Dialogue stratégique franco-émirien : la volonté de faire progresser les priorités communes réaffirmée lors d’une rencontre à Abou Dabi

  • Conflits

Déclaration conjointe

Le : 07 mai 2026

Introduction

Abou Dabi, 6 mai 2026. S’appuyant sur le partenariat stratégique de longue date entre la République française et les Émirats arabes unis, et sous la conduite d’Emmanuel Macron, Président de la République française, et de Mohamed bin Zayed Al Nahyan, Président des Émirats arabes unis, s’est tenue à Abou Dabi le 6 mai 2026 la 18e session du Dialogue stratégique franco-émirien.

Co-présidé par Martin Briens, secrétaire général du ministère de l’Europe et des affaires étrangères de la France, et Khaldoon Khalifa Al Mubarak, président de l’autorité exécutive des Émirats arabes unis, le Dialogue a souligné la volonté commune des deux pays de renforcer leur partenariat bilatéral exhaustif et tourné vers l’avenir dans un vaste éventail de domaines.

Au cours du Dialogue, les deux parties ont réaffirmé la force de leur partenariat stratégique de longue date et leur volonté de développer encore la coopération bilatérale dans des domaines clés, partageant l’ambition d’approfondir et d’étendre leur collaboration.


Section politique

Les deux parties ont condamné avec la plus grande fermeté les attaques odieuses et injustifiables de l’Iran contre les Émirats arabes unis, les États membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, la Jordanie et d’autres États de la région. Ces attaques, qui visent délibérément et indistinctement des populations et des infrastructures civiles, constituent une atteinte claire à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des pays concernés et une violation flagrante du droit international, notamment de la Charte des Nations Unies.

Rappelant la résolution 2817 (2026) du Conseil de sécurité des Nations Unies, les deux parties ont condamné toute action ou menace de l’Iran visant à fermer, entraver ou perturber la navigation internationale dans le détroit d’Ormouz ou à menacer la sécurité maritime dans le détroit de Bab el-Mandab, et elles ont déclaré que toute tentative visant à entraver le passage en transit licite ou la liberté de navigation dans ces voies de navigation internationales fait peser une grave menace sur la paix et la sécurité internationales. Elles ont rejeté les tentatives de l’Iran d’instrumentaliser ces corridors à des fins de coercition ou de prendre en otages l’économie et la sécurité énergétique mondiale au moyen de mesures unilatérales et illégales. Elles ont souligné que le détroit d’Ormouz devait rester ouvert à la navigation internationale sans contrainte financière ni aucune autre restriction. Elles ont salué les initiatives internationales visant à restaurer la liberté de navigation, notamment les prochaines actions du Conseil de sécurité des Nations Unies et de l’Organisation maritime internationale et les missions internationales proposées par la France et le Royaume-Uni.

Les deux parties ont mené des échanges fructueux sur les questions prioritaires de portée régionale et internationale. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de parvenir à une paix globale, juste, durable et fondée sur la solution des deux États entre les Israéliens et les Palestiniens, et elles ont salué les efforts de la France à cet égard. Elles ont salué l’accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël et ont souligné leur soutien à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. Elles ont réaffirmé leur pleine solidarité avec le peuple libanais et leur soutien au gouvernement et aux forces armées du Liban alors qu’ils s’efforcent de restaurer la paix et le monopole de l’État sur les armes. Elles ont à nouveau demandé une trêve humanitaire immédiate et inconditionnelle au Soudan et une résolution pacifique de la guerre qui mènerait à la création d’un gouvernement dirigé par les civils, et elles ont réaffirmé les principes énoncés dans la déclaration du 12 septembre 2025 du Quad.  Les deux parties ont souligné leur volonté d’appuyer une solution juste et durable à la guerre en Ukraine, conforme au droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies, notamment concernant le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale des pays. Elles ont salué les derniers efforts de facilitation déployés par les Émirats arabes unis pour l’échange de prisonniers entre l’Ukraine et la Russie, qui ont amené à 6 691 le nombre de prisonniers échangés.


