Conférence de presse du Quai d'Orsay - 21 mai 2026 - Propos liminaire Attractivité OTAN Conférence de presse Le : 21 mai 2026 Attractivité Nous nous félicitons d’abord aujourd’hui que la France soit, pour la septième année consécutive, la première destination européenne pour les investissements étrangers selon le baromètre EY. Dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement économique et l’intensification de la concurrence internationale, cette performance confirme la solidité des fondamentaux français, tout en soulignant la nécessité de défendre et renouveler ce leadership dans un contexte devenu plus exigeant. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’accueillir à Paris le sommet Choose France le 1er juin. OTAN Je l’indiquais à l’instant : le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se rend aujourd’hui en fin d’après-midi à Helsingborg, en Suède, pour participer demain à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN. Cette réunion permettra de préparer, avec les Alliés, le Sommet d’Ankara qui se tiendra les 7 et 8 juillet prochains au niveau des chefs d’État. Elle sera l’occasion d’aborder des enjeux majeurs, pour la France et l’Europe, dans un moment d’instabilité internationale – et alors que pour la première fois, tous les membres de l’Alliance ont atteint un niveau de dépenses militaires d’au moins 2% du PIB. La France insistera sur quatre points : les dépenses de défense, la posture, le soutien à l’Ukraine, et l’Iran. Sur l’Ukraine tout d’abord. Parce que nous voulons redire combien la France se tient aux côtés de l’Ukraine, qui a subi il y a quelques jours la plus importante vague de bombardements de ces quatre dernières années, et qui continue à faire face à des attaques russes. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les bombardements massifs de la Russie contre la population et les infrastructures civiles, qui témoignent une nouvelle fois du mépris total de Moscou pour les efforts entrepris en faveur de la paix. Ces frappes cyniques, deux jours seulement après la fin du cessez-le-feu temporaire, violent une nouvelle fois le droit international. Tous les moyens sont bons, pour la Russie, pour susciter l’escalade de ce conflit. À commencer par les manipulations de l’information concernant le rôle qu’auraient joué les pays baltes dans les attaques de drones ukrainiens. Nous dénonçons sans équivoque ces manipulations et les menaces de la Russie à l’encontre des États baltes. Ces intimidations intolérables rencontreront toujours une réponse européenne claire, forte et unie. Ce point sur l’Ukraine sera primordial, ensuite, parce que la sécurité de l’Ukraine est intrinsèquement liée à celle de l’Alliance atlantique. Céder en Ukraine, ce serait affaiblir l’OTAN. Nous devons tenir une posture ferme et unie face à la Russie. Nous nous réjouissons que le prêt européen de 90 milliards d’euros ait été débloqué, qu’il donne de la visibilité à l’Ukraine sur la durée dans sa défense face à la Russie, et qu’il se traduise dès à présent par des achats au profit des forces armées ukrainiennes. Le renforcement du pilier européen de l’OTAN ensuite : les Européens doivent être acteurs de leur défense et prendre une part plus importante dans le partage du fardeau transatlantique. Il s’agit en pratique de contribuer dans tous les domaines, et la France s’y emploie : - Nous dépensons plus pour notre défense. L’actualisation cette semaine par le Parlement de la loi de programmation militaire nous place dans la trajectoire agréée à La Haye. Nous avons ajouté 36 milliards d’euros pour porter notre effort à 440 milliards d’euros sur la période 2026-2030 ; - La France souhaite que nos dépenses collectives se traduisent par une posture de défense et de dissuasion plus pro-active, comme le fait la France à travers sa dissuasion nucléaire avancée à laquelle 8 Alliés participent, annoncée par le Président de la République dans son discours de L’Île Longue. Cet effort, distinct et complémentaire de la mission nucléaire de l’Alliance, viendra compliquer les calculs de l’adversaire. C’est dans cette optique que nous voulons construire un pilier européen fort au sein de l’Alliance, en nous appuyant sur les initiatives ambitieuses de l’Union européenne pour renforcer nos capacités industrielles, à travers notamment la création d’instruments importants comme EDIP et SAFE. - Sur le Moyen-Orient enfin, bien que la région n’entre pas dans le cadre du traité de l’Atlantique nord : la réunion ministérielle sera l’occasion pour le ministre Jean-Noël Barrot d’appeler tous les pays à contribuer au déploiement d’une mission militaire multinationale indépendante et strictement défensive, visant à garantir la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette mission doit permettre de rétablir la liberté de navigation, stabiliser les marchés de l’énergie et éviter une récession d’ampleur mondiale. Une réunion s’est tenue à l’Élysée le 17 avril dernier avec une cinquantaine d’États. Depuis, les travaux se poursuivent, tant au niveau diplomatique que de planification militaire. Les Européens doivent assumer leurs responsabilités au Moyen-Orient et ils sont prêts à le faire au travers de cette mission.