Q&R - Point de presse live (22 janvier 26)

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Q - J’ai une question sur la Syrie et les Kurdes. Il y a des manifestations depuis plusieurs jours à Paris. Les Kurdes se sentent abandonnés par les États-Unis et la France. Qu’avez-vous à leur répondre ? Et est-ce que vous avez des éléments d’information sur les djihadistes qui se seraient évadés de prison ? Est-ce que vous avez des éléments à nous communiquer à ce sujet ? Est-ce qu’il y a une crainte particulière de djihadistes qui pourraient agir jusque sur notre sol ?

R - Merci beaucoup et je pense qu’il y aura plusieurs autres questions sur ce sujet. C’est l’occasion pour moi de vous redonner un peu de contexte sur notre position sur ce sujet. Nous sommes là impliqués dans deux points. Le premier, c’est de soutenir cette Syrie avec une pleine inclusivité des différentes communautés et en évitant toute violence. La deuxième, c’est d’éviter toute résurgence de foyers de Daech. C’est un peu les deux éléments principaux. S’agissant des sujets des FDS et en particulier des Kurdes du Nord-Est syrien. Il y a eu un accord le 10 mars dernier que nous avions soutenu, que nous avions salué. Il y a eu un second accord le 18 janvier, il y a quelques jours, qui a donné lieu derrière à de nouveaux affrontements. C’est pour cela qu’à la fois le président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se sont impliqués fortement avec leurs homologues pour faire cesser au maximum ces violences. Nos efforts, ils vont dans différentes directions. La première, c’est celle de l’aspect sécuritaire. Et donc là, on parle de l’intégration des FDS. Il faudra un accord d’intégration. Il faudra aller vers cette paix plus durable. Nous avons quatre jours depuis mardi dernier et c’est le sens de nos efforts à tous les niveaux, y compris, bien sûr, au niveau local. Vous savez que nous avons un chargé d’affaires à Damas qui est aussi, évidemment, à la manœuvre. Donc, les trois éléments, c’est à la fois l’intégration des forces démocratiques syriennes dans les forces armées syriennes, bien sûr, le respect des droits culturels dans la nouvelle Syrie, vous aviez noté le cadre du décret présidentiel du président al-Charaa qui a été publié il y a quelques jours, et puis enfin les aspects politiques. Ce sont ces éléments de négociation qui sont en cours sur le sujet. Enfin, dernier point, évidemment nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons dans notre lutte face à l’extrémisme de Daech, ce sont nos frères d’armes, et nous sommes directement impliqués dans ces négociations auprès d’eux.

Q - J’ai plusieurs questions. Sur les Kurdes, il y a l’accusation que les Kurdes ne sont pas en train d’accepter l’offre ou les propositions que le gouvernement leur fait. Est-ce que vous voulez commenter sur cela ?

Une deuxième question sur le Board of Peace ou ce « conseil de paix » qui a été annoncé il y a quelques heures. Est-ce que la France craint aujourd’hui une marginalisation quelconque à cause de ce qui se passe ? Il y a pas mal de pays qui en font partie, inclus l’Arabie saoudite qui est votre partenaire dans la déclaration de New York, qui a eu beaucoup d’annonces sur Gaza par Trump. Est-ce que vous craignez une marginalisation et est-ce que vous allez considérer rejoindre ce Conseil peut-être dans le futur après avoir écouté les annonces de Trump ?

J’ai une question sur le Liban. Vous avez dit que le ministre Barrot a rencontré le Premier ministre Salam. Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage ? Hier, le Président a transmis un message très clair aux Français et aux Américains, leur demandant des mesures directes et claires pour arrêter l’impunité d’Israël à cause de l’escalade qu’on a vu hier. Ils ont commencé à bombarder le nord du Litani. Et le Président dit que les Israéliens ne prennent au sérieux le travail du gouvernement, surtout que le sud, le désarmement a été accompli selon l’armée.

Et puis une dernière question sur le Groenland. Est-ce que vous pouvez confirmer qu’il va y avoir une re-négociation de l’accord de défense entre le Danemark et les États-Unis ? Est-ce que c’était vraiment la proposition que Mark Rutte a faite hier à Trump ?

R - Alors, je je vais reprendre dans l’ordre que vous avez donné. Sur les Kurdes, la France, elle reste engagée comme elle l’a été pour soutenir ce processus et surtout faciliter le dialogue entre les deux parties, pour trouver une solution qui soit à la fois négociée, mais surtout qui soit durable, en étroite coordination avec ses partenaires, et en particulier ses partenaires américains, qui sont présents, et les partenaires régionaux. Donc après, je ne m’exprimerai pas plus sur la position des Kurdes, je vous laisse éventuellement les interroger en direct.

