Q&R - Point de presse live (19 février 2026)

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Q - Est-ce que vous sentez une lassitude dans l’opinion, pour ressentir le besoin de faire une campagne comme celle-ci ?

R - Non. Nous le faisons parce qu’il ne faut pas qu’il y ait d’habitude qui se crée. Et nous voulons aussi montrer qu’il n’y a pas de fatigue dans le soutien européen qui est accordé à l’Ukraine. Et qu’il n’y a pas de fatigue aussi dans la pression que nous mettons sur l’économie russe, qui est l’agresseur, en l’espèce.

Q - J’ai une question sur le communiqué sur la colonisation illégale de la Cisjordanie que vous avez partagé, que le Ministre a partagé. Ce communiqué, que la France a signé, cite « d’entreprendre des mesures concrètes pour faire obstacle à la politique de colonisation illégale et protéger le droit des Palestiniens à l’autodétermination ». Ma première question, de quelles mesures concrètes parlez-vous ? Elles sont où, ces mesures concrètes ? On ne les a pas vues encore. Il s’agit de quoi ? Est-ce qu’il y a un calendrier ? Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?

La deuxième question aussi sur ce communiqué, c’est que ce communiqué mentionne l’avis de la CIJ de 2024. Cet avis lui-même dit au pays d’arrêter le commerce avec les colonies illégales. La France considère ces colonies illégales, mais la France semble ignorer cet avis. Alors que vous avez bien signé ce communiqué, qui évoque l’avis de la CIJ, vous n’avez pas arrêté le commerce avec les colonies illégales dans les territoires occupés. Vous avez mentionné le droit européen, mais je vous cite deux pays qui sont membres de l’Union européenne, l’Espagne et la Slovénie, qui ont interdit le commerce de biens avec les colonies dans les territoires occupés. Il y a une proposition de loi belge dessus qui se base sur des articles de droit européen. Et il y a des propositions de loi aussi en Irlande, dans les Pays-Bas et dans d’autres. Pourquoi la France n’a rien fait là-dessus ?

R - Sur votre première question, nous nous sommes associés à 84 autres États, dans une condamnation qui était très forte des dernières décisions des autorités israéliennes, notamment au regard de la zone C. Ces décisions, comme les décisions précédentes concernant les zones A et B, que nous avions dénoncées à titre national la semaine dernière, remettent profondément en cause la solution à deux États pour laquelle nous avons tant œuvré. Nous avons accepté de mentionner les mesures concrètes qui concernent à la fois la diplomatie, à la fois les sanctions. Je rappelle que nous avons 59 interdictions d’autorisation d’entrer sur le territoire qui sont prises au niveau national, des sanctions européennes que nous avons déjà menées avec nos homologues. Et puis, nous ne nous interdisons rien…

Q - Quelles sanctions spécifiquement ?

R - Les discussions vont continuer à se mener. Et nous envisageons toutes les options sur les prochaines étapes qui peuvent être menées. À ce stade, je n’en dirai pas plus. Il y aura un Conseil Affaires étrangères qui se tiendra en début de semaine prochaine. Un des éléments sera notamment de discuter des sujets du Proche-Orient et du Moyen-Orient.

Sur votre deuxième question, s’agissant de l’avis de la CIJ de 2024. Vous savez que la France est extrêmement attachée au respect du droit international et bien sûr à la Cour internationale de justice. Elle a par conséquent voté la résolution, qui était la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies du 18 septembre 2024, endossant l’avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024. Quelles sont les mesures concrètes qui ont été prises ensuite, au niveau européen, sur cette base ? La France met en œuvre la politique de différenciation sur cette base, prévue par la résolution 2334 du Conseil de sécurité, qui vise donc à matérialiser la distinction entre les territoires israéliens et les territoires occupés par Israël. Et cette politique de différenciation se traduit, et c’est là que nous l’appliquons, par l’obligation imposée dans le cadre de l’Union européenne de l’étiquetage des denrées alimentaires en provenance des colonies israéliennes. Et donc, l’application que nous faisons, c’est de faire expressément mention de cette provenance. Ensuite, s’agissant de votre dernier élément de question, je ne commente pas les décisions qui sont prises par d’autres États membres. Elles sont de leur ressort.

