Communiqué de presse des ministres du commerce du G7

  • G7

Communiqué conjoint

Le : 06 mai 2026

1. Nous, ministres du Commerce du Groupe des sept (G7), nous sommes réunis à Paris les 5 et 6 mai 2026, dans un contexte de tensions croissantes sur les chaînes de valeur mondiales, de volatilité accrue des marchés, d’aggravation des risques pesant sur la sécurité des approvisionnements énergétiques et de déséquilibres macroéconomiques structurels persistants affectant l’économie mondiale.

2. Dans ce cadre, nous réaffirmons l’importance de maintenir le dialogue et la coopération pour favoriser la prospérité économique grâce au commerce, tout en renforçant la résilience et la sécurité économiques.

3. Nous exprimons de nouveau notre préoccupation commune au sujet des mesures et des pratiques non marchandes, et de leurs effets négatifs, notamment la persistance de pratiques faussant le marché, les surcapacités structurelles mondiales, les répercussions néfastes sur les marchés mondiaux et nationaux et les dépendances économiques croissantes.

4. Nous poursuivrons nos échanges sur les meilleurs moyens de lutter contre les mesures et les pratiques non marchandes, en particulier les subventions industrielles généralisées, opaques et nuisibles, les pratiques des entreprises publiques faussant le marché et toutes les formes de transferts de technologies forcés.

5. Nous réaffirmons notre volonté de partager les données disponibles, de renforcer les moyens existants et de développer de nouveaux outils, ainsi que de promouvoir des réponses plus efficaces et, au besoin, complémentaires aux pratiques qui faussent le marché et aux pratiques déloyales en matière de concurrence. Nous reconnaissons également l’importance de nouer un dialogue avec des pays non membres du G7, y compris des pays émergents et en développement, afin d’accroître la sensibilisation aux effets négatifs des mesures et pratiques non marchandes et d’encourager des réponses éclairées et efficaces.

6. Nous réaffirmons que des chaînes d’approvisionnement résilientes et sûres sont essentielles à la sécurité économique. Nous continuerons à approfondir nos échanges pour identifier les vulnérabilités auxquelles sont exposés des secteurs stratégiques tels que le secteur des technologies critiques, afin de réduire les dépendances excessives, d’améliorer la sécurité et la résilience des chaînes d’approvisionnement et de tenter de remédier aux fuites de technologies.

7. Nous exprimons nos profondes inquiétudes quant aux mesures de coercition économique, y compris les restrictions arbitraires à l’exportation, susceptibles d’entraîner des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, notamment en minerais critiques, et de nuire à la sécurité et à la résilience économiques. Nous coopèrerons avec nos partenaires en vue de réduire nos dépendances critiques et de garantir l’échec de toute tentative ou menace d’utiliser les dépendances économiques comme des armes. Nous nous efforcerons d’empêcher toute mesure de coercition économique et nous tenons prêts, si nécessaire, à agir contre de telles mesures. 

8. Nous soulignons l’importance stratégique des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques pour notre sécurité et notre résilience économiques. Nous reconnaissons que ces chaînes restent exposées à une forte concentration, à des ruptures d’approvisionnement et à des pratiques qui faussent le marché, autant d’éléments qui font obstacle au développement d’autres solutions d’approvisionnement.

9. Nous reconnaissons également que garantir la viabilité à long terme de sources d’approvisionnement diversifiées nécessite un environnement de marché approprié et une coopération plus étroite avec des partenaires de confiance, notamment dans le cadre d’accords plurilatéraux. 

10. Nous comptons à cet égard continuer à discuter de manière coordonnée, le cas échéant, de la faisabilité et du développement de mesures et de mécanismes garantissant la résilience et la diversification des chaînes d’approvisionnement. Ces mesures et mécanismes pourraient inclure des critères de résilience, des approches fondées sur des normes, des mécanismes de transparence et de traçabilité, des mesures touchant à la demande et à l’offre telles que des obligations de diversification, des mécanismes de stabilisation des revenus tels que des subventions de compensation des écarts de prix, des instruments de passation conjointe de marchés et des instruments commerciaux tels que des quotas et des prix planchers, tout en tenant compte de facteurs tels que l’efficacité et l’impact potentiel de telles mesures, notamment sur les secteurs en milieu et en aval des chaînes d’approvisionnement, et des coûts d’une inaction en la matière. 

11. À l’appui de ces actions, nous continuerons de prendre des mesures visant à améliorer les bases analytiques communes de ces travaux, notamment au moyen d’une disponibilité et d’une qualité accrues des données, de l’amélioration de la connaissance du marché et de l’élaboration d’une analyse commune, afin de faciliter un processus de prise de décision complémentaire entre nous et les partenaires éventuels partageant la même approche. À cet égard, nous poursuivrons les discussions sur la meilleure manière d’organiser la coopération en matière d’analyse concernant les minerais critiques, y compris en mettant à contribution des experts externes, s’il y a lieu.

12. Nous regrettons l’absence de résultats concrets lors de la quatorzième Conférence ministérielle de l’OMC qui a eu lieu à Yaoundé. Nous constatons une reconnaissance accrue de la part des membres de l’OMC de la nécessité d’améliorer la capacité de l’Organisation à répondre aux réalités du commerce actuel et à tenir compte des intérêts des membres. Nous appelons de nos vœux une discussion constructive au sein de l’OMC afin d’impulser une réforme significative. Nous reconnaissons que les règles adoptées au sein de l’OMC sont essentielles pour faciliter le commerce international. Nous soulignons le rôle important que peuvent jouer des initiatives plurilatérales dans la réalisation de progrès sur les questions d’intérêt pour les membres. Nous insistons également sur l’importance d’un moratoire permanent relatif aux droits de douane sur les transmissions électroniques.

13. Nous constatons la croissance rapide du commerce transfrontalier de petits colis par le biais du commerce électronique, ce qui soulève des défis de plus en plus nombreux. Nous reconnaissons la nécessité de renforcer la coopération entre les filières Commerce et Finances du G7 afin de mettre en partage nos expériences en matière de mesures visant à promouvoir des conditions de concurrence équitable, renforcer la résilience, améliorer la gestion des risques douaniers, assurer la sécurité des produits et réduire au minimum les impacts sur l’environnement, tout en accentuant les efforts menés en commun par les autorités concernées.

14. Nous soulignons également l’importance d’associer les acteurs du secteur privé. Nous saluons les travaux engagés dans le cadre d’un groupe de travail du G7 dédié aux petits colis ainsi que le partage des bonnes pratiques et des stratégies nationales adoptées qui en a résulté.

15. Nous réaffirmons notre engagement à poursuivre une coopération étroite au sein du G7 et avec d’autres pays qui partagent les mêmes valeurs afin de répondre aux défis communs et d’améliorer le système commercial mondial. Nous continuerons de faire progresser les travaux sur ces orientations en vue du Sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7.

Photo: Judith Litvine/MEAE

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