Conférence de presse du porte-parole du 2 juillet 2026

  • Politique étrangère

Conférence de presse

Le : 02 juillet 2026

1 - Agenda du pôle ministériel  

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, effectue depuis le mercredi 1er juillet un déplacement au Brésil puis en Guyane, aux côtés de M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.

La visite du Ministre au Brésil s’inscrit dans le prolongement des échéances bilatérales de haut-niveau entre nos deux pays, notamment la visite du Président de la République au Brésil en 2024 et celle du président Lula en France en 2025. La visite de Jean-Noël Barrot au Brésil s’est tenue autour de trois priorités : 

- le renforcement du partenariat stratégique bilatéral dans les domaines de la défense, de l’industrie et de l’innovation ; 

- notre engagement commun en faveur du multilatéralisme et du droit international ;

- la sécurité de nos concitoyens et le renforcement de l’intégration régionale de la Guyane française.

Au Brésil, Jean-Noël Barrot s’est entretenu avec son homologue brésilien, M. Mauro Vieira, et a signé plusieurs accords de coopération parmi lesquels une feuille de route visant à renforcer la coopération franco-brésilienne en matière policière, judiciaire, de lutte contre le narcotrafic et contre l’immigration illégale. 

Par la suite, Jean-Noël Barrot et Jean-Didier Berger se sont rendus à la frontière que le Brésil partage avec la Guyane française, où ils ont rencontré les forces de sécurité brésiliennes et françaises mobilisées sur les défis sécuritaires de cette zone frontalière. Je rappelle que la France et le Brésil partage la plus longue frontière à cet endroit-là. 

Ce jeudi 2 juillet, Jean-Noël Barrot participera à la Conférence régionale de sécurité organisée en Martinique, dans le cadre de notre présidence du G7, aux côtés de Mme Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, et de M. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur. Dans ce contexte, le Ministre s’entretiendra notamment avec ses homologues du Suriname et de Trinité et Tobago. 

Cette Conférence régionale de sécurité entend mobiliser l’ensemble des acteurs étatiques et organisations compétentes dans la Caraïbe afin de construire une vision commune des enjeux et de la menace que font peser la criminalité organisée et les trafics illicites dans la région. Cette conférence vise ainsi à renforcer notre coopération sécuritaire, au niveau bilatéral et régional. Il s’agit d’une illustration concrète de l’engagement et de la détermination de la France, dans la lignée de la déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 à Évian sur la lutte contre le trafic de drogues, publiée le 17 juin. À ce titre, une déclaration politique, l’Appel de la Martinique, sera adoptée à l’issue de la Conférence régionale de sécurité. Elle constitue un signal fort d’engagement et de mobilisation collective, qui traduit une conviction commune : aucun pays ne peut faire face seul à la montée en puissance des réseaux criminels transnationaux.

Le vendredi 3 juillet, le Ministre participera à la 26e édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Il aura l’occasion de s’adresser à la presse pour évoquer notamment le rôle du ministère en matière de diplomatie économique et la manière dont le ministère s’adapte aux défis d’aujourd’hui et de demain. La prise de parole devrait intervenir en fin d’après-midi, demain. 

Le mardi 7 et le mercredi 8 juillet, Jean-Noël Barrot accompagnera le Président de la République au sommet de l’OTAN à Ankara, en Turquie. 

Le ministre délégué chargé de l’Europe, M. Benjamin Haddad, participe ce jeudi 2 juillet à la 26e édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Le samedi 4 juillet, il se rendra à Barcelone à l’occasion du départ des 184 coureurs du Tour de France. 

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, M. Nicolas Forissier, effectue ce jeudi 2 juillet un déplacement dans le Cher. Il a ouvert ce matin les Journées internationales de la direction générale du Trésor, à Bercy. Il se rendra la semaine prochaine au Cambodge et en Malaisie, pays membres de l’ASEAN, pour poursuivre l’approfondissement de nos relations dans des secteurs économiques stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, la santé, l’économie circulaire, ou encore les minerais critiques.

