Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN Suède OTAN Déclaration à la presse Le : 22 mai 2026 Bonjour à toutes et tous, je suis très heureux d'être aujourd'hui à Helsingborg, en Suède, quelques mois, quatre mois après mon dernier déplacement à Malmö où je m'étais rendu à bord du Charles de Gaulle avec les autorités suédoises et surtout quelques jours après la décision historique qui a été prise par ces autorités de se tourner vers la France et vers Naval Group pour l'acquisition de frégates militaires pour un montant de quatre milliards d'euros. C’est évidemment une nouvelle majeure pour l’industrie de défense européenne, pour l’industrie de défense française et pour le chantier naval de Lorient. Une décision historique qui fait suite à une décision qu'avait pris la France de faire confiance à Saab, producteur suédois, pour les avions d'alerte aérienne dont la France a fait l'acquisition. Vous voyez là que par l'acquisition réciproque d'équipements militaires, la France et la Suède démontrent la force de leur partenariat et illustrent la capacité qu'ont les Européens à développer une base industrielle et technologique de défense. Un partenariat entre la France et la Suède qui s'approfondit, qui se renforce au fil du temps en matière opérationnelle, en matière capacitaire, mais aussi en matière stratégique, puisque la Suède fait partie des huit pays qui, à ce jour, ont engagé, à l'invitation du président de la République, un dialogue stratégique dans le cadre de la dissuasion avancée que le président de la République a annoncée lors de son discours de L'Île longue du 2 mars dernier. Des nouvelles dont je me réjouis et qui contribuent à rendre l'Europe plus forte au service d'une OTAN elle-même plus forte. Je salue l'adoption il y a quelques jours par l'Assemblée nationale en première lecture de l'actualisation de la Loi de programmation militaire avec 36 milliards d'euros de dépenses militaires supplémentaires entre 2026 et 2030, qui nous permettent de tenir la trajectoire et les engagements que nous avions pris au sommet de La Haye l'année dernière. Parce que dans le monde dans lequel nous vivons, nous avons plus que jamais besoin de ces mécanismes de solidarité qui nous lient avec nos principaux partenaires et voisins. De ce point de vue-là, les appels de certains responsables politiques français à un retrait de l'OTAN sont évidemment déraisonnables et totalement inconséquents. D'abord, parce que je le disais, la menace grandit. Certains de nos partenaires, je pense en particulier aux États baltes ces derniers jours, sont harcelés en continu par l'agressivité de la Russie et ils vivraient comme une trahison une telle prise de distance avec une organisation qui, depuis 1949, nous a permis de dissuader, d'écarter toute forme de menace. D'autre part parce qu'au moment où les États-Unis d'Amérique réévaluent le niveau de leur engagement, de leur présence sur le continent européen au sein de l'Alliance, c'est précisément l'opportunité pour la France et pour les Européens d'y développer leur vision, d'y développer leurs capacités, bref, d'européaniser l’OTAN. Et puis enfin parce que la présence solide, forte, de la France au sein de l'OTAN n'est en aucun cas incompatible avec d'autres initiatives que la France a pu prendre ces derniers mois. Je pense notamment à la Coalition des volontaires que la France et le Royaume-Uni ont rassemblée, qui s'est réunie le 6 janvier dernier avec une planification militaire sans équivalent dans notre histoire récente qui permettra de garantir, une fois que la paix en Ukraine aura été trouvée, qu'elle soit véritablement durable. Une coalition de pays qui dispose d'un quartier général qui se trouve au Mont-Valérien à Paris, le quartier général de la « force multinationale Ukraine ». Autre exemple, c'est le déploiement sans équivalent dans notre histoire récente de capacités militaires par la France en Méditerranée orientale dès les premiers jours de la guerre en Iran, avec comme premier objectif la protection de nos compatriotes, mais également la protection de nos partenaires, de nos alliés qui sont aussi les partenaires de la plupart des pays de l'OTAN. Ce déploiement de capacités démontre la capacité qu'a la France à tenir ses engagements, à être également une puissance de paix qui assure par cette capacité à prendre des initiatives, la paix et la sécurité. Et puis le dernier exemple que je voudrais citer, qui, à mon sens, est très important, c’est l’initiative que le président de la République a lancée pour faciliter la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, en réunissant là encore une coalition pour former une mission internationale de pays volontaires mettant en commun des capacités militaires de déminage et d'escorte, de manière à ce qu’une fois que les conditions le permettront dans le détroit d'Ormuz, dans une posture strictement défensive et en coordination avec les pays du détroit, la reprise du trafic soit la plus rapide possible. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce qu’il se passe à Ormuz, le Premier ministre l'a rappelé hier, a des conséquences très directes sur la vie quotidienne des Françaises et des Français, sur la vie de nos entreprises. Ces conséquences doivent être limitées et c'est la raison pour laquelle cette mission internationale a tant d’importance. --- Q - On these efforts we just discussed, are you surprised the US are still expressing disappointment in the efforts of European countries regarding the strait of Hormuz, given that you are preparing this coalition of the willing for when you believe the time is right? R - We have been in close contact with the US administration on this international mission every step of the way and I sense a true recognition of the value of such a gathering of countries putting together their military capacities in demining and escorting for the resumption of maritime traffic to be as swift as possible because everybody knows it, everybody feels it, the blockage of the strait of Hormuz, which is unacceptable in any circumstances and unjustifiable, has consequences on the daily lives of our co-citizens on each side of the ocean. Q - (inaudible) du gouvernement américain deviennent de moins en moins prévisibles (inaudible) ? R - Je vous le disais, la révision par les États-Unis de leur niveau d'engagement sur le continent européen au sein de l'Alliance n'est pas une nouvelle récente. Cela fait maintenant des années que les États-Unis le disent, que l'Alliance s'y prépare et que les Européens, depuis quelques années, prennent toutes leurs responsabilités. J'y vois là une opportunité de renforcer la place de l'Europe au sein de l'Alliance, d'européaniser cette Alliance, d'y développer nos capacités, nos visions, de prendre nos responsabilités, une Europe plus forte dans une Alliance plus forte. Q - Mais est-ce que c'est le meilleur moyen de faire les choses en annonçant sur les réseaux sociaux des retraits puis des ajouts de troupes ? Est-ce que c'est la meilleure façon de traiter les alliés ? Qu'est-ce que vous allez demander là-dessus ? R - Vous savez, si je suis là aujourd'hui, ce n'est pas pour commenter des messages sur X, c’est précisément pour aborder avec l'ensemble des États membres de cette Alliance la manière dont nous prenons, nous, Européens, une part plus importante de nos responsabilités. Je vous remercie donc pour vos questions.