Conférence de presse conjointe de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et Mauro Vieira, ministre des Relations extérieures du Brésil - Propos de Jean-Noël Barrot

  • Brésil

  • Relation bilatérale

Communiqué

Le : 01 juillet 2026

Je suis très heureux d'être à Brasilia et je remercie Mauro Vieira pour son accueil au Brésil. Mauro Vieira pour lequel j'ai beaucoup d'estime et beaucoup d'amitié et, comme il l'a rappelé, j'ai eu le plaisir cette année, à deux reprises, de l'accueillir en France. Une première fois lorsque s'est tenue la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, à laquelle il était invité pour représenter le Brésil. Et puis une deuxième fois plus récemment, le 12 juin dernier à Paris, à l'occasion de cette conférence internationale qui a réuni les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes, ainsi qu'une quinzaine de pays, pour défendre un principe qui nous tient particulièrement à cœur, la France et le Brésil : la solution à deux États. 

La relation entre nos deux pays est unique. Le Brésil est à la fois un pays ami, partenaire et affinitaire. C'est aussi un voisin avec lequel nous partageons la plus longue frontière. 

Ma visite s'inscrit dans le nouvel élan donné à notre partenariat stratégique, renouvelé et renforcé en 2024, à l'occasion de la visite d'État du Président de la République au Brésil. Cette visite a permis l'adoption d'un nouveau plan d'action qui fixe notre feuille de route commune pour les années à venir. Cette dynamique s'est poursuivie avec la visite d'État du président Lula en France, en juin 2025, marquée par des images fortes. On se souvient de l'illumination de la tour Eiffel aux couleurs du Brésil. Et puis le Président de la République s'est également rendu au Brésil en novembre dernier, d'abord à Salvador de Bahia pour ouvrir le forum Notre Futur, consacré aux jeunesses africaines, brésiliennes et française, puis à Belém pour la COP30. Plus récemment, le président Lula a participé à l'invitation de la présidence française au sommet du G7 à Évian. 

L'année 2025 marquait les 200 ans de nos relations diplomatiques et qui a également été marquée par le grand succès de la saison culturelle France-Brésil. Tout au long de cette année, elle a illustré la profondeur de nos liens humains, culturels, scientifiques et universitaires. 

C'est dans cette dynamique que s'inscrit cette visite. Elle vise à traduire une ambition politique en avancées concrètes autour de trois priorités. 

D'abord, le renforcement de notre partenariat stratégique, notamment dans le domaine de la défense, de l'industrie et de l'innovation. La France et le Brésil entretiennent des coopérations industrielles structurantes, fondées sur une vision de long terme et sur une confiance réciproque. Nous avons fait le point sur plusieurs projets emblématiques de notre coopération, notamment le programme Prosub, dans le domaine des sous-marins, et Helibras, dans le domaine aéronautique. Nous avons également évoqué le développement de nouvelles coopérations dans les secteurs des supercalculateurs, de l'énergie et des minerais critiques. Notre approche commune repose sur des partenariats équilibrés, respectueux de la souveraineté de chacun, favorisant les transferts de technologies, la montée en compétences industrielles et la production locale. 

Je suis également heureux d'annoncer la création d'une association franco-brésilienne pour la promotion de la culture, qui permettra de développer le mécénat en faveur des initiatives culturelles françaises au Brésil, et de prolonger la dynamique exceptionnelle créée par la saison France-Brésil.  

Je veux aussi saluer la signature de la déclaration d'intention entre l'Académie diplomatique et consulaire et l'Institut Rio Branco. Ce rapprochement entre nos deux institutions contribuera à renforcer encore les liens entre nos diplomates. 