Sur le Board of Peace, est-ce que l’on craint une marginalisation ? Ce n’est pas du tout comme cela que l’on approche le sujet. Le sujet, c’est lequel ? Vous savez, notre engagement sur la volonté de rétablir une crédibilité pour avoir la solution à deux États. C’est ce que nous avons fait avec nos partenaires saoudiens pendant plus d’un an, aboutissant à l’AGNU. Dans ce cadre-là, il y a ensuite eu après, l’accord de paix, l’accord de Charm el-Cheikh. Dans le cadre-là, il y avait notre volonté d’avoir une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies, qui a été adoptée mi-novembre, la 2803, qui prévoit que le Board of Peace, qui peut être actif jusqu’au 31 décembre 2027, qui rapporte tous les six mois au Conseil de sécurité, s’occuperait de Gaza. Quand nous avons été invités à rejoindre ce Board of Peace, quand nous avons vu ensuite la charte du Board of Peace, nous avons vu que plusieurs éléments de cette charte ne correspondaient pas ; d’une part au mandat purement relatif à Gaza, qui n’y est pas mentionné, et d’autre part, il y avait des éléments de cette charte qui étaient contraires à la Charte des Nations unies. Vous savez que, comme État cofondateur des Nations unies, nous sommes extrêmement attachés, évidemment, à cela. Donc, notre approche, elle est celle-ci : elle n’est pas de se dire qu’on le rejette, elle est de dire qu’à ce stade, on ne le rejoint pas, parce que ces éléments ne sont pas en lien avec ce qui était prévu dans la résolution 2803.

Enfin, notre solution, c’est de continuer à soutenir les Nations unies auxquelles nous sommes extrêmement attachés, mais en poursuivant la réforme de ces Nations unies pour qu’elles soient toujours plus efficaces. Et c’est notamment le dernier élément du discours du ministre à la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs, dans lequel il appelait à ce qu’une initiative puisse être prise cette année pour avoir cette réforme. Après on pourrait re détailler notre position sur cette réforme, pour qu’en gros le Conseil de sécurité des Nations unies soit toujours plus légitime et représente l’état des forces sur la scène internationale.

Votre troisième question portait sur le Liban, sur ce que s’étaient dit le ministre et le Premier ministre libanais. Le communiqué de presse sortira après cette conférence, mais tous les sujets ont été abordés, notamment les sujets bilatéraux, mais aussi les sujets régionaux, notamment la conférence de soutien aux forces armées libanaises qui se tiendra le 5 mars prochain à Paris, vous le savez. Le ministre a rappelé notamment le plein soutien de la France aux efforts des autorités libanaises pour restaurer la souveraineté sur l’ensemble du territoire, dans le cadre de la deuxième phase annoncée par les forces libanaises il y a maintenant quelques semaines. S’agissant ensuite des réactions aux propos du président Aoun, Israël, comme l’ensemble des parties, est tenu de respecter ses obligations au titre de l’accord de novembre 2024, mais plus largement au titre du droit international.

Nos priorités sont le respect du cessez-le-feu du 27 novembre dernier et la restauration de la souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire, l’établissement notamment du monopole de l’État sur les armes sur l’ensemble du territoire libanais. Pour ce faire, nous sommes mobilisés avec nos partenaires, les Américains, au sein du mécanisme de surveillance, et nous préparons activement avec les États-Unis et l’Arabie saoudite cette conférence.

Q - Ce mécanisme il ne sert à rien en somme ?

R - Non, je ne dirais pas cela. Notamment, il y a toute une partie du mécanisme qui est la notification, qui est extrêmement importante dans cette partie du débat. Mais après, effectivement, nous avons là des efforts à faire et des messages que nous passons aux autorités israéliennes.

Votre quatrième question portait sur le Groenland et la renégociation de l’accord de défense entre le Danemark et les États-Unis. Je n’ai pas d’élément à apporter sur les discussions entre M. Rutte et M. Trump hier soir. Nous avons pris note des différentes déclarations faites hier dans la soirée et nous saluons tout progrès qui, sur ce dossier, irait vers une solution qui, premièrement, ne remettrait pas en cause la souveraineté d’un État européen, qui, deuxièmement, ne mettrait pas en avant des droits de douane escalatoires, et puis enfin, qui prendrait en compte la sécurité de l’Arctique, une priorité bien identifiée évidemment par nous-mêmes, mais aussi par l’ensemble des membres de l’OTAN. Sur cette question, la France se tient prête, et nous l’avons dit. Nous participons à des exercices militaires en ce moment à la demande des autorités danoises, et nous avons aussi proposé qu’une opération OTAN soit faite dans cette région, parce qu’en fait il y a le sujet du Groenland, mais si vous prenez du recul, il y a le sujet plus large de l’Arctique au sens plus global. Enfin, sur la renégociation précise entre le Danemark et les États-Unis, il s’agit d’un accord bilatéral, raison pour laquelle je vous renvoie vers les deux autorités en question.

