Point presse conjoint de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, et Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, sur la coopération sécuritaire et migratoire franco-brésilienne Brésil Relation bilatérale Communiqué Le : 02 juillet 2026 Propos de Jean-Noël Barrot. Madame la Procureure, Mesdames et Messieurs les élus, officiers généraux, Avec le Ministre délégué, nous avons signé hier un accord important de coopération en matière de sécurité publique entre le Brésil et la France. Cela concerne très directement la Guyane et la région de l’Amapá côté brésilien, avec comme objectif, d'une part, de juguler l'immigration irrégulière, de lutter contre la criminalité environnementale, de l’orpaillage. Vous avez pu constater que les militaires, 2.500 militaires, 1.200 gendarmes qui sont présents ici en Guyane font un travail remarquable pour empêcher sa prolifération sur le territoire de la Guyane. Et puis d'autre part, cet accord va permettre de créer les conditions d'une intégration régionale de la Guyane, une intégration de la Guyane dans son environnement régional avec une période de six mois qui va s’ouvrir, début 31 juillet, au cours de laquelle l'obligation de visa sera suspendue pour les ressortissants brésiliens. Notre étape aujourd'hui permet de marquer la mobilisation des services de l'État, sous l'autorité du Premier ministre, pour le développement et la sécurité de la Guyane. Et pour ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères, cela appelle une mobilisation dans le cadre de la région, plus particulièrement. Nous avons ouvert l'an dernier une ambassade au Guyana. Nous participons activement aux instances de dialogue politique, économique et de sécurité à l'échelle régionale en Amazonie et sur le plateau de la Guyane et dans la Caraïbe, puisque la Guyane est au cœur de cette politique sud-américaine de la France. Elle est en train de prendre toute sa place en son nom propre et au nom de la France dans ces instances. Novembre 2025, la Guyane a été un acteur très important de la COP30 à Belém. Le 5 mai dernier, elle est devenue membre de l'Union caribéenne des télécommunications. Et la semaine prochaine, elle deviendra membre associé de la CARICOM. Dans quelques heures, nous rejoindrons à Fort-de-France le président de la collectivité territoriale de Guyane, qui met toute son énergie à placer la Guyane et la France au cœur des instances sud-américaines et caribéennes. La conférence régionale de sécurité sera là encore l'occasion, pour le ministère des Affaires étrangères, aux côtés du ministère de l'Intérieur et du ministère des Outre-mer, de montrer notre volonté de travailler avec nos partenaires dans la région, au service d’une plus grand sécurité et d’une plus grand prospérité des territoires français de la région et des populations qui y vivent. Q - Je suis Patrick Lecante, président du comité de l'eau et de la biodiversité de la Guyane. J'anime depuis une dizaine d'années ce projet que nous dénommons Bio-Plateaux. Je me félicite de voir, Monsieur le Ministre, que vous avez pu signer à Brasilia la gestion intégrée de la ressource en eau de l’Oyapock avec l'État voisin de l’Amapá. Nous en sommes très satisfaits, je tenais à vous l'indiquer. Il reste une dernière pierre à l'édifice, c'est que nous puissions, la Guyane française et la France, faire partie de l'Organisation du traité de la coopération amazonienne, l'OTCA, qui est aussi un outil à notre main qui nous permettra finalement de bénéficier du monitoring dont nous avons grand besoin, dans ce changement climatique qui s'ouvre à nous. R - Merci beaucoup de souligner l'importance de cet accord que nous avons effectivement signé hier avec mon homologue brésilien, Mauro Vieira, pour la gestion conjointe du bassin de l’Oyapock. S'agissant de l'OTCA, j'ai plaidé auprès de lui, comme j'ai pu le faire un peu plus tard dans la journée, auprès du secrétaire général de l'OTCA, pour que la coopération entre la France, la Guyane et l'organisation se renforce. Elle existe déjà puisque nous avons un officier de liaison qui concourt, qui participe aux travaux de l'OTCA et qui nous y représente. Nous voulons participer en quelque sorte plus largement et apporter notre contribution à l’ensemble des politiques publiques