Présentation de la Syrie

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Présentation du pays

SYRIE {JPEG}

Nom officiel : République arabe syrienne

Depuis 2012, la France n’entretient pas de relations diplomatiques avec le régime syrien. Elle reconnait la Coalition nationale syrienne (en exil) comme la seule représentante légitime du peuple syrien depuis 2012.

Données géographiques

Superficie : 185.181 Km²
Capitale : Damas
Villes principales : Alep, Homs, Hama, Lattaquié
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, kurde
Monnaie : Livre syrienne

Données démographiques

Population (2021) : 20,4 millions (CIA Factbook).
Réfugiés (2021) : 6,6 millions selon les Nations unies, dont 3,6 millions en Turquie, 850 000 au Liban, 660 000 en Jordanie, 244 000 en Irak, 131 000 en Egypte et 35 713 en Afrique du Nord (UNHCR).
Croissance démographique (2019) : 1% (Banque mondiale).
Espérance de vie (2019) : 71 ans.
Taux d’alphabétisation (2015) : 86,4%.
Religions (2015) : sunnites (74%) ; alaouites (12%) ; chrétiens (moins de 10%) ; druzes (3%), chiites duodécimains, ismaéliens. Indice de développement humain (2019) : 0,57 ; 151e pays sur 189 (PNUD ; 120e en 2010).

Eléments d’actualité

Politique intérieure

En 2011, la répression du mouvement pacifique de contestation a abouti au déclenchement du conflit syrien. Celui-ci a connu quatre grandes périodes.

Jusqu’en avril 2013, le régime subit des reculs face à l’opposition, et reçoit l’appui militaire de l’Iran et du Hezbollah. Il a recours à plusieurs reprises à des armes chimiques contre sa propre population, notamment dans la Ghouta orientale, où une attaque, en août 2013 a fait plus de 1500 victimes. Progressivement, des organisations terroristes (Daech et Al-Qaeda) s’implantent sur le théâtre syrien à la faveur de la crise.

En 2015, l’opposition mène une contre-offensive de grande ampleur. Le régime est alors dans une situation de grande fragilité, mais l’intervention militaire de son allié russe en septembre 2015 renverse le rapport de force à son profit, débouchant sur la chute d’Alep en décembre 2016. Cet épisode ouvre une période de reconquête pour le régime, y compris contre des bastions historiques de l’opposition comme la Ghouta orientale (printemps 2018) ou la région de Deraa (été 2018).

L’évolution du conflit est également marquée par le recul de Daech en 2017 et 2018. Le groupe terroriste perd le contrôle de la ville de Raqqa en octobre 2017 grâce à l’action de la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), appuyées par la Coalition internationale contre Daech, tandis que les forces pro-régime parviennent dans le même temps à reprendre pied sur la rive droite de l’Euphrate. Depuis la chute du dernier réduit territorial de Daech, à Baghouz au début de l’année 2019, les Forces démocratiques syriennes contrôlent l’ensemble du territoire syrien situé à l’est de l’Euphrate. Par suite de son opération d’octobre 2019, la Turquie avec l’aide de supplétifs syriens, a pris le contrôle d’une bande de territoire syrien le long de sa frontière, entre les villes de Ras el Aïn et Tell Abyad.

Aujourd’hui coexistent ainsi en Syrie trois grandes zones d’influence, sans évolution majeure des lignes de séparation depuis octobre 2019 :

  • L’ouest, sous le contrôle du régime et de ses alliés (2/3 de la population résidant encore en Syrie et la majorité des grandes villes) ;
  • Au nord-est, un territoire partagé en plusieurs zones d’influence et où la Coalition internationale intervient pour lutter contre Daech ;
  • Au nord-ouest, une zone où se sont repliés de nombreux groupes armés d’opposition et dont certaines parties (régions d’Afrin et d’Azaz) sont sous forte influence de la Turquie qui y a mené des opérations militaires (opération Bouclier de l’Euphrate dans la région d’Azaz à l’été 2016, opération Rameau d’olivier de janvier 2018).