Q - Bonjour, j’aimerais qu’on reparle un peu aussi de la situation au Kurdistan syrien, en rappelant que des images affreuses nous parviennent sur les réseaux sociaux et même par des canaux et des contacts sur place. Ce matin, je me suis réveillé avec des images de civils qui sont assassinés en pleine rue dans certaines villes du nord de la Syrie. Tout ça est filmé et diffusé comme à l’époque de l’État islamique. Ces massacres ont commis, on le rappelle, les forces de Damas, bien sûr soutenues par Ankara, mais aussi par l’approbation de M. Trump, comme on l’a appris le 20 janvier dernier, il y a donc deux jours. Ce même jour, le président états-unien rendait public un SMS envoyé par M. Macron, où il était décrit à l’intérieur, je traduis, « Mon ami, nous sommes complètement alignés sur la Syrie. » Pourtant, l’avant-veille, le président Macron faisait savoir qu’il avait joint M. al-Charaa pour se dire inquiet de l’escalade des violences contre les Kurdes, on imagine. Nous voici donc face à un problème, parce que je vous ai entendu à l’instant répéter la position française, c’est-à-dire que vous avez utilisé le terme de « frères d’armes », etc. On entend ce positionnement, c’est déclaratif. Vous allez pouvoir peut-être m’expliquer quelles sont les actions que les Français mettent en place pour aujourd’hui éviter les massacres dont nous sommes témoins. Mais quelle est donc en vérité aujourd’hui la position réelle, française, sur ce sujet-là, quand nos amis kurdes, dont jamais la France n’oubliera l’engagement dans le combat contre Daech, pour citer les mots de M. Macron ? Donc ça, c’est ma première question.

Mais la deuxième, elle va avec, puisque vous parlez à l’instant des minorités, du respect des minorités. Je rappelle qu’il y a eu des massacres d’Alaouites en mars, des Druzes en juillet, puis maintenant des forces kurdes et des Kurdes, des civils, on l’a vu encore ce matin, qui montrent qu’il n’y a pas de respect de la part du pouvoir de Damas des minorités. Vous répétez à l’instant être fidèle aux Kurdes, mais est-ce que, ma foi, est-ce que ce n’est pas incompatible d’en même temps soutenir, je vais être clair, l’intégration de ces minorités, le souhait affiché par notre pays, mais aussi en façade peut-être, vous allez pouvoir m’expliquer ça peut-être, par M. al-Charaa, d’intégrer ces minorités dans la nouvelle Syrie, c’est donc le souhait de M. Trump ? Est-ce que la France, sans le dire, est alignée quelque part sur les États-Unis, une fois encore, sur ce dossier, sans pouvoir l’assumer, et fait une différence en disant juste « les Kurdes sont nos amis », mais ce serait que déclaratif ?

R - Nous sommes des alliés, mais nous ne sommes pas des alignés. Vous savez que c’est un peu notre élément quand je vous réponds là-dessus. Non, je veux vous redire notre pleine solidarité avec, évidemment, les Kurdes, auxquels nous sommes liés, même par le sang, sur ces dernières années. Nous appelons les autorités syriennes à leur pleine responsabilité dans la protection de tous les civils, dont les civils kurdes. On a eu, par le passé à ce podium notamment, les mêmes mots quand des accusations d’exaction contre d’autres communautés, notamment la communauté alaouite, comme vous les mentionniez, pour faire en sorte que les autorités syriennes aillent chercher les coupables et puis mettent en place un système d’enquête, puis de judiciarisation. Donc cela fait tout à fait partie de nos discussions dans la relation bilatérale et des éléments qui sont de négociation disons, fortes, intenses, qui ne sont pas forcément toujours très publiques, mais nous privilégions l’efficacité sur ces sujets. Et donc, cela fait tout à fait partie de nos discussions avec les autorités syriennes. Je vous l’ai dit, le Président s’est mobilisé, a échangé avec les différentes parties, le ministre et le ministère également. Donc, cela fait tout à fait partie des messages que nous passons.

Enfin, vous disiez « ce que font les Américains », moi, je ne m’exprime pas pour les Américains.

Q - (inaudible)

R - Ce que nous voulons, c’est la stabilisation. Je ne sais pas ce que veulent les Américains. Ce que nous, on veut, c’est la stabilisation de la situation, la cessation des violences (hostilités) . C’est ce à quoi nous nous sommes employés depuis mardi, puisqu’il y a cette trêve de quatre jours depuis mardi sur laquelle nous essayons au maximum, sur le terrain qui est fragile, que les différents paramètres que je vous citais, c’est-à-dire l’intégration à la fois politique, l’intégration militaire et le respect des droits culturels, puissent être… Est-ce que cela va être résolu dans les jours qui viennent ? Je ne sais pas, je n’ai pas plus de boule de cristal que vous. En tout cas, c’est ce que nous faisons et nous sommes sur place pour avancer sur ce terrain avec eux.