Sous-comité économique

Les deux parties ont encouragé l’approfondissement de la coopération dans les domaines du commerce, des investissements, des services financiers, des infrastructures, de l’aviation, de l’intelligence artificielle, de l’énergie et de la sécurité alimentaire. Elles ont mis en avant les collaborations fructueuses entre les organismes français et émiriens, notamment entre Bpifrance et Mubadala, entre Bpifrance et d’autres acteurs français et MGX et G42 sur les infrastructures pour l’intelligence artificielle et entre les agences françaises et Masdar, ENEC, ADNOC, EWEC et MOEI dans les secteurs de l’énergie renouvelable, de l’énergie nucléaire, du gaz naturel liquéfié, des solutions à faible émission carbone et des infrastructures pour l’énergie et l’eau. Par ailleurs, les deux pays ont reconnu le secteur de l’aviation comme un pilier de leur relation économique, et ils ont mis l’accent sur l’importance de la coopération renforcée et du développement d’infrastructures de pointe, notamment le projet de l’aéroport international d’Al Maktoum, s’agissant desquelles le savoir-faire et les solutions français pourraient contribuer aux ambitions communes. De plus, les deux parties ont soutenu les échanges entre leurs autorités de l’aviation civiles concernant le développement du trafic aérien entre les deux pays, où les compagnies pourraient opérer si un terrain d’entente était trouvé. Elles ont également défini les possibilités de renforcement de la coopération dans les domaines de la propriété intellectuelle, de la sécurité alimentaire, de la recherche agricole et des partenariats avec des marchés tiers, et elles sont convenues de poursuivre leur action dans les domaines prioritaires afin de soutenir la mise en œuvre de projets stratégiques et d’obtenir des résultats tangibles.


Sous-comité culturel

S’agissant de la culture, les deux parties ont déclaré que le succès durable du Louvre Abu Dhabi était un pilier du partenariat entre la France et les Émirats arabes unis, évoquant de récentes expositions comme « Mamlouks : l’héritage d’un empire » et « Picasso, la Figure ». Elles ont par ailleurs poursuivi leurs discussions sur les préparations du dixième anniversaire du Louvre Abu Dhabi en 2027. Plus avant dans le domaine culturel et créatif, les participants ont mis en avant la coopération croissante dans l’artisanat, l’édition, les jeux vidéo et le cinéma, grâce à des initiatives dynamiques conformes aux priorités communes en lien avec le perfectionnement des talents, la structuration des écosystèmes et la création de contenu locale. Les deux parties se sont engagées à étudier les possibilités de renforcement supplémentaire de la coopération culturelle en 2026, mettant l’accent sur l’harmonisation institutionnelle, le renforcement des capacités et le développement à long terme des écosystèmes culturels durables et des échanges culturels.


Sous-comité sur l’énergie nucléaire

Les deux parties ont réaffirmé leur attachement à la poursuite de la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire, un accent particulier étant mis sur la règlementation, les opérations, le cycle du combustible, la gestion des déchets, la recherche et développement et les partenariats industriels. Les participants ont noté que la coopération dans ce domaine est en transition vers une phase plus avancée, axée sur la localisation, la durabilité et la force motrice concernant les technologies. D’autres domaines de progrès en lien avec la coopération nucléaire ont été évoqués, notamment l’élargissement du renforcement des capacités techniques, la poursuite de l’harmonisation en matières règlementaire et scientifique et le développement significatif de la coopération en matière de gestion des déchets.


Sous-comité sur l’espace

Les deux parties ont également réaffirmé leur détermination à approfondir encore leur coopération dans le domaine de l’exploration spatiale, des technologies avancées et des activités spatiales commerciales, tout en renforçant les liens entre les parties prenantes françaises et émiriennes. Elles ont souligné les progrès réalisés dans des domaines clés, notamment les missions lunaires Rashid, la coordination continue de leurs efforts en matière de connaissance de la situation spatiale au sein du Bureau des affaires spatiales de l’Organisation des Nations Unies et les progrès en matière de fabrication de satellites, de technologies de propulsion et dans des domaines émergents comme les communications optiques et les sciences de la vie dans l’espace. Plus largement, les deux parties ont réaffirmé leur détermination à créer un écosystème spatial intégré et compétitif en renforçant la coopération entre les organismes d’État, l’industrie, les instituts de recherche et les entreprises émergentes. Elles ont salué les discussions en cours sur des initiatives de développement des talents, notamment le projet ASPIRE dans le cadre du programme de technologie spatiale.


