une importante coordination européenne. Ça s'appelle le mécanisme européen de protection civile (MPCU), dont l'Espagne a demandé l’activation. Ce mécanisme va ensuite permettre deux choses : à la fois l'évaluation sanitaire et la détermination des recommandations sur la base desquelles ces évacuations se feront. Tout ça étant évidemment sous l'égide de l'OMS. Le rapatriement de nos ressortissants ne pourra s'opérer qu'une fois que le bateau aura accosté, évidemment, et nous reviendrons vers vous dans quelques jours sur ces points. Les passagers seront rapatriés vers leur pays respectif et chaque pays sera responsable de mettre en œuvre ses protocoles de santé publique. Dans notre cas, ces protocoles de santé publique sont élaborés par le ministère de la Santé, vers lequel je vous renverrai, et sur la base des recommandations à la fois du niveau européen et du niveau de l'OMS. Enfin, dès que l'OMS et les autorités sanitaires locales nous diront qu'elles sont prêtes, que nous pourrons procéder à des évacuations, nous le ferons dans les conditions de santé publique qui seront déterminées, dans notre cas, selon les préceptes indiqués par le ministère de la Santé. Voilà, j'ai essayé de vous donner un peu l'ensemble de comment cela va fonctionner, et nous vous tiendrons au courant, également avec le ministère de la Santé avec lequel nous nous coordonnons étroitement sur ce sujet. Q - J'ai une question aussi sur l'hantavirus, et notamment sur le cas contact de ce Français ou cette Française, on ne sait pas si c'est un homme ou une femme, dont le ministère de la Santé a parlé, mais qui a voyagé par avion. Est-ce qu'on en sait un peu plus sur cette personne ? Est-ce que cette personne a des symptômes graves ? Est-ce que cette personne est rentrée en France ? Est-ce qu'elle est dans un pays sous veille médicale ? Est-ce qu'on peut nous en dire plus sur cette personne ? R - Je vous renvoie vers le ministère de la Santé pour les cas individuels, ils auront beaucoup plus d'informations que nous là-dessus. Q - J'ai une question sur Ormuz. Juste une clarification. Le ministre, ce matin, a affirmé qu'il est hors de question que la moindre sanction contre l’Iran puisse être levée tant qu'un détroit comme celui d'Ormuz sera bloqué. Mais ça vient après que l'Élysée hier a fait une proposition en disant qu'il faudrait qu'on sépare les deux problèmes, on sépare Ormuz du nucléaire, du balistique, du régional. Mais là, le ministre semble lier les deux en disant, en liant les sanctions à la situation à Ormuz. Donc je voulais juste clarifier sa position. Est-ce qu’on reste sur cette idée qu'il faut séparer les deux dossiers ou est-ce qu'en fait il y a un lien entre sanctions et la situation à Ormuz ? Et aussi lundi, le ministre des Affaires étrangères syrien sera à Bruxelles. Je me demandais si vous aviez des attentes de cette rencontre vu que c'est la première depuis que les relations diplomatiques, enfin la première réunion de haut niveau qui aura lieu depuis que les relations diplomatiques ont repris avec la Syrie. R - Sur Ormuz, la priorité absolue et de très court terme, c'est que le détroit puisse être rouvert dans les meilleurs délais. Il en va à la fois de nos économies mondiale, européennes, française et de ne pas créer un précédent. La liberté de navigation dans les détroits internationaux est un bien public mondial et qui doit être en tant que tel défendu. Donc c'est à très court terme ce qui est nécessaire. Nous nous tenons prêts et c'est aussi le sens du passage du porte-avions Charles de Gaulle en mer Rouge à être au plus près de la situation une fois que les conditions le permettront et avec l'établissement de la mission multinationale militaire que nous avons aidé à se mettre en place à travers cette réunion à l'Élysée le 17 avril dernier qui a réuni une cinquantaine d'États. Donc c'est ce à quoi nous travaillons. Il y a d'ailleurs encore aujourd'hui des efforts de planification et notamment une réunion de génération de forces qui va se tenir, l'idée étant que chaque pays puisse indiquer sa contribution et la nature de sa posture et de son aide dans le cadre de cette mission. Cela ne doit pas faire ensuite oublier bien sûr de mettre en place un cadre diplomatique dans lequel nous nous attacherons à faire avancer le sujet de fond de cette crise localement. Et ce sujet de fond, c'est la menace que l'Iran fait peser sur la région, avec son programme nucléaire, avec son programme balistique et avec ses proxies. Et donc, ce sont vraiment ces deux