Q - Juste sur le dernier point, pourquoi laisser aux consommateurs… Donc, ce n’est pas l’avis de la CIJ. La CIJ dit qu’il faut arrêter les importations, le commerce de biens à la base. Donc, ça ne doit même pas franchir et venir en France. Et c’est ce que l’avis dit. Donc, l’étiquetage ou le labeling, c’est autre chose. Et aujourd’hui, est-ce qu’il est appliqué ? Parce qu’on a vu des vidéos circuler la semaine passée dans un Carrefour, je cite, il y a une vidéo, où en fait, une femme a détecté des dates qui viennent des colonies illégales, mais ce n’était pas étiqueté comme tel. Donc, elle a fait tout un scandale. Ils ont dû retirer ces dates. Et quand on va dans des supermarchés et dans des marchés, on ne voit pas cet étiquetage. C’est très rare. Moi, je n’en ai jamais vu. Donc, est-ce que c’est appliqué ? Et puis, moi, mon point, c’est pourquoi, en fait, toujours importer ? L’avis de la CIJ ne parle pas de ça, ça c’est une autre décision. Et ce n’est pas du droit européen seulement. Déjà, le droit international prime sur le droit européen. Et ça peut être une décision souveraine, comme ça a été le cas d’autres pays. Je vous cite les autres pays, pas pour commenter, mais pour dire qu’il y a des outils, dans le cadre du droit européen Je cite l’article 24, paragraphe 2.a du règlement général de l’Union européenne sur les importations, l’article 36 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, sur lesquels la proposition de loi belge a été faite ; et d’autres pays ont pris des décisions pareilles sur ces articles.

R - Je vous redis que moi, je ne commente pas les décisions des autres États membres. Je vous renvoie vers eux si vous avez besoin de précisions ou des éléments à voir avec eux. Nous, nous sommes attentifs à la mise en œuvre de la politique du droit international, et dans ce cadre-là, c’est la politique de différenciation, qui découle à la fois au niveau européen et désormais ensuite au niveau national. Ensuite, s’il y a des manquements à cette obligation, c’est avec les autorités compétentes, et donc ce n’est pas le ministère des affaires étrangères avec lesquelles il faut voir ces éléments.

Q - 150 anciens diplomates et responsables politiques européens ont pris hier la défense de Francesca Albanese. Ils ont dénoncé, dans une lettre ouverte au ministre Jean-Noël Barrot, des propos qu’ils jugent inexactes tout en demandant de rectifier ses propos. Quelle est votre réaction là-dessus ?

J’ai une deuxième question, si vous permettez. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme disait hier craindre un nettoyage ethnique à Gaza. Il parle de destructions méthodiques des quartiers entiers conjuguées au refus d’apporter une aide humanitaire et aux déplacements forcés de la population. Votre réaction ?

R - Sur votre première question, je crois qu’il faut être maintenant très clair. S’agissant du Ministre, il n’a ni déformé ni tronqué les propos de Mme Albanese dans le cadre du débat parlementaire de la semaine dernière. Il s’est exprimé à nouveau hier sur le sujet lors d’une question au gouvernement. Je crois qu’il faut que nous soyons collectivement précis là-dessus. Le ministre a condamné ces propos qui étaient problématiques, comme un certain nombre d’autres propos de Mme Albanese étaient pour nous problématiques au cours des dernières années. Il a indiqué que désormais, il ne pouvait y avoir qu’une seule conclusion : sa démission, au regard de la nécessité d’une neutralité de la fonction. Et pourquoi ? Parce que cela affaiblit le système onusien. J’ai eu l’occasion de préciser la semaine dernière les différents propos problématiques de Mme Albanese. Par ailleurs, c’est une position que nous avons depuis longtemps sur ce sujet, puisque dès avril 2025, le Ministre avait écrit au Haut-Commissaire aux droits de l’homme pour lui dire notre souci de voir que Mme Albanese serait reconduite de manière automatique dans ses fonctions, au regard déjà d’un sujet de neutralité. Voilà, je n’en dirai pas plus, je pense que beaucoup a été dit ; et en tout cas, je voulais refaire connaître la position du Ministre, qui a condamné des propos qui étaient pour lui condamnables et qui étaient dans le sillage d’un certain nombre de déclarations problématiques.

Q - La deuxième question sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ?

R - Nous avons eu l’occasion de déplorer, à de très nombreuses occasions la situation humanitaire qui est toujours catastrophique à Gaza. L’aide humanitaire ne rentre pas dans la bande de Gaza à la hauteur des besoins. Nous appelons Israël à ouvrir bien plus massivement les points de passage, et notamment le point de passage de Rafah. Vous savez que sont arrivées à Port-Saïd, il y a à peu près deux semaines maintenant, près de 400 tonnes d’aide humanitaire envoyées par le centre de crise et de soutien, qui, à ce stade, n’ont pas encore pu rentrer dans la bande de Gaza. Donc Israël doit lever ces différents obstacles à l’entrée de l’aide humanitaire. Et puis après, il y a les autres chapitres de la seconde phase du plan de paix.