Sous-comité sur la santé

S’agissant de la santé, les deux parties ont réaffirmé leur attachement à l’approche « Une seule santé », dans le prolongement de la déclaration conjointe récemment adoptée lors du Sommet de Lyon, avec l’appui de la coopération entre les secteurs institutionnel et privé. Elles ont mis l’accent sur l’élargissement des partenariats de recherche et développement, notamment ceux qui favorisent le transfert de technologies et les échanges en matière de recherche et développement entre les autorités de santé françaises et émiriennes. Les participants ont également salué le programme franco-émirien de résidence en médecine et ils ont appelé à poursuivre ce partenariat et à l’étendre aux domaines des technologies de santé. Ils ont par ailleurs souligné les coopérations hospitalières actuelles qui font avancer la recherche clinique en oncologie, en neurogénétique et en pédiatrie. Les participants ont salué les efforts déployés pour intensifier la coopération économique dans le domaine de la santé, en soulignant la participation accrue d’entreprises françaises du domaine de la santé lors d’événements comme l’Exposition sur la santé mondiale organisée à Dubaï (World Health Expo Dubai) et en prenant bonne note de projets visant à renforcer la participation dans le cadre du Sommet sur l’avenir de la santé à Abou Dabi (Abu Dhabi Future Health Summit). Les discussions ont également mis en lumière les nouvelles perspectives de coopération renforcée dans le domaine de la santé mondiale et de l’innovation médicale.


Sous-comité sur l’éducation

S’agissant de l’éducation, les deux parties ont constaté les progrès significatifs accomplis concernant l’objectif de la feuille de route relative à la langue française 2020-2030, sachant que près de 20 000 élèves apprennent aujourd’hui le français dans les écoles publiques émiriennes. Les deux parties ont réaffirmé leur détermination à renforcer le programme en poursuivant les investissements dans l’élaboration des programmes d’enseignement et la formation des enseignants. Les participants ont également salué le développement du réseau d’écoles françaises aux Émirats arabes unis, qui accueillent aujourd’hui plus de 13 500 élèves dans neuf établissements accrédités, soit une augmentation de 6,5 % en un an. De plus, suite à la visite de la délégation du ministère de l’Éducation émirien à Paris en septembre 2025, les représentants des deux parties ont manifesté leur intérêt à échanger leurs points de vue et leur savoir-faire en matière d’innovation et d’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de l’éducation.

Concernant l’enseignement supérieur, les deux parties ont salué le succès durable de la Sorbonne Université Abou Dabi, qui fête son 20e anniversaire, en soulignant l’augmentation du nombre d’étudiants, l’essor de la publication de travaux de recherche et la coopération stratégique avec l’Université militaire de Zayed. Les participants ont également noté que la Sorbonne Université Abou Dabi a accueilli le Forum franco-émirien de la recherche et de l’innovation en février 2026, en partenariat avec le ministère français de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et le ministère émirien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le Forum a réuni des acteurs du monde universitaire, des instituts de recherche et des industriels des deux pays, ce qui démontre une forte convergence entre les deux pays dans les domaines stratégiques comme l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et l’espace.

Les représentants des deux parties se sont également félicités de l’élargissement continu de l’offre proposée par les établissements d’enseignement supérieur français aux Émirats arabes unis, notamment du nouveau programme de licence en stylisme de l’ESMOD, ainsi que des progrès réalisés par le programme de conception de jeux vidéo de Rubika à l’Université d’Abou Dabi, qui a accueilli sa première promotion en 2025 avec le soutien du Département de la culture et du tourisme d’Abou Dabi.


Conclusion

Pour conclure le 18e dialogue stratégique franco-émirien, les deux parties ont réaffirmé leur détermination à renforcer encore leur partenariat stratégique de longue date et à promouvoir leurs intérêts communs en poursuivant leur coopération étroite.
 

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