Adoption par la Knesset d’une loi sur la peine de mort - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à une question au Gouvernement, en séance publique, au Sénat Israël - Palestine Droits de l’Homme Lutte contre la peine de mort Interventions au Parlement Le : 09 avril 2026 Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les sénateurs, Madame la sénatrice [Gisèle Jourda], Vous l'avez dit, la France a exprimé sa très vive préoccupation lorsqu'a été introduite au Parlement israélien une loi qui étend significativement le champ d'application de la peine de mort. Et nous avons été consternés par l'adoption de ce texte, par 62 voix contre 48, avec le soutien et les voix de ministres du gouvernement israélien qui arboraient à la boutonnière le symbole de la mort, le nœud coulant, la corde du pendu. Consternés d'abord parce que la France reconnaît en Israël non seulement un peuple ami, mais aussi une éthique humaniste, universaliste, qui a été forgée par des siècles d'exil et de persécution et qui rejette l'arbitraire de la peine de mort. Il suffit de se souvenir des propos de Golda Meir : « Nous pouvons pardonner à nos ennemis d'avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. » Consternés ensuite parce que cette loi rétrograde qui s'applique, comme vous l'avez dit, exclusivement aux Palestiniens, est dégradante et porte atteinte à leur dignité. Oui, Madame la sénatrice, le peuple d'Israël, le peuple juif, a été le 7 octobre 2023 frappé dans sa chair par le terrorisme au cours du pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah. Et c'est un traumatisme qu'il est interdit de relativiser ou de sous-estimer. Mais non, ni la paix ni la sécurité en Israël ou ailleurs ne peut être fondée, bâtie sur les discriminations et sur l'injustice. C'est désormais à la Cour suprême israélienne qu'il appartiendra d'évaluer la conformité de cette loi avec les textes constitutionnels. Et quant à nous, Madame la sénatrice, dans la fidélité à la mémoire et à l'héritage de Robert Badinter, qui combattait avec la même force d'âme et l'antisémitisme et la peine capitale, nous accueillerons au mois de juin prochain le 9e congrès international contre la peine de mort et nous continuerons de lutter sans relâche jusqu'à son abolition universelle. Source : Sénat