La ministre déléguée à la Francophonie, aux partenariats internationaux et aux Français de l’étranger, Mme Éléonore Caroit, participait ce matin à l’ouverture du conseil d’administration d’UNITAID. Mardi 7 juillet, elle s’entretiendra avec Arnoldo André Tinoco, ministre des Relations extérieures et du Culte du Costa Rica, et sera le lendemain, mercredi 8 juillet, en audition à l’Assemblée nationale concernant l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger. 

2 - Questions/réponses  

Q - J'ai deux questions. Premièrement, Monsieur le Ministre se rend également à Ankara, vous l'avez dit. Pourriez-vous nous donner des informations sur l'ordre du jour ? Apparemment, une réunion des ministres des Affaires étrangères aura lieu pendant le sommet. 

Deuxièmement, deux sujets sont en discussion concernant la déclaration finale de l'OTAN. Premier sujet, l'Albanie. L'Albanie sera le prochain lieu pour le sommet de l'OTAN. Il y a un débat sur l'Albanie parmi les alliés. Et puis deuxièmement, concernant encore la déclaration finale, la question de savoir si le soutien de l'Ukraine sera dans la déclaration finale comme le G7. Est-ce que vous avez des informations là-dessus ? Pour l'instant, c'est en état de discussion, apparemment, parmi les alliés. 

R - Je n'ai pas plus d'éléments concernant le programme. Le programme sera confirmé dans les prochains jours, mais je comprends qu'il est encore en discussion, et une communication sera faite à la presse lorsque le programme sera stabilisé, y compris pour une éventuelle réunion des ministres des Affaires étrangères. Je n'ai pas d'éléments à vous communiquer. 

Et en ce qui concerne la tenue du prochain sommet en Albanie, même réponse. Ce sera certainement l'objet des discussions à Ankara, et donc les conclusions de cette discussion seront rendues publiques le moment venu. 

Ensuite, en ce qui concerne la déclaration finale de l'OTAN, c'est là aussi un sujet qui fait l'objet de discussions en ce moment. En tous les cas, le soutien de l'Ukraine est un des objectifs de la France lors du sommet. Nous les avions précisés la semaine dernière, mais je peux vous les rappeler. Il y a évidemment à apporter un soutien renforcé à l'Ukraine, soutien qui doit s'inscrire dans la durée et repose sur des moyens financiers, militaires et industriels. Au-delà de cette priorité, démontrer la cohésion et l'unité de l'Alliance. C'est un enjeu très important. Promouvoir aussi l'européanisation de l'Alliance, dans la logique d'une Europe plus forte, dans une NATO plus forte. Et enfin, en lien avec l'Ukraine, réaffirmer aussi la centralité de la menace russe pour l'Alliance et dénoncer les agissements et exercer une pression continue sur la Russie. Donc l'Ukraine sera à l'ordre du jour. Pour la France, ce sera une priorité. Quant à savoir si ce sera dans la déclaration, ça... Les prochains jours nous le diront.

Q - L'organisation maritime internationale des Nations unies a déclaré récemment qu'environ 80 mines restent dans le détroit d'Ormuz, ce qui inquiète les armateurs et les équipages chargés de transporter le pétrole, le gaz et d'autres marchandises du Moyen-Orient vers le marché mondial. Où en est-on aujourd'hui du plan franco-britannique pour commencer le déminage dans le détroit, dans le cadre d'une mission multinationale, défensive et pacifique ? 

R - Cette mission, vous le savez, nous y travaillons depuis plusieurs mois avec nos partenaires britanniques, mais aussi avec d'autres pays. Nous nous sommes montrés disposés à la déployer le moment venu. Ensuite, nous échangeons avec l'ensemble des partenaires de la région. Et la visite, en ce début de semaine, du sultan d'Oman a permis d'avancer dans les préparatifs de la mission multinationale que nous portons, je vous le rappelle, avec une trentaine d'États partenaires. Pour nous, ce qui est important, à la suite du mémorandum d'entente qui a été agréé entre les États-Unis et l'Iran, c'est la réouverture du détroit d'Ormuz, et ce, dans des conditions de sécurité. Pour nous, il est important de rendre crédible la réouverture de ce détroit. Et dans ce contexte, les actions de déminage par l'engagement d'un tiers de confiance sont très importantes. Et notre mission multinationale peut jouer ce rôle de crédibilisation de la réouverture. Je ne peux pas vous en dire davantage, mais sachez qu'en tout cas, les discussions se poursuivent avec nos partenaires britanniques, avec les pays de la région et avec les États partenaires à cette mission multilatérale.