Q - Bonjour, donc je vais reparler du SMS envoyé par le président Donald Trump et révélé par Donald Trump.

R - Je redirai que je ne suis pas le porte-parole de l’Élysée, je suis le porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Q - Oui, d’accord, mais ça mérite quand même un peu une explication, on n’a pas accès au président tous les jours. Oui, peut-être que vous pouvez nous aider à interpréter ce SMS dans lequel le président Macron dit que nous sommes alignés sur la Syrie et l’Iran, mais pas sur le Groenland. Comment faut-il le prendre, s’il vous plaît ? En gros, on est d’accord pour bombarder l’Iran, la Syrie et abandonner les Kurdes, mais pas touche à l’Union européenne, c’est ça ? Le président Macron a critiqué un néocolonialisme, un néo-impérialisme de Donald Trump, mais que fait-il d’autre ici par ce SMS que de proposer une continuité du néocolonialisme et du néo-impérialisme, mais en nous incluant en fait ? En gros, ne nous excluez pas de ce système…

R - Non, je crois qu’il assume tout à fait ce qu’il dit en privé comme ce qu’il dit en public. Qu’est-ce que l’on peut tirer de cela ? Le Président de la République dit qu’il ne comprend pas ce que le président Trump fait sur le Groenland, et c’est très exactement la position que nous avons tous tenue, une position qui était de dire que le Groenland appartient aux Groenlandais et qu’il y a un principe de respect des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est ce principe-là qui a fait que nous avons assumé de pouvoir dire non, y compris à des alliés proches avec lesquels nous avions cette divergence d’approche. Et vous avez vu, ces derniers jours, la France, en coordination avec les pays européens, travailler à cette unité européenne pour avoir une réponse européenne calme, non escalatoire, mais qui affirmait également que « voilà nos intérêts et voilà ce que l’on veut vous dire. »

Par ailleurs, sur les autres sujets, puisque vous les mentionnez, sur l’Iran, je crois que nous n’avons pas eu de mots assez forts pour condamner la violence d’État, les milliers de manifestants qui sont morts sur place. Nous avons là-dessus activé à la fois, au niveau européen, la volonté d’aller chercher les coupables et de pouvoir commencer à mettre en place des sanctions européennes contre eux, et puis en même temps, d’être en solidarité avec la population iranienne sur place qui passait notamment par, là ici par exemple, l’idée d’un travail avec EUTELSAT pour voir comment nous pouvions éventuellement les aider à récupérer un accès à l’Internet. Le quatrième élément sur l’Iran, et là c’était beaucoup plus classique, mais c’était, comment nous protégions nos ressortissants et notre poste qui était encore sur place. Donc encore une fois, je crois que le Président était très clair, c’est-à-dire, était très à l’aise sur ce qu’il disait en privé, ce qu’il disait en public, et en tout cas notre position sur les différents sujets que je vous ai mentionnés. Je ne reviens pas sur la Syrie parce que je vous ai déjà dit ce que l’on en pensait.

Q - Je pense que, du point de vue des pays du Sud, ce n’est pas du tout perçu de la façon dont vous l’interprétez, mais peu importe. Je vais passer à la deuxième question concernant la Palestine occupée. Il y a des bombardements tous les jours, Israël viole le cessez-le-feu tous les jours. Hier, il y a eu 11 morts, dont deux enfants et trois journalistes, dont un travaillait pour l’AFP. Son dernier sujet, il l’a rendu lundi. Israël a détruit le siège de l’UNRWA, qui est l’agence des Nations unies à Jérusalem-Est, en violation totale du droit international, en violation totale de la Charte de l’ONU. Qui protège les Palestiniens ? Qu’attend la France pour prendre des sanctions contre Israël ? Il y a une pétition qui circule qui a réuni déjà plus de 200.000 personnes dans l’Union européenne pour la cessation de l’accord d’association UE-Israël. Quelle est la position de la France vis-à-vis de tout ça ?

Et dernière question, peut-être que vous pouvez répondre aux deux. Le conseil de Trump est une menace directe contre l’ONU. La France en a eu la bonne lecture. Mais quelle est la suite de cette histoire ? Vous avez parlé de réformes, éventuellement de l’ONU, pour renforcer l’ONU. Qu’est-ce que vous entendiez par ça ?

