Sanctions contre la Russie et la Biélorussie

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État des lieux des sanctions contre la Russie et la Biélorussie

En 2014, l’annexion illégale de la Crimée et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine par la Russie ont donné lieu à l’adoption de premières sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie. Concernant la Biélorussie, le régime de sanctions s’est renforcé dès 2020 à la suite de l’élection présidentielle frauduleuse, puis en 2021 en raison de la répression persistante, de l’atterrissage forcé d’un avion de Ryan Air et de l’orchestration par Minsk d’une crise migratoire avec l’UE.

Depuis février 2022 et le début de l’agression russe en Ukraine, l’Union européenne a adopté neuf paquets de sanctions contre la Russie, en coordination avec ses partenaires, notamment les pays membres du G7. Cet engagement s’inscrit dans la durée : ainsi, le dernier paquet de sanctions a été adopté en décembre 2022 Des sanctions spécifiques ont également été prises à l’encontre de la Biélorussie du fait de son implication croissante dans la guerre.

Ces sanctions affectent déjà fortement l’économie russe et auront un impact significatif, entravant la poursuite de l’effort de guerre de la Russie.

Russie

Le dispositif de sanctions adopté par l’Union européenne contre la Russie, qui a pour objectif d’accroitre le prix de la guerre pour le régime russe, repose sur plusieurs piliers :

1. Des sanctions individuelles, visant à faire pression sur les soutiens politiques et économiques du régime russe, ainsi que les dirigeants des régions non contrôlées par le gouvernement ukrainien de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia, illégalement annexées par la Russie. Ces sanctions prévoient un gel des avoirs et des restrictions de déplacement sur le territoire de l’UE, et ciblent près de 1 500 individus et entités russes, dont le président russe Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

2. Des sanctions financières massives afin de tarir la capacité de financement de l’économie russe, prévoyant notamment :

  • une interdiction des transactions sur les avoirs et réserves de la Banque centrale de Russie, et la Russian Regional Development Bank,
  • des restrictions sur les achats de dette souveraine russe et les flux financiers en provenance de Russie,
  • l’exclusion de certains établissements bancaires russes du système de messagerie sécurisée SWIFT, dont Sberbank et VTB, respectivement la 1ère et 2e banque du pays.

3. Des sanctions économiques visant des secteurs clés de l’économie russe, tels que l’énergie, les transports, l’aéronautique, l’industrie de défense, matières premières et la fourniture de services.

Ces mesures comprennent notamment l’interdiction des exportations et des importations de certains biens vers et depuis la Russie (armes légères, aéronefs et équipements associés, biens à double-usage, biens de haute technologie, matériaux, etc.), l’interdiction d’accès aux ports des navires sous pavillon russe et des restrictions supplémentaires dans le secteur de la fourniture de services, l’interdiction d’exportation de drones, équipements chimiques et biologiques et composants électroniques, dans le secteur de l’aéronautique, interdiction de l’investissement dans le secteur minier russe.

Le secteur de l’énergie, stratégique pour le financement de l’effort de guerre russe, est particulièrement ciblé : les États membres ont notamment décidé d’interdire l’importation du charbon russe, ainsi que les importations par voies maritimes de pétrole brut et de produits pétroliers en provenance de Russie, soit la quasi-totalité du pétrole exportée par la Russie vers les pays de l’UE. Les mesures adoptées par l’Union européenne comprennent également un mécanisme de plafonnement des prix du pétrole que la Russie vend aux pays tiers. Ce mécanisme, qui complète l’embargo européen, a été adopté en concertation avec les partenaires de la Coalition Price Cap (G7, Commission européenne, Australie), Il vise à réduire les revenus que la Russie tire des exportations de pétrole tout en évitant un choc sur les cours mondiaux.

4. Des mesures visant les campagnes de désinformation et de manipulation de l’information, dont la suspension des activités de diffusion dans les États membres de l’Union européenne de Sputnik, Russia Today,Rossiya 24, NTV, Rossiya 1, REN TV, et Pervyi Kanal jusqu’à ce que l’agression contre l’Ukraine prenne fin.

Par ailleurs, des restrictions spécifiques ont été instaurées concernant les échanges commerciaux et les investissements avec les entités des régions non contrôlées par le gouvernement ukrainien de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia, illégalement annexées par la Russie le 30 septembre 2022. Des exceptions humanitaires ont été adoptées par l’UE afin de ne pas entraver l’aide en faveur de la population ukrainienne.

Une nouvelle dérogation alimentaire ciblée a été adoptée en décembre 2022 pour permettre, au cas par cas, le commerce de biens agricoles, notamment des engrais, depuis la Russie vers les États tiers et lutter contre l’insécurité alimentaire dans le monde.

Enfin, des mesures spécifiques sont mises en place afin de lutter contre le contournement des sanctions. Les entités et individus dans des pays tiers qui faciliteraient la violation des sanctions européennes pourront ainsi également être visés par ces dernières.

Biélorussie

Le dispositif de sanctions adopté par l’Union européenne contre la Biélorussie du fait de son implication dans la guerre en Ukraine comprend des mesures similaires à celles adoptées contre la Russie, mais qui prennent en compte les spécificités de l’évolution de la situation dans le pays depuis l’élection présidentielle frauduleuse de 2020.

1. Des sanctions individuelles, ciblant à la fois les soutiens politiques et économiques du régime biélorusse et des personnalités responsables de la répression de l’opposition. Ces mesures ciblent plus de 200 individus et entités biélorusses.

2. Des sanctions financières, comprenant notamment, en plus des restrictions de financement de certaines banques biélorusses préalablement adoptées, l’interdiction des transactions sur les réserves et avoirs de la Banque centrale biélorusse et la déconnexion de plusieurs banques biélorusses du système de messagerie sécurisé SWIFT.

3. Des sanctions économiques, en particulier des mesures d’interdiction des importations dans des secteurs clés pour l’économie biélorusse dont les hydrocarbures, la potasse, les transports et les matières premières.
Depuis le début de la crise, les sanctions sont adoptées en étroite coordination avec nos alliés et partenaires internationaux, notamment avec le Royaume-Uni, les États-Unis et les autres pays du G7, qui mettent en œuvre leurs propres régimes de sanctions.

Mise à jour : janvier 2023