Q - Pour reprendre ce que vient de vous demander ma collègue sur l’étiquetage, elle a posé la question très clairement, c’est-à-dire laisser le choix aux consommateurs de consommer ou pas des produits des colonies. Moi, j’ai eu l’occasion d’écrire pour Le Monde Diplomatique une très longue enquête sur les vins israéliens des colonies importés en France - comme si on manquait de vins ici. Et j’ai interrogé pour cela un spécialiste qui nous a dit que l’histoire de l’étiquetage, c’est comme si on importait des produits fabriqués par le travail d’enfants et qu’on laissait le choix aux consommateurs de consommer un produit qui a été fabriqué par le travail d’enfants. C’est exactement la même chose. Donc quid de cette hypocrisie, qui consiste à autoriser les produits des colonies, et de dire, « il faut marquer que cela vient des colonies » ? C’est comme si on marquait « réalisé avec le travail d’enfants »…

R - J’ai bien pris votre point, je vais refaire la même réponse que j’ai faite tout à l’heure. Notre application du droit international est pleine et entière dans le cadre de la résolution que nous avons votée, sur la base de l’avis de la CIJ du 19 juillet 2024.

Q - Et concernant Mme Albanese, apparemment c’est très difficile pour vous de reconnaître une erreur du ministre Barrot, puisque je cite ce qu’il a dit en réponse à Mme Yadan, qui a attribué à Francesca Albanese le fait d’avoir dit « Israël est l’ennemi commun de l’humanité », phrase qu’elle n’a pas dite, vous le reconnaissez qu’elle n’a pas dit cette phrase, Mme Albanese ?

R - Moi, je ne commente pas les commentateurs.

Q - D’accord. Donc, Monsieur le Ministre a dit exactement : « La France condamne » - en réponse, donc, à Mme Yadan – « sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese, qui vise Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable. Des propos qui ont été tenus, vous l’avez rappelé, Mme Yadan, en présence d’un représentant du Hamas et d’un représentant du gouvernement iranien », etc. Donc, de quels autres propos ? Vous dites qu’il n’a pas confirmé les propos de Mme Yadan. De quels autres propos, à part ceux de Mme Yadan, qui était donc une fake news, reprend-il ?

R - Je vous le redis : ce que nous disons, c’est que ces propos étaient condamnables et qu’ils s’inscrivaient dans le sillage d’un ensemble de propos qui étaient problématiques, problématiques en soi et problématiques au regard de sa fonction. Et que c’est pour cela que nous avons pris cette position, constante et déjà présente en avril 2025, à savoir que nous avions des doutes sur la capacité ou pas qu’elle puisse être reconduite dans ses fonctions.

Q - Donc c’est difficile de reconnaître une erreur. Mais vous avez donc vous-même publié pas moins de 12 tweets en déterrant des propos de Mme Albanese qui datent de 2014, des choses que vous interprétez. Vous lui reprochez d’avoir voulu contextualiser l’attaque du 7 octobre, de ne pas penser comme vous. En gros, je ne vais pas aller dans des détails parce qu’il faut faire vite pour laisser parler mes collègues. Mais vous avez longuement développé. Qu’est-ce qui distingue votre travail de celui de n’importe quel porte-parole de l’État israélien ou de M. Netanyahou ? Est-ce que vous assumez un virage clairement pro-israélien avec ce thread ? Je ne vous ai jamais vu faire un thread sur les propos de Netanyahou ou de Smotrich ou de Ben-Gvir qui appellent au nettoyage ethnique et au génocide des Palestiniens.

R - Je ne crois pas qu’il faille comparer des threads. Moi, je défends la politique étrangère du ministère des affaires étrangères français, qui n’a pas besoin d’être comparée à la politique étrangère d’autres États. Nous avons nos intérêts. La boussole du Ministre et de ce Gouvernement, c’est la défense de la sécurité des Françaises et des Français. Et c’est ça que nous essayons de faire tous les jours. Et je viens vous répondre, exactement pour essayer de nous défendre au mieux et expliquer pourquoi nous prenons ces positions.

Q - Je vais prolonger sur Gaza, mais pour parler de la première réunion du Conseil de paix qui se déroule actuellement, qui va commencer ou qui est en cours, la France n’est pas représentée, sauf erreur de ma part. En revanche, il y a une commissaire européenne. Qu’est-ce que vous attendez de cette réunion et comment est-ce que vous êtes coordonnés, en Européens, sur cette question de Conseil de paix ?

