Q&R - Point de presse live (30 avril 2026) Politique étrangère Point presse Le : 30 avril 2026 Q - Bonjour, Noureddine Bouziane, Al Jazeera. Vous avez fait allusion à l'actuelle tournée de M. le ministre des Affaires étrangères dans les pays du Golfe. Selon nos informations, il devait passer par le Qatar. Il y avait aussi un projet de visite à Beyrouth, pourquoi on n'en parle plus maintenant ? R - La visite est suffisamment riche. Il y a eu un sujet, je crois, d'agenda qui a été expliqué, et je ne commente pas les agendas des autorités locales. C'est pour cela qu'il n'a pas pu se rendre au Qatar. Il y a aujourd'hui une visite en trois temps, les Émirats, Oman et l'Arabie saoudite. Mais je crois qu'il ne faut pas voir autre chose qu'un sujet d'agenda, et je crois qu'il s'agissait d'un élément personnel, d'agenda personnel de son homologue qatarien. Q - Cette nuit, Israël a intercepté la flottille humanitaire qui était en direction de Gaza. L'armée israélienne est intervenue au large des côtes grecques en eaux internationales et a arrêté plus de 200 militants humanitaires, dont 11 Français, qui sont actuellement détenus en Israël. Selon les organisateurs de la flottille, les soldats israéliens ont détruit les moteurs et les systèmes de navigation des navires, ont brouillé les systèmes de communication en laissant les militants restants qu’ils n'ont pas arrêtés seuls en mer face à une tempête apparemment qui arrivait, ils ont qualifié ça d'acte de piraterie. Quelle est votre position sur cette interception sur des eaux européennes, internationales, mais au large de côtes européennes ? Et que faites-vous pour les citoyens français qui sont détenus actuellement par Israël ? R - Merci. Notre première priorité là-dessus, c'est la sécurité de nos ressortissants et de nos concitoyens. Il y a maintenant plusieurs flottilles qui sont arrivées à Gaza, donc nos services commencent à être habitués sur la manière de pouvoir venir les soutenir et les aider. C'est d'une part d'être en lien avec les autorités israéliennes et de leur passer les messages. Deuxièmement, d'être en lien avec nos ressortissants et leurs familles. Et troisièmement, de pouvoir leur apporter, le cas échéant, quand ils sont sur le territoire israélien, la protection consulaire dont ils ont besoin ou qu'ils souhaiteront s'ils le désirent. Donc notre consulat général à Tel Aviv, qui est responsable de ça, est en contact non seulement avec les autorités israéliennes, mais aussi avec nos ressortissants. Je voudrais aussi rappeler deux choses, que se rendre à Gaza est dangereux, c'est dans l'ensemble des fiches de Conseils aux voyageurs, de s'y rendre soit par la mer, soit par la terre mais que, ensuite, c'est le rôle du Quai d'Orsay de venir à leur soutien une fois qu'ils sont dans ces situations-là, pour qu'ils puissent ensuite revenir le plus rapidement possible en France. En l’état de nos connaissances, parce que la situation est aussi fluide actuellement, il y aurait une quinzaine, enfin 15 Français qui feraient partie des personnes qui sont en ce moment interpellées par les autorités israéliennes. Et puis enfin, ce que nous disons, c'est la nécessité du respect du droit international et notamment du droit international de la mer par toutes les parties et l'obligation du respect de la protection des personnes et de la liberté de navigation. Q - (inaudible) R - Notre priorité, c'est l'efficacité auprès de nos concitoyens. Et donc, il n'y a peut-être pas de propos de tribune qui fait plaisir, mais ce que je crois, ce que nous montrent aussi les dernières actions que nous avons pu faire, c'est que nous sommes toujours auprès de nos concitoyens pour qu'ils aient cette protection consulaire et qu'ils puissent rentrer dans les meilleurs délais en France. C'est ce que nous avons toujours fait. Q - Je suis la nouvelle correspondance de l'agence de presse du Moyen-Orient. R - On ne se connaissait pas. Bienvenue. Q - Il y a presque trois semaines, des affrontements ont opposé l'armée du Tchad avec les Forces de soutien rapide, notamment dans la ville frontalière d’Al-Tina. Est-ce que ça ne vous inquiète pas de voir les conflits où Soudan se prolonger vers le Tchad ? Et quelle est votre position à l'égard du comportement des Forces de soutien rapide ? R - Vous savez que le ministre suit avec une grande précision tous ces éléments. Il s'était rendu à Londres pour la seconde conférence sur le Soudan. Il s'est rendu il y a une dizaine de jours pour la troisième conférence qui se tenait cette fois-ci à Berlin. Évidemment que la situation au Soudan est suivie de près et que nous regardons les conséquences qu'elle a pour la population et pour les pays aux alentours. Notre priorité, c'est la protection des populations. Nous avons pu condamner les violences, de quelque partie qu'elles viennent. Je vous rappelle également les mises sous sanction que nous avons pu faire au niveau de l'UE et de l'ONU. Donc la France était en première ligne sur ces négociations internationales. Elle a été également en première ligne sur la volonté d'apporter un soutien humanitaire pour ces populations. Et là, je vous reverrai notamment au déplacement du ministre qu'il avait fait au Tchad il y a maintenant un an et demi, où il a été intervenu personnellement pour rouvrir des couloirs, notamment humanitaires. Q - Arzu Morin, je vous remercie pour le CNN turc. M. le président Emmanuel Macron a fait une déclaration à Athènes dans le cadre de l'accord de défense signé avec la Grèce « Si vous êtes attaqués, nous serons là ». Cette déclaration a résonné sur les deux rives de la mer Égée, surtout en Turquie un peu plus. La France s'est par ailleurs positionnée face à Ankara dans plusieurs zones de conflit. On peut donner l'exemple en Libye, elle a soutenu Khalifa Haftar aux côtés de la Russie plutôt que le gouvernement reconnu par les Nations unies. En Syrie, elle coopère avec l'YPG, avec les autres membres de la coalition, alors que la Turquie considère cette organisation comme « terroriste ». Dans le Caucase, malgré l'approche plus ouverte au dialogue de Nikol Pachinian, la France a adopté une position clairement favorable d'un côté. Donc ainsi, on observe que la France adopte de manière quasi systématique des positions opposées dans des dossiers tellement différents envers la Turquie dans des zones de crise. De plus, ces choix n'ont pas toujours produit les résultats escomptés pour la France. On peut donner l'exemple comme Syrie, comme Libye, comme Caucase. Si ce n'est pas une coïncidence, comment expliquer cette cohérence dans des contextes géopolitiques si différents ? Quel est l'objectif de cette approche diplomatique à l'égard de la Turquie sachant que l'opinion publique turque regarde beaucoup la France et ça la perturbe énormément quand il y a des positions prises comme ceci ? R - Merci, cela va me permettre de pouvoir clarifier les éléments. Trois choses, en fait, là-dessus. La première, c'est que les propos du président de la République ont été tenus, dans un cadre que vous avez d'ailleurs indiqué, en réponse à une question de principe, l'attaque d'un territoire européen, dont la réponse est la même pour l'ensemble de nos alliés et de nos partenaires. Elle ne visait aucun pays en particulier. Deuxièmement, c'est le même genre de déclaration que nous avons pu exprimer lorsque la Turquie a été elle-même visée par des tirs de missiles iraniens. La France avait indiqué, par la voix du président de la République et par la voix du ministre des Affaires étrangères à l'époque, je dis à l'époque mais c'était il y a quelques semaines, se tenir aux côtés de ses alliés, d'un allié de l'OTAN en l'espèce, et de ses partenaires lorsque ces derniers étaient attaqués. Et puis troisièmement, sur le fond, nous soutenons le