éléments, ces deux séquences que nous défendons. Il n'y a pas du tout de disjonction ici entre nos autorités sur ce point. Ensuite, sur la manière dont le rétablissement de la fluidité dans le droit d'Ormuz doit être faite, c'est justement ces efforts diplomatiques qui sont en train de la déterminer maintenant. Merci pour cette deuxième question qui me permet de mentionner notamment à nouveau nos efforts à l'échelle européenne en vue du CAE, du Conseil des Affaires étrangères de lundi prochain. Trois choses ici. D’abord, la France plaide activement depuis le début de la transition en Syrie pour un réengagement de l'Union européenne en Syrie. Ensuite, l'année 2025 a été marquée par les avancées importantes en ce sens, notamment la levée des sanctions européennes et la réaffirmation d'un engagement financier, levée conditionnelle, en soutien à la reconstruction et à la transition dans le pays. Et puis enfin, cet engagement, se poursuit. La France soutient la redynamisation du partenariat politique entre l'Union européenne et la Syrie. L'organisation lundi prochain d'un premier dialogue de haut niveau entre l'Union européenne et la Syrie en est la preuve. Et ce que je peux ajouter, c'est que la France a activement participé à l'élaboration de ces différentes propositions et de ces différentes annonces qui seront faites la semaine prochaine sur ces points. Q - Quelques questions, s'il vous plaît. D'abord, vous avez dit « nous nous tenons prêts ». Où est-ce que vous êtes dans les discussions avec les Américains sur les sujets de cette coalition dans le détroit d’Ormuz ? Est-ce que vous voyez un changement de la position de Washington ? Est-ce qu’ils sont prêts à accepter ? Une question aussi sur le Liban, s'il vous plaît, parce que quand le Premier ministre de Nawaf Salam était ici, le président Macron a dit qu'il envisage de retrouver une autre date pour cette conférence de donateurs qui a été repoussée plusieurs fois. Est-ce qu'il y a une date ? Est-ce que ça avance d'une certaine façon ? R - Conférence de donateurs des Forces armées libanaises ? Q - Oui, bien sûr. Enfin, dernière question, s'il vous plaît, sur l'annonce qui a été faite par le ministre il y a une semaine sur cette nouvelle conférence sur la solution à deux États le 12 juin, si vous pouvez donner quelques détails supplémentaires. Merci. R - Sur le premier élément, sur Ormuz, nous discutons avec tous les acteurs, dont les États-Unis de manière fréquente, mais aussi l'Iran, comme vous le savez, que ce soit au niveau du président de la République ou du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Les échanges sont fréquents. Le ministre a eu notamment son homologue ce week-end et hier, le Président avait le président Pezeshkian. Les négociations sont en cours. C'est aux États-Unis de s'exprimer. Nous faisons passer, nous, des messages pour la réouverture du détroit d'Ormuz dans les meilleurs délais. Et nous avons cette mission, qui maintenant est très concrète, à la fois avec un volet civil diplomatique et un volet militaire de planification, qui est de plus en plus prête, qui pourra intervenir le moment venu. On voit bien que les derniers jours montrent qu'elle sera nécessaire pour rétablir cette réassurance et pour pouvoir rétablir la fluidité du trafic sur ce détroit. Q - (inaudible) R - La mission, par ailleurs, elle, n'inclut pas les belligérants. C'est aux belligérants et à eux d'avancer sur ces discussions. Et nous, comme parties tierces, nous sommes prêts à pouvoir rejouer ce rôle de réassurance pour l'ensemble de l'économie mondiale. Et ensuite, sur la position des Américains, c'est à eux de s'exprimer sur leur propre position. Je ne suis pas leur porte-parole. Q - Si j'ai bien compris ce que vous dites, est-ce que c'est possible ? Vous pensez peut-être le faire, disons, s'il y a un accord ? S'il y a un accord, vous pouvez lancer ce truc sans avoir un accord spécifique de la part des Américains ? R - Non, cette mission, on a été très clairs, elle est strictement défensive, elle pourra venir une fois que les conditions seront stables localement. Donc, ce n'est pas une opération de vive force. Ce sont les conditions pour la mise en place de tout ça. Il y avait aussi d'autres questions sur le Liban, vos autres questions auxquelles je n'ai pas répondu. Sur le sujet de la conférence de soutien aux Forces armées libanaises, nous regrettons de ne pas pouvoir l'avoir tenue, pour des raisons évidentes, le 5 mars dernier. Nous sommes à la disposition des autorités libanaises et en