La deuxième question concerne l’Iran. Je voudrais savoir quel est votre sentiment sur la situation actuellement et l’imminence d’une frappe américaine. Est-ce que vous êtes inquiet des signaux qui ont l’air de converger vers une potentielle frappe ?

Et enfin, est-ce qu’on peut avoir des éléments du voyage de Laurent Nuñez qui s’est rendu en Algérie ? Savez-vous si le retour de l’ambassadeur de France Stéphane Romatet a été évoqué, puisqu’il est toujours coincé à Paris ? Et quid du cas de Christophe Gleizes, est-ce que le cas a été également évoqué entre M. Nuñez et le président algérien, M. Tebbouine ?

R - S’agissant du Board of Peace, je vais vous redire pourquoi nous n’y sommes pas. Le Board of Peace doit se recentrer sur la situation à Gaza, tel que prévu par la résolution 2308, que nous avons appelé de nos voeux, qui était prévu dans l’accord de Charm el-Cheikh et dans la déclaration conjointe de New York que nous avions soutenue avec les partenaires saoudiens. Tant qu’il existe une ambiguïté sur son périmètre, la France ne peut pas y participer, tout simplement. Le problème, au fond, c’est que la situation humanitaire reste dramatique, que les entraves à l’entrée de l’aide à Gaza sont encore très fortes, que le processus politique n’avance pas ou peu, en dépit de nos initiatives et de nos efforts, et que la colonisation israélienne se poursuit en Cisjordanie, en violation totale du droit international.

S’agissant ensuite de la Commission européenne et de sa participation, nous sommes surpris, car elle n’a pas de mandat du Conseil pour s’y rendre et pour participer à cette réunion du Board of Peace. Elle devra s’en expliquer à son retour. Enfin, je ne ferai pas davantage de commentaires s’agissant de la participation d’autres États membres qui ont choisi d’y participer.

Sur votre deuxième question, l’Iran, nous continuons de suivre avec une extrême attention la situation, en lien avec nos partenaires. La sécurité de nos ressortissants, la sécurité de nos agents dans l’ambassade, la sécurité de notre emprise sont une priorité absolue de notre action. Nous indiquons aux parties prenantes que la priorité doit être à la négociation, parce qu’elle est seule capable d’empêcher durablement l’Iran d’accéder à une arme nucléaire, à terme. Et l’histoire récente nous a montré, parfois dans la douleur, que ce n’est pas par l’extérieur qu’on imposait des changements de régime. Notre position est donc, premièrement, de sanctionner les responsables. Nous l’avons fait lors du dernier Conseil Affaires étrangères, vous le savez, nous en avons parlé dans ce cadre ici, de soutenir la société civile et d’encourager ces négociations, des négociations que nous voulons les plus robustes possible et qui ne peuvent pas ignorer la violence d’État qui s’est abattue il y a quelques semaines contre le peuple iranien par son propre régime et qui, probablement, vont nécessiter que ces négociations soient en réalité encore plus robustes que si cela ne s’était pas produit.

Et la visite du ministre de l’intérieur. Cela fait maintenant plus d’un an que notre relation avec l’Algérie traverse une phase de forte tension, qui met à mal complètement notre coopération sécuritaire, notre coopération migratoire, les relations économiques, et qui a abouti à l’emprisonnement de certains de nos compatriotes, dont Christophe Gleizes. Notre souhait est de rétablir une relation qui soit fonctionnelle pour la sécurité de nos concitoyens, qui garantissent les intérêts de la France, et en premier lieu, notre sécurité et la maîtrise de l’immigration. Des équipes de l’administration centrale du Quai Orsay étaient parties prenantes de cette visite du ministre de l’intérieur. Elles sont désormais en lien étroit avec celles du ministère de l’intérieur pour assurer le suivi de ce déplacement, et désormais défendre nos intérêts au travers d’un dialogue exigeant, notamment sur les sujets de coopération en matière sécuritaire et migratoire. Enfin, sur les annonces, je vous renvoie aux déclarations du ministre de l’intérieur, plus particulièrement celles qui ont eu lieu il y a quelques heures, désormais.

Q - Sur l’Iran, on a vu que Donald Tusk, le Premier ministre de la Pologne, a appelé à l’évacuation de ses citoyens de l’Iran. En fait, est-ce qu’il y a des mesures similaires, peut-être voulues par la France pour ses propres citoyens en Iran ? Est-ce qu’il y a des instructions concrètes ?