Q - Deux questions aussi. La première à propos du ressortissant franco-tunisien Mourad Zeghidi, le journaliste détenu depuis mai 2024 en Tunisie. Ce journaliste a envoyé une lettre ouverte au président Kaïs Saïed hier, lui demandant sa libération. Qu'est-ce que font ou peuvent faire les autorités françaises pour aider à la libération de ce ressortissant emprisonné ? 

Et deuxième question sur un autre cas individuel qui est celui de Christophe Gleizes, journaliste aussi, détenu lui en Algérie. Il y a eu, comme vous l'avez vu sans doute, une démarche du PNA, du parquet national antiterroriste, requérant la remise en liberté d'un agent consulaire [algérien] qui, pour faire court, a des éléments qui pourraient être débloquant dans le cas du dossier Christophe Gleizes, puisque c’était un agent consulaire qui est fortement demandé par Alger. Est-ce que ce mouvement judiciaire en France peut, selon vous, aider ou créer un contexte un peu favorable à la remise en liberté de Christophe Gleizes ?

R - Concernant votre première question, concernant le journaliste franco-tunisien Mourad Zeghidi, nous continuons à suivre très attentivement sa situation. Il est en détention depuis mai 2024, vous l'avez dit. Et donc, dans ce contexte, nous avons pris connaissance avec préoccupation de la confirmation en appel, le 12 mai dernier, de sa condamnation à trois ans et demi de prison, après avoir purgé une première peine de huit mois pour diffusion de fausses nouvelles. Et en ce qui concerne l'action de la France à son égard, notre ambassade à Tunis et nos services consulaires sont pleinement mobilisés pour notre concitoyen, et plusieurs démarches ont été effectuées auprès des autorités tunisiennes pour que les droits de notre compatriote soient respectés. Comme pour chacun de nos ressortissants détenus à l'étranger, nous assurons sa protection consulaire et nous maintenons un dialogue étroit et régulier avec les autorités à Tunis sur sa situation, évidemment dans le plein respect de la souveraineté tunisienne. Sachez qu'une nouvelle visite consulaire lui sera rendue dès que possible pour s'assurer de ses conditions de détention et de son état de santé. 

En ce qui concerne votre seconde question et la situation de notre compatriote et de votre confrère Christophe Gleizes, je ne ferai pas de commentaires sur le lien avec les démarches du parquet national antiterroriste. C'est entre les mains du parquet et je n'ai pas de commentaires à faire, sachant que pour notre part, nous restons pleinement mobilisés pour apporter assistance à notre compatriote. Nous avons pu effectuer une visite consulaire et la prochaine visite devrait avoir lieu bientôt. Notre souhait, bien sûr, est qu'il puisse rentrer au plus vite en France. Je profite de votre question pour saluer le courage de sa famille ainsi que la mobilisation collective, notamment le geste d'accréditation de la FIFA à l'occasion de la Coupe du Monde, qui sont des soutiens extrêmement précieux dans ce contexte. 

Q - J'ai quelques questions. D'abord, je vais revenir sur la question d’Ormuz. Il y avait quand même cette déclaration de l'Iran comme si, en fait, ils ne veulent pas de la France dans cette histoire de déménage. Comment vous répondez à cette déclaration de la part de Téhéran ? Et sur le même sujet, est-ce que vous dites que vous êtes en dialogue avec tous vos partenaires ? Est-ce que vous êtes en dialogue avec les Américains ? Est-ce que les Américains, ils ont dit, d'accord, pour nous c'est d'accord, ce n'est pas nous qui allons le faire ? Est-ce que vous avez des consignes comme si les Américains sont d'accord de laisser la place à cette coalition à poursuivre cette mission ? Ça, c'est un sujet. 