dialogue en cours entre la Turquie et la Grèce, puisque c'est peut-être la question que vous aviez derrière, et restons soucieux de développer et d'approfondir notre dialogue bilatéral avec la Turquie, comme le démontrent les échanges réguliers entre nos autorités, à la fois l'appel entre les présidents de la République le 11 avril dernier, et puis la visite sur place à Ankara de notre ministre des Affaires étrangères, il y a quelques semaines, le 6 février. Q - Tous les journaux grecs disent « message clair à Ankara ». Ankara, (inaudible) le message de Macron. C'est vrai qu'il n'a pas utilisé le mot Turquie. R - On n’est pas là pour commenter les commentateurs de presse ici ou là. Voilà ce que je vous dis, ce qu'a dit le Président, il n’a visé aucun pays. Q - Qui peut attaquer la Grèce alors ? R - Cela ne visait aucun pays en particulier. Q - Tamara Muncanovic de la Radio-Télévision suisse, la RTS. Une question sur l'organisation du sommet du G7 à Évian. Est-ce que vous avez des discussions au niveau des ministères des Affaires étrangères français et suisse sur les questions sécuritaires et en particulier sur le risque de débordement en marge du sommet de la part de manifestants anti-G7 ? Est-ce que vous discutez de l'organisation d'un lieu d'expression pour les manifestants sur sol français ? La préfète de Haute-Savoie a répondu en début de semaine que la France n'organiserait pas de lieu pour un contre-sommet. Qu'est-ce que vous dites à vos interlocuteurs suisses actuellement ? R - Évidemment, la tenue d'un sommet d'une telle ampleur nécessite beaucoup de préparation et notamment aussi des échanges avec nos voisins et en l’espèce la Suisse. Sur les mesures précises en termes de sécurité et de contre-sommet, je laisserai les autorités du ministère de l'Intérieur en particulier s'exprimer et en l'espèce et surtout la préfecture de Haute-Savoie sur ces questions sécuritaires. Mais nous prenons ces sujets extrêmement au sérieux, non seulement pour la sécurité des participants, la sécurité des personnes qui voudraient s'y rendre et ensuite dans le cadre de la très bonne coopération que nous avons avec les autorités suisses de manière générale, mais en particulier sur ces sujets. Q - Guillaume Naudin, RFI. Le week-end dernier, il y a eu des combats au Mali et notamment le retrait apparent des troupes russes de l'Africa Corps de Kidal et des difficultés dans d'autres endroits pour ces troupes russes. Comment est-ce que vous appréciez cette situation ? Est-ce que c'est une bonne nouvelle ? R - Sur la Russie, vous me posez la question et je vous laisserai en tirer vos propres conclusions. Nous, nos priorités, c'est la sécurité de nos ressortissants et l'inquiétude concernant les populations civiles qui sont les premières à être touchées par la situation. Nous avons eu l'occasion de nous exprimer il y a 48 heures sur ces sujets. Nous avons exprimé notre grande préoccupation sur la situation en cours et condamné de manière très ferme toutes les violences contre les populations civiles. Donc, j'en reste là. Q - Bonjour Delphine Touitou de l'AFP, une question également sur le Mali, mais quelle est votre analyse de la situation aujourd'hui ? Est-ce qu'on s'achemine vers une dislocation du pays, où en est la junte ? Et pour la France, ça signifie quoi en termes de relations diplomatiques, puisque les relations sont le moins fraîches avec Bamako ? R - Cela signifie que nous suivons avec attention la situation parce que ça peut avoir des conséquences sécuritaires sur nos ressortissants et sur les populations civiles sur place. Après, je ne fais pas de politique-fiction sur ce qui pourrait advenir ou pas du pays. Les relations diplomatiques en l'espèce avec le pays n'ont jamais été coupées puisque, comme vous le savez, nous avons une ambassade sur place qui est ouverte et qui fonctionne. Il y a des canaux de discussion qui ont