La région d’Idlib a été la cible, entre décembre 2019 et mars 2020, d’une offensive militaire du régime syrien avec l’appui aérien de la Russie. Elle a donné lieu à de nombreux déplacements de population (près d’un million de civils déplacés selon les Nations unies) ainsi qu’à des violations graves du droit international, comme des bombardements indiscriminés d’infrastructures civiles et d’hôpitaux, qui ont fait de nombreuses victimes civiles. Les fronts sont gelés depuis mars 2020, mais la situation reste évolutive.

Sur le plan intérieur, le régime syrien a organisé le 26 mai 2021 des élections présidentielles qui ont accordé à Bachar el-Assad plus de 95% des suffrages. Les 27 États membres de l’Union européenne dans une déclaration en date du 14 mars 2021 ainsi que les États-Unis et le Royaume-Uni ont rappelé que cette décision du régime d’organiser des élections hors du cadre prévu par la résolution 2254 du Conseil de sécurité ne constituait en rien un progrès sur la voie d’un règlement politique. La résolution 2254 du Conseil de sécurité prévoit en effet la tenue d’élections « libres et régulières, conformes standards internationaux les plus élevés en matière de transparence et de responsabilité, et auxquelles tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, auraient le droit de participer ».

Politique étrangère

Action de la communauté internationale

  • La Coalition internationale contre Daech :

Depuis le 24 septembre 2014, une coalition de 75 États et 5 organisations internationales, à laquelle participe la France, agit contre le projet terroriste de Daech en Irak et en Syrie. La Coalition a ainsi apporté un appui militaire décisif aux Forces démocratiques syriennes pour mener à bien la reconquête du Nord-Est syrien et mettre fin à la mainmise de Daech sur un territoire de plus de 110 000 kilomètres carré. Outre ses moyens militaires, la Coalition contribue aussi depuis sa création à la stabilisation des territoires libérés, pour soutenir les populations civiles, en 2021 pour un montant de 507 millions de dollars dans le Nord-est syrien et en Irak. Elle poursuit à présent son action contre Daech, dont les cellules clandestines restent actives en Syrie.

  • Les Nations unies et la Syrie :

Les Nations unies se sont vu confier, aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité (2015), la responsabilité d’une médiation en vue de parvenir à un règlement politique de la crise syrienne. Le Secrétaire général des Nations unies a nommé un Envoyé spécial – le Norvégien Geir Pedersen depuis le 1er janvier 2019 - pour la mener à bien. Conformément à la résolution 2254, cette médiation doit porter sur l’établissement d’un cessez-le-feu global en Syrie, sur la réforme du cadre constitutionnel, sur l’organisation d’élections libres et transparentes auxquelles participerait aussi la diaspora, et sur l’adoption de mesures de confiance (libération de détenus, information sur le sort des disparus…) par le régime syrien. A la demande de la Russie, les négociations inter-syriennes s’inscrivent aujourd’hui dans le cadre du « comité constitutionnel » qui réunit des représentants du régime et de l’opposition à Genève sous l’égide des Nations unies. Du fait de l’obstruction du régime, il n’a pas permis à ce jour d’avancée en faveur d’une solution politique. Sa 5e réunion s’est tenue du 25 au 29 janvier 2021 à Genève.

Par ailleurs, depuis le début du conflit en 2011, pas moins de 29 projets de résolution proposant des actions concrètes dans le dossier syrien afin notamment de faciliter les accès humanitaires et de mettre en place un cessez-le-feu, ont été présentés au Conseil de sécurité des Nations unies. Sur ces projets, 15 résolutions n’ont pu être adoptées du fait d’un veto russe, dont neuf avec un double veto russo-chinois. La France a porté près de la moitié de ces résolutions, seule ou avec ses partenaires.

D’autres organes des Nations unies, en particulier l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l’Homme, ont adopté des résolutions dénonçant les violations massives et systématiques des droits de l’Homme et du droit international humanitaire dont se rend coupable le régime de Damas. Ces résolutions condamnent la répression opérée par le régime syrien, les exactions commises par Daech et par des groupes radicaux. La résolution 71/248, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2016, renforce les instruments de lutte contre l’impunité des crimes commis en Syrie en créant le Mécanisme International, Impartial et Indépendant (IIIM), chargé de la collecte et la conservation des preuves en vue de futures actions pénales.

