G7 : Pour une nouvelle approche du développement Aide au développement G7 Actualité Publié le : 28 avril 2026 Mis à jour le : 29 avril 2026 Alors que les politiques de développement sont en pleine mutation, les membres du G7 réfléchissent à un renouveau de l’approche de l’aide au développement autour de partenariats mutuellement bénéfiques. Avant le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Evian (15-17 juin), les ministres du développement des pays du G7 se réunissent à Paris les 29 et 30 avril. Ils entendent réaffirmer, avec leurs partenaires, leur engagement en faveur des partenariats internationaux et de la solidarité. Cette nouvelle approche du développement s’articule autour de quatre principes : la résilience, la souveraineté, l’efficacité et l’adéquation. Les priorités : Réaffirmer la solidarité en faveur des pays les plus vulnérables pour renforcer leur résilience afin de leur permettre d’anticiper les crises alimentaires, sanitaires ou les catastrophes naturelles pour éviter qu’elles ne se transforment en chocs majeurs ; Renforcer les capacités de financement des pays partenaires pour les secteurs essentiels du développement durable tels que l’enfance, l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire et la nutrition ; Améliorer l’efficacité de l’aide au développement et promouvoir une nouvelle approche du développement ; Ouvrir et actualiser le cadre des partenariats internationaux, pour mieux prendre en compte l’ensemble des flux qui contribuent au développement et inclure de nouveaux partenaires. La France ayant fait le choix d’un G7 développement élargi, les ministres du développement du Brésil, de la Corée du Sud, de l’Inde, du Kenya, de la Côte d’Ivoire et du Maroc se joindront aux discussions. Trois questions à Eléonore Caroit, ministre chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger 1. Comment atténuer les effets de la guerre au Moyen Orient sur les pays les plus vulnérables ? La crise d’approvisionnement engendrée par la fermeture du détroit d’Ormuz et les dégâts importants et durables causés à des infrastructures pétrolières et gazières font peser des risques majeurs sur les pays les plus vulnérables. Parmi ces risques figure celui d’un choc pétrolier, une crise alimentaire et humanitaire, ou l’aggravation des difficultés financières des pays partenaires. Avec nos partenaires, nous travaillons à identifier des solutions pour aider les pays les plus vulnérables face à ces crises, en particulier les crises alimentaires. Nous discuterons également de la reconstruction des infrastructures dans les pays en situation de conflit car nous souhaitons promouvoir de nouvelles méthodes de coopération en matière de financement. 2. Comment réaffirmer l’exigence de solidarité envers les pays les plus vulnérables ? La lutte contre l’extrême pauvreté, le développement précoce, l’éducation, la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé doivent être des priorités de la solidarité internationale. La France veut soutenir les pays partenaires face aux risques de chocs sanitaires, en proposant une nouvelle approche du financement de la santé. Cette nouvelle approche a pour objectif le soutien à la mobilisation des ressources intérieures, la mobilisation des banques nationales de développement, et la coordination des financements de la santé avec les stratégies définies entre les pays partenaires et la Banque mondiale. La France veut aussi renforcer la mobilisation du G7 et de ses partenaires en faveur de la Coalition mondiale pour l’alimentation scolaire, une initiative lancée par la France et la Finlande en 2021 afin que chaque enfant dans le monde ait accès aux repas scolaires nécessaires pour bien apprendre et bien grandir. La France veut également aider la résilience des pays les plus vulnérables face aux catastrophes naturelles en renforçant les systèmes d’alerte précoces. La France annoncera ainsi un engagement de 3 millions d’euros et cherchera à mobiliser ses partenaires autour de l’initiative CREWS. Depuis plus de 10 ans, l'initiative CREWS contribue à renforcer la résilience de 77 pays, couvrant 80 % des pays les moins avancés et des petits Etats insulaires en développement. Aujourd’hui, elle pourrait assurer une couverture complète de ces pays avec des systèmes d'alerte précoce de base. 3. Comment faire face à la baisse des budgets dédiés au développement ? Nous souhaitons renforcer les capacités de financement de nos partenaires, gage d’indépendance et de souveraineté. Nous travaillons pour cela au soutien à la mobilisation des ressources intérieures ainsi qu’à la mobilisation des capitaux privés et à la finance mixte, ou encore à la mobilisation de mécanismes innovants, notamment des transferts de fonds et des investissements des diasporas. Cette approche, nous la soutenons dans les secteurs essentiels et moteurs du développement durable, de la souveraineté et de la résilience des pays partenaires comme la santé, l’éducation ou encore le développement rural. Nous engageons également un dialogue renforcé avec les banques publiques de développement, qui se réunissent le 29 avril dans le cadre d’un évènement du réseau finance en commun (FiCS), ainsi que les principales fondations. La Présidence du G7 a soutenu pour la première fois, la création d’un groupe d’engagement dédié, le F7. Photo: Judith Litvine/MEAE