Sentir les maladies ?

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
21 septembre 2018

Les chiens ont un odorat 10 000 fois plus développé que le nôtre. Par conséquent, ils ont accès à des informations qui nous sont cachées. Et si un nez artificiel imitant le système olfactif du chien pouvait « sentir » les maladies ?

La respiration est un bon détecteur de maladies. En effet, les maladies se caractérisent par une modification de certaines molécules présentent lors de l’expiration. Par conséquent, l’idée d’utiliser l’expiration des patients pour tester leur santé est en vogue depuis quelques décennies et a déjà fait ses preuves. En effet, les nez électroniques, imitant le système olfactif humain, sont actuellement commercialisés et permettent d’obtenir des résultats très intéressants (cf. article ci-dessous « Cancer du sein : vers une détection précoce ? »).

Or le système olfactif des chiens est 10 000 fois plus développé que le nôtre. De ce fait, il y a 10 ans, le Prof. Hossam Haick (département d’ingénierie chimique et nanotechnologie du Technion) a eu l’idée d’essayer de reproduire le système olfactif du chien dans un nez électronique.

Afin de reproduire ce système olfactif, le Prof. Haick et son équipe se sont posés la question suivante : quelles sont les parties du corps qui rendent le système olfactif du chien si performant ? Réponse : les récepteurs et le cerveau. L’équipe du Technion a donc eu recours aux nanotechnologies pour développer un nez artificiel intelligent, imitant par des signaux électriques les récepteurs et le cerveau d’un chien. Ainsi est né le nez nano-artificiel Nanose, développé en collaboration avec une équipe de l’Inserm dans le cadre d’un Laboratoire International Associé (LIA).

Afin de tester Nanose, le Pr Haick et son équipe ont réalisé une vaste étude portant sur 17 maladies et 1 404 patients de 5 pays, comme vous pouvez le voir dans l’image ci-dessous. L’image présente les différents organes atteints par des maladies, les pays ayant participé à l’étude et un exemple de données avant l’analyse par les algorithmes de machine learning. Et les résultats sont probants, les détections à l’aveugle de Nanose étant exactes à plus de 86% ! De plus, la comparaison avec des systèmes d’analyse plus complexes, tels que la chromatographie, a permis de vérifier la capacité de Nanose à distinguer différentes molécules.

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Image 1. Etude sur l’efficacité du Nanose (crédits : Nakhleh et al)

Actuellement le Prof. Haick et son équipe travaillent sur la détection des maladies à un stade précoce. L’idée est que Nanose permette non seulement de détecter une maladie, mais encore de distinguer précisément la maladie en question !

Source : https://pubs.acs.org/doi/pdf/10.1021/acsnano.6b04930

Pour en savoir plus : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique/veille-scientifique-et-technologique/israel/article/cancer-du-sein-vers-une-detection-precoce

Rédactrice : Odélia Teboul (odelia.teboul1[a]mail.huji.ac.il), doctorante à l’Université hébraïque de Jérusalem

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