Syrie : comprendre la position de la France

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Quelles sont les priorités de la France en Syrie ?

« Les priorités de la France en Syrie sont constantes : terminer la lutte contre Daech, permettre l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles, enclencher une dynamique collective pour parvenir à un règlement politique du conflit, afin que la Syrie retrouve enfin la paix, et veiller à la stabilité de la région »
Emmanuel Macron, le 14 avril 2018

La France entend inscrire son action en Syrie dans 4 directions indissociables et complémentaires en vue d’un règlement durable du conflit :

  1. 1. Poursuivre la lutte contre le terrorisme aux côtés de nos partenaires de la Coalition internationale contre Daech.
  2. 2. Apporter un soutien, notamment humanitaire, aux populations civiles dans le besoin.
  3. 3. Promouvoir un règlement politique du conflit, en particulier en soutenant les efforts des Nations unies, seule solution susceptible de mettre un terme durable à la crise et pour que la Syrie retrouve enfin la paix.
  4. 4. Lutter contre l’impunité pour les crimes commis en Syrie

Comment la France continue de lutter contre le terrorisme en Syrie ?

Le groupe terroriste Daech a connu des revers majeurs sur le plan militaire, à la fois en Syrie et en Irak. Pour autant, la menace que représente l’organisation terroriste n’a pas disparu, comme en témoignent les nombreuses actions sporadiques menées au cours de ces derniers mois, notamment dans la région de Deir Ez-Zor.

C’est pourquoi la France poursuit son action résolue contre le terrorisme en Syrie aux côtés de ses partenaires de la Coalition internationale contre Daech. Cette action comporte tout d’abord un volet militaire, développé dans le cadre de l’opération Chammal qui contribue à l’effort international de reprise des territoires tenus par l’organisation terroriste.

La France se mobilise également pour assurer une stabilisation durable des territoires libérés de l’emprise de Daech par la Coalition, afin d’éviter toute résurgence de groupes terroristes. Elle apporte ainsi son soutien à plusieurs ONG au travers du financement de projets œuvrant au relèvement local ainsi qu’aux organismes multilatéraux actifs sur le terrain.
Par ailleurs, la France apporte son plein soutien aux mécanismes de lutte contre l’impunité des crimes de Daech, mis en place par les Nations unies. C’est là une question de justice et de sécurité.

Voir notre page sur la lutte contre Daech

Quel soutien la France apporte-t-elle aux populations civiles en difficulté ?

La situation humanitaire en Syrie n’a cessé de s’aggraver depuis le début du conflit :

  • Plus de 11 millions de Syriens, dont 5 millions d’enfants, ont besoin d’aide humanitaire ;
  • 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Plus de la moitié de la population syrienne a été contrainte de quitter son foyer et vit dans des conditions extrêmement précaires : 6,7 millions sont des déplacés internes – dont près de 3 millions dans le gouvernorat d’Idlib - et 5,6 millions sont réfugiés dans les pays voisins (Turquie, Liban, Jordanie, Irak, Egypte). A Idlib, l’offensive du régime entre décembre 2019 et mars 2020 a de nouveau entraîné le déplacement de près d’1 million de personnes. L’effondrement sans précédent de la monnaie syrienne ces derniers mois a aussi entrainé une chute dramatique du pouvoir d’achat. Désormais 9,3 millions de Syriens sont en situation d’insécurité alimentaire.

Alors que le conflit entre dans sa 10ème année, la France a annoncé à l’occasion de la conférence de Bruxelles III (mars 2019) de nouvelles contributions financières afin de :

  • répondre à l’urgence humanitaire en Syrie,
  • soutenir les réfugiés syriens,
  • aider les pays qui les accueillent.

L’effort financier français pour 2019-2021 s’élèvera à plus d’1 milliard d’euros en faveur des populations syriennes en situation de détresse humanitaire, des réfugiés et des pays hôtes, notamment le Liban et la Jordanie. Il comporte près de 200 millions d’euros de dons et 937 millions d’euros de prêts.

La France est pleinement mobilisée pour répondre à l’urgence dans laquelle se trouve la population en Syrie-même, à travers son aide bilatérale et dans le cadre de l’Union européenne.

