La France et les opérations de maintien de la paix

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Créer les conditions d’une paix durable

Depuis 1948, 72 opérations de maintien de la paix (OMP) ont été déployées par l’ONU à travers le monde.

Au 1er mai 2020, 13 OMP sont en cours dont 7 en Afrique. Le budget total des OMP s’élève à 6,51 milliards de dollars américains pour 2019-2020.

Les OMP sont polyvalentes et multidimensionnelles. Elles visent à :

  • Protéger les civils,
  • Maintenir la sécurité,
  • Aider au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des anciens combattants,
  • Soutenir l’organisation d’élections libres,
  • Faciliter le processus politique,
  • Promouvoir et protéger les droits de l’Homme,
  • Rétablir la primauté du droit.

82 445 policier et militaires affectés aux OMP sont déployés à travers le monde.

121 pays fournissent des troupes et du personnel civil aux OMP.

Depuis 1948, 3 925 sont morts dans l’accomplissement de leur mission, parmi lesquels figurent 113 Français.

La MINUSS, au Sud-Soudan, est la plus importante OMP actuellement déployées, avec 1 5491 casques bleus et policiers.

La contribution de la France aux OMP

Les opérations de maintien de la paix sont au cœur de l’action de la France pour la paix et la sécurité internationales. La France est ainsi le 6e contributeur au budget des OMP à hauteur de 381 millions de dollars US (5,61 % du budget total) en 2019-2020.

Concernant les opérations militaires, 697 personnels français (militaires et policiers) sont déployés à travers le monde, en mai 2020.

Les opérations regroupant le plus de personnel français sont la FINUL (Liban), la MINUSCA (République centrafricaine) et la MINUSMA (Mali).

Pour les opérations de coopération, 320 militaires français sont présents dans 48 pays, en appui à la formation des futurs contingents qui seront déployés dans les OMP.

47 militaires français agissent en tant que formateurs des officiers d’État-major dans les Écoles nationales à vocation régionale, dans les Écoles internationales, et les centres OMP en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

L’Agenda « Femmes, paix et sécurité » dans les OMP

Depuis 2000, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une série de 10 résolutions qui constituent l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
Ces textes appellent à lutter contre les violences sexuelles dans les conflits et à renforcer la participation des femmes dans la consolidation de la paix, y compris les opérations de maintien de la paix. Ces résolutions font notamment le constat que les femmes sont les premières cibles de violences sexuelles en temps de conflit – une femme réfugiée ou déplacée interne sur cinq a été victime de violences sexuelles – alors qu’elles sont largement absentes des processus de paix.

La résolution 1325 du Conseil de Sécurité a été à l’origine d’une évolution importante dans les opérations de maintien de la paix : en appelant le Secrétaire général des Nations unies à accroître le nombre de femmes déployées dans les opérations de maintien de la paix, en demandant à ce que les mandats de ces opérations créent un poste de « Conseiller pour l’égalité des sexes », ou encore en appelant à la formation spécifique du personnel de maintien de la paix et de la sécurité aux droits et aux besoins des femmes, cette résolution a marqué un tournant dans la prise en compte de la situation spécifique des femmes en situation de conflits.

Aujourd’hui, l’ensemble des opérations de maintien de la paix comptent des dispositions spécifiques sur la place des femmes dans les conflits. Qu’il s’agisse d’un soutien apporté aux autorités nationales pour lutter contre l’impunité des auteurs de violences sexuelles en temps de conflit et apporter un soutien à leurs victimes, ou d’actions de formation visant à accroître le nombre de femmes recrutées dans les forces militaires et civiles.
Comme le relève le Secrétaire général des Nations unies dans son rapport sur le suivi de la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » en 2019, plusieurs études montrent que la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité joue un rôle essentiel sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix et sur la durabilité des accords de paix.

L’action française en faveur de l’agenda « Femmes, paix et sécurité »

Soutien de l’agenda depuis ses débuts, la France a été particulièrement active dans sa promotion ces dernières années sur la scène internationale.
La France est active au Conseil de Sécurité de l’ONU pour s’assurer que les dispositions présentes dans les 10 résolutions qui constituent l’agenda « Femmes, paix et sécurité » soient bien intégrées dans les discussions conduisant à l’établissement ou au renouvellement de mandats d’opérations de maintien de la paix. En 2019, cet agenda a, par ailleurs, constitué l’une des priorités de la présidence française du G7 avec l’adoption de la Déclaration ministérielle de Dinard sur « Femmes, paix et sécurité » qui rappelle l’importance de la participation des femmes et de l’amélioration de la prévention et de leur protection contre les violences sexuelles. Dans la continuité de cette déclaration, le Président de la République a annoncé à Biarritz une contribution de 6,2 millions d’euros en faveur du Fonds international de soutien aux rescapées de violences sexuelles.

Enfin, la France est engagée à titre national pour la mise en œuvre de l’agenda Femmes, paix et sécurité. Depuis 2010, la France a adopté deux plans nationaux d’action visant à intégrer dans l’action nationale et internationale de l’ensemble des administrations françaises compétentes cet agenda. Un troisième plan national d’action, en cours d’élaboration, doit être adopté en 2020 et couvrir la période 2020-2024. Dans ce contexte, la France a également renforcé les marqueurs genre de son aide humanitaire et de son aide au développement pour mieux cibler les femmes dans les situations de conflit et de post-conflit.

Mise à jour : mai 2020