R - Je vais commencer par votre dernière question. L’avenir du Board of Peace, encore une fois, je ne le sais pas parce que je n’ai pas de boule de cristal. Et par ailleurs, parce que vous avez vu qu’à ce stade, nous n’en étions pas membre. Sur la réforme de l’ONU, l’initiative que souhaite le ministre, elle est claire. C’est que la situation qui avait prévalu à l’organisation du Conseil de sécurité des Nations unies juste après la Seconde Guerre mondiale a évolué par rapport à l’état de force à cette époque-là. Il faut que les membres permanents et les membres non permanents du Conseil de sécurité reflètent davantage l’état des forces actuel. Notre position dans cette réforme, elle tient en différents points. Le premier, c’est l’intégration de deux membres africains permanents à l’avenir. Nous ne disons pas lesquels, mais que l’ensemble du continent africain puisse être représenté à travers deux membres permanents. L’intégration ensuite de quatre autres puissances qui sont le Brésil, l’Allemagne, le Japon et l’Inde. Nous l’avons dit à différentes reprises. Et puis enfin aussi de pouvoir avoir, cela, c’est ce que nous portons notamment avec les Mexicains, d’avoir une possibilité de suspension du droit de veto pour les membres permanents dans le cadre d’atteintes absolument contraires aux droits de l’Homme au niveau des droits internationaux. Donc cela, c’est une position que nous défendons. Ce que le ministre a souligné dans son discours aux ambassadrices et aux ambassadeurs, c’était de pouvoir faire en sorte que l’année 2026 soit la bonne et que cette initiative puisse être mise en œuvre. C’est une initiative qui va passer en particulier notamment par l’Assemblée générale des Nations unies. Tout cela, ce sont des éléments qui sont bien connus.

Ensuite votre première question, c’était les sanctions contre Israël. Nous avons toujours condamné les pertes civiles et le lourd tribut qui a été payé par les journalistes dans le cadre de la guerre à Gaza, et rappeler qu’ils doivent pouvoir exercer leur profession librement et en sécurité, et je crois que ce qu’il se passait à Gaza a été, mais corrigez-moi si je me trompe, le plus lourd tribut payé par les journalistes depuis des décennies dans un conflit armé. Le cessez-le-feu, il est fragile. La mise en œuvre est une urgence pour nous et nous y sommes extrêmement attachés, pour mettre en œuvre la seconde phase. Cette seconde phase, elle a différents piliers. Parmi les différents piliers, il y a la partie humanitaire, la partie gouvernance et la partie sécuritaire. Dans ce sujet sécuritaire, nous ne cessons de condamner les différentes violations, notamment par les colons violents. Vous me parliez de sanctions. La France a adopté au niveau national des sanctions individuelles contre une soixantaine de colons israéliens violents. Nous condamnons fermement les démolitions au siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est que vous me mentionniez. Et donc, cela fait aussi partie de ce dialogue très intense que nous maintenons avec les autorités israéliennes. Ensuite, il y a deux autres éléments. Il y a la mise en œuvre de cette force de stabilisation pour à la fois désarmer le Hamas et pouvoir rétablir une forme de sécurité sur la bande de Gaza. Et puis enfin, la partie gouvernance. Il y a eu aussi l’annonce de ce comité technique palestinien, qui y participe. Et vous savez que nous participons au CMCC, à la fois avec du personnel militaire et des personnels civils, dans cette continuité. Et je rappellerai une dernière chose enfin, c’est que lors de la venue du président Mahmoud Abbas le 11 novembre dernier, nous avons mis en place avec lui une sorte de groupe de travail bilatéral pour l’affirmation de l’État de Palestine, qui grosso modo était la mise en œuvre de l’ensemble des éléments de réformes promis dans sa lettre de juin dernier, et nous allons aider aussi à la formation/montée en puissance des forces de sécurité palestiniennes.

Q - La suspension de l’accord d’association avec Israël ? Vous n’avez pas répondu. Il y a plus de 200.000 personnes qui ont signé ? (inaudible)

R - Cela, c’est une discussion qui se fait au niveau européen sur cet accord. Vous saviez que nous avions, à l’époque, communiqué, donc je renvoie ce sujet au niveau des discussions européennes que nous pouvons avoir là-dessus.

Q - Sur le Groenland, il y a eu une inflexion hier à Davos de Donald Trump. Est-ce que cela veut dire que vous retirez votre demande, par exemple, du dispositif de coercition à l’Union européenne ? Et vous avez parlé de la proposition qui a été faite par la France d’un exercice de l’OTAN en Arctique. Est-ce qu’il y a eu des réponses dans ces négociations, dans ces discussions qu’il y a eu à Davos, entre Donald Trump et le secrétaire général de l’OTAN ? Est-ce qu’il y a une réponse quelconque ?

R - Ce n’est pas la première fois qu’il y a des rebondissements sur tous ces sujets. Notre position, c’est d’être sur une ligne constante, une ligne cohérente et une ligne, aussi, calme. C’est la position du Président, c’est la position du ministre Jean-Noël Barrot. D’une part, sur la forme, cela veut dire faire preuve de dignité, de respect, quelles que soient parfois les provocations qui ont pu naître. Et puis d’autre part, c’est montrer notre sérieux, notre sérieux et notre détermination à la fois dans notre solidarité vis-à-vis du Danemark, mais aussi notre sérieux dans notre sécurité et, enfin, dans notre volonté d’assurer la sécurité de l’Arctique. Et donc c’est à ce titre-là, que ce soit dans le cadre de la mission en ce moment, des exercices militaires, ou à l’avenir dans ce que nous appelons de nos vœux, une mission OTAN, que nous serons investis.

