Présentation de la Syrie

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Présentation du pays

SYRIE {JPEG}

Nom officiel : République arabe syrienne
Depuis 2012, la France n’entretient pas de relations diplomatiques avec le régime syrien. Elle a reconnu la Coalition nationale syrienne (en exil) comme la seule représentante légitime du peuple syrien en 2012.

Données géographiques

Superficie : 185.181 Km²
Capitale : Damas
Villes principales : Alep, Homs, Hama, Lattaquié
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, kurde
Monnaie : Livre syrienne

Données démographiques

Population (2018) : 25,3 millions
Réfugiés : 5,6 millions selon les Nations unies, dont 3,6 millions en Turquie, 920 000 au Liban, 660 000 en Jordanie, 228 000 en Irak, 131 000 en Egypte et 35 713 en Afrique du Nord.
Croissance démographique (2019) : -1.6%.
Espérance de vie (2019) : 71 ans.
Taux d’alphabétisation (2015) : 86,4%.
Religions (2015) : sunnites (74%) ; alaouites (12%) ; chrétiens (moins de 10%) ; druzes (3%), chiites duodécimains, ismaéliens.
Indice de développement humain (2018) : 0,536 ; 155e pays sur 189 (120e en 2010).

Eléments d’actualité

Politique intérieure

En 2011, la répression du mouvement pacifique de contestation a abouti au déclenchement du conflit syrien. Celle-ci a connu quatre grandes périodes.

Jusqu’en avril 2013, le régime subit des reculs face à l’opposition. Celui-ci reçoit l’appui militaire de l’Iran et du Hezbollah. Dans le même temps, des organisations terroristes (Daech et Al-Qaeda) s’implantent sur le théâtre syrien à la faveur de la crise.

En 2015, l’opposition mène une contre-offensive de grande ampleur. Le régime est alors dans une situation de grande fragilité, mais l’intervention militaire de son allié russe en septembre 2015 renverse le rapport de force au profit du régime, débouchant sur la chute d’Alep en décembre 2016. Cet épisode ouvre une période de reconquête pour le régime, y compris contre des bastions historiques de l’opposition comme la Ghouta orientale (printemps 2018) ou la région de Deraa (été 2018).

L’évolution du conflit est également marquée par le recul de Daech en 2017 et 2018. Le groupe terroriste perd le contrôle de la ville de Raqqa en octobre 2017 au profit de la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes, appuyées par la Coalition internationale contre Daech, tandis que les forces pro-régime parviennent dans le même temps à reprendre pied sur la rive droite de l’Euphrate. Après la chute du dernier réduit territorial de Daech, à Baghouz au début de l’année 2019, les Forces démocratiques syriennes contrôlent l’ensemble du territoire syrien situé à l’est de l’Euphrate. Le 9 octobre, la Turquie a lancé, avec l’aide de supplétifs syriens, une offensive sur les zones sous contrôle kurde dans le nord-est syrien après le retrait des forces américaines.

Aujourd’hui coexistent ainsi en Syrie trois grandes zones d’influence, sans évolution majeure des lignes de séparation depuis l’été 2018 :

  • L’ouest, sous le contrôle relatif du régime et de ses alliés (2/3 de la population et la majorité des grandes villes) ;
  • Au nord-est, un territoire partagé en plusieurs zones d’influence (Forces démocratiques syriennes, régime, Turquie, Russie) ;
  • Au nord-ouest, une zone où se sont repliés de nombreux groupes armés d’opposition et dont certaines parties (régions d’Afrin et d’Azaz) sont contrôlées indirectement par la Turquie, qui y a mené des opérations militaires (opération Bouclier de l’Euphrate dans la région d’Azaz à l’été 2016, opération Rameau d’olivier de janvier 2018).

Depuis l’offensive militaire déclenchée par le régime syrien dans la région d’Idlib (nord-ouest) mi-décembre, qui a provoqué l’exode de près de 700 000 civils en deux mois, la situation sur le terrain évolue.

Politique étrangère

Action de la communauté internationale

  • La Coalition internationale contre Daech :

Depuis le 24 septembre 2014, une coalition de 75 États et 5 organisations internationales, à laquelle participe la France, agit contre le projet terroriste de Daech en Irak et en Syrie. La Coalition a ainsi apporté un appui militaire décisif aux Forces démocratiques syriennes pour mener à bien la reconquête du Nord-Est syrien et mettre fin à la mainmise de Daech sur un territoire de plus de 110 000 kilomètres carré. Outre ses moyens militaires, la Coalition contribue aussi depuis sa création à la stabilisation des territoires libérés. Elle poursuit à présent son action contre Daech, dont les cellules clandestines restent actives en Syrie.

  • Les Nations unies et la Syrie :

Les Nations unies se sont vu confier, aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité (2015), la responsabilité d’une médiation en vue de parvenir à un règlement politique de la crise syrienne. Le Secrétaire général des Nations unies a nommé un Envoyé spécial – Geir Pedersen depuis le 1er janvier 2019 - pour la mener à bien. Conformément à la résolution 2254, cette médiation doit porter sur l’établissement d’un cessez-le-feu global en Syrie, sur la réforme du cadre constitutionnel, sur le recours à des élections libres et transparentes et sur l’adoption de mesures de confiance par le régime syrien.

Par ailleurs, depuis le début du conflit en 2011, pas moins de 29 projets de résolution proposant des actions concrètes dans le dossier syrien ont été présentés au Conseil de sécurité des Nations unies. Sur ces 29 projets, 12 résolutions n’ont pu être adoptées du fait d’un veto russe, dont six avec un double veto russo-chinois. La France a porté près de la moitié de ces résolutions, seule ou avec ses partenaires.