Et le deuxième sujet, c'est la visite en Syrie du Président, à Damas. Est-ce que le Ministre est censé l'accompagner ? Et d'ailleurs, quelle est la situation de l'ambassade, qui était officiellement ouverte, mais qui n'est pas vraiment ouverte ? 

Et dernière petite question, où est-ce qu'on en est avec la conférence de soutien de l'armée libanaise ? Toujours pas de date, toujours pas de quelque chose de concret ? 

R - Concernant votre première question sur Ormuz, nous avons pris note des déclarations publiques de l'Iran sur ce sujet. Nous sommes en contact avec les Iraniens sur différents sujets, notamment sur le détroit d'Ormuz. Nous sommes aussi en contact avec les États-Unis sur le sujet. Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, a échangé par téléphone avec son homologue encore hier pour discuter de ce sujet. Ensuite, les discussions se poursuivent. Je ne vais pas faire état ici de leur contenu, puisque c'est évolutif et qu'elles n'ont pas encore abouti, mais elles se poursuivent. Et sachez que nous sommes extrêmement engagés pour trouver une solution. Dans tous les cas, nous ne pouvons pas accepter la mise en place d'une gestion unilatérale du détroit qui serait contraire aux droits et ne respecterait pas les principes de la liberté de navigation. Et donc, c'est dans ce contexte que nous poursuivons nos contacts avec les autorités iraniennes, mais aussi avec l'ensemble des partenaires. 

Pour ce qui est du déminage, la France a des capacités...

Q - Il n'y a pas de réaction à cette déclaration iranienne, donc en fait, il n'y a pas...

R - Vous savez, il y a des déclarations plusieurs fois par jour de différents partenaires. Nous ne réagissons pas à chaque réaction, et cette conférence de presse est l'occasion pour nous de réagir à votre question et de réagir par la même occasion. En tout cas, pour ce qui concerne le déminage, nous avons des capacités d'effectuer une mission de déminage avec nos partenaires, et nous estimons qu'il y a une complémentarité possible entre les capacités des différents acteurs, que ce soit celles de la France et celle des États-Unis. 

En ce qui concerne votre deuxième question sur une visite du Président de la République en Syrie, je vous renvoie vers l'Élysée. Moi, je n'ai pas d'éléments concernant une telle visite. Et ensuite, pour ce qui concerne l'agenda du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, nous pourrons en faire état le moment venu. Mais à ce stade, je n''ai pas d'élément de réponse. 

Et en ce qui concerne enfin votre troisième question sur la conférence en soutien à la souveraineté du Liban, nous l'avons dit à plusieurs reprises, nous sommes prêts à mobiliser la communauté internationale au profit de la souveraineté du Liban. Je réponds tout de suite à votre question, la date n'est pas encore fixée, mais nous y travaillons et nous avons indiqué évidemment que nous étions à disposition pour mobiliser la communauté internationale en soutien. 

Et vous aviez une question sur notre ambassade à Damas. Vous le savez, notre ambassade a rouvert, mais elle opère depuis Beyrouth. Le personnel de l'ambassade effectue des missions très régulières à Damas et l'ambassade fonctionne. Ensuite, vous imaginez bien qu'après une longue période de fermeture, il y a des vérifications nécessaires pour que les bâtiments soient utilisables, pour que l'ambassade puisse fonctionner à plein régime depuis Damas. Et donc, c'est le travail que nous sommes en train de faire collectivement pour le fonctionnement de notre ambassade à Damas. Mais à ce stade, le fonctionnement est celui que je viens de vous décrire. 

Q - J'ai une question aussi sur la Syrie. Aujourd'hui, le chef de la diplomatie syrienne rencontre l'allié du Hezbollah au Liban. Je voulais savoir si vous aviez des commentaires à ce sujet. 

Et sur un tout autre pays, le Burkina Faso, je voudrais avoir des éléments de compréhension sur ce qui se passe maintenant que les relations diplomatiques sont rompues à la demande des Burkinabés. Est-ce que l'ambassade va être fermée ou est en cours de fermeture ? Est-ce que les agents sont rapatriés ? Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement quelles sont les conséquences de cette rupture de relations diplomatiques ?