qui relèvent de cette organisation. (…) Q - J'ai deux questions. La première concerne les enjeux migratoires que vous avez évoqués. Qu'est-ce que vous avez obtenu concrètement de Brasilia là-dessus ? Notamment est-ce que vous avez obtenu une révision de la procédure de visa humanitaire, qui a permis à de nombreux demandeurs d'asile de rejoindre la Guyane via le Brésil ? Et ma deuxième question, c'est sur l'accord de transfèrement des détenus brésiliens au centre pénitentiaire de Guyane. Je sais bien que c'est le ministère de la Justice qui porte cet accord, mais est-ce que vous avez pu échanger avec votre homologue là-dessus, sachant que ce projet de transfèrement des détenus était conditionné à la levée des visas ? R - Je le répète, comme je viens de le dire, l’accord qui a été trouvé avec les autorités brésiliennes vise à juguler l’immigration irrégulière d’une part, tout en luttant contre les criminalités latérales liées au trafic de migrants, par exemple, la criminalité environnementale, l’orpaillage, etc. Et d'autre part, de permettre à la Guyane de s'insérer dans son environnement régional. Et donc, cela passe notamment par la facilitation des mobilités légales. S'agissant de la lutte contre l'immigration illégale, le Ministre délégué vient d’en parler, ce que nous avons obtenu, c'est d'abord que seront placés, à la fois à l'aéroport de Sao Paulo, de Belém, mais aussi dans des centres de coopération policière, des officiers de liaison qui vont permettre de renforcer la coopération et la coordination entre les forces de sécurité intérieure de la Guyane, ou en tout cas présentes en Guyane, et celles qui sont présentes dans l'État de l’Amapá au Brésil. Deuxième élément qui vient d'être évoqué, c'est le renforcement des opérations conjointes entre les forces brésiliennes et françaises et côté Guyane. Et troisième élément, c'est un dialogue migratoire portant sur les flux de migration. (…) C’est un sujet sur lequel le Garde des sceaux accorde une importance toute particulière, auquel nous suivons le travail pour aboutir à des solutions pragmatiques, qui soient conformes aux règles, aux normes de chacun des deux pays. (…) Q - Christophe Peyrefitte, directeur de l’Institut Pasteur de Guyane. Je voulais poser la question relative à la suspension des visas qui, dans notre domaine de coopération bilatérale renforcée, à travers les mécanismes tels PRISM actuellement qui est en train de se dérouler et dans lequel la Guyane est un des acteurs majeurs… Est-ce que ce mécanisme va faciliter encore plus et à plus long terme les échanges de scientifiques et d'enseignants de part et d'autre ? Puisqu'on a beaucoup de partenariats dont des étudiants, par exemple, de niveau thèse, doivent pouvoir venir ici sur une durée s’échelonnant entre quatre mois et peut-être, par exemple, trois ans ; et de la même façon, en fonction des niveaux d'études pour les différents programmes qui nous intéressent. (…) R - S'agissant des cas que vous citez, pour des séjours de quatre mois, six mois, etc., ils ne seront pas concernés par l'expérimentation qui commence le 31 juillet. Mais, dans les échanges que nous avons eus hier avec le consulat à Basilia, qui était jusqu'à présent chargé d'émettre ces visas de court séjour, il apparaît que les motifs d'études et de recherche étaient parmi les principaux dans les demandes qui étaient formulées. Donc, de fait, on s'attend à ce que la mobilité étudiante et de recherche puisse être ainsi facilitée. Q - Par rapport justement à cette levée des visas, concrètement, un Brésilien, en provenance de Belém ou d’Amapá, par exemple, quel est son circuit pour arriver ici ? Est-ce qu'il doit aller à Brasilia tout de même, à l'ambassade, ou est-ce qu’il peut se présenter directement à la frontière ? (…) R - Vous ne nous avez pas demandé pourquoi ça a pris aussi longtemps, parce que c'est une question qui intéresse beaucoup les journalistes. Dès lors que le Président de la République et le président Lula avaient décidé de régler cette question, nos ministères se sont mis en ordre de marche pour trouver cette solution et ce compromis, dont nous sommes très heureux et très fiers, je crois, avec mon collègue Jean-Didier Berger, de pouvoir venir annoncer, hier au Brésil et aujourd'hui en Guyane.