Union européenne : Participation du ministre au Conseil Affaires étrangères (17 mars 2026)

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Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a participé au Conseil Affaires étrangères de l’Union européenne le 16 mars 2026 à Bruxelles.

Les ministres ont d’abord évoqué l’évolution et l’adaptation de la stratégie de sécurité européenne.

Le ministre a participé à un échange sur les conséquences de la crise au Proche-Orient sur la guerre en Ukraine. Cette discussion a notamment permis de réaffirmer le soutien de l’Union, dans la durée, à l’Ukraine.

Les ministres ont également rencontré le ministre indien des Affaires étrangères, M. Subrahmanyam Jaishankar et évoqué la dynamique positive de la relation UE-Inde.

Sur le Moyen-Orient, la discussion a porté sur l’escalade régionale du conflit, la sécurité de nos ressortissants et la solidarité de l’Union avec ses partenaires régionaux. Le soutien de l’UE à la société civile iranienne a été abordé. Sur le Liban, les ministres ont notamment évoqué les besoins humanitaires de la population civile. Les échanges ont enfin porté sur la politique méditerranéenne de l’Union et la relation directe avec son voisinage Sud.

Le Conseil a notamment permis d’adopter 19 nouvelles sanctions individuelles contre les responsables iraniens des violences d’Etat de janvier 2026. Quelques jours après le renouvellement des 2600 sanctions déjà imposées à la Russie dans le cadre de sa guerre d’agression en Ukraine, le Conseil a adopté 9 nouvelles sanctions contre des responsables du massacre de Boutcha. 4 propagandistes pro-russes, notamment responsables d’apologie de crimes de guerre ont également été placés sous sanctions européennes. Enfin, de nouvelles désignations au titre du régime de sanctions cyber de l’Union européenne, ont été adoptées contre une entité privée iranienne et deux entités privées chinoises responsables d’activités cyber-offensives sur le territoire européen.

A son arrivée au Conseil, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, a tenu les propos suivants :

« L’escalade militaire incontrôlée et dangereuse au Proche et au Moyen-Orient ne nous détourne pas de l’Ukraine, où se jouent depuis quatre ans la sécurité et la paix sur le continent européen. Dans un contexte marqué par l’isolement croissant de la Russie sur le plan international — après la chute de Bachar AL-ASSAD, celle de Nicolas MADURO et celle de l’Ayatollah KHAMENEI — nous poursuivons avec beaucoup de détermination et de résolution notre action le long de deux axes d’efforts : notre soutien à l’Ukraine et notre pression sur Vladimir POUTINE.

Ce soutien à l’Ukraine a été exprimé par le Président de la République vendredi dernier à Paris, où il recevait le Président ZELENSKY. Il lui a affirmé que nous poursuivons nos efforts pour que, sur le plan militaire comme sur le plan financier, l’Ukraine puisse bénéficier de tout ce dont elle a besoin pour poursuivre sa résistance contre l’agression russe. C’est dans ce cadre que nous souhaitons vivement qu’un accord puisse être trouvé sur le prêt de 90 milliards d’euros, qui mettra l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les deux ans à venir.

Concernant la pression sur Vladimir POUTINE, le week-end dernier, sans encombre, les 2 600 sanctions prises depuis le début de la guerre d’agression russe en Ukraine ont été renouvelées.

Aujourd’hui, à Bruxelles, s’ajoutent à ces mesures neuf nouvelles désignations de criminels de guerre responsables du massacre de Boutcha, dont nous allons marquer dans quelques jours le quatrième anniversaire. S’ajoutent également quatre sanctions à l’encontre des propagandistes du Kremlin, y compris un franco-russe, Adrien BOCQUET, véritable agent de recrutement de combattants étrangers en Ukraine, responsable d’apologie de crimes de guerre et de campagnes de désinformation en Europe et en Afrique.

En Afrique, Vladimir POUTINE continue de tenter en vain de fragiliser la relation entre la France et l’Union européenne d’un côté, et les pays africains de l’autre. Mais quelle est la contribution réelle de la Russie au développement du continent ? C’est zéro.

Je me suis rendu jeudi et vendredi en République centrafricaine : sur le terrain, je ne vois rien. Et dans les chiffres, je ne vois rien non plus. Les investissements de l’Union européenne en Afrique sont 200 fois supérieurs à ceux de la Russie. Les échanges commerciaux de l’Union européenne avec le continent africain sont 20 fois supérieurs à ceux de la Russie. L’Union européenne accueille 10 fois plus d’étudiants dans ses universités que ne le fait la Russie.

C’est cela, la réalité des faits. Il faut donc que Vladimir POUTINE se rende à l’évidence : cette guerre d’agression, dans laquelle il a précipité son pays au risque de l’épuiser et de le discréditer, doit cesser. C’est un échec stratégique, politique et économique qui doit désormais prendre fin. »