R - Concernant votre première question sur la Syrie et le déplacement du ministre des Affaires étrangères syrien au Liban, tout d'abord, je voudrais saluer et soutenir les négociations syro-libanaises, qui sont nécessaires pour un règlement durable des sujets, notamment le tracé de la frontière syro-libanaise. Ensuite, je n'ai pas de commentaires à faire sur les contacts de la diplomatie syrienne. Le choix de leurs interlocuteurs leur appartient. 

En ce qui concerne votre deuxième question sur le Burkina Faso, vous le savez, nous avons pris position publiquement, en fin de semaine dernière, après la décision unilatérale du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France. Nous avons pris acte de cette décision, que nous regrettons, que nous considérons comme une décision hostile et sans fondement, et qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè. Nous en avons tiré les conséquences. Et donc, en ce qui concerne nos collègues sur place, je n'ai pas d'éléments à vous communiquer pour le moment, mais ce que je peux vous dire, c'est que nous allons réadapter notre dispositif sur place. Je ne suis pas en mesure de vous en dire davantage aujourd'hui, mais nous serons certainement en mesure de communiquer prochainement.

Q - Sur la fermeture de l'ambassade, est-ce qu'une rupture implique nécessairement la fermeture de l'ambassade ? Et je pense que vous avez pris connaissance de ce communiqué qui a circulé, des armées au Burkina, accusant la France d'avoir été derrière des attentats récents au Burkina.

R - Alors sur votre première question, je l'ai indiqué, nous étudions la réadaptation de notre dispositif diplomatique. Je ne peux pas vous en dire davantage. 

Sur votre deuxième question, les allégations qui ont été rendues publiques sont complètement fausses. Nous condamnons fermement toutes les attaques terroristes ainsi que les exactions commises à l'encontre des civils au Sahel, et nous réitérons notre plein soutien aux populations qui sont, vous le savez, les premières victimes de la crise en cours. L'engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme à travers le monde est connu de tous. Je tiens à rappeler que la France a joué tout son rôle pour faire reculer le terrorisme au Sahel, aux côtés des armées de la région et à la demande des autorités locales. Et que d'ailleurs, elle en a lourdement payé le tribut. Je souhaite à cette occasion rendre hommage à nos soldats tombés en combattant les groupes terroristes au Sahel. Nous avons par la suite retiré nos forces, consécutivement aux décisions souveraines d'États qui ne souhaitaient plus leur présence, mais nous maintenant toutefois une coopération avec les États de la sous-région qui en sont demandeurs, sur la base de l'expression claire de leurs besoins, y compris pour la lutte contre le terrorisme.

Q - J'ai encore une question sur Ormuz. Par rapport en particulier à ce que vous aviez dit, en réponse tout à l'heure à mon collègue, vous avez dit que la mission est prête à se déployer au moment venu. Est-ce que vous pouvez expliciter le moment venu ? Parce qu'il y a quelques semaines, on entendait dire quand la sécurité le permettrait, quand le niveau de menace serait moins élevé. Aujourd'hui, il y a un niveau de menace moins élevé. Donc, en fait, c'est quoi le moment venu ? Est-ce que c'est lié aux conditions sécuritaires ou c'est plus des conditions politiques ? 

Vous avez aussi dit que vous portez cette mission avec une trentaine d'États partenaires. Avant, c'était une cinquantaine, puis une quarantaine, maintenant une trentaine. Pourquoi est-ce que ce chiffre diminue ? Est-ce qu'il y a des pays qui se retirent ? 

Ensuite, lundi, avec le sultan d'Oman, la France a dit qu'ils travailleraient ensemble au déménage. Donc, Oman a clairement dit oui. Est-ce que vous envisagez, si l'Iran campe sur sa position, de faire des opérations juste dans les eaux omanaises ? Est-ce que ça, c'est une possibilité ? 

Et enfin, au moment où se on se parle, il y a eu une explosion à Damas, dans un café, selon l'agence SANA, avec des blessés. Je sais qu'on parle beaucoup d'une visite potentielle du Président, du Ministre en Syrie. Est-ce que les conditions de sécurité sont réunies ? 