contact avec elles pour pouvoir la réorganiser dans les meilleurs délais et une fois que les conditions le permettront. À ce stade, nous n'avons pas de date, mais nous poursuivons les discussions avec l'ensemble des partenaires, et notamment les partenaires du Quintet, dont les États-Unis et l'Arabie saoudite. Notre soutien aux Forces armées libanaises ne fait pas de doute, je crois que vous le savez bien ici, et notamment à travers la livraison il y a quelques semaines au Liban de 39 véhicules de l'avant-blindé qui ont été un des éléments marquants de ce soutien récemment. Enfin, sur l'événement du 12 juin, il faut que vous ayez en tête que c'est la deuxième édition d'une rencontre des sociétés civiles israélienne et palestinienne à Paris. La première édition s'était tenue l'année dernière, je crois, au Conseil économique, social et environnemental et elle avait pour but de mettre ensemble les sociétés civiles à la fois palestinienne et israélienne, en amont, en effet, de la conférence sur la solution à deux États. Ici, ce sont donc les mêmes objectifs, c'est-à-dire soutenir et faire advenir la solution à deux États. Et donc, le ministre l'a annoncé la semaine dernière. Nous reviendrons prochainement vers vous pour plus de détails sur ces points. Q - Pardon, je vais juste revenir sur Ormuz parce que j'ai quand même un petit peu de mal à comprendre ce qu'on essaie de faire. J'ai compris l'idée d'avoir une opération, une mission multinationale, mais hier l'Élysée donnait l'impression qu'on avait une nouvelle proposition envers les Américains et les Iraniens pour séparer le dossier d’Ormuz avec les grandes négociations sur le nucléaire, le balistique, etc. et qu'on allait proposer quelque chose aux Iraniens et aux Américains. Là, en vous écoutant, je n'ai pas l'impression que c'est ça que vous dites. Que c'est plutôt : « On attend de voir ce qui se passe, et après, le moment venu, on établira cette coalition » ou cette mission. Donc, est-ce que depuis hier, on a parlé avec les Américains - j'ai vu qu'on avait parlé avec les Iraniens - sur cette idée de découper les deux trucs ? Et du côté iranien, est-ce que vous pensez sincèrement que Arraqchi et le président iranien sont les meilleures personnes placées, décisionnaires, à prendre des décisions sur ce sujet ? Parce que quand même un des problèmes clés dans cette négociation. C'est que du côté iranien, ce n'est pas si évident, qui sont les bonnes personnes. Ils sont bons pour la négociation, en tout cas Arraqchi, mais peut-être pas pour prendre des décisions. Et encore sur le détroit d’Ormuz : les Américains ont fait circuler, je crois la semaine dernière, leur propre initiative, le Maritime Freedom Construct, qu'ils ont envoyés à plusieurs partenaires. R - Et qu'ils ont annulé depuis. Q - Non, ça c'était le Project Freedom qu'ils ont annulé. Mais ça, c'était du département d'État. C'est une initiative diplomatique pour l'après, qui a été envoyée à plusieurs partenaires. Donc, comment comprenez-vous cette initiative, dans le contexte de tout ça ? Et comment la jugez-vous ? R - Il y a bien deux temps, à la fois réouvrir Ormuz dès que les conditions politiques le permettent, il faut donc que les belligérants négocient. Nous sommes prêts, nous, à intervenir une fois que les conditions le permettront, à intervenir à travers cette mission de manière strictement défensive et de réassurance avec les bateaux commerciaux. Et par ailleurs, il faut agir sur les problèmes de fond, le nucléaire, le balistique, les proxys, pour un règlement du conflit qui soit de manière durable. Mais donc oui, il y a bien deux temps dans notre esprit. C'est le sens des paroles de l'Élysée hier, et c'est le sens des paroles du Ministre ce matin. Sur le fond, je ne sais pas si vous voulez que je détaille tellement plus que ça, mais nous nous inscrivons dans le cadre de l'initiative du 17 avril. Nous prenons des dispositions qui sont opérationnelles pour se faire et qui sont concrètes, encore une fois, dès que les conditions politiques seront réunies et dès que nous pourrons ensuite déployer ces bateaux sur le terrain. C'est, je crois, tout le sens du passage annoncé par l'Etat-major des armées hier du Charles de Gaulle par le canal de Suez. Nous agissons à distance des belligérants, dans l'intérêt commun, celui du commerce mondial et de la liberté de navigation, peut être mieux prise en charge par des tierces parties que par des parties prenantes au conflit. L'opération pourra commencer quand les conditions, encore une