D’autres organes des Nations unies, en particulier l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l’Homme, ont adopté des résolutions dénonçant les violations des droits de l’Homme dont se rend coupable le régime de Damas. Ces résolutions condamnent la répression opérée par le régime syrien ainsi que les exactions commises par Daech. La résolution 68/182, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2013, condamne l’utilisation d’armes chimiques.

  • Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne (UE) est très investie dans le règlement de la crise syrienne, qui se déroule dans son voisinage immédiat. Elle figure parmi les premiers contributeurs d’aide humanitaire depuis le début du conflit.

L’UE est également active sur le plan politique. Le Conseil des Affaires étrangères de l’UE du 19 novembre 2012 reconnaît comme interlocuteur la Coalition nationale syrienne, qui représente aussi l’opposition dans le cadre du processus politique mené sous l’égide des Nations unies. À l’initiative de la France, le Conseil des Affaires étrangères de l’UE a adopté le 21 octobre 2013 des conclusions qui soulignent l’impératif d’une solution politique en appelant toutes les parties à adhérer publiquement à un processus de transition crédible. L’Union européenne soutient la médiation onusienne conduite par G. Pedersen et le cadre fixé par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. La position de l’UE a été déclinée dans les conclusions du Conseil d’avril 2018 et la « stratégie de l’Union européenne pour la Syrie » publiée en 2017, avec : i) la mention claire et sans ambiguïté de la responsabilité du régime syrien et de ses alliés iranien et russe dans la dégradation de la situation humanitaire et politique ; ii) la nécessité de poursuivre et de renforcer la lutte contre l’impunité ; iii) la nécessité de créer les conditions garantissant le retour sûr et volontaire des réfugiés ; iv) le refus de participer au financement de la reconstruction tant qu’une transition politique globale, véritable, inclusive et négociée par les parties syriennes au conflit ne sera pas trouvée ; v) la condamnation ferme des attaques chimiques perpétrées par le régime ; vi) la nécessité de poursuivre nos efforts dans le Nord-Est.

L’Union européenne a également instauré des sanctions à l’encontre du régime syrien depuis le début de la crise. À ce jour, plus de vingt paquets de sanctions ont été mis en œuvre. Ces sanctions prévoient un embargo sur les exportations de pétrole syrien à destination de l’Europe et des sanctions financières et commerciales. Elles ciblent également des personnes qui appuient le régime syrien par de interdictions d’entrée sur le territoire européen et des gels de fonds.

Sur le plan humanitaire, l’UE est l’un des contributeurs les plus actifs. Les fonds européens financent aussi bien l’aide en Syrie qu’auprès des réfugiés et communautés hôtes des pays voisins. L’UE s’est engagée à débloquer 2 milliards d’euros pour l’année 2019 lors de la conférence en soutien à la Syrie qui s’est tenue à Bruxelles en mars 2019.

Situation économique

PIB (2016) : 15 milliards de dollars (estimation de la Banque mondiale), contre 51 milliards de dollars en 2010. Selon la Banque mondiale, le conflit syrien a entraîné entre 2010 et 2016 une perte cumulée de PIB potentiel de 226 milliards de dollars.
Taux de croissance (2015) : -15% (estimation du FMI).
Taux de chômage (2015) : 52.9% (contre 8 ;6% en 2010).
Taux de pauvreté : 66,5 % de la population syrienne en 2016 (30% en 2010), dont 62.7% dans l’extrême pauvreté (13% en 2011).
Taux d’inflation (2017) : 28,1 % ; le taux d’inflation connaît cependant des variations significatives selon les régions.
Taux de change de la livre syrienne (2018) : 514 SYP/USD au marché officiel.
Solde budgétaire (2017) : -8,7% du PIB .

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :

  • agriculture : 20,5%
  • industrie : 30,2 %
  • services : 49,3 %

(Sources : Banque mondiale, PNUD)

La crise intérieure et l’isolement international de la Syrie ont conduit à une dégradation de la situation économique. La corruption et les activités criminelles (pillages, rackets, etc.) se sont généralisées dans un contexte d’économie de guerre.
L’économie syrienne a souffert de la destruction d’une grande partie de son capital humain et productif ainsi que d’une forte inflation. Les finances publiques sont extrêmement dégradées, et la livre syrienne a perdu l’essentiel de sa valeur depuis le début de la crise.

Par ailleurs, les sanctions de l’Union européenne à l’encontre du régime syrien, en vigueur depuis mai 2011, ont été renouvelées par la décision du Conseil du 17 mai 2019. Ce dispositif comprend :

  • des mesures sectorielles (embargo sur le matériel pouvant être utilisé à des fins de répression, restrictions commerciales dans le domaine de l’énergie, restrictions dans le secteur financier et dans le secteur des transports, dans le domaine des équipements de surveillance et d’interception, des métaux précieux et des biens culturels) ;
  • des mesures individuelles visant les personnes responsables des actes de répression violente à l’égard de la population civile en Syrie, ainsi que les personnes et entités qui leur sont associées.
    Le 21 janvier 2019, les 28 ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ont adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de 16 individus et entités en Syrie soutenant le régime et impliqués dans des pratiques d’ingénierie démographique (expropriations forcées etc.).

Au total, 69 entités et 269 individus sont visés par les mesures restrictives de l’ONU.

Mise à jour : 30.01.20

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