R - Pour répondre à votre dernière question, j'ai déjà répondu sur l'agenda du Président de la République. Sur les conditions de sécurité en Syrie, j'apprends à l'instant, puisque vous me le dites, cette explosion. à Damas. Je ne vais pas faire de commentaires. 

Sur vos différentes questions, sur le moment venu, il faut évidemment qu'il y ait un momentum sécuritaire et politique. Il y a des discussions en cours avec les parties prenantes et les partenaires pour la planification de cette mission. Ces discussions avancent bien, mais le déploiement de cette mission, il est aussi soumis à une décision politique. Et donc, c'est l'objet des discussions que l'on a avec nos partenaires en ce moment même. 

Sur votre deuxième question, pourquoi une trentaine ? Je n'ai pas de réponse. On va vérifier et on reviendra vers vous un peu plus tard, parce que je n'ai pas d'éléments de réponse à vous apporter. Et en ce qui concerne le possible déploiement d'une mission dans les eaux omanaises, c'est l'objet des discussions en cours. L'objectif premier de cette mission, c'est de permettre la réouverture complète du détroit et de permettre de rassurer les différents acteurs, notamment les armateurs. Et donc, nous nous réjouissons d'avoir pu obtenir des points d'accord avec nos partenaires omanais, mais qui ne se limitent pas à ce sujet. Évidemment, je vous renvoie à la déclaration conjointe, mais les discussions se poursuivent avec d'autres partenaires. Et c'est sur cette base que nous pourrons définir les contours et la géographie du déploiement de la mission. 

Q - Dans votre déclaration sur l'entretien téléphonique entre le Ministre, M. Barrot, et son homologue américain, vous dites que la France a réaffirmé sa disponibilité pour contribuer à la mise en œuvre de l'accord-cadre entre le Liban et Israël. Mais nous avons l'impression, depuis un certain temps, que la France est écartée de ce dossier, écartée par Israël. L'ambassadeur israélien à Washington disait il y a deux mois « nous voudrions garder les Français aussi loin que possible de toute négociation avec le Liban ». Quel est aujourd'hui le rôle de la France dans ce dossier des négociations entre le Liban et Israël ? 

R - Alors vous faites référence à une déclaration d'il y a deux mois. Vous savez qu'en deux mois, il s'est passé beaucoup de choses. Le ministre Jean-Noël Barrot, à l'époque, avait réagi et je ne vais pas revenir sur ses déclarations. Depuis, vous le savez aussi, la France a été extrêmement mobilisée, justement pour que la situation au Liban ne soit pas exclue des discussions entre les États-Unis et l'Iran. Nous avons veillé à ce que la question de la situation au Liban ne soit pas exclue et soit pleinement prise en compte, puisque la situation au Liban est extrêmement préoccupante. Nous avons toujours montré notre disponibilité à aider. Nous l'avons prouvé dans le passé et, dans le futur, nous sommes aussi évidemment à disposition pour soutenir les acteurs libanais. Nous l'avons dit, la France est aussi prête à prendre part à la vérification de la mise en œuvre de l'accord, notamment du désarmement du Hezbollah par les forces armées libanaises, désarmement qui doit, pour nous, débuter au plus vite, mais qui nécessitera évidemment un effort sur la durée, bien au-delà du départ de la FINUL en fin d'année. Et je l'ai indiqué déjà, nous sommes prêts à nous mobiliser aux côtés du Liban, en appui des États-Unis, avec nos partenaires européens, en particulier l'Italie. Vous savez que le Président de la République et la Première ministre Meloni se sont exprimés en ce sens lors du récent sommet franco-italien. Avec l'Italie, nous proposons de déployer, à l'invitation du Liban, une coalition internationale ad hoc pour appuyer l'armée libanaise. Et en ce qui concerne notre soutien, il porte aussi sur le soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité libanaises. J'ai déjà répondu à votre consœur sur la conférence que nous sommes disposés à organiser, qui témoigne aussi de l'engagement de la France.

Q - Y a-t-il une date précise ?

R - Non, justement, je l'ai déjà indiqué, à ce stade, il n'y a pas de date fixée. 

 

 

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