Politique étrangère - Entretien de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, avec « France Inter » - Extraits Politique étrangère Entretien à la presse Le : 06 octobre 2025 Q - Bonjour Jean-Noël Barrot. R - Bonjour. (…) Q - Quelques mots sur ce qui se joue au Proche-Orient, alors que des négociateurs israéliens et du Hamas sont attendus en Égypte pour discuter du plan Trump, presque deux ans jour pour jour après les attentats terroristes du 7 octobre, avec un espoir donc de voir les otages être libérés cette semaine. C’est la preuve que la méthode Trump fonctionne au Proche-Orient, Jean-Noël Barrot ? R - Nous avons salué le plan présenté par le président des États-Unis en nous félicitant qu’il ait intégré un certain nombre des idées que nous avons portées, vous le savez, avec l’Arabie saoudite, ce qui nous a conduit à reconnaître l’État de Palestine, mais aussi à obtenir des pays arabes et de l’Autorité palestinienne des engagements inédits. Et nous allons continuer, pour que les otages soient libérés, pour qu’un cessez-le-feu puisse advenir, pour que l’aide humanitaire entre massivement à Gaza... Q - Donc vous y croyez, dès cette semaine, à la conclusion de ce plan de paix ? R - Vous savez, si on s’était dit il y a un an, quand on a commencé ce travail avec l’Arabie saoudite, « attendons que la paix arrive, et ensuite on travaillera », on n’en serait jamais arrivé là. Donc on va continuer à travailler dans ce sens et c’est la raison pour laquelle, ce jeudi, j’accueillerai les pays arabes, les pays européens qui veulent se mobiliser pour concrétiser ce plan de paix. Et évidemment d’ici là, demain, mardi 7 octobre, à 10h, une cérémonie sera organisée au Quai d’Orsay en l’hommage des 51 Français qui sont morts le 7 octobre ou en captivité, parce que nous leur devons. Q - Jean-Noël Barrot, pour terminer, je voudrais parler du sort de nos otages, notamment en Algérie. L’écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes sont toujours en prison. Et dans le même temps, 1.000 visas supplémentaires ont été délivrés par la diplomatie française à des Algériens en 2025. Est-ce que c’est vraiment la bonne méthode pour obtenir leur libération ? R - Alors non, 1.000 visas supplémentaires n’ont pas été délivrés à des Algériens cette année par rapport à l’année dernière. Q - C’est ce qu’a annoncé la diplomatie française. R - Non, pas du tout. L’Algérie a pris des mesures si brutales de restriction de notre dispositif diplomatique et consulaire en expulsant des agents du Quai d’Orsay, du ministère des affaires étrangères, que les émissions de visas à l’attention des ressortissants algériens vont baisser de 30% cette année. Et c’est la faute, si je puis dire c’est la responsabilité, des autorités algériennes. Q - Donc il n’y a pas d’augmentation des visas étudiants en 2025 donnés par la France à des Algériens ? R - Il y a eu cette année, effectivement, sur les visas étudiants, qui représentent une petite partie des visas qui sont émis, une augmentation. Q - Mais alors attendez, c’est incroyable Jean-Noël Barrot, je vous pose une question, vous me dites, « ce n’est pas vrai »… R - Non, vous avez parlé des visas. Q - Non, pas du tout, j’ai dit les visas étudiants. Est-ce qu’il y a, oui ou non, 1.000 visas étudiants de plus pour les Algériens cette année ? R - Par rapport à quand ? Q - Par rapport à l’année dernière ? R - Il y a 1.000 visas étudiants de plus par rapport à l’année dernière. Q - Donc est-ce que dans un moment où Boualem Sansal est incarcéré, où un journaliste, Christophe Gleizes, est en prison, est-ce que c’est une bonne façon de jouer le rapport de force que de donner davantage de visas étudiants aux Algériens ? R - Vous posez des questions, écoutez les réponses. Les visas bénéficiant aux ressortissants algériens ont baissé de 30% cette année par rapport à l’année précédente. De 30% au total, au global, - 30%. Ensuite, les mesures que nous avons prises, qui sont extrêmement dures vis-à-vis de l’Algérie, elles visent les dignitaires, elles visent la nomenclature, elles visent les officiels du régime. À aucun moment, nous avons tenu le peuple algérien responsable de la situation de Boualem Sansal et de Christophe Gleizes, qui sont des situations absolument inacceptables. C’est bien la responsabilité des autorités algériennes. Nous ne faisons pas la confusion. Q - Un mot encore sur nos otages, là pour le coup qui sont détenus en Iran. Est-ce que vous avez un espoir dans les heures, dans les jours qui viennent, d’avoir des bonnes nouvelles ? R - Le Président de la République l’a dit, nous avons des perspectives solides de pouvoir les faire rentrer dans les prochaines semaines. Nous restons pleinement mobilisés et exigeons leur libération immédiate et inconditionnelle. Q - Merci beaucoup Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères." (Source : France Inter)