En savoir plus sur l’engagement de la France contre l’impunité en Syrie.

  • Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne (UE) est très investie dans le règlement de la crise syrienne, qui se déroule dans son voisinage immédiat. Avec les États membres, elle constitue le premier contributeur d’aide humanitaire, avec près de 24 milliards d’euros d’assistance mobilisés au profit du peuple syrien depuis le début du conflit.

L’UE est également active sur le plan politique. Le Conseil des Affaires étrangères de l’UE du 19 novembre 2012 reconnaît comme interlocuteur la Coalition nationale syrienne, qui représente aussi l’opposition dans le cadre du processus politique mené sous l’égide des Nations unies. L’Union européenne soutient la médiation onusienne conduite par G. Pedersen et le cadre fixé par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. La position de l’UE a été déclinée dans les conclusions du Conseil d’avril 2018 et la « stratégie de l’Union européenne pour la Syrie » publiée en 2017, avec :
I) la mention claire et sans ambiguïté de la responsabilité du régime syrien et de ses alliés iranien et russe dans la dégradation de la situation humanitaire et politique ;
II) la nécessité de poursuivre et de renforcer la lutte contre l’impunité ;
III) la nécessité de créer les conditions garantissant le retour sûr et volontaire des réfugiés ;
IV) le refus de participer au financement de la reconstruction tant qu’une transition politique globale, véritable, inclusive et négociée par les parties syriennes au conflit ne sera pas trouvée ;
V) la condamnation ferme des attaques chimiques perpétrées par le régime ;
VI) la nécessité de poursuivre nos efforts de lutte anti-terroriste dans le Nord-Est.

L’Union européenne a également instauré des sanctions à l’encontre du régime syrien depuis le début de la crise. À ce jour, plus de vingt paquets de sanctions ont été mis en œuvre. Ces sanctions prévoient des restrictions sur les exportations de pétrole syrien à destination de l’Europe et des sanctions financières et commerciales à l’encontre des secteurs d’activité économique qui financent la répression en Syrie. Elles ciblent également des personnes qui appuient le régime syrien par de interdictions d’entrée sur le territoire européen et des gels de fonds.

Pour plus d’informations sur les sanctions européennes.

Sur le plan humanitaire, l’UE est l’un des contributeurs les plus actifs. Les fonds européens financent aussi bien l’aide en Syrie qu’auprès des réfugiés et communautés hôtes des pays voisins. Elle a organisé tous les ans depuis 2017 une conférence des donateurs (dite « de Bruxelles ») qui joue un rôle clé dans la mobilisation de l’aide internationale en soutien aux Syriens.

Situation économique

PIB (2016) : 15 milliards de dollars (estimation de la Banque mondiale), contre 51 milliards de dollars en 2010. Selon la Banque mondiale, le conflit syrien a entraîné entre 2010 et 2016 une perte cumulée de PIB potentiel de 226 milliards de dollars.

  • Taux de croissance (2015) : -15% (estimation du FMI).
  • Taux de chômage (2015) : 52,9% (contre 8,6% en 2010).
  • Taux de pauvreté : 66,5 % de la population syrienne en 2016 (30% en 2010), dont 62.7% dans l’extrême pauvreté (13% en 2011).
  • Taux d’inflation (2017) : 28,1 % ; le taux d’inflation connaît cependant des variations significatives selon les régions.
  • Taux de change de la livre syrienne (2018) : 514 SYP/USD au marché officiel.
  • Solde budgétaire (2017) : -8,7% du PIB.
  • Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
  • Agriculture : 20,5%
  • Industrie : 30,2 %
  • Services : 49,3 %

(Sources : Banque mondiale, PNUD)

La crise intérieure a conduit à une dégradation de la situation économique. La corruption et les activités criminelles (pillages, rackets, trafic de stupéfiants, etc.) se sont généralisées dans un contexte d’économie de guerre.

L’économie syrienne a souffert de la destruction d’une grande partie de son capital humain et productif ainsi que d’une forte inflation, aggravée par les répercussions de la crise de l’économie libanaise. Les finances publiques sont extrêmement dégradées, et la livre syrienne a perdu l’essentiel de sa valeur depuis le début de la crise.

Mise à jour : août 2021

Informations complémentaires