L’Agenda Femmes, paix et sécurité

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes ce 8 mars 2026, la France renforce son action pour lutter contre toutes les formes de violences sexuelles et fondées sur le genre en temps de conflit.

Publié le : 20 avril 2026 Mis à jour le : 21 avril 2026

Renforcer la prise en compte des droits des femmes dans les zones de conflit

Dans les situations de crise et de conflits, les femmes restent encore tenues à l’écart des efforts de paix et de sécurité : en 2023 seuls 9,6 % des négociateurs, 13,7 % des médiateurs et 26,6 % des signataires d’accords de paix et de cessez-le-feu étaient des femmes selon ONU Femmes. Pourtant, elles restent largement absentes des processus de paix et sont les premières victimes des violences sexuelles lors des conflits. 

Face à ce constat, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a posé les bases de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité » dès 2000, grâce à l’adoption à l’unanimité de la résolution 1325 qui vise notamment à lutter contre les violences liées aux conflits, renforcer la participation des femmes dans les processus de paix, sensibiliser les forces de défense et de sécurité aux questions de genre et tenir compte de l’égalité de genre dans les processus de paix et de reconstruction. 

Des mesures concrètes en faveur des droits des femmes dans les zones de conflit

Face à ces défis, plusieurs pays ont entrepris des initiatives en lien avec les Nations Unies, parmi lesquelles :

  • la création du poste de conseiller militaire genre
  • le renforcement des compétences des officiers militaires féminins ainsi que des médiatrices, négociatrices et des femmes politiques 
  • le renforcement de la sensibilisation contre les violences fondées sur le genre
  • le développement de normes ainsi que de mécanismes de redevabilité tenant compte de l’égalité de genre
  • la distribution de matériel sanitaire et médical adapté aux femmes et aux filles, en particulier dans les contextes humanitaires 
  • le développement d’opportunités économiques dans le cadre du relèvement post-conflit

Selon le Women, Peace and Security Focal Points Network, rattaché à ONU Femmes, plus de 110 plans nationaux d’action et 13 plans régionaux d’action ont été adoptés dans le monde pour mettre en œuvre l’Agenda Femmes, paix et sécurité.

La diplomatie féministe, une priorité de la politique étrangère de la France

La diplomatie féministe française fait de la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, paix et sécurité une priorité. Depuis 2010, la France s’est dotée de plans nationaux d’action (PNA) dédiés pour mettre en œuvre ses engagements (voir encadré ci-dessous). Elle s’implique ainsi dans les travaux du Groupe des engagements communs « Femmes, paix et sécurité » qui permet d’aborder les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes au Conseil de sécurité. A l’Assemblée générale, au Conseil des droits de l’Homme et dans les commissions du Conseil économique et social, la France œuvre au renforcement des normes internationales en faveur des droits des femmes et des filles. La France soutient aussi la société civile féministe pour mettre en œuvre l’Agenda sur le terrain, en particulier grâce au Fonds de soutien aux organisations féministes.

Pour aller plus loin : comprendre l’intégration de l’Agenda Femmes, paix et sécurité dans les politiques françaises

Depuis 2010, la France a mis en œuvre trois plans nationaux d’action visant à intégrer l’Agenda « Femmes, paix et sécurité » dans l’action nationale et internationale des administrations françaises. Un quatrième plan d’action est lancé ce 8 mars 2026.

4ème Plan national d’action de la France Femmes, paix et sécurité 2026-2030
Ce plan d’action est construit autour de cinq piliers :

  • la participation pleine, égale et effective des femmes à tous les processus de décision ;
  • la prévention des conflits ainsi que de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles ;
  • la protection des femmes et des filles contre toutes les formes de violences fondées sur le genre dans tous les contextes ;
  • la lutte contre l’impunité et la réparation des victimes ;
  • le renforcement de l’appropriation et de la visibilité du 4ème Plan national d’action et de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité ».

Ce 4ème Plan national d’action renforce également la coopération interministérielle ainsi que le dialogue avec les représentants institutionnels et de la société civile.

3ème Plan national d’action de la France Femmes, paix et sécurité 2021-2025
Les engagements pris dans ce plan ont guidé la mise en place de formations en ligne pour les conseillers militaires genre dans les opérations de maintien de la paix, le lancement de l’initiative « Avec Elles » du Haut-Commissariat aux réfugiés, l’organisation à la Haye de la première Conférence internationale des procureurs chargés de lutter contre l’impunité des violences sexuelles dans les conflits, le lancement à New York du premier réseau international des polices sensibles au genre .

2ème Plan national d’action de la France Femmes, paix et sécurité 2015-2018
La France a maintenu son engagement pour accroître la participation des femmes aux processus décisionnels et pour combattre les violences qu’elles subissent en intégrant les enjeux d’égalité de genre et de droits des femmes et des filles dans l’aide humanitaire. L’action en matière de lutte contre l’impunité a été renforcée grâce à des initiatives en faveur de l’accès des femmes à la justice.

1er Plan national d’action de la France Femmes, paix et sécurité 2010-2013
Dans son 1er Plan national d’action, la France s’est employée à adopter des mesures pour protéger les femmes contre les violences, à les impliquer dans les processus de paix et de reconstruction, à intégrer les droits des femmes dans les formations militaires et civiles et à promouvoir ces droits aux niveaux politique et diplomatique.

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