Vous avez dit aussi que vous ne vouliez pas commenter le fait que certains États membres vont aller à la réunion à Washington pour le Board of Peace. Mais d’après ce que j’ai lu dans la presse, il y a eu beaucoup de critiques françaises sur la décision de la commissaire pour la Méditerranée, Dubravka Šuica, d’y aller, alors que les pays de l’UE sont divisés. Donc, est-ce qu’en fait, c’est une critique que vous faites publiquement, je me demandais ? Parce que, du coup, tous ces articles de presse ne citent personne nommément. Donc, je me demandais si la France, vous aviez vraiment une position critique publiquement là-dessus ou pas ?

Dernière chose, vous avez répondu… Alors, on revient à ce sujet, ça fait maintenant une semaine qu’on en parle. Mais vous avez répondu en parlant de la différenciation, quand on vous pose la question sur l’avis de la CIJ. La différenciation n’est pas mentionnée dans le tweet du Ministre ni dans le communiqué. Donc en fait, je n’ai pas envie de parler de ça, pour moi c’est hors-sujet par rapport au communiqué d’il y a deux jours. Donc peut-être la question serait : quelle est votre interprétation juridique, en fait, de l’avis consultatif de la CIJ lorsqu’il dit, et je cite, « Il ordonne aux États de ne pas entretenir, en ce qui concerne le territoire palestinien occupé et des parties de celui-ci, de relations économiques ou commerciales avec Israël, qui seraient de nature à renforcer la présence illicite de ce dernier dans ce territoire. » En fait, ça veut dire quoi, concrètement, pour les États ? C’est quoi, votre interprétation juridique de ce texte ?

R - Je vous ai dit déjà notre interprétation, l’interprétation qu’on tirait de la résolution, qui elle-même venait de l’avis de la CIJ. Je n’ai pas plus d’éléments à vous donner maintenant.

S’agissant du Board of Peace, je crois que j’ai été assez clair sur ce que nous pensions de l’initiative de la Commission. La Commission s’y rend sans mandat et sans consultation préalable du Conseil, alors qu’il s’agit d’un élément qui est éminemment du ressort des affaires étrangères des différents États. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas beaucoup de choses à faire, à la fois par les États membres et par l’Union européenne sur ces sujets, mais que sur ce point précis, c’est notre position.Le problème, c’est que le mandat du Board of Peace, en nous basant sur la charte qui nous a été transmise lors de l’invitation, va bien au-delà de la situation de Gaza, qui était pourtant le point de départ posé par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Et s’agissant ensuite de l’Iran, nous suivons vraiment heure par heure ce qui est en train de se passer. Nous avons pris connaissance des différentes déclarations des uns et des autres. Nous sommes en contact constant, notamment avec les autorités américaines, sur ces sujets.

Q - J’ai une question sur les négociations de paix. Comme on le sait, des conseillers européens, notamment français, ont participé aux discussions à Genève. Notre président Zelensky a déclaré qu’il considère la participation de l’Europe à ce processus comme indispensable. Avez-vous une sorte de retour de la part de ces conseillers sur leur participation, et notamment sur la suite, c’est-à-dire sur la présence des Européens dans les prochaines étapes de négociation ?

R - Il y a beaucoup de focalisation sur cette question, mais la présence des Européens, elle est là. À partir du moment où vous aurez besoin d’avoir un accord de paix, vous aurez besoin d’avoir des garanties de sécurité. À partir du moment où vous aurez besoin d’avoir une reconstruction, vous aurez besoin d’avoir l’utilisation des avoirs gelés. Donc, nous sommes en contact avec les négociateurs, en ce moment, les Ukrainiens, les Américains, qui ont discuté de ces éléments. . Mais de toute façon, au moment où ces éléments devront se concrétiser, nous serons à la table. Il n’y a pas d’hésitation là-dessus. C’est aussi un petit peu le message que l’on passe avec cette campagne, c’est à la fois de rappeler un peu à nos concitoyens la réalité de ce que c’est qu’une guerre, et en même temps de rappeler qu’il y a un pays qui manifestement n’est pas vraiment prêt à aller à la table des négociations, qui est la Russie, ce que nous déplorons. Parce que derrière, ce sont des vies humaines qui sont en jeu, et c’est la sécurité du continent européen.

Q - Petite précision : cette campagne, elle va être lancée le 24 février ?

R - Elle est en cours de lancement, exactement, avec nos homologues européens. Cette vidéo, par exemple, a déjà été publiée.