toujours existés et qui fonctionnent, même aujourd'hui. Donc aujourd'hui, notre ambassade est fonctionnelle à l'heure où je vous parle. Q - Un petit follow-up, parce qu'il y a eu des consignes qui ont été publiées pour les voyageurs. En d'autres termes, vous gardez votre ambassade ouverte, vous n'avez pas l'intention de réduire le nombre d'agents ? Puisqu'il y a une recommandation de quitter temporairement, dès que possible, le pays. Cela ne s'applique pas aux diplomates et aux agents de l'Institut français ou de l'École française ? À qui est-ce que cela s'applique ? Uniquement à la population ? R - Il n'est pas question pour nous de fermer le poste, notamment parce que l'ambassade assure des missions de protection consulaire qui sont extrêmement précieuses, et en particulier dans ce moment, s'agissant des 4.000 ressortissants inscrits sur les listes consulaires qui sont sur place. Sur votre second élément, nous adapterons notre dispositif en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain, mais comme nous le faisons dans chacune des situations qui sont de telle sorte, avec une appréciation à la fois par l'ambassade localement, et par le centre de crise que vous connaissez maintenant trop bien, à Paris. Q - Pour continuer sur la question de tout à l'heure, permettez-moi de vous corriger. Vous avez dit que plusieurs flottilles étaient arrivées à Gaza. Justement, aucune flottille n'est arrivée à Gaza. Ça fait 16 ans qu'ils essayent de briser le blocus imposé à Gaza. Donc aucune flottille n'est arrivée. Ce que vous avez voulu peut-être dire, c’est que plusieurs flottilles ont essayé d'arriver, mais elles ont toutes été arraisonnées. Justement, vous n'avez pas qualifié, je vous ai demandé, est-ce que vous pouviez qualifier l'action d'Israël ? Vous n'avez même pas dit qu'elle était illégale, or il est factuellement illégal d'intercepter des militants humanitaires internationaux en eaux internationales. Donc est-ce que vous considérez que c'est illégal ? Est-ce que vous condamnez ce qui a été fait, notamment à des militants humanitaires français ? Et en rapport avec ça, une autre question. La ministre des armées hier a eu des mots assez durs envers l'armée israélienne. Elle a dit qu'au Liban, la France n'acceptait ni le Hezbollah ni Tsahal, et elle a eu des mots assez durs envers l'armée israélienne que vous n'avez pas ici. Est-ce que vous reprenez ces termes-là par rapport notamment à la situation au Liban et à ce qu'a fait l'armée israélienne vis-à-vis de la flottille ou pas ? R - Sur votre premier point, nous rappelons que toute intervention doit s'inscrire dans le cadre du droit international applicable, à la fois le droit de la mer et les règles relatives à la liberté de navigation. Et notre première priorité, c'est encore une fois la sécurité de nos ressortissants. Ce que je voulais dire, c'est que nous l'avons assuré par le passé, dans les différentes flottilles qui se sont rendues vers Gaza, et nous prévoyons de faire exactement la même chose. Et ce que je peux vous dire, c'est qu'en ce moment, à l'heure où je vous parle, le consulat général de Tel-Aviv, avec le centre de crise, est à la manœuvre pour pouvoir donner cette protection consulaire le moment venu aux ressortissants qui en auront besoin et pour qu'ensuite ils puissent revenir dans les meilleurs délais en France. Et c'est vraiment cela qui nous anime : c'est de pouvoir apporter, et c'est le rôle du Quai d'Orsay, ce secours à ces ressortissants. Sur votre seconde question, et donc cette fois-ci on remonte un peu vers le Liban, je ne vais pas faire de commentaires sur les propos de la ministre des armées. S'agissant de la position de la France, elle est inchangée. La branche militaire du Hezbollah est une organisation terroriste, elle est reconnue comme telle. C'est le Hezbollah qui a décidé de commettre cette faute majeure en impliquant le Liban dans