fois, politiques seront réunies et quand nous aurons l'assurance qu’on peut circuler dans le détroit. Et puis enfin, ce blocage d'Ormuz crée une crise économique, mais aussi des risques humanitaires en termes de sécurité alimentaire. Il faut ainsi que cette liberté de navigation dans le détroit soit rétablie au plus vite, pour que nous abordions dans un second temps les causes profondes de la crise, celles que j’ai évoqué, c'est-à-dire la négociation avec le régime iranien, notamment sur ce programme nucléaire. Q - Pardon d'insister, mais vous répondez qu'il y a deux temps, mais l'Élysée n'a pas parlé de deux temps hier. Ils ont dit proposer aux Iraniens et aux Américains de séparer les… Enfin, on parle d'Ormuz, ils rouvrent Ormuz, et puis ensuite ils parlent du reste. Donc, en fait, vous dites vraiment deux choses différentes. Je suis désolée d'insister, mais on ne comprend pas. J'ai bien compris qu'il y a deux temps, vous n'allez pas y aller pendant qu'il y a un conflit. Mais est-ce que les dossiers sont séparés ? C'est bien l'offre française que les dossiers soient séparés ? R - Il y a deux temps, parce que ce ne sont pas les mêmes temporalités. Il y a l'ouverture du détroit d'Ormuz qui doit être immédiate. On en a besoin pour les économies. La négociation sur le programme nucléaire et le programme balistique, je crois qu'il y a des excellents spécialistes ici. Vous savez très bien que ça va mettre beaucoup de temps. Il faut pouvoir rouvrir ces négociations de manière sérieuse avec les parties prenantes, incluant évidemment la France et les pays concernés. Mais les temporalités ne sont pas exactement les mêmes. Q - Et aussi, sur à quel moment vous intervenez, j'ai entendu deux mots. Vous avez dit « quand il y aura un cessez-le-feu local et permanent » et ensuite vous avez dit « lorsque les conditions politiques le permettent ». Et hier, l'Élysée disait qu'ils n'ont jamais demandé qu'il y ait un cessez-le-feu permanent pour intervenir, seulement de la clarté politique. Donc en fait, on demande quoi ? Un cessez-le-feu local et permanent ou de la clarté ? R - Il faut que les conditions sur le terrain le permettent. C'est-à-dire qu'il faut qu'on ait l'assurance que quand nous exerçons cette liberté, cette mission de liberté de navigation, nous puissions ne pas être dans un combat de vives forces et que la situation soit suffisamment stable localement. C'est ce que cela veut dire. Q - Cela n'implique pas un cessez-le-feu ? R - C'est aux négociations de le dire. Je ne vais pas préempter les discussions qui sont en train d'être faites. Q - Il y a une semaine exactement, j'ai été kidnappé. J’ai été otage sur un navire de guerre israélien avec au moins dix autres Français, dont notamment une élue du Conseil de Paris. Nous avons été torturés, malmenés par des commandos israéliens pendant près de trois jours. Le Quai d'Orsay n'a pas réagi à ça. Donc... Aujourd'hui, les faits sont clairs. La Flottille de la liberté que je couvrais avec d'autres journalistes a été kidnappée en pleine mer, dans les eaux internationales, en toute violation des droits internationaux. Nous étions à quelques milles nautiques de la Grèce, et tout le monde n'allait pas à Gaza, je précise. Nous étions aux portes de l'Europe. Nous avons été kidnappés. Nous avons été torturés et malmenés. Et je pèse mes mots. Quelle est la position officielle de la France, qui appelle à chaque fois au respect du droit international ? Quelle est la position de la France vis-à-vis à ça ? C'est ma première question. La deuxième question, il y a deux activistes de la flottille contre le blocus, Thiago Ávila et Saif Abu Keshek, qui ont été transférés à Israël, qui étaient avec nous, qui ont été torturés. On les a vus, on les a entendus. Quelle est la position de la France par rapport à cela ? Est-ce qu'Israël a la carte verte de faire tout ce qu'elle veut, partout, là où elle veut ? Je précise, nous étions aux portes de l'Europe. Je venais de recevoir un texto de la part d'Orange comme quoi « Bienvenue en Grèce ». Nous n'étions pas encore dans les eaux territoriales grecques, mais nous étions juste en face. Nous avons été malmenés, et je précise, et je pèse mes mots. Mais bon, quelle est la position de la France par rapport à ça ? Et je vous rappelle aussi que le haut-commissaire des droits de l'Homme des Nations unies a réagi à ça hier. Il y a des communiqués, par exemple, pour moi, pour mes collègues de RSF. R - Merci beaucoup. Je comprends tout à fait la situation qui est la vôtre. Quelle est notre