Entretien de Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, avec « TF1 »

  • Politique étrangère

Entretien à la presse

Le : 09 avril 2026

Q - Nous accueillons Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d'Orsay, bonjour. 

R - Bonjour. 

Q - Merci d'être avec nous ce matin sur TF1. La France soutient ce cessez-le-feu annoncé cette nuit ?

R - Ça va dans la bonne direction parce que c'est à la fois un cessez-le-feu, une désescalade et puis un retour aux négociations. Ça va éviter de continuer cette déstabilisation régionale. Et puis, c'est ce que nous poussons depuis le début, ça va permettre de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.

Q - Ça, c'est un point essentiel, en effet, de l'accord. Vous espérez donc, j'imagine, que tout puisse reprendre du service, on va dire, en ce qui concerne les navires dans ce détroit ?

R - C'est trop tôt pour le dire, on verra bien. Ce qui est important, c'est d'avoir ces signaux de désescalade, et c'est ce que nous poussons depuis le début, c'est-à-dire, à la fois de pouvoir, comment dire, nous nous préparons à avoir une mission de liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, c'est-à-dire, grosso modo, une forme d'escorte militaire de bateaux civils, une fois que les bombardements, une fois que la partie intense de la guerre sera derrière nous. Donc c'est ce à quoi nous nous préparons. C'est ce que le Président avait proposé dès le 1er mars. Et nous avons eu plusieurs réunions, y compris avec une trentaine de pays désormais pour aller là-dessus. Et puis, par ailleurs, ensuite, aller vers la négociation et la diplomatie pour traiter les sujets de fond, de long terme, qui sont la résolution du programme nucléaire iranien, le sujet balistique et les proxies régionaux. 

Q - Je sens quand même de la prudence chez vous ce matin. 

R - Les annonces, elles sont toutes récentes. Par ailleurs, il faut aussi les éprouver dans les faits.

Q - Alors, nous avons aussi appris hier le retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris. Est-ce que vous pouvez nous dire où ils se trouvent en ce moment ? Est-ce qu'ils sont dans l'avion qui les ramène à Paris ?

R - Alors déjà, c'est une excellente nouvelle qu'ils soient sortis d'Iran. Donc ça, ils sont sortis d'Iran. Ils vont arriver dans quelques heures à Paris. 

Q - Via l'Azerbaïdjan ? 

R - Ils sont passés en Azerbaïdjan. En fait, ils sont sortis de l'ambassade hier matin tôt, avec plusieurs heures ensuite de trajet pour rejoindre la frontière avec l'Azerbaïdjan. Ils sont passés en Azerbaïdjan avec nos équipes diplomatiques, avec aussi le soutien de notre ambassade en Azerbaïdjan, bien sûr. Et donc là, ils sont en train de revenir.

Q - On s'est beaucoup interrogés sur le timing de cette sortie du territoire iranien, juste avant la fin de l'ultimatum fixé par Donald Trump. Qu'est-ce qui s'est passé ? J'imagine que vous ne pouvez pas tout nous raconter, mais pourquoi est-ce que le dialogue, finalement, a été maintenu jusqu'au bout entre Paris et Téhéran ?

R - Il faut avoir en tête que c'est plusieurs mois, années, ça fait trois ans et demi.

Q - Et cinq mois qu'ils sont coincés à l'ambassade.

R - Et ça fait presque cinq mois qu'ils sont coincés à l'ambassade. C'est un travail collectif avec à la fois le Centre de crise et de soutien, l'ambassade de France à Téhéran, une implication, et ça c'est absolument majeur dans ces cas-là, des autorités politiques, à la fois du président de la République, du ministre des affaires étrangères - il a eu à six reprises son homologue, le ministre Arraqchi, Jean-Noël Barrot, depuis le 1er mars dernier. Donc en fait, il y a une forme d'accélération ensuite des échanges, et il faut le voir comme un aboutissement de tous ces efforts et de longues conversations. 

Q - Merci beaucoup Pascal Confavreux.

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