une guerre qui n'était pas la sienne depuis tout début mars. Et c'est l'État libanais qui doit reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire. Vous savez combien nous soutenons les autorités libanaises dans l'affermissement des forces armées libanaises, dans leur dialogue, les décisions courageuses qu'elles ont eues d'avoir ouvert la possibilité d'un dialogue direct avec Israël, qui peut avoir des capacités, disons, historiques. Ce sont ces éléments-là que nous soutenons, et notre position est inchangée. Q - Une question sur Madagascar. Il y a donc un agent de la sécurité intérieure qui a été expulsé. Est-ce que vous pourriez nous dire, pour avoir un peu votre analyse de la relation bilatérale, est-ce qu'on est dans une (inaudible) on a vu que le Président Macron avait échangé avec son homologue de Madagascar. Est-ce qu'on peut avoir des éléments ? Qu'est-ce qui se passe entre Madagascar et la France ? Est-ce qu'on est au-devant d'une crise entre les deux pays ? R - Les autorités de la Refondation ont effectivement convoqué hier notre ambassadeur à Tananarive pour lui annoncer qu'un agent de notre ambassade était déclaré persona non grata pour, je les cite, « des agissements estimés incompatibles avec son statut et une participation à des actes de déstabilisation ». J'ai eu l'occasion de faire une déclaration hier pour y répondre. Je n'ai pas d'éléments supplémentaires. Nous sommes étonnés de ces accusations. Cette décision est à la fois infondée et inadmissible. Le chargé d'affaires de l'ambassade de Madagascar à Paris a été convoqué le 28 avril en fin de journée pour le lui signifier. Q - À Gaza, la situation sécuritaire, déjà extrêmement précaire, je vous en avais parlé il y a deux semaines, et minée par Israël, qui assassine en ce moment, de manière régulière et intensive, les policiers de Gaza. Ce sont des policiers du Hamas qui ont repris le contrôle de la sécurité civile à Gaza, qui protègent les biens privés et publics. Le Conseil des droits de l'Homme palestinien de Gaza, un organisme indépendant reconnu par l'ONU et par plusieurs organismes internationaux, dénonce les assassinats ciblés de policiers à Gaza. Je répète, ce sont des policiers du Hamas. Est-ce que la France soutient ces assassinats ou est-ce qu'elle les condamne parce que ça met en péril, cette organisation des droits de l'Homme dit que cela met en péril la sécurité des civils à Gaza et qu'il y a un risque de guerre civile, puisque Israël laisse pénétrer des milices qui sont au-delà de la ligne jaune qu'elle a fixée, des milices ultra-violentes qui attaquent les Palestiniens qui sont à l'ouest de Gaza, et sèment donc des troubles et voulant faire régner la loi de la jungle, la loi des familles dominantes, etc. La police essaye de maintenir l'ordre un peu comme avant octobre 2023, et les policiers sont ciblés par Israël. Donc s'il vous plaît, une réponse claire sur ça, puisque c'est un élément important de la sécurité à Gaza. Quelle est la position de la France par rapport à ça ? R - Il faut que l'accord de Charm el-Cheikh soit respecté et que le plan de paix soit mis en œuvre. Il donne des cadres qui nous semblent être les bons pour aboutir à une solution de paix durable. La première étape a été mise en œuvre, elle est fragile. Il faut que nous passions à la seconde étape. Il faut que, déjà, l'aide humanitaire puisse rentrer de manière bien plus massive à Gaza. Nous avons envoyé, par exemple, 380 tonnes d'aide humanitaire depuis le port du Havre, il y a maintenant quelques mois. Il faut que les points de passage de Gaza soient ouverts de manière bien plus massive et dans les deux sens. Ça, c'est la partie humanitaire. Il y a ensuite la partie sécurité, où là, ce qui nous semble être absolument nécessaire, c'est que le désarmement du Hamas soit mis en œuvre, et que l'Autorité palestinienne puisse récupérer cette souveraineté sur, à