Q - Encore sur la Groenland, est-ce que vous savez si la France a été informée en amont de cette intention, de ce cadre négocié hier entre M. Trump et M. Rutte ? Est-ce que vous avez été informés en aval, après, sur le contenu de cet accord aux contours encore flous ?

R - Encore une fois, nous allons derrière les effets d’annonce. On s’intéresse aux textes, aux discussions précises et c’est exactement ce qui est en train de se produire maintenant : il y a une discussion en ce moment au niveau des ambassadeurs du COREPER et il y aura ce soir, surtout, la discussion du niveau du Conseil européen, au niveau des leaders.

Q - Mais la France était-elle au courant…

R - On ne rentre pas dans le commentaire de savoir qui était au courant ou pas. Ce qui est important pour nous, c’est le fait que l’on réponde de manière unie. C’est ce à quoi nous travaillons depuis le début. Et la France est à l’initiative pour cela. Vous aurez des éléments sur nos positions ce soir, après le Conseil européen.

Q - Justement, j’enchaîne sur le Groenland. Est-ce que l’on est quand même en sortie de crise avec les États-Unis et la France qui demandait à ce qu’on dégaine le « anti-coercion instrument », le bazooka commercial de l’Union européenne ? Est-ce que vous faites marche arrière sur ça et c’est plutôt une discussion entre leaders qui va se passer ce soir ?

R - On ne fait ni marche avant ni marche arrière. Notre position est que quand on a une souveraineté qui est attaquée, on a des instruments au niveau européen pour la défendre. Ces instruments, on les a détaillés à diverses reprises. Il y a la possibilité de remettre en place les droits de douane suspendus depuis l’accord de Turnberry. Mais il y a aussi ce fameux instrument anti-coercition qui n’a jamais été utilisé, mais qui fait partie de la panoplie. Voilà, c’était cela. Le Conseil européen discute de ce qu’il veut. C’est cela son ADN, c’est de pouvoir avoir des discussions très libres entre leaders. Donc, je ne vais pas les commenter.

Q - Je vais changer un peu de direction, mais le discours de Trump à Davos a quand même confirmé cette attitude américaine de plus en plus arrogante, de plus en plus agressive envers l’Europe et envers la France. Est-ce que cela va influencer, voire changer un peu le calcul français et la stratégie française vis-à-vis de la Chine ?

R - Cela vient confirmer une intuition fondamentale que ce président, ce gouvernement et ce ministre ont en réalité depuis des années, qui est qu’il faut que l’Europe soit de plus en plus ferme sur ses pieds et qu’elle soit de plus en plus ferme pour défendre ses concitoyens. C’est une grande puissance économique et elle devient de plus en plus une puissance, aussi, stratégique. Cela vient confirmer les efforts et les pas de géants qui ont été faits ces dernières années. On peut citer le programme SAFE, le programme EDIP, ou l’endettement collectif au moment de la crise du Covid - qui eut pensé que nous y arriverions ? Et d’ailleurs, les chiffres de santé collective au moment de la crise du Covid sont, quand on les compare, plus favorables en Europe que dans d’autres régions dans le monde. A titre d’exemple également, la réponse unie que nous avons avec l’Union européenne face à l’agression russe de l’Ukraine, parce que je vous rappelle que nous avons 19 trains de sanctions qui ont été adoptés, et adoptés à l’unanimité. .

Q - Vous n’avez même pas prononcé le mot « Chine ».

R - Ce que je veux dire, c’est qu’en fait, à la fin, notre intuition, c’est de dire que nous avons nos intérêts, qui ceux-ci sont d’avoir une souveraineté européenne forte. S’agissant de la relation avec la Chine, notre relation s’inscrit dans une stratégie déterminée depuis 2019, en trois éléments. Celle-ci est toujours d’actualité.

Q - Ce qu’il s’est passé cette semaine à Davos ne va rien changer ?

R - Ce que je vous dis, c’est que nous suivons une stratégie depuis 2019 et que nous restons en ligne avec celle-ci.

Q - Ce matin, Ali Shaath, au moment de la cérémonie de lancement du Board of Peace, a annoncé la réouverture du point de passage de Rafah dans quelques jours. Quelle est la réaction de la France par rapport à ça ? Est-ce que c’est quelque chose dans lequel les autorités françaises sont impliquées ? Et est-ce que vous demandez l’ouverture des autres points de passage qui, eux, mènent vers Israël ?

Ma deuxième question, c’est sur la situation des camps de prisonniers de Daech. Je crois que vous n’avez pas abordé le sujet tout à l’heure. Est-ce que c’est quelque chose que vous suivez de près ? Est-ce que la situation vous inquiète ?

