Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 5 questions-réponses

Qu’est-ce que le GIEC ?

Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Depuis 30 ans, il évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, mais aussi les possibilités d’atténuer ses effets ou de s’y adapter. Cet organisme intergouvernemental réunit 195 États membres et fournit aux gouvernements une évaluation des travaux scientifiques dans le domaine du climat, dans trois domaines principaux :

  • les mécanismes du changement climatique,
  • les impacts du changement climatique et les adaptations possibles,
  • les mesures et perspectives de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La gouvernance du GIEC est assurée collectivement par les États membres qui valident ses rapports durant des réunions plénières annuelles ou bisannuelles.

Est-ce que le GIEC mène directement des études sur le climat ?

Le GIEC n’est pas un laboratoire ni une structure commanditant ses propres travaux. Il n’a pas vocation à effectuer des recherches, à exploiter des modèles ou à prendre des mesures du climat ou des phénomènes météorologiques. Son rôle consiste à évaluer la documentation scientifique, technique et socio-économique sur les changements climatiques, leurs répercussions et les risques futurs, ainsi que les solutions envisageables en matière d’adaptation et d’atténuation. Les équipes d’auteurs évaluent de façon critique les informations à incorporer au rapport, quelle qu’en soit la source. C’est un lieu d’expertise collective visant à synthétiser les travaux menés dans les laboratoires du monde entier. A titre d’exemple, 35 auteurs français ont collaboré à la rédaction du 5e rapport qui synthétisait 9200 études.

Pourquoi les rapports du GIEC constituent-ils une référence incontestable ?

Depuis sa création, le GIEC a publié 5 rapports de synthèse. Dans ces rapports, les experts évaluent, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information sur les changements climatiques. Ces informations sont synthétisées à partir des recherches ou études effectuées par des scientifiques, des experts ou des organismes et publiées dans des revues scientifiques. Sur cette base, le GIEC travaille pour dégager clairement les éléments qui relèvent d’un consensus de la communauté scientifique et à identifier les limites dans les connaissances ou l’interprétation des résultats. Par ailleurs, les rapports du GIEC ne prescrivent pas de choix de nature politique. Les experts utilisent à ce sujet une formule constamment rappelée : le contenu des rapports doit être « policy relevant, but not policy prescriptive » c’est à dire « pertinent politiquement, mais non prescriptif ».

Quel est le lien avec les négociations sur le climat ?

Les rapports du GIEC constituent la principale source scientifique sur laquelle s’appuient les négociations climatiques. Ils permettent par ailleurs d’évaluer les efforts accomplis par la communauté internationale dans la lutte contre les dérèglements climatiques.
Le sixième Rapport d’évaluation du GIEC paraîtra par exemple en 2022, à temps pour le premier bilan mondial prévu au titre de la CCNUCC. Il servira ainsi de base scientifique pour un premier bilan global depuis l’Accord de Paris. A plus long terme, le GIEC a engagé une réflexion pour aligner l’ensemble de ses rapports d’évaluation afin d’alimenter tous les 5 ans les bilans mondiaux, issus de l’accord de Paris.

Quelles disciplines scientifiques contribuent à la compréhension des changements climatiques ?

Les experts qui travaillent sur les changements climatiques et leurs effets appartiennent à de très nombreuses disciplines scientifiques. Citons par exemple :

  • les modalisateurs qui simulent une évolution future du climat dont, en France, le Laboratoire de Météorologie Dynamique du CNRS
  • les astronomes, puisque l’activité du Soleil et les variations de l’orbite de la Terre influencent le climat de notre planète. Par exemple, en France, ceux de l’Observatoire Midi-Pyrénées
  • les astrophysiciens
  • les aérologues, qui étudient la composition de l’atmosphère et son fonctionnement général
  • les océanographes,
  • les biogéochimistes, qui étudient les grands cycles des éléments comme les Français du Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie spatiales (LEGOS),
  • des glaciologues pour analyser la composition des glaces anciennes dont ceux du laboratoire de glaciologie de Grenoble,

Mais aussi les hydrologues, les biologistes, les agronomes, les géologues et bien d’autres…

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