  • A titre national, le président de la République a décidé en 2020 le renouvellement, pour la 3ème année consécutive, d’une enveloppe de 50 millions d’euros, dédiée pour aider les populations les plus vulnérables, essentiellement dans les régions du Nord-Ouest et du Nord-Est.
  • La France est engagée aux côtés de ses partenaires européens. L’Union européenne a réservé 170 millions d’euros d’aide humanitaire pour la Syrie en 2020. Une partie de cette aide viendra apporter une réponse à l’urgence sanitaire, tout en contribuant plus largement à la résilience des populations et au renforcement des infrastructures médicales.
  • Dans les enceintes internationales, la France mobilise depuis le début de la crise ses partenaires des Nations unies sur les résolutions décisives pour garantir l’accès humanitaire en Syrie, vital pour des millions de personnes. Cependant, l’acheminement de l’aide humanitaire continue de faire l’objet de blocages inacceptables, notamment de la part du régime. C’est pourquoi la France est particulièrement attachée à la préservation du mécanisme transfrontalier d’acheminement de l’aide, qui permet aux populations syriennes, et en particulier aux plus de 4 millions d’habitants d’Idlib, de bénéficier de l’aide humanitaire internationale. La protection des personnels humanitaires et médicaux est également un axe central de l’action de la France dans ce cadre.

Voir notre page sur l’aide humanitaire de la France en Syrie

Quelle stratégie la France poursuit-elle pour mettre fin au conflit ?

Pour la France, il ne saurait y avoir de retour durable à la stabilité en Syrie sans solution politique qui réponde aux aspirations légitimes de tous les Syriens et leur permette de vivre en paix dans leur pays.
La communauté internationale s’est entendue sur un cadre politique pour mettre un terme à la crise syrienne, avec l’adoption du communiqué de Genève de 2012 et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies de décembre 2015. C’est dans ce cadre que la France soutient la reprise des négociations inter-syriennes à Genève, sous l’égide de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies.

L’objectif de la France est de créer les conditions d’un processus politique crédible et inclusif. Ainsi par ses efforts auprès de l’ensemble des partenaires qui agissent en Syrie, elle encourage à la reprise des négociations pour faciliter une sortie de crise. A cet égard, et depuis le soulèvement de 2011, la France a toujours apporté son soutien à l’opposition qui représente la Syrie dans les négociations. La France dialogue également avec les parrains du régime pour qu’ils incitent ce dernier à s’engager de bonne foi dans les discussions. La France apporte enfin un soutien constant aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies en vue de la reprise des discussions inter-syriennes et de la définition d’une solution politique durable.

Comment la France entend-elle répondre aux crimes de guerres du régime syrien et à son utilisation des armes chimiques ?

Depuis 2011, le régime de Bachar Al-Assad s’est rendu coupable de violations répétées des droits les plus fondamentaux, notamment susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. En réponse, la France est engagée pour que les auteurs de ces crimes rendent des comptes devant la justice.

Notre mobilisation collective pour la justice en Syrie passe d’abord par la documentation des crimes commis et par l’identification des responsables.
La création en 2016 par l’Assemblée générale des Nations unies du Mécanisme international d’enquête indépendant sur la Syrie a permis de franchir une étape déterminante dans l’identification des responsables de ces crimes, en facilitant les enquêtes, notamment grâce à la préservation d’éléments de preuve et au partage de données et d’expertise. La France soutient également les activités de collecte de preuves de certaines ONG syriennes sur le terrain.

L’utilisation des armes chimiques par le régime est documentée et fait l’objet d’une instruction spécifique au sein de l’OIAC à laquelle la France apporte son soutien entier Le 8 avril 2020, l’Equipe d’Investigation et d’Identification (IIT) de l’OIAC a rendu les conclusions de son rapport concernant l’emploi d’armes chimiques à Latamné les 24, 25 et 30 mars 2017. Ce rapport établit avec certitude que les auteurs de ces attaques appartenaient à des unités de l’armée de l’air du régime syrien.

Il revient à présent aux membres de la communauté internationale d’agir, dans les enceintes multilatérales pertinentes, et de tirer les conséquences des conclusions de ce rapport. C’est dans cet objectif, que la France a initié, dès janvier 2018, la création du Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques (PICIAC). Le Partenariat regroupe aujourd’hui 40 Etats et l’Union européenne et constitue une plateforme de coordination indispensable.

Voir notre page sur la lutte contre l’impunité

Mise à jour : juin 2020