R - Sur le premier point, si c’est confirmé, parce qu’il y a eu plusieurs annonces par le passé qui n’ont pas été concrétisées. Donc si c’est confirmé, c’est une bonne nouvelle. Et par ailleurs, je vous le redis, nous appelons à l’ouverture de tous les points de passage pour que l’aide humanitaire arrive de manière bien plus massive, face à une population qui en a besoin, en particulier dans ces mois d’hiver.

Sur, les camps de prisonniers, oui, nous suivons la situation avec attention et inquiétude sur ces camps et prisons du Nord-Est syrien, en lien avec nos partenaires. La sécurisation des prisons et des camps doit rester pleinement assurée dans le contexte actuel afin de ne pas créer de futures failles susceptibles d’aider à faire renaître un risque terroriste.Vous savez que la France est extrêmement impliquée dans cela. Cela fait partie des discussions bilatérales que nous avions avec les autorités syriennes de transition qui ont rejoint la coalition anti-Daech à l’automne dernier, et nous l’avions salué et soutenu. Et je le redis parce que cela est passé parfois un peu sous le radar, façon de parler, mais le 3 janvier dernier, nous avons opéré des frappes avec les forces britanniques justement pour aller taper sur des positions de groupes terroristes.

Q - Bonjour, j’ai plusieurs questions aussi. Juste une première sur le Groenland. Peut-on dire que Mark Rutte est devenu la dernière carte européenne pour apaiser Trump ?

Et après sur la Syrie, combien de djihadistes français sont encore retenus en Syrie, dans les camps syriens ? Combien de civils français, donc femmes et enfants, sont détenus à al-Hol et à Roj ? Il y a eu des transferts de djihadistes de ces camps, de certains djihadistes de ces camps, de la Syrie à l’Irak. Est-ce qu’il y a des Français qui sont dans ces groupes qui ont été transférés ? Et est-ce que les Américains vous débriefent de ce qu’ils sont en train de faire pour bouger les djihadistes de la Syrie à l’Irak ?

R - Nous sommes en contact constant avec les Américains sur ces sujets, à la fois en local comme entre les capitales. Sur les chiffres, nous ne communiquons pas sur les chiffres, vous le savez d’ailleurs très bien, et pour des raisons évidentes. Ce qui est important pour nous, c’est que les futurs foyers possibles de réactions terroristes ne se réalisent pas. Pour l’opération en cours annoncée par le CENTCOM, je vous renvoie vers le ministère des Armées pour plus de précisions. Je crois que vous faisiez allusion en réalité au transfert en septembre dernier. Mais là-dessus, nous ne communiquons pas sur à la fois les chiffres qui peuvent être encore sur place et les éventuels transferts sur ce type d’opérations.

Sur Rutte et sa relation avec le président américain, encore une fois, notre but n’est pas de dire que l’on va apaiser ou ne pas apaiser telle ou telle personne. Notre but, c’est de défendre nos intérêts, de les défendre en Européen, encore une fois, calmement, et de montrer aussi qu’il y a des choses que nous ne laissons pas passer. La discussion qui a pu avoir lieu hier avec le secrétaire général de l’OTAN à Davos a sûrement eu cette capacité de pouvoir évoquer notamment la partie sécuritaire sur l’Arctique. Encore une fois, c’est un élément qui fait consensus et sur lequel nous sommes impliqués. Je crois que ces derniers jours ont montré que la France et les Européens s’engageaient de manière constante pour la paix, pour la sécurité de l’Europe, et y compris dans les zones les plus éloignées, dans les confins de notre région.

Q - Ma question porte sur le Niger. Je voulais savoir si vous aviez des informations sur le stock d’uranium qui est stocké à Niamey. Est-ce que ça a été déplacé ? Parce qu’apparemment, mes collègues ont eu des informations sur le fait que ce stock aurait pu être déplacé. Donc je ne sais pas si vous avez des éléments dans ce sens. Et est-ce qu’on en sait un peu plus sur l’acheteur final ? Est-ce que ça pourrait être la Russie ?

R - Il s’agit d’un stock, vous le savez, qui était anciennement détenu par Orano, qui fait l’objet d’une réglementation des différends au niveau du CIRDI. Donc, on laisse le contentieux avancer devant les juridictions internationales et notamment pour savoir à la fois sa localisation précise et l’acheteur éventuel.

Q - C’était pour rebondir sur la question sur les ressortissants français présents éventuellement encore là-bas, enfin de manière certaine. Des chiffres, vous disiez qu’à l’instant qu’on ne donnait pas de chiffres, mais je me souviens d’il y a un an maintenant, j’étais venu poser des questions à ce niveau-là, ici, avant de me rendre là-bas, sur le camp d’al-Hol, justement, qui comptait à cette époque-là 39.000 personnes, dont 200 Français environ. Est-ce que c’est encore le cas aujourd’hui ? Aujourd’hui, c’était 24.000, au moment où les forces de Damas ont pénétré le camp il y a quelques jours, il y a deux jours. Donc, première question, c’est celle-ci, est-ce que vous pouvez me confirmer ce chiffre-là, est-ce que c’est encore le cas ?

