« BFM TV » - Entretien de Jean-Noël Barrot

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Le : 01 mai 2026

Q - Nous sommes avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Bonjour, Monsieur. Merci d'être avec nous. Il explique qu'il est venu ici dans la région du Golfe parce qu'ici, nous sommes à quelques centaines de kilomètres seulement du point d'origine qui explique la hausse des carburants. Monsieur le ministre, quelle est la position de la France si le détroit d'Ormuz se poursuit au cours des prochaines semaines, voire au cours des prochains mois ? 

R - Le détroit d'Ormuz doit être libéré. Il ne peut y avoir aucun blocage, aucun chantage, ni d'ailleurs aucun péage sur un détroit, quel qu'il soit. Les eaux internationales ne peuvent être entravées d'aucune manière et par quiconque. C'est pourquoi nous avons relayé ce message dans toutes les instances internationales avec beaucoup de force. Nous nous préparons aussi, dès que les conditions le permettront, avec la mission internationale qu'a voulu le président de la République, à créer des facilités permettant la reprise du trafic à son niveau antérieur à la crise. 

Q - Avec notamment des opérations de déminage, ça fera partie des opérations de cette mission. Est-ce qu'il y a une action précise de la France pour débloquer ce détroit ? 

R - Vous savez, réunir plus de 50 pays dans une mission internationale avec laquelle plusieurs dizaines vont sans doute contribuer de manière très concrète pour effectivement déployer sur place des capacités de déminage d'escorte des navires, c'est beaucoup de travail. Ce travail est avancé, la planification se finalise de manière à ce que nous puissions être prêts, dès le moment venu, à intervenir pour fluidifier le trafic. 

Q - Une autre question. Il y a une crainte d'une reprise des hostilités avec notamment cette escalade verbale entre les États-Unis et l'Iran. Quelle serait la position des forces françaises si les hostilités venaient à reprendre ? 

R - Nous devons tout faire pour éviter que les hostilités ne reprennent puisque chacun l'a vu depuis le début de cette guerre que nous n'avons pas approuvée et à laquelle nous n'avons pas participé, les risques d'escalade sont extrêmement élevés et emportent avec eux des conséquences majeures pour l'économie mondiale, mais donc pour nos vies quotidiennes, la vie des Françaises et des Français, pour la vie de nos entreprises. Tout ça doit s'arrêter et dans le cadre de négociations, les menaces soulevées par le régime iranien pouvaient pouvoir être strictement encadrées. 

Q - Mais pas d'entrée de la France dans la guerre. 

R - Pas d'entrée de la France dans la guerre depuis le début de cette crise. Nous l'avons dit, les buts n'ayant pas été précisément définis, les opérations ayant été conduites à l'écart du droit international, il n’était tout simplement pas envisageables pour la France d’y participer. 

Q - Et toujours pas ? 

R - Non, mais néanmoins, vous avez vu que la France, dès le premier jour, a massivement déployé ses moyens militaires dans la région, non seulement pour assurer la sécurité de nos ressortissants, de faciliter leur rapatriement par milliers qui pouvaient bloquer dans la région, mais aussi pour protéger nos partenaires qui ont été pris pour cibles par les attaques indiscriminées de l'Iran. Et j'ai pu mesurer lors de mes déplacements en Arabie saoudite, en Oman et ici aux Émirats arabes unis, combien la contribution de la France à la protection de ces pays qui n'y étaient pour rien, qui n'avaient rien demandé, a été appréciée. Au point que beaucoup d'entre eux souhaitent pour l'avenir développer des relations proches encore plus étroites avec notre pays pour bâtir les conditions de leur souveraineté, de leur défense, mais aussi de leur sécurité économique. 

Q - Je me permets d'insister une dernière fois parce que c'est une inquiétude. Il n'y aura pas d'entrée de la France dans la guerre ?

R - Il n'y a aucune raison pour la France ou quelque autre pays que ce soit d'entrer dans des hostilités. Les hostilités se sont interrompues, le cessez-le-feu doit être respecté par toutes les parties. Une négociation doit s'engager pour que le régime iranien concède un changement radical de posture, fasse des concessions majeures permettant à l'Iran de vivre, de coexister pacifiquement avec son environnement régional et au peuple iranien de construire librement son avenir. 

Q - Merci beaucoup Monsieur le ministre. Je vous laisse aller reprendre votre avion en direction de la France. Un chiffre qui démontre la tension ici dans le Golfe. Un chiffre qui nous est parvenu il y a quelques heures seulement. Plus de 900 navires commerciaux sont recensés dans le Golfe actuellement. 

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