Deuxième axe de cette visite, notre engagement commun en faveur du multilatéralisme et du droit international. À l'heure de la brutalisation des relations internationales, la France et le Brésil portent une même conviction : celle d'un ordre international fondé sur le respect du droit, la coopération et le dialogue. Je tiens à remercier chaleureusement le Brésil ainsi que Mauro Vieira pour la contribution active aux travaux de la présidence française du G7. Notre priorité a été de répondre aux grands déséquilibres mondiaux, tout en renforçant les partenariats internationaux. Nous nous réjouissons de la participation qui a été celle du président Lula au sommet du G7 à Évian, ainsi que du soutien du Brésil à plusieurs déclarations importantes, notamment sur la protection des mineurs dans l'espace numérique, la lutte contre le trafic de drogue et le renforcement de la coopération internationale face au cancer. 

Troisième axe de cette visite, et c'est la raison pour laquelle Jean-Didier Berger, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, m'accompagne aujourd'hui, la sécurité de nos concitoyens et le renforcement de l'intégration régionale de la Guyane française. La France et le Brésil partagent une frontière, mais surtout une responsabilité commune : celle de garantir la sécurité de nos populations, de protéger notre environnement et de favoriser un développement partagé de ce territoire transfrontalier au profit de nos concitoyens. Et donc je me réjouis, comme Mauro, de la signature aujourd'hui de la feuille de route sur l'approfondissement de notre coopération en matière de sécurité publique, fruit d'un travail considérable mené, du côté français, par le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l'Intérieur. Elle ouvre une nouvelle étape de notre partenariat au bénéfice des habitants de Guyane et de l'État de l’Amapá. Cette feuille de route permettra à la fois de faciliter les échanges humains et économiques, notamment grâce à la suspension de l'obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane, mais aussi de renforcer notre action commune contre toutes les formes de criminalité, en particulier le narcotrafic et la criminalité environnementale. Nous développerons à cette fin des opérations conjointes, une coordination renforcée entre nos services et une coopération étroite avec les autorités de l'État de l’Amapá. 

Cette visite est également l'occasion d'officialiser plusieurs avancées concrètes : 

- Notre adhésion à la coalition pour l'action multilatérale contre les crimes portant atteinte à l'environnement, coalition lancée par le Brésil ; 

- Le déploiement d'un officier de liaison français au centre de coopération policière internationale de Manaus. La coopération de la France avec l'OTCA doit être encore approfondie ; 

- La mise à disposition d'un militaire français auprès du commandement militaire de l'Amazonie orientale à Belém ; 

- La livraison des scanners destinés à renforcer la lutte contre le narcotrafic dans les aéroports brésiliens. 

- Et puis enfin la participation du Brésil à l'Alliance des ports pour lutter contre le trafic de drogue, lancée dans le contexte de la présidence française du G7. 

Nous venons de signer également une déclaration d'intention sur la gestion coopérative du bassin hydrique de l’Oyapock, qui constitue un nouvel exemple de notre volonté de construire ensemble des solutions concrètes pour nos territoires frontaliers. 

Et puis, avec Jean-Didier Berger, nous nous rendrons demain à notre frontière commune afin de constater les progrès réalisés dans la lutte contre les trafics transfrontaliers, qu'il s'agisse du narcotrafic, de l’orpaillage illégal ou des atteintes à l'environnement. 

Nous irons ensuite à Fort-de-France pour ouvrir la conférence régionale de sécurité. Elle devra permettre de renforcer la coopération entre les États de la Caraïbe, du bassin Antilles-Guyane et de la région face à l'essor des trafics illicites. Le Brésil est, dans cette perspective, un partenaire incontournable et je me réjouis de sa participation à cette conférence au niveau technique et opérationnel. 

Au fond, cette visite traduit une conviction simple : la France et le Brésil sont deux partenaires de confiance qui partagent une même vision des grands enjeux internationaux et la volonté d'apporter ensemble des réponses concrètes au service de nos concitoyens. C'est cette ambition que nous continuerons de porter ensemble. Et à mon tour, en témoignage de l'amitié entre la France et le Brésil, cher Mauro, je veux t'offrir le maillot de l'équipe de France. Et pour le reste, que le meilleur gagne ! 

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