Et au-delà des déclarations que vous nous faites depuis tout à l’heure, on les entend encore une fois, je vais marteler cette question, c’est-à-dire, qu’est-ce que la France compte faire réellement, concrètement, pour protéger les vies des personnes là-bas ? Pour l’instant, c’est des déclarations.

Est-ce que, par exemple, j’étais à la manifestation avant-hier, qui était à deux pas d’ici, aux Invalides, il y avait un élu qui s’appelait Hadrien Clouet qui demande une réunion du Conseil de l’ONU pour déployer, je le cite là, « des forts d’interposition militaire » pour aider les gens sur place là-bas. Est-ce que la France est d’accord avec ça ? Est-ce que c’est possible, réalisable, etc. ?

Et ma deuxième question, dans la continuité de cette manifestation qui était là et qui est organisée par la diaspora kurde et leurs soutiens, qui était pacifique, j’y étais toute la soirée, et un nombre impressionnant, vous allez me dire que vous n’êtes pas le porte-parole du ministère de l’Intérieur, mais je pose la question quand même, puisque c’est une affaire étrangère aussi, c’est-à-dire que, quel est le message envoyé à ces personnes-là ? Elles étaient quand même très en colère et pacifiques en même temps, quand l’État français, c’est la lecture qu’ils ont, je les ai interviewés avant-hier soir, ils ont comme message un État français qui vient de leur taper dessus, en gros, c’est ça qu’ils m’ont dit à mon micro, et alors qu’ils sont meurtris, qu’elles sont meurtries par deux vagues quand même d’attentats. Il y a eu six personnes assassinées à Paris ici- même en dix ans. Quel est le message, vous avez l’occasion de leur envoyer un message aujourd’hui, à cette diaspora kurde présente à Paris que l’État français voudrait leur faire passer ?

R - Le message, c’est celui de la pleine solidarité avec les Kurdes, encore une fois, qui sont nos frères d’armes dans le Nord-Est syrien et que nous ne lâcherons pas. Alors c’est vrai que la diplomatie, c’est parfois un peu compliqué à expliquer. Parfois, on ne peut pas trop en dire, on ne peut pas tout expliquer. Et parfois, effectivement, ces négociations dans lesquelles on se parle en direct, on ne peut pas forcément faire état de tout. Donc voilà, quand vous dites que nous ne sommes pas actifs, eh bien non, en réalité, ces efforts pour mettre ensemble des parties qui sont parfois en désaccord, pour parler à tout le monde, pour parler également avec ceux qui ont des leviers régionaux ou avec aussi nos partenaires américains, cela fait partie de la diplomatie. Et cela montre que, aussi, vous avez souvent des cas de vrai succès. Donc, je ne peux pas vous dire, dans les jours à venir, nous avions l’accord du 10 mars, nous avions…

Q - (inaudible)

R - …cela là-dessus, on vous reviendra sur cette proposition du député. Moi, je ne l’avais pas encore, mais on vous reviendra juste après sur ces éléments. Et enfin, sur les chiffres, je vous ai dit que nous ne communiquions pas, donc nous ne communiquerons pas sur les chiffres.

Q - J’ai une question concernant l’Ukraine. Je me suis juste posé la question si, étant donné le fait que Donald Trump n’a pas l’air très stable, il est un peu erratique éventuellement, est-ce qu’il y a un début de réflexion concernant les garanties de sécurité à long terme ou est-ce qu’on est complètement convaincus que c’est la bonne voie à suivre pour assurer la sécurité de l’Ukraine avec un partenaire comme ça ?

R - Sur le sujet de l’Ukraine, notre position est de mettre les différentes parties à bord sur des choses concrètes. Les garanties de sécurité recouvrent trois éléments. Le renforcement de l’armée ukrainienne, notamment dans sa régénération. La préparation d’une force multinationale qui serait en second rideau. Et puis ensuite un engagement, notamment américain, pour qu’ils apportent également leur contribution. Ce sont ces trois éléments sur lesquels nous avons fait des avancées assez considérables ces dernières semaines et derniers mois, qui partaient notamment de cette Coalition des volontaires, montée en février 2025 et qui s’est réunie il y a encore quelques jours à Paris. Nous avons eu des engagements précis, notamment de chacune des nations. Il y en avait environ une trentaine représentées au niveau des chefs d’État et gouvernement, ce qui montrait bien à la fois l’implication et en même temps l’urgence de continuer à mettre la pression sur l’économie russe et à soutenir l’Ukraine dans la durée.

Merci beaucoup.