position ? Quelle est notre réponse par rapport à ça ? La première, c'est que le rôle du Quai d'Orsay, c'est de venir en soutien aux Français et aux Françaises qui sont dans des situations difficiles à l'étranger. Et donc là, je voudrais aussi rendre hommage à tous nos collègues du consulat général de France à Tel-Aviv, mais aussi notre ambassade et notre consulat général en Grèce, qui ont été en contact avec les autorités israéliennes, en contact avec aussi les ressortissants français, en contact aussi avec les organisateurs de la flottille, pour apporter la protection consulaire à ceux qui le souhaitaient et pour pouvoir aussi organiser leur retour en France dans les meilleures conditions. C'est ce que nous avons fait. Il y a eu différentes flottilles qui ont été faites par le passé, et c'est ce que nous avons fait lors des dernières flottilles, c'est ce que nous avons fait lors de cette flottille également. Je vous rappelle par ailleurs deux choses, d’autant qu'il y a encore d'autres bateaux de cette flottille en cours. Premièrement, que nous sommes à nouveau sur le pied de guerre pour assurer cette protection consulaire et le retour des ressortissants français qui le demanderont. Et puis, deuxièmement, rappeler que la la bande de Gaza est en proie depuis octobre 2023 à une guerre de haute intensité. S'y rendre est dangereux, cela fait partie des fiches Conseils aux voyageurs. Et donc toute personne qui s'y rend s'expose aussi à des risques. C'est formellement déconseillé. Je sais que ce n’est pas la réponse que vous voulez, mais c’est aussi formellement déconseillé de s'y rendre, et c'est en tout cas le message que nous passons à tous les ressortissants français qui s'y rendent. Et enfin, dernier élément, nous appelons toutes les parties à respecter le droit international, et notamment le droit international de la mer, qui implique en l'espèce la protection des personnes quand elles sont en mer et le respect de la liberté de navigation. Voilà, nos éléments. Je vous laisse sur les commentaires, je vous ai répondu sur ce que je voulais. Et en tout cas, toute notre empathie vis-à-vis de ce que vous avez vécu vous et vos collègues. Q - Je suis désolée, je reviens sur l’Hantavirus. Les Espagnols, eux, ont annoncé un protocole, déjà, pour les passagers Espagnols qui seront hospitalisés à Madrid. Est-ce que nous, en France, on a déjà un protocole qui est prêt ? Est-ce qu'on sait si les passagers français qui vont arriver sur notre territoire vont être hospitalisés, s'ils vont être confinés ? Est-ce qu'on a des éléments là-dessus ? R - Non. Sur les sujets sanitaires, c'est le ministère de la santé qui va être compétent et qui va avoir la responsabilité de le faire, je vous l'ai indiqué. Il y a des réunions qui se passent au niveau européen cet après-midi même sur, notamment, l'évaluation et les préparations de ces protocoles. Nous en saurons davantage ces jours. C'est vraiment au ministère de la santé que vous aurez la réponse. Q - Vous avez mentionné cette « invitation » russe de quitter Kyiv, envoyée apparemment à toutes les ambassades européennes avant le 9 mai. Quelle sera la réaction de la France à cette invitation ? Et associée, cette menace aussi de frapper les centres de prise de décision dans la capitale ukrainienne, comme dit la propagande russe ? R - La Russie, qui n'a pas respecté par le passé des trêves qu'elle avait unilatéralement déclarées, s'attend à ce qu'il y ait probablement des attaques ukrainiennes pendant les cérémonies militaires du 9 mai. Elle a annoncé des éventuelles ripostes à venir. Nous dénonçons, pour ce qui nous concerne, systématiquement et sans équivoque, les atteintes qui pourraient être faites au cessez-le-feu, tout comme nous déplorons les attaques russes qui se sont produites pendant le cessez-le-feu décrété par l’Ukraine. Car notre position est de prôner la trêve militaire comme condition sine qua non aux négociations de paix à venir. Quant à l'incitation à évacuer Kyiv et à évacuer, avec ironie, des ambassades étrangères, nous condamnons les propos irresponsables tenus par le ministère des affaires étrangères russe à l'approche du 9 mai. Les menaces de Moscou, y compris sur des centres de décision et sur des ambassades étrangères en Ukraine, sont inacceptables et contraires aux engagements internationaux de la Russie. Nous appelons la Russie à renoncer à cette posture agressive et à convenir sans attendre, avec l'Ukraine, d'un cessez-le-feu. Notre ambassade à Kyiv continuera à travailler comme d'habitude.