Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à l’issue de la troisième session du Comité de coopération transfrontalière (CCT)

  • Italie

  • Relation bilatérale

Conférence de presse

Le : 04 juin 2026

Merci beaucoup Monsieur le vice-président, cher Antonio, 

Ce fut un honneur de coprésider à tes côtés cette troisième édition du Comité de coopération frontalière entre la France et l'Italie, d'être accueilli par le président de la région autonome du Val d'Aoste et pour ton invitation, ton accueil dans ce cadre exceptionnel qui est le Fort de Bard. Nous sommes ici en effet dans un concentré de relations franco-italiennes. La langue française y a une histoire singulière qui s'exprime aujourd'hui dans un bilinguisme et une vivacité qui sont autant de gages d'intimité avec la France. Bonaparte a bien sûr laissé quelques traces en ces lieux et c'est aussi dans ces lieux qu'un jeune homme de 17 ans s'est inscrit dans ces pas avant de devenir Stendhal et d'épouser l'Italie au point d'y devenir diplomate. 

De part et d'autre des Alpes, il y a donc une proximité, une intimité qui s'incarne à travers les millions d'habitants des territoires frontaliers de France et d'Italie, les dizaines de milliers de travailleurs pendulaires. Pour reprendre les termes du traité du Quirinal, signé en 2021 par le président du Conseil italien et le président de la République française, la frontière terrestre franco-italienne constitue un bassin de vie continu où les populations françaises et italiennes partagent un destin commun. Servir un destin commun, telle est la raison d'être du comité que nous avons réuni aujourd'hui pour la troisième fois après Nice en février 2025 et Turin en 2024. Je veux rendre hommage à l'engagement collectif et personnel des acteurs français et italiens, élus, services de l'État, des collectivités qui agissent au quotidien pour nos concitoyens. Soyez assurés du soutien, chaque fois que cela est possible, du gouvernement français et des services de l'État à vos ambitions légitimes. 

Cet engagement porte ses fruits. Nous avons pu le constater avec les réalisations concrètes qui se sont matérialisées depuis notre dernier comité il y a 16 mois. En matière de transport terrestre, bien sûr, après les catastrophes naturelles des dernières années que personne n'a oubliées, les faits sont là : rétablissement du trafic du tunnel de Tende et de la liaison ferroviaire du Montseny ; ouverture du second tube du tunnel du Fréjus ; ratification de la nouvelle convention relative à l'exploitation de la ligne Cuneo-Breil-Vintimille, ligne sur laquelle nous devons maintenant engager les travaux qui permettront un retour à la normale, sans oublier naturellement le Lyon-Turin qui avance et qui est essentiel pour la décarbonation de nos économies. 

Nous allons continuer à œuvrer dans le même esprit de coopération, de concertation et de détermination pour la desserte de la gare de Vintimille, si importante pour nos travailleurs frontaliers, pour les connexions maritimes entre la Corse et la Sardaigne dans le respect des meilleurs standards sociaux et juridiques, pour mieux gérer la ressource en eau de notre bassin de vie frontalier. Nous appuyons les démarches des parties concernées et sommes prêts à faciliter les discussions. Et puis sur la question des forêts également, mentionnée aujourd'hui par le vice-président du Sénat de la République française, Loïc Hervé, lors de notre réunion. 

Un mot enfin sur nos démarches en faveur des contacts entre les jeunesses de nos deux pays et l'apprentissage de la langue du voisin. Là aussi, les initiatives sont nombreuses et les résultats prometteurs. Les missions de services civiques transfrontaliers franco-italiens en attestent. Nous ne relâcherons pas nos efforts. 

Coopération, concertation, interdépendance, solidarité de fait, autant de traits distinctifs d'une démarche intrinsèquement européenne. Vous me direz quoi de plus naturel ici, au cœur des Alpes, au carrefour de l'Europe ? Vous avez raison, mais il y a parfois une certaine vertu à rappeler les évidences. La France et l'Italie ont une responsabilité singulière dans le projet européen, comme Antonio Tajani l'a rappelé en introduction de notre réunion à travers leurs gouvernements, leurs parlementaires et leurs élus. C'est dans cet esprit de responsabilité et d'engagement que nous agissons avec Antonio Tajani en vue du sommet qui réunira les gouvernements et les dirigeants de nos deux pays et qui se tiendra à la fin du mois de juin, au début de l'été, et qui nous permettra d'approfondir cette relation déjà si étroite que nous voulons projeter dans les années et décennies qui viennent entre la France et l'Italie, pour que vive l'Italie, que vive la France, que vive l'amitié entre la France et l'Italie. 

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