la fois la Cisjordanie et Gaza, ce qui était un point extrêmement important et que nous avions à la fois mis dans la déclaration de New York, et qui avait été repris dans la déclaration et dans le plan de paix de Charm el-Cheikh. Et puis le troisième pilier, c'est celui de la gouvernance et notamment, nous appelons à ce que l'Autorité palestinienne réformée, mais à court terme, le comité technique gouvernemental qui a été mis en place, puisse pénétrer à Gaza et exercer sa gouvernance sur Gaza. C'est cela qui nous semble devoir être mis en place. Effectivement, à ce stade, ces points font encore défaut. Q - Ça ne répond pas à la question de maintenant. Ça, c'est ce que vous espérez à l'avenir. R - Ce sont les cadres qui doivent être respectés. Q - Aujourd'hui, la situation n'est pas celle-là. La situation, c'est que le Hamas a repris le contrôle. Les commissariats ont rouvert. C'est la police affiliée au Hamas, puisque c'est lui qui était au pouvoir. Et ce sont ces policiers-là, qui essayent d'assurer la sécurité de la population, qui sont ciblés. Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant, là, tout de suite ? R - Ce que je vous dis, c'est que nous souhaitons que ce que nous avions identifié puisse être mis en œuvre. C'est une question aussi de volonté des différentes parties et de la priorité qui y est mise. Je voudrais aussi signifier, parce que nous en avons fait une déclaration, mais qui a été en fait assez peu reprise, pour montrer qu'un espoir est aussi possible. Ce sont les élections municipales en Cisjordanie qui se sont déroulées le week-end dernier et qui montrent que ces élections sont possibles, et qui pour nous ouvrent la voie à ce que Mahmoud Abbas s'était engagé à faire, vis-à-vis du Président de la République et du prince héritier saoudien, dans son courrier de juillet 2025, qui était d’ouvrir la voie à des élections présidentielles et législatives qui vont donner de la légitimité aux instances de gouvernance. Ça, c'est un élément que nous avons voulu mettre en avant lors de notre déclaration en début de semaine. Q - Je reviens, si vous permettez, sur la visite qui était prévue, selon nos informations, de Monsieur le ministre des affaires étrangères de la République française au Liban. Il semblerait qu'on lui a conseillé de ne pas venir, puisque la situation, c'est une situation de statu quo au Liban. Est-ce que la France, sur le plan diplomatique, va bouger pour faire sortir cette situation ? On sait qu'il y a un cessez-le-feu, très fragile… R - Je conteste votre temps employé : « va sortir » ; mais « est sorti » ! Il y a peu de pays dans le monde qui se sont autant impliqués sur le Liban. Je suis désolé, vous n'auriez pas de cessez-le-feu actuellement au Liban si la France ne s'était pas mobilisée avec les Américains pour l'obtenir. Est-ce que ce cessez-le-feu est parfait ? Non, il est fragile, on le voit tous. Est-ce que c'est quand même la première base sur laquelle bâtir pour avoir une solution durable ? Oui, et c'est celle que nous poussons actuellement avec les autorités libanaises, et aussi dans nos échanges quotidiens avec les différentes parties. Q - Une dernière question. Le média Off Investigation a sorti hier un article concernant Caroline Yadan, qui s'est vantée d'influencer la diplomatie française et notamment le ministre des affaires étrangères depuis Tel-Aviv. Elle lui aurait dit : « Écoute, à partir de maintenant, tu ne laisses pas passer le mot génocide ». Et le journaliste apparemment a contacté vos collègues du Quai d'Orsay, qui ne lui ont pas répondu après lui avoir promis de répondre. Est-ce que cette discussion a réellement eu lieu ? R - Je ne vais pas commenter, mais il y a une chose à dire, c'est que les décisions du ministre des Affaires étrangères ne sont dictées que par l'intérêt des Français et par nos autorités politiques. Et donc, c'est lui qui les prend.